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  • Dans les Bouches-du-Rhône, la répression des fraudes a contrôlé plus de 2 200 établissements en 2025

    Dans les Bouches-du-Rhône, la répression des fraudes a contrôlé plus de 2 200 établissements en 2025

    Fonctionnaires chargés du contrôle des entreprises, des plus petites aux plus grandes, sur l’ensemble du territoire national, les agents de la DGCCRF s’attachent à la protection du consommateur. Cette semaine, l’institution a publié ses derniers chiffres et son bilan d’activité pour l’année 2025.

    Les agents de la CCRF, eux-mêmes en poste au sein de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) des Bouches-du-Rhône et de la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (Dreets) Provence-Alpes-Côte d’Azur, ont contrôlé « plus de 2 200 établissements en 2025 », pose d’entrée le document. Résultat : 200 « injonctions de mise en conformité » et 190 « procès-verbaux administratifs ou pénaux » distribués, indique l’institution.

    Deux principaux « domaines d’action » ont ponctué les contrôles de l’année passée. À commencer par la « protection économique du consommateur », incluant le « contrôle des pratiques commerciales » et le « respect des règles relatives à l’information du consommateur ».

    Mais aussi par la « loyauté et la sécurité des produits et services », déterminés par le « contrôle et la conformité des produits alimentaires non alimentaires », ainsi que sur la surveillance des pratiques liées aux influenceurs, au drop-shipping et à la sécurité des « produits vendus sur les plateformes de e-commerce ».

    Parmi les faits marquants de l’année, le démarchage téléphonique a fait l’objet d’une attention particulière. Considéré comme l’un des principaux irritants pour les consommateurs, « certains relèvent du démarchage commercial, qui est encadré par la loi. D’autres, nombreux, sont des tentatives d’escroquerie », indique la DGCCRF. Après enquête, une entreprise a été sanctionnée d’une amende administrative de plus de 400 000 euros pour près de 6 000 « reprises des consommateurs en 2025 ». L’entreprise utilisait un formulaire en ligne pour collecter des numéros de téléphone de consommateurs supposément intéressés par des devis de rénovation énergétique, et contactait certains d’entre eux jusqu’à 12 fois par jour.

    Les agents ont également renforcé leurs contrôles sur l’origine des produits alimentaires, notamment dans la filière des fruits et légumes, afin de lutter contre les mentions trompeuses, préjudiciables aux entreprises locales, comme le « bio » ou le « made in France ». Dans ce domaine, 210 établissements ont été contrôlés dans le département. « En Paca, plus de 90 établissements ont fait l’objet de procès-verbaux administratifs ou pénaux », précise l’institution.

  • Face à des narcotrafiquants puissants, l’État tente de s’organiser

    Face à des narcotrafiquants puissants, l’État tente de s’organiser

    Un électrochoc. C’est ce que souhaitait Amine Kessaci, aujourd’hui adjoint au maire de Marseille, au lendemain de l’assassinat de son frère Mehdi le 13 novembre dernier, dénonçant inlassablement l’emprise d’un narcotrafic de plus en plus puissant et violent. Un meurtre « d’intimidation » qui marquait un « point de bascule » avait analysé à chaud le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez (alors que l’hypothèse d’une erreur sur la cible est plus que probable selon Le Monde de ce 12 mai), ce dernier promettant de se rendre régulièrement à Marseille.

    Depuis, il y a annoncé le 9 avril la reprise en main par la police judiciaire (PJ) des opérations et surtout une meilleure coopération entre les services. Il a aussi lancé un plan « Investigation » pour renforcer les capacités de la PJ pour faire face à l’évolution du crime organisé mais surtout remédier à la crise de la filière après la réforme de la police nationale. D’après une mission d’information menée en 2025 pour en faire le bilan, 82% des fonctionnaires se disaient insatisfaits de leurs conditions de travail et 77% en sous-effectif.

    Concrètement, la préfète de police déléguée n’a de cesse de relayer le message de l’État assurant de sa « mobilisation déterminée contre le narcotrafic, avec un recours rapide et ferme à tous les leviers disponibles », au fil des annonces de saisies de cannabis ou de cocaïne.

