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  • Une coopérative italienne pour aller « au-delà des rêves »

    Une coopérative italienne pour aller « au-delà des rêves »

    Il aura fallu 20 ans pour que la coopérative « al di là dei sogni », littéralement « au-delà des rêves », voie le jour. C’est au sein de ce bien de 17 hectares situé à Maiano di Sessa Aurunca, dans la province de Caserte, saisi après l’arrestation d’un chef mafieux en 1991, comme le permettait déjà la loi italienne, puis définitivement confisqué en 1994, que les éducateurs marseillais ont été accueillis, durant une semaine, pour un échange d’expériences sur la lutte contre le narcotrafic.

    Un chantier saboté

    Ils ont notamment pu rencontrer Simmaco Perillo, son président et fondateur. Un témoignage « fort » nous confie l’un des éducateurs, Mohamed Benmeddour. Transférée à la municipalité en 1998, la propriété a été abandonnée jusqu’en 2005. Une époque où « parler de la Camorra était encore très difficile : c’était un sujet tabou et parfois même dangereux », explique le président de la coopérative, qui dépose pourtant un projet, accepté et financé par l’Europe. Mais il lui faudra s’armer de patience et surtout de courage.

    L’appel d’offres lancé par la municipalité pour rénover le bâtiment est remporté par une entreprise liée au clan des Casalesi, l’un des clans les plus puissants de la Camorra à Caserte. Le chantier est « réalisé de manière absurde » constate Simmaco, avec « par exemple les toilettes destinées aux personnes handicapées, mais pas accessibles en fauteuil roulant. Des fenêtres cassées, un système de chauffage qui ne fonctionnait pas avec des tuyaux qui entraient dans les murs, mais ne menaient nulle part ».

    Simmaco signale les vices, le responsable des travaux publics de la municipalité est arrêté, l’enquête révélant sa proximité avec le clan. De quoi comprendre « quelque chose de très important », estime l’associatif : « Le mafieux n’était pas nécessairement le personnage correspondant au stéréotype traditionnel. Il pouvait aussi être un fonctionnaire municipal, bien habillé, avec une voiture et une cravate ». Une quinzaine de jours après avoir obtenu officiellement les clés, le 16 janvier 2009, des inconnus entrent dans le bâtiment et détruisent tout avant de disparaître. En « colère et frustré », Simmaco décide de planter sa tente et de vivre sur les lieux. Il sera rejoint par une quarantaine de jeunes de Maiano. Malgré les intimidations, « avec le temps, les choses ont changé », se félicite-t-il, heureux d’avoir gagné la confiance des habitants.

    À la fois projet de réinsertion sociale, lieu de vie et de soins pour les plus précaires, la coopérative s’inscrit aussi dans l’agritourisme, proposant produits bios et restaurant. Elle propose des formations, y reçoit les écoles. Et ce n’est qu’un début. Depuis août 2025, la coopérative est propriétaire d’un autre site saisi à un entrepreneur en lien avec la Camorra, trois villas à Baia Domizia, avec vue sur la mer. Elle imagine en « faire un lieu polyvalent pour accueillir les jeunes de la région et y organiser des activités musicales, des débats et des initiatives sociales ».

  • [C’est l’été] Un concert unique de chants sacrés du Moyen-Âge dans la basilique royale

    [C’est l’été] Un concert unique de chants sacrés du Moyen-Âge dans la basilique royale

    Je suis tombé dedans tout petit vers 10 ans. J’allais à la cathédrale de Rennes où le père qui dirigeait la manécanterie (école de chant attachée à une paroisse) était branché musique médiévale. Très vite, j’ai fait des soli comme contreténor », relate Pierrick Bachelin passionné de chants sacrés du Moyen-Âge et fondateur de la compagnie le Bel instant. Formé en Angleterre avec Alfred Deller, chanteur et musicologue, référence en la matière qui a su, au lendemain de la 2nde guerre, remettre à l’honneur cette tessiture ayant disparu depuis deux siècles. « Une voix de femme dans un corps d’homme ce qui à l’époque n’était vraiment pas courant du tout. Il n’y avait pas de soli », image Pierrick. Ce vendredi 21 août, trois voix d’hommes résonneront dans la basilique gothique Sainte-Marie-Madeleine pour un répertoire œcuménique mêlant chant maronite, orthodoxe ou chrétien. « Pendant 800 ans du Moyen-Âge, les instruments sont interdits. Il y a tout un travail sur les pouvoirs de la langue, sur la résonance de la voix sur les pierres », détaille le spécialiste. Émotion assurée.

