Tag: fonction publique territoriale

  • [Occitanie] Le bloc communal régional plutôt bien doté en effectifs

    [Occitanie] Le bloc communal régional plutôt bien doté en effectifs

    Suivant ce qu’en feront les décideurs, c’est une étude qui peut soit solidifier les services publics soit prétexter des politiques d’austérité.

    En Occitanie, la Chambre régionale des comptes (CRC) publie une étude qui dresse le panorama de l’état des effectifs de la fonction publique territoriale du bloc communal (communes et intercommunalités). Après examen de 251 entités représentatives sur la période 2019-2024, l’Occitanie pointe au 4e rang des régions les mieux dotées avec une moyenne de 31,9 agents pour 1 000 habitants contre un ratio de 28,4/1 000 en France. Ces 160 000 agents représentent 6,5 milliards d’euros de dépenses publiques (+18,9% de masse salariale portée par les intercommunalités), soit 3% du PIB occitan et 37% des dépenses de fonctionnement.

    Est-ce un effet post-Covid ? Toujours est-il qu’entre 2020 et 2021, le nombre d’agents publics locaux a augmenté de 10,4%, quasi le double de la moyenne de l’Hexagone (5,3%). La présidente de la CRC, Valérie Renet, y voit 5 causes majeures. D’abord « l’accroissement démographique (+3%) qui accroît le besoin en services publics mais n’explique qu’une partie de la hausse des effectifs (+6%) ». Ensuite, la nature de l’économie touristique (présentielle) de l’Occitanie. « Toutes les régions du littoral ont des tendances similaires. » Mais aussi le niveau de pauvreté élevé, la densité urbaine et enfin le degré de mutualisation intercommunale. « Le tissu local est très fragmenté avec beaucoup de petites communes, ce qui multiplie les agents. »

    Pistes d’économies

    Ce constat signifie-t-il qu’il y a trop de fonctionnaires municipaux ? Pas forcément. Car l’étude montre que l’essentiel de la poussée concerne les contractuels sur des emplois permanents (+66,4%), alors que le nombre de titulaires a reculé de 2%. Au point que les agents non titulaires représentent un quart des effectifs communaux.

    L’option de dégraisser le mammouth est un choix politique qu’il n’appartient pas à la CRC de trancher. « On n’est pas des ayatollahs des réductions d’effectifs. On veut de l’efficience, que le service soit rendu. » Or, l’étude n’apporte aucun élément sur la qualité du service. La CRC donne des marges de manœuvre possibles. D’abord mutualiser les services des 4 453 communes
    et 161 intercommunalités
    (-14 000 emplois (!) ; 485 ME d’économies). « Il ne s’agit pas de rayer des villages de la carte mais de les regrouper », argumente le magistrat Nicolas Parneix. Ensuite veiller au respect des 1 607 heures annuelles légales de travail (110 ME d’économies). Enfin, lutter contre l’absentéisme qui coûte 280 ME par an. Autant de pistes qui vont dans le sens d’une vision comptable. À condition que le service rendu soit au rendez-vous, on est aussi en droit d’assumer que le service public ait un coût.

  • Force Ouvrière motive ses troupes mais part divisé

    Force Ouvrière motive ses troupes mais part divisé

    Force ouvrière montre les muscles avant la journée de grève et d’actions de ce mardi 29 septembre. « Pour les secteurs comme les écoles, les crèches, les cimetières, les bureaux municipaux, la grève va être très suivie », se félicite Patrick Rué, l’indéboulonnable secrétaire général du syndicat FO des agents territoriaux de la Ville de Marseille et de la Métropole.

    Ce lundi, sur le parvis du Mucem, son syndicat entend faire une démonstration de force avec la visite spéciale d’un bus deux étages de la Fédération des services publics FO et la présence de son secrétaire général, Laurent Mateu. « Le bus est là dans le cadre d’un tour de France en vue des élections professionnelles mais aussi pour informer la population soit sensible aux problèmes des fonctionnaires », développe Patrick Rué. Son secrétaire général abonde : « On arrive dans une période où une grande partie des agents de la fonction publique territoriale touche moins que le Smic. Il est temps de bouger, le mécontentement doit se faire entendre. »

    Des tensions

    avant les élections

    Problème : Avant la visite au Mucem, ce bus FO a fait un tour auprès de Franck Bergamini, le secrétaire général de l’UD FO 13 (lire encadré ci-contre). Une UD qui ne reconnaît pas comme légitime le syndicat des territoriaux de la Ville de Marseille et de la Métropole tenu par Patrick Rué, depuis l’émergence d’un autre syndicat dissident, uniquement sur le champ métropolitain, dirigé par Carine Pinet (lire notre article du 06/03). En effet, Franck Bergamini jugeait le syndicat historique de Patrick Rué « en dehors des statuts confédéraux ». Et ce, alors que la fédération a pris parti pour Patrick Rué. En bref, des dissensions qui ressurgissent avant les élections professionnelles, en décembre prochain, où FO joue sa place de première organisation dans les deux collectivités. « On n’a pas reconnu le syndicat de Carine Pinet. Notre secrétaire confédéral, Frédéric Souillot, a préconisé une assemblée générale. Quoi qu’il arrive, il y aura des listes déposées, et l’on verra quelle liste sera retenue. Il faut gérer ça au mieux », explique Laurent Mateu. Cette espérance de résolution du conflit par le haut est partagée par Franck Bergamini, mais avec une nuance. Car dans le cas où deux listes seraient bien déposées, il prévient : « La confédération tranchera. » D’ici là, les territoriaux fidèles à Patrick Rué se rassemblent devant leur local du boulevard d’Athènes pour cette grève du 29.