    Des policiers mobilisés

    Fin avril, elle affichait un bilan positif de « +18% de mise en cause au premier trimestre 2026 » soit un total de 1 044 personnes. Outre l’enquête, la doctrine, c’est aussi de s’attaquer aux petites mains avec les interdictions administratives de paraître, le cap des 200 ayant été franchi fin avril dans les Bouches-du-Rhône, sans oublier les consommateurs avec 8% d’augmentation des amendes forfaitaires délictuelles pour stupéfiants au premier trimestre 2026.

    Les maires tentent aussi d’agir. Une fiche pratique élaborée par la gendarmerie nationale, avec l’Association des maires de France (AMF), a été publiée cette semaine sur la plateforme Gend’élus évoquant notamment la prévention.

    Reste que la tâche est immense. Dans son rapport rendu le 10 avril sur l’état de la menace, le Sirasco (Service d’information, de renseignement et d’analyse stratégique sur la criminalité organisée) pointe un « niveau de violence sans précédent », des « profits criminels [qui] s’accroissent », et des réseaux qui « ont su mettre à leur profit toutes les avancées technologiques » indiquait sa cheffe, Annabelle Vandendriessche.

    De la technocratie pour la CGT

    Réagissant à l’annonce du plan « Investigation » et de ses 125 mesures, la CGT Intérieur estime que le gouvernement « empile les mesures techniques sans jamais affronter la réalité : la police judiciaire traverse une crise structurelle ». Le syndicat rappelle « le manque d’effectifs, l’absence de reconnaissance des enquêteurs et une organisation déjà fragilisée » et appelle à « un changement de cap ». Le syndicat propose de revaloriser le métier, de « garantir des effectifs » ou encore de « maintenir un lien fort avec l’autorité judiciaire ».

  • Débat budgétaire houleux dans une ambiance délétère à Fos

    Débat budgétaire houleux dans une ambiance délétère à Fos

    Le débat autour du rapport sur les orientations budgétaires, qui a conclu le 3e conseil municipal jeudi, a été pour le moins tendu. Le maire d’extrême droite Philippe Maurizot, soutenu par le député RN Franck Allisio, a déclaré présenter un « budget techniquement sécurisé » dans « un contexte de transition institutionnelle », afin d’« assurer la continuité du service public, sécuriser les équilibres financiers et poursuivre les opérations déjà engagées ».

    « Une marge limitée »

    L’opposant Nicolas Féraud (PCF) a presque eu peine à s’exprimer sur ce point, à l’heure de questionner sur des choix de long terme. « L’épargne brute [4 886 000 euros, Ndlr] de 2026 intègre des recettes qui ne seront pas reconduites… Ce qui laissera une marge d’autofinancement limitée. Quelle sera cette épargne à horizon 2027-2028 ? » demande l’élu, sous les huées des partisans du maire. L’édile agite l’épouvantail : « Nous sommes dans une phase de transition, dans un monde en guerre, avec des incertitudes majeures sur le prix du carburant, les attributions de compensation de la métropole, et vous demandez des réponses qui relèvent de la boule de cristal ! On va en budgéter une, peut-être on la trouvera sur Temu », ironise-t-il.
    « Peut-être en aurez-vous besoin pour savoir quand votre ami Trump arrêtera de bombarder l’Iran », rétorque le communiste, coupé par les hurlements de l’assemblée.

    De son côté, l’autre opposant (PS) Jean-Michel Leroy, parle « d’inaction de la mandature précédente » au vu des 12 millions d’euros non utilisés du précédent budget. Il insiste sur « le besoin, pour une collectivité, de voter un budget à l’équilibre qui, autrement, perçoit des impôts pour rien ». Puis il pointe le « besoin de manager pour cette armée de fonctionnaires, à 80% exécutante, sans chefs ni missions claires », dont « 101 vacataires, dont je vous invite à réfléchir à une manière de régulariser leur situation, il n’y a rien dans le budget de ce point de vue », conclut-il.

    Philippe Maurizot, bien que remerciant « une analyse tout à fait exacte », affirme « aller de surprise en surprise depuis trois semaines ». Et va jusqu’à parler de « cadavres dans les tiroirs ». « Alors quand on me demande “qu’est-ce qu’on attend pour faire”, je reste calme mais j’en pense pas moins » répond l’édile, sous des applaudissements forcés. « On a vécu bien plus que des sarcasmes en 20 ans, habituez-vous à plus que ça », assume-t-il. Tout un style.