    Une musique inscrite

    dans nos gènes

    Très architecturée, réfléchie et travaillée, cette musique est un art sacré. « Notre travail à nous, a été d’essayer de le restituer pour ce programme qui mélange les musiques orientales avec de l’araméen (langue parlée au temps du Christ), du Grec (musique orthodoxe), de la musique Syrienne (rythmes maronites) », détaille Pierrick. Et de poursuivre comme une évidence « cette musique est inscrite dans nos gènes parce qu’on est des citoyens du monde ».

    Ces musiques d’églises étaient chantées partout de la Syrie jusqu’à l’Écosse quelle que soit la langue. Elles ont pour certaines mille ans. « Olivier, le ténor, chante un air du XIIe siècle en langue arabe qui est un chant chrétien. Ce qui peut paraître un peu fou, surtout à notre époque », détaille Pierrick qui insiste sur cette diversité des langues à laquelle la représentation s’attache. Une musique variée qui s’adresse à tous de 7 à 77 ans. « Ténor, contreténor et baryton-basse, nous chantons tous trois, pour toucher l’âme, surprendre et émouvoir », lâche-t-il en guise de conclusion.

    Le 21 août à 20h à la basilique Sainte-Marie-Madeleine.
    Entrée
     : 15 euros.

  • Plongée dans le bazar des 182 box du Marché du Soleil

    Plongée dans le bazar des 182 box du Marché du Soleil

    La plongée judiciaire dans ce haut lieu marseillais de la contrefaçon s’avère difficile. Dès les premières questions, les mémoires s’effilochent à la barre, tout devient flou, confus, magmatique. Il faut au président Adrien Fauchier Delavigne la ressource des PV de garde à vue et des écoutes pour éclairer sur la « gestion opaque et désorganisée » des baux et sous baux des 182 cellules commerciales du Marché du Soleil, dont la grande majorité vendait des produits contrefaits, parfois réalisés sur place.

    « Tu enlèves les contrefaçons, il n’y a personne qui rentre au Marché du Soleil ! Sur 180 box il y en a 20 qui n’en vendent pas. La vente de contrefaçons a explosé en 2016-2017. Tout le monde s’est mis à en vendre », relate Abdelmalek Es Saddouki, gardien depuis 2011, qui nie avoir tenté de corrompre un douanier le 5 mai 2025. Le gabelou est formel : « Il m’a demandé de ne pas contrôler le camion et a spontanément proposé de l’argent à plusieurs reprises. “Tu veux combien ?” “Si tu ne veux pas pour toi, prends pour tes enfants”. »

    Les chiffres de l’Office national anti-fraude parlent. En 2024, 24 711 articles de contrefaçon ont été saisis dans 12 box différents, pour une valeur de 2 016 000 euros. Sur les sept premiers mois de 2025, 19 939 articles de contrefaçon saisis dans quatre box différents et les parties communes du 1er étage pour 5 190 000 euros. Depuis 2023, ce sont 47 348 articles saisis de plus de 26 marques contrefaites pour une valeur totale de 7 698 000 euros. Le chiffre d’affaires global annuel du Marché du Soleil, estimé en valeur haute par les Douanes en prenant un ratio de 80% de box proposant des contrefaçons et un chiffre d’affaires de 800 euros par jour, pourrait s’élever jusqu’à 31,5 millions d’euros.

    Second gardien depuis trente ans et collecteur des loyers pour Georges Dahan, 81 ans, le propriétaire du marché, Abdelhamid Djermoune conteste tout : « Ce sont des ragots. On est impuissant avec Dahan à lutter contre la contrefaçon. » Même s’il dit en acheter pour ses frères en Algérie : « Au début, on fermait les magasins et on a pris des coups. J’ai déposé deux plaintes. Je suis menacé. Quand j’ai coupé l’électricité à des commerçants une dizaine de fois, on m’a agressé, frappé et cassé ma voiture. Il n’y a pas de solution, sauf fermer le Marché. » Il rame pour expliquer l’écoute dans laquelle il parle avec Georges Dahan de « l’argent noir » des loyers perçus, 99% en espèces.

