Tag: fracture numérique

  • À Briançon, MapeMonde toujours sans subvention de l’État

    À Briançon, MapeMonde toujours sans subvention de l’État

    Entre deux portes, au premier étage du centre social de Briançon, deux bénévoles discutent des complications administratives rencontrées par les personnes qu’elles accompagnent. À quelques mètres de là, une quinzaine d’adultes suivent un cours de français. Nichée au bout du couloir, une porte est grande ouverte : celle du bureau de la MapeMonde. « On a pour but de favoriser l’accès à l’intégration des personnes étrangères », explique Océane, salariée. Cours de théâtre, sport, cuisine, leçons de français hebdomadaires et aide juridique : une trentaine de bénévoles, et deux salariées accompagnent près de 280 personnes par an, issues de 55 nationalités différentes.

    Coline est chargée des permanences juridiques et dénonce un processus d’obtention de titres de séjours ou de naturalisation toujours plus défaillant. Les procédures sont par exemple très souvent dématérialisées, alors que la plupart des personnes n’ont pas d’ordinateur, et parfois même pas internet sur leur téléphone. « Il y a de plus en plus d’exigence, par exemple en ce qui concerne l’examen de langue française, mais de moins en moins de moyens », complète Océane.

    Financée principalement par des dons et des fondations, MapeMonde a fait cette année une demande de subvention à la préfecture en partenariat avec France Terre d’Asile, qui assure des missions similaires à Gap. Cette dernière a pu recevoir des financements, contrairement à la MapeMonde. « C’est un choix politique, estime Océane, un traitement différencié entre le sud et le nord du département. »

    Agathe Di Lenardo

  • La station France Musique n’est plus diffusée en FM dans les Hautes-Alpes

    La station France Musique n’est plus diffusée en FM dans les Hautes-Alpes

    Dans plusieurs secteurs du département, notamment dans le Briançonnais, il n’est plus possible d’écouter la station de radio publique France Musique en FM sur son poste de radio. Depuis juillet, il faut passer par internet.

    Radio France indique avoir été amenée à restituer une partie de ses fréquences FM pour des raisons d’économie et d’usage : « L’écoute de la musique se fait de plus en plus via des supports numériques. »

    Fracture territoriale

    La députée Valérie Rossi (PS) a saisi la ministre de la Culture dès la fin de l’été : « La transition vers le numérique et le développement du DAB+ sont nécessaires, dit-elle. Mais la modernisation ne doit pas se traduire par un recul du service public dans nos territoires ruraux et de montagne. » Le DAB+, norme de radiodiffusion numérique terrestre en cours de déploiement, permet aussi de recevoir la radio par les ondes. « Mais ce n’est pas encore partout une alternative effective, tandis que l’écoute par Internet suppose une connexion et un équipement adaptés, poursuit la députée. Ce qui risque donc de créer une nouvelle fracture territoriale et culturelle. »

    Le sénateur Jean-Michel Arnaud (Les Centristes) a également posé une question au gouvernement le 3 septembre : « Cette situation est particulièrement pénalisante pour ce territoire où une partie de la population, notamment les personnes âgées, ne peut accéder facilement aux supports digitaux. La diffusion hertzienne demeure indispensable pour garantir l’égalité d’accès au service public radiophonique. »

    Agathe Di Lenardo

  • Le Département redistribue ses ordinateurs aux collégiens

    Le Département redistribue ses ordinateurs aux collégiens

    Maintenant, il va falloir faire de la place dans la chambre », s’amuse Florence, venue avec son mari et sa fille, Andréa, élève en 6e, récupérer l’un des ordinateurs distribués par le Département. Au collège Achille-Mauzan de Gap ce lundi, une quinzaine de familles ont reçu un ordinateur de bureau de marque Lenovo. « Déjà, ça lui sera utile pour ses problèmes de psychomotricité, pouvoir écrire à l’ordinateur va lui simplifier la vie, remarque Florence. C’est bienvenu car on n’aurait pas eu le budget pour lui acheter et ça lui servira pour des années, si on ne fait pas n’importe quoi avec. » L’ordinateur sera utile à Andrea, qui, studieuse, compte déjà l’utiliser pour faire des recherches sur les matières où elle a des difficultés. Yakin, en 3e, projette lui de s’en servir pour « réaliser des maquettes et des plans en 2D » une fois admis en filière architecture et bâtiment au lycée Paul-Heyraud de Gap.

    Le but de cette opération d’« inclusion numérique » est de distribuer 275 ordinateurs appartenant au Département, après les avoir reconditionnés, sur les 14 collèges publics des Hautes-Alpes. Une distribution sur critères sociaux, visant à assurer une égalité d’accès au numérique. « On stockait du matériel qui pouvait encore servir. On s’est dit qu’en les reconditionnant convenablement on pouvait les redistribuer à nos élèves, à des familles qui ne pouvaient pas forcément l’acheter, explique Maryvonne Grenier, 2e vice-présidente du Département, en charge de l’éducation, des collèges et de la jeunesse. On a voulu que tout le monde puisse avoir le même niveau d’information au niveau du numérique, c’est un outil de travail qu’ils auront sans arrêt durant leur vie d’adulte donc c’est bien qu’ils puissent s’exercer là-dessus. » L’an passé, le Département avait distribué des tablettes, cette fois ce sont des ordinateurs de marque Lenovo, avec écran et tour, doté d’une mémoire vive de 16 go qui seront donnés aux élèves. De quoi permettre une large utilisation scolaire et créative, à condition de savoir s’en servir. « Les ordinateurs sont fournis avec une liste de services numériques, notamment celui du Département, que les familles peuvent contacter pour être aidées dans leur utilisation, pour installer des logiciels par exemple », précise David Coulibaly, chef de projet numérique.