  • À Marseille, la logistique électorale s’active avant le vote

    À Marseille, la logistique électorale s’active avant le vote

    Seul le bruit du papier qu’on remue résonne dans l’immense entrepôt du Parc Chanot où, ce samedi matin, s’activent quelque 1 000 personnes. À une semaine du premier tour des élections municipales, la mise sous plis des professions de foi a commencé dès 7h30, explique Carine Laurent, directrice adjointe de la citoyenneté, de la légalité et de l’environnement à la préfecture des Bouches-du-Rhône, qui supervise les opérations avec son équipe.

    Il y a là 550 fonctionnaires « toute fonction publique confondue », précise-t-elle, qui se sont portés volontaires et ont été autorisés à venir avec un accompagnant. Avec 13 documents de propagande à mettre par enveloppe, chaque binôme ayant une part de 1 000 plis à réaliser, « c’est quand même un travail important, même s’il est un peu plus rapide que d’autres élections nationales que certains ont pu connaître », estime Carine Laurent.

    Pour ces premières municipales organisées après le passage de la loi PLM qui instaure un double scrutin à Marseille, soit 1 094 206 enveloppes à envoyer pour 547 103 inscrits recensés, cette mise sous plis à Chanot concerne uniquement la liste pour la mairie centrale et « trois communes, Allauch, Plan-de-Cuques et Septèmes » précise-t-elle. Le travail pour les listes marseillaises par secteur se faisant à Toulouse, confié à une entreprise privée, la société SMS. Tout comme la propagande destinée aux communes de Barbentane, Châteaurenard, Eyragues, Graveson, Noves et Rognonas indiquait dès décembre le préfet, dans un communiqué. Préfet qui a choisi de faire appel à « un marché régional qui existe, utilisé par beaucoup de préfectures, avec un prestataire qui a l’habitude de travailler sur les élections, qui le fait déjà depuis plusieurs années pour d’autres préfectures », indique la directrice adjointe, de ce côté-là, tout est déjà terminé depuis la veille se félicite-t-elle. Dans le département, la mise sous plis s’organise également par îlots, dans chaque sous-préfecture, complète-t-elle.

    La rémunération motive la plupart des troupes

    À l’intérieur, sur les grandes tables tout en longueur, des tas de feuilles soigneusement ordonnées ou classées dans des casiers en plastique. Chacun y va de sa méthode pour gagner en efficacité : le casque sur les oreilles, les gants fins, la glycérine pour éviter que le papier glisse, jusqu’à cette jeune femme équipée d’une petite boîte hermétique remplie d’eau, d’une éponge, pour mouiller les rabats encollés des enveloppes et mieux les sceller…

    On retrouve là David et Caroline. « Ça avance bien, c’est répétitif, il suffit d’être bien concentré, ne pas perdre le rythme », confient-ils. Un peu plus loin, Frédéric et Céline sont des habitués. « C’est mon mari qui est dans la fonction publique, et c’est comme dans les mariages, on a le droit d’amener un ami, on fait ça depuis dix ans », racontent-ils. Ils ont fait le déplacement aux aurores depuis Salon-de-Provence, râlent car ils n’ont pas eu accès au parking pour cause de salon de l’Étudiant.

    Ce qui les motive, comme la plupart, c’est la rémunération : très exactement 33 centimes par enveloppe. Même si, glisse quand même notre couple, ils ont aussi le sentiment de participer un peu au process démocratique. À 11h du matin, ils ont déjà atteint les 500, remplissant allègrement l’un des bacs à roulettes mis en bout de table. Une fois plein, les équipes de la Poste, positionnées à l’arrière du bâtiment, viendront les récupérer. « C’est fait au fil de l’eau », précise Carine Laurent. Une fois les 22 camions remplis, dont certains vont faire des rotations, « la Poste commence à livrer dans les centres de distribution. Elle n’attend pas », poursuit-elle. De quoi démarrer la distribution dès le lundi, quand tout devait être bouclé le dimanche en début d’après-midi, assurait, sereine, Carine Laurent.

    Sur l’organisation des élections en général, « les services de la préfecture ont l’habitude, on l’a vu même en cas de dissolution en 2024 », rappelle-t-elle. Tout est déjà calé pour les échéances logistiques, prévues les 18 et 19 mars, avant le second tour du 22 mars.