    Aucun vendeur ne figure parmi les 18 prévenus, dont trois sociétés. La plupart ne sont pas déclarés, sont sans papiers et payés de 30 à 60 euros par jour. Interrogé sur sa cargaison de 1 000 paires de fausses Nike TN, l’un d’eux expliquait aux enquêteurs : « Je vends tout le temps 35 euros. C’est pour les pauvres qui ne peuvent pas se payer des baskets à 200 euros. À 95%, mes fournisseurs se trouvent en Turquie. » Il s’approvisionne à Clignancourt ou Aubervilliers et paye cash la marchandise.

    Beaucoup regardent Leïla Hireche, 56 ans, la gestionnaire au quotidien du marché depuis 2022, comme un personnage central du système, celle qui attribue les box, celle qui appelle des policiers municipaux pour les mauvais payeurs. « Lorsqu’elle appelle les policiers, ils viennent et ils font ce qu’elle demande : mettre la pression ». « C’est une mafieuse. Même la DZ Mafia ne fait pas ça. Elle a fermé des magasins aux gens », accuse un commerçant. « Elle fait ce qu’elle veut car c’est elle aussi qui fait les papiers pour les sous-locations, elle gère tout », a dit aux enquêteurs Haouari Abed Boumediene, président de l’association des commerçants, qui ajoute : « Georges Dahan, c’est le propriétaire du Marché du Soleil. Lui, tant que l’oseille rentre, il en a rien à foutre, il fait totalement confiance à Leïla. Et avec tout le respect que je vous dois, elle tient les 300 commerçants par les couilles. »

    « Je ne vais pas contrôler ce qu’il y a dans chaque carton. » « Ce n’est pas à nous de contrôler d’où vient l’argent et ce que font les locataires, réplique Leïla Hireche. On n’a aucune relation avec la contrefaçon. On galère pour se faire payer. La société a 700 000 euros de dettes de loyers. »

  • À Aubagne, une micro-ferme pour sensibiliser à la biodiversité

    À Aubagne, une micro-ferme pour sensibiliser à la biodiversité

    Une micro-ferme agroécologique et pédagogique, c’est le projet qu’a imaginé Florent Bonello, fondateur des Jouals. À travers cette ferme, une cueillette de fruits et de fleurs se réalise afin de sensibiliser et de faire découvrir la biodiversité locale dès le plus jeune âge. « Le but était de faire découvrir et d’enseigner l’agroécologie », explique Florent Bonello.

    Depuis son plus jeune âge, le natif de Marseille vit au contact de la nature. Après avoir obtenu son diplôme d’ingénieur en agroécologie, il a immédiatement imaginé un projet pédagogique autour de la biodiversité. Les visites auront lieu chaque samedi du mois de mai, de 14h à 16h. Pour le moment, elles se limiteront à la découverte du site, sans cueillette, les fruits et végétaux étant encore en pleine croissance.

    Un autre aspect important du projet concerne le financement. L’acte d’acquisition du terrain est en cours de finalisation et le fondateur des Jouals a lancé une campagne de parrainage, disponible jusqu’au 31 mai.

    Un appui majeur

    Les Agri’Culteurs, plateforme de financement spécialisée dans les projets agroécologiques, soutiennent le projet des Jouals. Pour financer les 657 arbres et arbustes, Florent Bonello a acté un partenariat avec la société qui a ouvert ses portes depuis plus d’un an maintenant. « Nous partons du principe que les agriculteurs ne peuvent pas porter seuls la charge de prendre soin de l’environnement », déclare Jeanne Bonnet, présidente de la plateforme les Agri’Culteurs. Une rencontre décisive pour Florent Bonello, qui a pleinement adhéré à la démarche. « Elle (Jeanne Bonnet) est venue directement sur le terrain et m’a orchestré un panel de médias avec des vidéos, des images et du son pour la communication des Jouals, c’était parfait », ajoute-t-il. Jeanne Bonnet complète : « Son idée de projet correspond totalement à nos valeurs. L’idée est de soutenir des agriculteurs engagés en allant les aider à trouver des financements. »

    À ce jour, 31 donateurs ont déjà contribué, et le projet continue de progresser. Florent Bonello espère voir ses végétaux pleinement développés d’ici septembre, tout en poursuivant son ambition pédagogique : « La sensibilisation par l’émerveillement, c’est la clé de la réussite. C’est même un spectacle pour les enfants », affirme-t-il.