    Des familles inégales devant le numérique

    L’ordinateur peut aussi permettre un meilleur accès à Pronote, logiciel de suivi et de gestion de vie scolaire d’un élève, pour certains parents qui n’ont pas d’ordinateur à la maison. Posséder un ordinateur sera aussi très utile pour l’épreuve orale du Brevet, qui inclut une présentation PowerPoint ou encore pour la recherche de stage de 3e et la rédaction de lettres de motivation.

  • La CGT place « le droit à la communication » au cœur du débat

    La CGT place « le droit à la communication » au cœur du débat

    Un candidat sans projet pour le droit à la communication est un candidat déjà dépassé. » Le message est passé. Le syndicat CGT des Activités postales et de télécommunications (CGT Fapt) et l’Union syndicale des retraités (USR) des Hautes-Alpes lancent une campagne pour interpeller les candidats aux municipales sur l’absence de mesures destinées à réduire la fracture numérique. La fermeture progressive d’infrastructures du service public menace l’inclusion de chaque citoyen. Avec seulement 29 bureaux de Poste pour les 162 communes dans le département (), le droit à la communication représente un enjeu territorial. La cosecrétaire de la CGT 05, Alexandra Pourroy, juge que les programmes électoraux portent « peu » sur cette thématique : « C’est l’étincelle qui a fait démarrer cette campagne. »

    Un kit pour les citoyens

    La CGT Fapt et l’USR 05 s’engagent à interpeller les candidats lors des réunions de campagne des grandes communes. Ces syndicats, qui « ne peuvent pas être présents sur toutes les communes », proposent un kit d’interpellation aux citoyens. Lettre type, argumentaire, chiffres-clés… Ce kit présente « le nécessaire pour pouvoir se faire l’émissaire de cette campagne ».

    La représentante syndicale renchérit : « Le but est de permettre à Monsieur-tout-le-monde de pouvoir intervenir dans cette campagne. »

    Le droit à la communication est menacé lorsque le numérique devient l’unique moyen d’accès aux services. Cela concerne particulièrement les habitants des zones blanches – 20% du territoire départemental – ainsi que les personnes âgées. À titre d’exemple, 33% des usagers déclarent avoir déjà abandonné une démarche administrative en ligne par manque d’accompagnement.

    « Le droit à la communication est un service public. Par définition, c’est plus un impensé de la droite et quelque chose qui doit infuser dans les listes de gauche », note Alexandra Pourroy. Ces revendications s’adressent à tous les candidats du cercle républicain, à l’exception du RN, qui propose « une politique générale complètement opposée à ce que [le syndicat] porte ». La CGT Fapt et l’USR 05 attendent un sursaut de la part des candidats pour réduire cette fracture numérique.

  • Var : les cinq grands défis de Jean-Louis Masson pour 2026

    Var : les cinq grands défis de Jean-Louis Masson pour 2026

    Pour ses traditionnels vœux, le président (LR) du Département Jean-Louis Masson s’est entouré du préfet du Var, Simon Babre, et de ses conseillers départementaux. Étaient également présents de nombreux édiles, l’évêque de Fréjus-Toulon François Thouvet, mais aussi l’ancien maire de Toulon (2001-2023) et président du Département (1994-2002) Hubert Falco, proche de Jean-Louis Masson, qui l’a chaleureusement salué en dépit de sa condamnation en justice : « J’ai une affection spéciale pour lui. Il a parlé d’un département équilibré et unitaire. J’essaie de faire vivre cet héritage et j’espère en être digne. »

    Un hommage en forme d’interlude au cours d’un discours débuté par la présentation d’un « contexte international que je n’avais jamais connu. Je n’avais jamais vu l’armée américaine s’emparer du président d’une autre nation, qu’elles qu’en soient les raisons, ce qui est surprenant au XXIe siècle, comme voir la Russie attaquer un pays voisin. Et pour la situation intérieure, il n’y a aucune majorité et le budget n’a pas encore été voté. Si la France apporte encore des services du quotidien, c’est par l’engagement des collectivités ».

    Normes, budget, enfance…

    Jean-Louis Masson a ensuite énuméré cinq défis à relever pour la collectivité : « Le premier est celui des normes. Il y a dans ce pays 77 codes. L’association des maires de France dénombre 403 000 normes pour les élus. L’adage “nul n’est censé ignorer la loi” est une chimère. » Il a ensuite cité « le défi budgétaire. 3 400 milliards d’euros de dette, c’est une tragédie. J’avais proposé en tant que député une règle d’or : ne pas souscrire d’emprunt pour équilibrer un budget à base de dettes. Ça n’a pas été retenu. L’État a comprimé les dotations générales de fonctionnement des communes, mais la dette a doublé. »

    Troisième défi, celui de la protection de l’enfance : « Le nombre d’enfants placés sous la protection du Département a doublé en 10 ans, à près de 2 400. On a été désigné département d’expérimentation sur le sujet, en compagnie de la Gironde, avec qui on va organiser une mission. » Jean-Louis Masson a ensuite abordé le sujet de la « transition environnementale. On vient de vivre des catastrophes exceptionnelles : 2 ans de sécheresse, des inondations et incendies ravageurs. La réponse publique doit être au rendez-vous. » Dernier défi : la transition numérique et l’IA : « Le Var est quasiment totalement équipé en haut débit, mais la fracture numérique concerne encore un certain nombre de concitoyens. Quant à l’IA, elle ne doit pas prendre la place de l’intelligence humaine mais être un outil », a martelé le président du département, avant de conclure : « Travailler en équipe est essentiel. Et je crois que dans ce département on travaille en équipe, et c’est pour ça qu’on arrive à trouver des solutions. »