    Au Rove, les procurations s’anticipent

    À l’occasion des municipales, la commune du Rove, en lien avec la gendarmerie, met à disposition un service pour valider ses procurations, préalablement effectuées en ligne (maprocuration.fr). Accueil à l’Hôtel de Ville le lundi de 9h à 10h et le mercredi de 15h à 16h. Se présenter muni de la carte d’identité ou du passeport, le QR Code reçu après votre demande en ligne. Cette vérification, rapide et simplifiée, est assurée par des gendarmes spécialement mobilisés. Pour les personnes en difficulté, un agent municipal peut aider sur rendez-vous (04.91.46.80.00). Se munir de vos identifiants FranceConnect ainsi que des données d’état civil du mandataire.

  • L’État veut faciliter l’accès au logement pour ses agents

    L’État veut faciliter l’accès au logement pour ses agents

    Difficulté pour se loger, manque d’attractivité, service public menacé… Pour le ministre de la Fonction publique, David Amiel, il s’agit de revoir l’équation dans des territoires où la pression foncière et le manque de logements sociaux pèsent lourds dans le budget des fonctionnaires. À la cité des douanes, au cœur de la Belle-de-Mai (3e), il a pu découvrir a contrario que la vie était plutôt agréable pour les agents. Au sein de cet ensemble de 11 bâtiments en pleine rénovation, qui abrite les douaniers depuis 1904, « on vit bien », résume Franck Testanière, directeur interrégional des douanes qui fait office de guide, même si, depuis le Covid, le quartier est « passé de populaire à difficile » nuance un des habitants.

    Le taux d’occupation des 200 logements habitables sur 240, du T2 au T4 avec des loyers accessibles, de 300 à 500 euros par mois, est de 100% poursuit le directeur, pour moitié des douaniers actifs et retraités, le reste étant dévolu aux autres fonctionnaires de Bercy. Deux bâtiments abritent des étudiants du Crous. Un « modèle innovant » se félicite le ministre… Rendu possible quand l’État n’a pas vendu les bijoux de famille, comme dans les Alpes ou le Vaucluse glissera au passage le directeur interrégional.

    Diagnostics territoriaux

    Mais « il y a une mobilisation générale du gouvernement pour le logement des agents publics, dont beaucoup sont des travailleurs en première ligne, ceux que l’on avait applaudis pendant la crise sanitaire et qui ne parviennent plus à se loger à une distance raisonnable de leur travail », assure David Amiel. Et de mettre en avant une proposition de loi portée par le groupe Renaissance pour leur faciliter l’accès au logement. « En parallèle, il y a la mobilisation des préfets pour trouver des solutions », complète-t-il, en permettant les réservations de logements sociaux, en faisant du logement intermédiaire ou temporaire.

    Dans une circulaire, le ministre va leur demander des « diagnostics territoriaux précis par métiers, par fonction publique ». Sur notre territoire, le travail a déjà été réalisé au niveau régional, avec l’Insee. Les besoins sont « criants à Marseille ou dans les Alpes-de-Haute Provence où il y a peu de biens à louer », indique le ministre. Des indications qui demandent à être « affinées au niveau départemental », précise Isabelle Épaillard, préfète déléguée à l’égalité des chances. Convenant que la tension est forte sur le logement social, elle souligne aussi « des signaux favorables » avec « une reprise du nombre d’agréments en 2025 », elle compte sur la loi, les gros projets de rénovation urbaine et de réhabilitation des co-propriétés dégradées à venir. Les préfets doivent rendre leur copie d’ici fin avril pour l’état des lieux, fin juin pour des actions ciblées.

  • Narcotrafic : l’État met en avant ses résultats

    Narcotrafic : l’État met en avant ses résultats

    Un bilan positif de par une action commune. C’est le message qu’ont voulu faire passer ce mardi 3 février les représentants des services de l’État engagés dans leur bilan de la lutte contre le narcotrafic. Le nombre de personnes interpellées à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône a augmenté par rapport à l’an dernier, respectivement de 14,2 % et 11 %, les points de deal ont diminué de moitié, passant de 181 en 2021 à 89 à Marseille, de 222 à 114 dans le département. Sur les narchomicides, leur nombre est aussi en baisse de 49 en 2023, à 24 en 2024 puis 20 tués en 2025.