    Campagne de parrainage sur le site lesarbri-culteurs.fr

  • Free fusionne ses centres d’appels, la CGT va en justice

    Free fusionne ses centres d’appels, la CGT va en justice

    Un plan social « déguisé » et une attaque en règle des droits de représentation des salariés. C’est ce que dénonce la CGT Telecoms dans un communiqué sur la situation des centres d’appels de Free, désormais une marque du groupe Illiad dont le président-fondateur reste Xavier Niel. Par un savant principe de fusion de Centrapel à Paris, Certicall à Marseille et Equaline à Bordeaux, puis d’absorption, par une filiale, Protelco, rebaptisée « Free assistance », prévue pour le 4 mai, et la mise en place d’un GEEP (Gestion des emplois et des parcours professionnels), l’entreprise se réorganise en profondeur. Au détriment des salariés, alerte Annabel Ros, élue CGT au CSE de Certicall.

    Parallèlement, des Free Proxi, mini-centres de 10 personnes, installés dans des appartements, ont été mis en place. Leur mission : répondre aux abonnés et les dépanner, les centres se consacrant aux abonnements pros. « Ils ont vidé les effectifs des centres, avec une baisse de trois quarts, de 4 000 en 2017 à 1 000 en 2025 », assure la syndicaliste, « à Marseille 48 personnes sont parties, 90% ont préféré quitter l’entreprise face une ambiance délétère, profitant de primes de départ supérieures au niveau légal. » Dans les « Proxi », sur « 400 recrutements, on dénombre 107 licenciements et une centaine de démissions », ajoute-t-elle.

    « Aucun collaborateur contraint » selon Free

    Sur le pont de 8h à 21h du lundi au dimanche, sans manager mais avec un « coordinateur », ces petites cellules « plus pratiques quand il s’agit de travailler ensemble ou de partager une pizza », vante Xavier Niel, donnent lieu à de l’isolement, des intimidations avec « entretiens préalables au licenciement fréquents » et des difficultés pour s’organiser syndicalement déplore Annabel Ros. Dans les centres, « des accords sont en cours, puisque la fusion fait tomber tous les mandats, mais on nous propose trois fois moins de représentants qu’actuellement, nous avons décidé d’attaquer en justice », explique-t-elle, soupçonnant « une volonté de se débarrasser des élus ». Après une audience à Bordeaux ce lundi 13 avril, c’est à Marseille que se tient la seconde ce mardi.

    « Free fait le choix de rassembler ses deux équipes d’assistance abonnés, les centres de relation abonné et Free Proxi, au sein d’une structure unique [pour] mettre fin aux silos (…) et mieux servir nos abonnés », se défend la direction du groupe. Mieux, il s’agit pour les salariés d’« une vraie opportunité et une attente », assure-t-elle. Sur le GEEP, signé en 2025, il « repose sur un double consensus social, négocié et signé par la majorité des organisations syndicales représentatives, et intégralement fondé sur le volontariat », insiste Free, assurant qu’« aucun collaborateur n’est contraint de changer de poste ». Mieux, nombre d’entre eux « ont saisi avec enthousiasme l’opportunité de rejoindre ce nouveau modèle ». Free en veut pour preuve des effectifs qui entre 2024 et 2025, « ne sont pas en baisse ». Et de préciser que 195 Proxi ont été déployés en France.

  • Montpellier, en ballottage favorable

    Montpellier, en ballottage favorable

    De Clermont à Clermont. Le 1er novembre 2025, jour de la fête les morts, Montpellier plie à nouveau chez lui. Et enterre ses illusions. Tout au moins après neuf journées, deux défaites à domicile et un nul à Montauban, il fait fausse route. S’installe alors un climat délétère, où germent une crise de pouvoir venue de l’intérieur et un renversement possible du manager Joan Caudullo.

    Plus de quatre mois plus tard, à l’orée du dernier tiers du championnat, une aube nouvelle pointe à l’horizon. Celle de la renaissance de Montpellier, en lambeaux depuis le titre conquis en 2022.