    « Notre stratégie », pose le préfet de région Jacques Witkowski, « ne rien lâcher, agir et encore agir. » Et s’appuyer sur le collectif, avec « la totalité de la puissance étatique en marche, chacun avec ses compétences. » Ses leviers d’action : le quotidien avec « un engagement permanent de la police nationale et de la gendarmerie pour sécuriser les secteurs » et la « poursuite des enquêtes judiciaires », le pilonnage et les opérations de grande envergure, « l’aval » avec des investigations dans « tout un tas de domaines » comme le recel et l’amont avec « des résultats probants » sur le blanchiment et 32 millions d’euros d’avoirs criminels saisis contre 30 en 2024.

    Face à des trafiquants qui se réorganisent, misant notamment sur le « ubershit », le « ubercoke » pour éviter aux consommateurs de se déplacer, policiers et gendarmes ont adapté leurs méthodes. Avec plus de contrôles de « flux » quand au-delà des voitures, les livreurs utilisent parfois des trottinettes, raconte Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale. Pour contrer l’arrivée de produits venus de Marseille et d’Avignon, « dans les trains, sur les routes, nous avons investi les transports en commun avec des équipes cynophiles » ajoute le général Pierre Baillargeat à la tête du groupement de gendarmerie départementale des Bouches-du-Rhône. Des « enquêtes sous pseudonyme » sont aussi menées détaille le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone.

    La loi narcotrafic du 13 juin 2025 offre aussi de nouveaux outils. Comme les interdictions administratives de paraître détaille la préfète de police déléguée, Corinne Simon. Quelque « 150 cette année, ce qui nous permet d’assécher les points de deal », estime-t-elle, rappelant que le contrevenant risque jusqu’à 3 mois d’emprisonnement s’il se fait reprendre. Côté contrôles d’établissements, salle de sport, vendeurs de CBD et autres, ils sont une vingtaine à avoir été fermés dans le cadre des opérations baptisées « Jumbo ». Pour compléter l’arsenal, les expulsions de logements sociaux, avec 36 procédures en cours dont « plusieurs sont passées au tribunal » précise Corinne Simon.

    Apporter une réponse pénale à la hauteur

    Les consommateurs sont aussi dans la ligne de mire. Lors d’un contrôle organisé sur trois jours la semaine dernière mobilisant 1 200 agents dans tout le département, « une personne sur 12 était détentrice de produits stupéfiants » rappelle le préfet, « ils participent au narcotrafic » martèle-t-il.

    Côté justice, le ministère public se fait fort de suivre. Les infractions à la législation des stupéfiants représentent cette année « 24 % de l’activité du Parquet » indique Nicolas Bessone, le double d’une juridiction équivalente, le triple de villes comme Périgueux ou Valence, contre 18 % en 2023, 22 % en 2024. Le nombre de garde à vue dans les affaires de trafic a augmenté, de 15 % passant de 2 406 en 2024 à 2 853 en 2025. « Notre réponse pénale, c’est le déferrement systématique » assume Nicolas Bessone, se félicitant au passage d’une bonne collaboration avec le tout nouveau Pnaco parquet national anticriminalité organisée, mis en place le 5 janvier avec « deux affaires qui ont fait l’objet de co-saisines. »

    Sur les consommateurs, une convention avec la Direction Générale des Finances Publiques (DGFI) a été signée pour assurer le paiement des 10 000 AFD (amende forfaitaire délictuelle) de l’année, 200 euros chacune, les personnes en obligation de soins en ayant été exclues. Des instructions de saisies de voitures ou smartphone commencent aussi à tomber. Un « début » avec 9 téléphones et 4 autos.

    Et le procureur de revenir également sur le travail entamé sur le « haut du spectre » avec de premières saisies d’appartements à Dubaï, des surveillances particulières sur les détenus dangereux qui continuent à gérer leurs affaires depuis la prison.

    Des points de deals qui se déplacent

    Autant de pressions qui ont permis d’avancer mais loin de tout régler. Au-delà des livraisons à domicile, les points de deal se sont déplacés des quartiers Nord vers le centre-ville. Celui du 3e arrondissement restant un point chaud dans le cadre d’un affrontement sans merci pour son contrôle.