    La métamorphose est spectaculaire. Sept victoires en neuf journées, quatre bonus offensifs, deux bonus défensifs à Pau et Toulon projettent le MHR à la troisième place du Top 14 avant son déplacement samedi 21 mars au stade Marcel-Michelin de Clermont du médiatique Héraultais Christophe Urios. Pour un choc au sommet entre deux clubs en plein renouveau. Et une même question pour l’un et l’autre : peuvent-ils arracher leur billet pour la phase finale dans un championnat très dense ?

    « On est très contents de s’installer aux six premières places. On est intraitables à domicile, où l’on réussit de belles performances en termes de contenu, et cela est très positif. Cela peut faire de belles choses en fin de saison. Vu d’où l’on vient, si on me donne la 6e place, je signe de suite. L’an passé, on n’a pas réussi à être parmi les huit premiers, être parmi les six ce serait donc très positif. Les joueurs, dont certains ont connu 2022 [année du titre, Ndlr] et 2024 [année du barrage pour le maintien], ont envie de vivre de belles choses. On a pour objectif d’être dans les six premiers, on a que cela en tête », éclairait le jeune entraîneur Joan Caudullo, intronisé à l’été 2024 et néophyte à ce poste.

    Reconquête d’une image brouillée après tant de dérives mercantiles, restauration d’une identité de jeu, remise en valeur d’un attachement au club : Caudullo, et ses adjoints estampillés MHR, fédèrent autour d’une ligne de conduite claire et y donnent du crédit à travers des résultats époustouflants après avoir essuyé les plâtres d’un apprentissage accéléré.

    « Avec mon jeune âge, l’an passé, j’ai voulu faire enchaîner les matchs à Billy Vunipola. Je me suis trompé. Il faut le mettre au repos de temps en temps. En mai et juin dernier, Billy était sur les rotules. Aujourd’hui, il a 20 ans », confesse le jeune manager, coupable d’avoir trop tiré sur la corde du 3e ligne centre anglais (33 ans). « On avait fini la saison à bout de souffle faute d’un effectif plus complet », abondait Didier Bès, en charge de la mêlée.

    « Il est costaud et les gens aiment jouer avec lui »

    L’ancien numéro 8 des Saracens et de l’Angleterre (75 sélections) aspire dans son sillage un paquet d’avant surpuissant, conquérant et dominateur dans tous les secteurs : mêlée, touche, rucks et défense. « Il est costaud et les gens aiment jouer avec lui », précise Caudullo. Grâce au travail méticuleux, et très vite reconnu de Geoffrey Doumayrou, Montpellier possède la défense la plus hermétique du Top 14 avec le Stade toulousain, champion et leader.

    Dans le chamboule-tout de l’hiver, Montpellier s’est peu à peu doté d’armes nouvelles. À savoir un jeu d’attaque, encore perfectible mais bénéfique avec sept bonus offensif, une alternance dans le jeu et une paire de demis autour du demi de mêlée écossais Ali Price et de l’ouvreur argentin Domingo Miotti, sur le point d’être prolongé. « cette charnière met en place ce que l’on a envie de mettre en place », savoure Caudullo.

    Après une première saison presque blanche, le Puma (10 sélections) s’est imposé tout à la fois comme un bon animateur et surtout comme un buteur fiable. Miotti (29 ans) semble mettre fin à la malédiction des numéros 10 depuis le départ de François Trinh-Duc, gamin du Pic Saint-Loup magnifié par le passage fondateur de Fabien Galthié (2010-14). Avec Harry Plummer, l’ouvreur néo-zélandais de Clermont, l’international argentin, arrivé d’Oyonnax en 2024, est le meilleur buteur du championnat. Le rendez-vous face à une équipe auvergnate, qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau, promet d’être révélateur de l’état de forme et de l’ambition de Montpellier. Portés par un élan hivernal rédempteur, les partenaires du 3e ligne international Lenni Nouchi ne manquent pas d’obstacle sur la voie d’une qualification pour la phase finale. Ils ne comptent que huit points d’avance sur Toulon (7e) et Le Racing (8e). Et s’avancent vers un calendrier compliqué par cinq déplacements (Toulouse, Bordeaux, Castres, Lyon) pour seulement trois réceptions (Perpignan, Montauban et Pau).

    À défaut d’avoir fait le nécessaire à Montauban, en début de saison (22-22), le MHR est quasiment contraint d’obtenir un troisième succès à l’extérieur.

    Autres obstacles : la réintégration de Lenni Nouchi au terme d’un Tournoi frustrant et l’effet de contacts de Joan Caudullo avec Toulon. Garant d’un projet à moyen terme, le manager de Montpellier a été approché par le club varois pour succéder à Pierre Mignoni, promis à prendre du recul après son burn-out. L’avenir de Caudullo, a priori engagé à moyen terme, peut-il froisser la belle dynamique de Montpellier ?

  • Amine Kessaci est candidat aux côtés de Benoît Payan

    Amine Kessaci est candidat aux côtés de Benoît Payan

    Un soir tout particulier… Tout sourire devant la foule qui a envahi l’Après M à Sainte-Marthe (14e), Amine Kessaci (EELV) est venu, ce lundi 26 janvier, se porter candidat aux municipales aux côtés du maire DVG sortant de Marseille, Benoît Payan. « Oui à une vie meilleure, c’est ce que l’équipe du Printemps marseillais a porté. Il y a une volonté de dire que notre ville est généreuse et unie. Il était évident pour moi de dire que Marseille doit être vitrine de la lutte contre le narcotrafic. On portera cet accompagnement des familles de victimes. Je dis : Debout ! Et on y arrivera », lance le jeune homme.

    Après avoir perdu son petit frère, Mehdi, assassiné par un commando le 13 novembre dernier, alors que son aîné avait été retrouvé en 2020 carbonisé dans le coffre d’une voiture, le fondateur de l’association Conscience avait promis de ne pas lâcher son combat contre le narcotrafic. À la suite de son soutien au maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, puis à Magali Brunel (PS), candidate de la gauche et des écologistes à Toulon, il s’engage encore plus franchement pour et dans sa ville.

    « Pour Amine, ce n’est pas rien. C’est avec beaucoup de respect que nous avons décidé d’engager ce chemin ensemble », a déclaré, ému, Benoît Payan. Et de revenir sur les engagements du Printemps « dans la conviction que nous devrions protéger les Marseillaises et les Marseillais, mais aussi les rassembler, quelle que soit leur couleur de peau, quel que soit leur quartier. »

    « Je suis ici pour dire

    qu’on ne se résignera pas »

    Sous les bravos, en présence de sa mère, de ses sœurs et de la plupart des adjoints au maire, celui qui donne un coup d’accélérateur à une campagne atone, avec son combat à la résonance internationale, a martelé sa volonté de rester « debout » comme il l’avait fait lors de la marche blanche en hommage à son frère Mehdi.

    « Je suis ici pour dire qu’on ne se résignera pas. Nous avons su nous lever par milliers pour dire non, mais surtout pour dire oui à la paix, oui à la justice, oui à une vie meilleure. C’est ce que l’équipe municipale du Printemps marseillais a porté, tout au long de ses six années », enchaîne Amine Kessaci. Une majorité qui a agi selon lui « pour l’égalité, pour l’équité des territoires, pour les transports, pour l’école. Et comme le disait Nelson Mandela, l’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde ».

    Son ennemi premier : l’extrême droite, contre laquelle il avait déjà bataillé aux législatives de 2024 sous la bannière du Front populaire, dans la 3e circonscription des Bouches-du-Rhône. Il avait alors perdu de 835 voix son duel, au second tour, contre Gisèle Lelouis (RN). « Un engagement naturel » insiste-t-il, tant il était évident pour lui « de dire que jamais Marseille ne tombera aux mains des extrémistes. Jamais Marseille ne sera dirigé par le Rassemblement national. Ce n’est pas possible ».

    Le désormais candidat n’a pas manqué non plus de remettre sur l’ouvrage la charte du relogement des familles de victimes du narcotrafic avec les bailleurs sociaux. Il en est persuadé, « Benoît Payan sera le premier maire à la signer ».

    La force d’un destin.