    « C’est un travail de longue haleine qui commence à porter ses fruits » commente néanmoins Nicolas Bessone, qui dans le même temps, rappelle que « nous avons affaire à une contre-société » avec une DZ mafia qui fait des conférences de presse, des narcotrafiquants qui proposent du soutien scolaire, de s’acquitter de travaux de bricolage, ou s’organisent en cartel pour s’attaquer à des fonctionnaires de l’administration pénitentiaire. « Nous sommes désormais un pack, habitués à jouer ensemble » estime le préfet filant la métaphore rugbystique. De quoi assurer un début de première mi-temps, quand pour le moment, les trafiquants ont toujours le ballon.

  • À Châteauneuf-les-Martigues, la gauche veut protéger et réparer

    À Châteauneuf-les-Martigues, la gauche veut protéger et réparer

    Châteauneuf-les-Martigues n’avait pas vu une telle union de la gauche depuis « au moins deux mandatures », estime Laurence Jouanaud (PCF). Alors, au moment d’inaugurer le local de campagne ce vendredi 23 janvier, la tête de liste et ses colistiers, représentants des diverses composantes partisanes et citoyennes d’« un Élan pour l’avenir », ont partagé la parole.

    Parmi les priorités du groupe : un nouveau mode de gouvernance « plus à l’écoute de la population afin de développer une intelligence et une solidarité collectives », explique Marie-Thérèse Rochedix, des écologistes. Élodie Thiebaut, représentante d’un mouvement citoyen du centre et conseillère municipale d’opposition, dénonce le « comportement autoritaire et antidémocratique » de l’actuelle majorité. Les forces de gauche entendent donc mettre en place des consultations participatives pour les grands projets, qu’elles souhaitent orienter vers le social.

    Elles proposent notamment de rétablir une maison de la solidarité, de rouvrir un foyer pour seniors à la Mède ou encore de mettre en place un bus administratif afin que les services publics de proximité puissent aller au-devant des publics précaires.

    Sécurité et centres-villes

    Un sujet tient particulièrement à cœur à Élodie Thiebaud, infirmière de profession : la santé. « Les communes peuvent être actrices dans ce domaine », maintient-elle. La liste compte mettre à disposition des locaux et instaurer des aides au financement d’équipements, des bourses et des aides aux internes pour attirer les jeunes soignants.

    Marc Lopez, conseiller municipal d’opposition et colistier PS, insiste quant à lui sur la sécurité, ne voulant pas laisser ce sujet au maire sortant (DVD), Roland Mouren, et au candidat RN, Alain Vaccaluzzo : « Il faudra qu’on embauche rapidement des fonctionnaires municipaux et qu’on renforce les actions de proximité et de prévention, avec des médiateurs devant les écoles. (…) En 1970, il y avait un bureau de police nationale à Châteauneuf. Aujourd’hui, on est trois fois plus et on n’a rien du tout. On mettra tous les moyens nécessaires pour faire revenir les corps d’État. »

    La liste veut aussi redynamiser les centres-villes de la commune de 18 000 habitants « laissés à l’abandon pendant douze ans », selon Marc Lopez. La tête de liste Laurence Jouanaud (PCF) explique : « Tout le monde doit pouvoir s’épanouir dans une ville facile et apaisée, agréable à vivre autour de centres-villes qui proposent des lieux d’échanges et de rencontres. On a l’idée de mettre en place un cyber café municipal. Il faut aussi soutenir l’attractivité pour avoir des commerces attrayants dans des quartiers où les problèmes de circulation seront réglés, avec la mise en commun de transports par exemple. » Tout un programme, qui sera dévoilé dans son entier mi-février.

  • Var : les cinq grands défis de Jean-Louis Masson pour 2026

    Var : les cinq grands défis de Jean-Louis Masson pour 2026

    Pour ses traditionnels vœux, le président (LR) du Département Jean-Louis Masson s’est entouré du préfet du Var, Simon Babre, et de ses conseillers départementaux. Étaient également présents de nombreux édiles, l’évêque de Fréjus-Toulon François Thouvet, mais aussi l’ancien maire de Toulon (2001-2023) et président du Département (1994-2002) Hubert Falco, proche de Jean-Louis Masson, qui l’a chaleureusement salué en dépit de sa condamnation en justice : « J’ai une affection spéciale pour lui. Il a parlé d’un département équilibré et unitaire. J’essaie de faire vivre cet héritage et j’espère en être digne. »