    La sécurité, mantra de Martine Vassal

    La candidate de la droite et du centre à la Ville de Marseille a clairement fait de la sécurité un de ses thèmes favoris, bien avant la campagne, quitte à empiéter sur les plates-bandes du RN. Martine Vassal propose de créer une Brigade anticriminalité (BAC) municipale et de faire du centre-ville un lieu d’expérimentation de l’intelligence artificielle, avec « des drones et la police présente ». Le recours à la vidéosurveillance serait également renforcé. Celle qui est déjà présidente de la Métropole a, par ailleurs, déjà armé les 99 agents du Groupement d’assistance et de protection de la RTM de matraques et de bombes lacrymogènes. « La sécurité est la première de nos libertés », a-t-elle martelé.

  • Disparition de Jean-Paul Blachère, figure de Blachère Illumination

    Disparition de Jean-Paul Blachère, figure de Blachère Illumination

    Jean-Paul Blachère a rendu son dernier soupir le jour du réveillon de Noël à Dakar au Sénégal à l’âge de 75 ans. De renommée mondiale, l’entreprise d’illuminations Blachère a été créée par Hubert Blachère, le père de Jean-Paul Blachère. Étrange signe du destin, c’est cette année, l’entreprise Blachère Illumination fête ses 80 ans d’existence. Il y a peu, lors de l’inauguration de la Fête des Lumières, sur la place de la mairie, sa fille Christine rendait hommage à son grand-père et à son père Jean-Paul, ainsi qu’à tous les employés de l’entreprise. Notre journal a une relation toute particulière avec la famille Blachère qui, rappelons-le, faisait la sonorisation et l’éclairage des fêtes de La Marseillaise durant de nombreuses années.

    Nous tenons à saluer la famille et les proches de Jean-Paul dans ces moments difficiles. Nous avons aussi une pensée amicale pour les employés de cette entreprise familiale qui compte dans la ville d’Apt.

    L’Afrique au cœur

    Jean-Paul a créé aussi sa fondation consacrée à l’Afrique, La Fondation Blachère. Ce sera pour tous l’occasion de penser à lui à travers elle. La Fondation Blachère, dont le pôle d’art est basé à la gare de Bonnieux à une quinzaine de kilomètres d’Apt, et est reconnu internationalement, rend sur ses réseaux hommage à une « figure incontournable de notre institution » qui a « consacré une grande partie de sa vie à soutenir et promouvoir les artistes du continent à travers des résidences, des expositions et des actions culturelles en France et à l’international », et pour qui « sa vision généreuse et son engagement en faveur de la création artistique ont profondément marqué notre communauté et laissé une empreinte durable dans le paysage culturel ».

    Il y a quelques années, à Robion, il rencontrait, dans le cadre d’une conférence, le champion Lilian Thuram. Nous avions eu l’occasion, amicalement, de lui offrir la photo souvenir de ce temps fort pour lui. Jean-Paul était quelqu’un de discret, mais impliqué ; il se rendait encore régulièrement dans son entreprise. Il y a peu aussi avait lieu la traditionnelle exposition « des Lumières » qui attire toujours autant de monde chaque année. Il avait laissé la succession de son entreprise à sa fille et à son gendre. C’est avec émotion que nous avons appris son décès. Jean-Paul est une personnalité qui va manquer à tous.

  • Femmes solidaires, 80 ans de combats

    Femmes solidaires, 80 ans de combats

    Une vieille dame, toujours bien alerte. Femmes solidaires, digne héritière de l’Union des femmes françaises (UFF), a fêté cette année ses 80 ans, l’occasion de revenir sur une histoire de luttes et de conquis pour les droits des femmes ce samedi 6 décembre à l’Afriki Djigui Theatri (1er). Notamment avec une exposition proposée par le comité nîmois et un film revenant sur des dates importantes. Comme le premier congrès fondateur de l’UFF, le 17 juin 1945 à Paris, au Palais de la Mutualité, avec 2 377 déléguées venues de toute la France, tout juste sorties de la Résistance ou rentrant de déportation. Elles défendront leur droit au travail « à salaire égal » avec les hommes, rappelle Annick Karsenty, présidente de Femmes solidaires Marseille, se battront pour obtenir des crèches et des garderies pour que les enfants ne soient pas dans la rue.