    Un hommage en forme d’interlude au cours d’un discours débuté par la présentation d’un « contexte international que je n’avais jamais connu. Je n’avais jamais vu l’armée américaine s’emparer du président d’une autre nation, qu’elles qu’en soient les raisons, ce qui est surprenant au XXIe siècle, comme voir la Russie attaquer un pays voisin. Et pour la situation intérieure, il n’y a aucune majorité et le budget n’a pas encore été voté. Si la France apporte encore des services du quotidien, c’est par l’engagement des collectivités ».

    Normes, budget, enfance…

    Jean-Louis Masson a ensuite énuméré cinq défis à relever pour la collectivité : « Le premier est celui des normes. Il y a dans ce pays 77 codes. L’association des maires de France dénombre 403 000 normes pour les élus. L’adage “nul n’est censé ignorer la loi” est une chimère. » Il a ensuite cité « le défi budgétaire. 3 400 milliards d’euros de dette, c’est une tragédie. J’avais proposé en tant que député une règle d’or : ne pas souscrire d’emprunt pour équilibrer un budget à base de dettes. Ça n’a pas été retenu. L’État a comprimé les dotations générales de fonctionnement des communes, mais la dette a doublé. »

    Troisième défi, celui de la protection de l’enfance : « Le nombre d’enfants placés sous la protection du Département a doublé en 10 ans, à près de 2 400. On a été désigné département d’expérimentation sur le sujet, en compagnie de la Gironde, avec qui on va organiser une mission. » Jean-Louis Masson a ensuite abordé le sujet de la « transition environnementale. On vient de vivre des catastrophes exceptionnelles : 2 ans de sécheresse, des inondations et incendies ravageurs. La réponse publique doit être au rendez-vous. » Dernier défi : la transition numérique et l’IA : « Le Var est quasiment totalement équipé en haut débit, mais la fracture numérique concerne encore un certain nombre de concitoyens. Quant à l’IA, elle ne doit pas prendre la place de l’intelligence humaine mais être un outil », a martelé le président du département, avant de conclure : « Travailler en équipe est essentiel. Et je crois que dans ce département on travaille en équipe, et c’est pour ça qu’on arrive à trouver des solutions. »

  • La prime « CIA » fait des remous chez les territoriaux de Marseille

    La prime « CIA » fait des remous chez les territoriaux de Marseille

    La CGT des agents territoriaux de la Ville de Marseille débute l’année sur les chapeaux de roues. L’organisation syndicale a déposé un « préavis de grève reconductible du 1er au 31 janvier 2026, couvrant l’ensemble des services municipaux ». Et si le préavis reprend, sans surprise, des revendications d’ordre national sur fond de « politique d’austérité depuis le mandat d’Emmanuel Macron », une « nouveauté importante » s’est ajoutée dans les demandes des agents. « Face aux nombreuses situations injustes remontées par les agents ces dernières semaines, la CGT a décidé d’ajouter une nouvelle revendication au préavis : la fin des inégalités dans l’attribution du CIA », explique la CGT Territoriaux Ville de Marseille. Et cette dernière ne parle pas de l’agence de renseignement états-unienne mais du complément indiciaire annuel (CIA). Une sorte de prime, versée pour l’année 2025 en ce mois de décembre, intégrée au régime indemnitaire des fonctionnaires, lequel est une partie de la rémunération de l’agent public. « C’est la première année que le CIA est attribué d’une manière aussi injuste », dénonce Mikael Casanova, secrétaire général de l’organisation. Avant de développer : « Le CIA est en place depuis un moment à la Ville, mais auparavant il dépendait de “raisons exceptionnelles”. Par exemple pour les agents qui ont aidé sur les Jeux olympiques ou les événements de la rue d’Aubagne. » Et c’est là où ça coince pour l’organisation syndicale. Car selon elle, le CIA a été attribué « au soi-disant mérite» pour 2025. « Ce sont les supérieurs hiérarchiques des agents qui l’ont donné de manière subjective. Certains se sont investis et ont eu le niveau 1, donc 0 euro, d’autres beaucoup moins et ont eu le niveau 3, plusieurs centaines d’euros », poursuit le syndicaliste. Il y voit là « un outil opaque, source de divisions entre collègues, générateur d’injustices et de frustrations, sans critères clairs ni équité de traitement ».