    Mobilisées pour la paix

    Elles se mobiliseront aussi pour la paix, contre la guerre en Indochine et contre la colonisation défendant le droit des Algériens à l’indépendance. Jusqu’à en perdre la vie pour deux d’entre elles, le 8 février 1962, lorsque des partis et des syndicats appellent à manifester contre l’OAS et que les manifestants sont durement réprimés à l’entrée du métro Charonne.

    Puis « nous sommes passés des combats féminins aux combats féministes », explique Annick Karsenty pour qui rien n’est gagné. Prochaine date cruciale, le 6 février, journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines. Depuis plus de 10 ans, Femmes solidaires travaillent avec les femmes Afars en Éthiopie pour éradiquer l’excision, et les mariages forcés au sein du projet Kimbidalé.

    Pour en savoir plus : « 80 ans
    de la vie des femmes, de l’UFF
    à Femmes solidaires
     », ouvrage collectif, 45 euros.

  • Une mosaïque pour la paix face à la Méditerranée

    Une mosaïque pour la paix face à la Méditerranée

    « Ce banc, c’est une invitation à la rencontre, à s’asseoir côte à côte, comme un premier pas vers la paix », sourit Laura Sahin, co-responsable de la section sud de l’association Les Guerrières pour la paix. Sur la corniche Kennedy, à côté de la plage du prophète, une cinquantaine de personnes se sont réunies, ce jeudi, pour inaugurer la mosaïque de l’association. Un banc de la paix qui a d’autant plus de sens qu’il fait face à la Méditerranée, « une mer témoin des conflits qui frappent ses rives, en Israël, en Palestine, en Ukraine, en Syrie, au Liban », insiste la responsable.

    Débuté en octobre, le projet a été porté par l’association Les Guerrières de la paix, fondée en 2022 par Hanna Assouline, qui rassemblent des femmes juives et musulmanes pour promouvoir un discours de paix et la place des femmes dans ces processus. C’est en partenariat avec l’artiste Paola Cervoni, qui réalise les mosaïques de la corniche, et les élèves de l’école de la Seconde chance que ce banc a été réalisé.

    Pendant 2 mois, tous les mardi, élèves et bénévoles de l’association se sont retrouvés pour discuter de la paix et créer ce dessin de pierre, qui représentent une femme qui souffle les colombes de la paix. « ça fait chaud au cœur de voir le résultat », sourit Fadela Omari, guerrière de la paix.

    C’est donc un message d’apaisement et de solidarité que les guerrières de la paix et Ali Abu Awwad ont voulu porté, ce jeudi, jour du 10e anniversaire des attentats de Paris. « Dans un moment de grande fracture, où le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie montent, on a voulu recréer un espace commun et de dialogue », insiste Hanna Assouline, fondatrice de l’association. Un message de paix partagé par le fondateur de l’association palestinienne Taghyeer : « il faut que l’on soit pro-solution, pour que les Israéliens et les Palestiniens puissent vivre libres, dignes et en sécurité. »

    L’inauguration de ce banc a été suivi par la projection du film Résister pour la paix, au musée d’art contemporain de Marseille. Un film co-réalisé par Hanna Assouline, avec Sonia Terrab, sur des hommes et des femmes qui résistent pour la paix en Israël et dans les territoire palestiniens.

    Le pacifisme comme solution

    Militant pacifiste palestinien, Ali Abu Awwad lutte pour une solution à deux états.

    Une des façons d’agir de manière la plus juste pour nous [les Palestiniens], c’est en faisant de la non-violence notre identité, car nous n’avons pas d’état et le monde entier nous critique si l’on résiste militairement. » C’est la conviction d’Ali Abu Awwad, fondateur de l’association palestinienne pacifiste Taghyeer. Né près de Hébron, en Cisjordanie, il y habite toujours « entouré de grillages et de checkpoints où personne ne peut se déplacer librement ou travailler ».

    C’est pour lutter contre cette réalité qu’il crée Taghyeer (changement en arabe), pour promouvoir une solution non-violente à la guerre Israélo-palestinienne. « Je ne veux pas résister à l’occupation, je veux y mettre fin. Pour cela, il faut une action stratégique qui donnera à mon peuple sa liberté. » Il défend donc une solution à deux états, avec une reconnaissance mutuelle et la libre circulation des populations « pour que les deux peuples puissent vivre libres et en sécurité sur cette terre ».