    Un réexamen pour FO

    En tout cas, la CGT n’est pas la seule organisation à se pencher sur le sujet. Le 14 décembre dernier, Patrick Rué, figure du syndicat FO de la Ville, s’alarmait sur les réseaux sociaux : « FO a demandé à ce que les agents privés de prime sans critères objectifs puissent demander la révision de cette décision ! ». Deux jours plus tard, son organisation explique avoir obtenu « le réexamen des décisions de niveau 1 » après « une alerte auprès de la direction des ressources humaines ». « Les procédures d’évaluation […] ont été appliquées d’une manière différente d’un manager à l’autre ou d’une direction à l’autre. De nombreux agents s’estiment injustement lésés par la décision d’attribution », développe le syndicat. Avant de se féliciter : « Le maire [Benoît Payan Ndlr] a donné suite favorable à la demande de réexamen. »

  • Quatre crèches fermées à Noël suite à une grève des agents

    Quatre crèches fermées à Noël suite à une grève des agents

    Le père Noël devra sans doute garder quelques enfants de la Communauté d’agglomération Ventoux Comtat Venaissin (Cove) ce mercredi 24 décembre. Le syndicat Sud CT 84 a déposé un préavis de grève pour les agents des crèches de la communauté d’agglomération et estime qu’entre trois et cinq établissements devraient être fermés selon les remontées. D’après l’intercommunalité, ce seront finalement quatre établissements qui n’ouvriront pas pour « effectif insuffisant ».

    Un mouvement inédit en raison de ce que le syndicat estime être un « non-sens absolu », à savoir l’ouverture totale des crèches alors que la fréquentation est particulièrement faible en ce réveillon de Noël. Sur 300 enfants inscrits, 74 ont été accueillis le 24 décembre 2024. Et pour l’heure, les inscriptions, qui sont obligatoires pour cette journée, ne laissent pas entrevoir une fréquentation plus forte. « Il y a 25 enfants dans la seule crèche des Petits Berlingots à Carpentras, qui est la plus grande. Dans les autres, il y aura entre trois et sept enfants. L’une d’entre elles n’a même pas reçu une seule inscription. Et on demande aux employés de venir de 7h30 à 17h30. C’est une aberration humaine, financière et écologique », assure Thierry Juny, co-secrétaire de Sud Collectivités Territoriales 84.

    La demande ne date pourtant pas d’hier. Cela fait effectivement plusieurs années que la demande d’un aménagement est faite par les employés. Des négociations en mars « laissaient entrevoir des possibilités », confie Thierry Juny. Mais la goutte de trop qui a poussé à la grève a été, d’après le syndicat, « la porte claquée au nez », avec une réponse négative sans négociation possible. « On avait proposé de faire, par exemple, un roulement avec une moitié d’établissements ouverts. Les élus semblaient être à l’écoute. Mais non. Même là où il n’y a pas d’inscrits, il a été dit d’y aller au moins jusqu’à 10h30 au cas où, et sinon de faire du ménage. C’est une démarche de presser le citron jusqu’au bout. D’où la colère », abonde le responsable syndical. Une dizaine d’agents au ramassage des déchets se sont également mis en grève par solidarité.

    Discussions à venir

    Du côté de l’intercommunalité, on « regrette la situation », confie le directeur général des services, Laurent Marteau, pour qui les « motifs semblent futiles au vu des enjeux ». Tout en concédant que des « choses pourront être discutées » à l’avenir sur la question, le directeur général affirme que l’idée d’une fermeture de certains établissements a été écartée, car il estime qu’« on ne balade pas les enfants comme des boîtes de conserve pour une seule journée ». Contrairement à l’été, où la crèche des Petits Berlingots assure le relais de ses voisines pour un mois entier.

    Il s’attaque également à un autre argument du syndicat, selon lequel la majorité des parents seraient en congé ce 24 décembre. « Ce n’est pas acceptable pour un service public. Les fonctionnaires doivent montrer l’exemple », estime Laurent Marteau, et assure que les agents étaient autorisés à poser des RTT ou des congés pour adapter les effectifs. Ce que Sud CT 84 réfute.