  • Une voix collective dans la rue

    Une voix collective dans la rue

    À 48 heures de la présentation du budget où 54 milliards d’euros « d’effort » sont déjà annoncés via des coupes dans les dépenses qui vont toucher prioritairement les services publics mais aussi le possible gel du point d’indice des fonctionnaires, une large intersyndicale de la fonction publique appelle à manifester dans la rue.

    Pour faire entendre la voix de ceux qui font « fonctionner le pays », qui en sont l’épine dorsale collective comme on a pu le mesurer durant la pandémie ou les épisodes caniculaires et les incendies. La voix de ceux qui assurent au quotidien la réalité de l’égalité territoriale, qui permettent de se soigner, de se déplacer, de s’éduquer, qui s’occupent des enfants comme des personnes âgées, qui permettent aux salariés d’aller travailler.

    Argent public

    Face à ce modèle social construit après-guerre notamment par la création du statut de fonctionnaires par le ministre communiste Maurice Thorez et des trois versants de cette fonction publique par un autre communiste, Anicet Le Pors, cette journée est l’occasion de dire que la dérive libérale qui ne cesse de vouloir tout déléguer au privé qui coûte pourtant plus cher et d’exhorter à toujours faire plus avec moins, n’est plus possible. L’occasion de dire à ceux qui vont discuter le budget que non, l’aide publique aux entreprises ne peut pas être le troisième poste de dépense de l’État, que non des grandes entreprises ne peuvent pas engranger des milliards de bénéfices sur le dos des difficultés des citoyens comme TotalEnergies avec la nouvelle crise pétrolière sans qu’on ne leur demande rien.

    À quelques heures de la présentation du budget, cela revient in fine à poser une question simple : que veut-on faire de l’argent public. En l’occurrence, pas ce que prépare le gouvernement Lecornu.

  • L’UD CGT du Var lance sa campagne pour les élections professionnelles de la fonction publique

    L’UD CGT du Var lance sa campagne pour les élections professionnelles de la fonction publique

    « Ce n’est plus un eldorado d’être dans la fonction publique. » Le constat établi par Richard Roméo-Giberti, secrétaire générale de l’UD CGT du Var, est presque unanimement partagé au sein des différentes branches du secteur à l’aube d’élections professionnelles qui se tiendront du 3 au 10 décembre. Pour lancer sa campagne, le syndicat avait réuni les responsables syndicaux de la fonction publique du département, pour balayer un paysage dont les perspectives ne cessent de s’obscurcir. « Notre rôle est de montrer ce que devrait être la norme et à quel point on en est éloigné sur tous les points, du statut aux conditions de travail. Depuis 25 ans, on a trop pris l’habitude que les choses se dégradent », pointe Olivier Gérard, secrétaire général CGT Éduc’action du Var.

    Pour « la titularisation

    des contractuels »

    Principal écueil : celui de la précarité. « Notre secteur est celui qui recueille le plus de fonctionnaires en catégorie C », note Laurence Bazzucchi, animatrice départementale CGT de la fonction publique territoriale. « Ils entrent en dessous du Smic, avec une allocation différentielle pour l’atteindre et être dans la légalité. Ils sont rémunérés sur une partie salariale et sur une partie primes, qui dépend des collectivités. Et toutes n’en versent pas. Le point d’indice est gelé depuis 2010. Il faut 18 ans pour dépasser le Smic. »

    Le nombre de titularisations se veut, qui plus est, toujours plus faible. « On crée de nouveaux établissements, mais sans créer d’emplois, uniquement sur la base du redéploiement, en transférant du personnel. En complément, on prend des contractuels », dénonce Eric Moretti, responsable Var CGT conseiller régional. Et cela, même pour remplacer des titulaires, « ce qui est illégal, un poste de titulaire ne pouvant être remplacé par un poste de contractuel sur le long terme », rappelle Laurence Bazzuchi.

    Un procédé dont les directions des Ehpads publics, « dans lesquels nous devrions tous être fonctionnaires », soutient Eric Roque, cosecrétaire général de l’union syndicale santé action sociale du Var, abusent « avec l’accord de l’ARS. On a en moyenne 50% de contractuels. L’ARS prétend que la bientraitance est son objectif, avec du personnel dont on ne sait pas combien de temps il va rester. Ça nuit à la continuité du soin ». Dans les hôpitaux publics, le manque de personnel conduit à des situations indignes : « Les ASH font les toilettes des patients alors que c’est illégal, les aides-soignants donnent des médicaments sans être formés… Cela les met eux-mêmes en danger vis-à-vis de la loi. »

    « On est sur du nivellement par le bas. Nous revendiquons la titularisation des contractuels », clame Olivier Gérard. « Et des équipes mobiles de titulaires remplaçants pour compléter », ajoute Eric Moretti. « La CGT veut changer ça. Notre plus grande force, c’est qu’on discute entre secteurs, on fait les mêmes constats, c’est pourquoi il faut voter pour nous », conclut Richard Roméo-Giberti, qui a par ailleurs annoncé la venue de Sophie Binet dans le département les 14 et 15 octobre.

  • Les agents municipaux de la Ville de Marseille au cœur de la campagne

    Les agents municipaux de la Ville de Marseille au cœur de la campagne

    À l’heure de l’embauche, ils sont deux devant les bâtiments de l’administration municipale au 40, rue Fauchier (2e). Ce mardi, les militants de la France insoumise se sont mobilisés pour distribuer la lettre de leur candidat, Sébastien Delogu, à destination des agents de la Ville de Marseille. « Dès mon arrivée à la mairie, j’ouvrirai immédiatement des négociations avec toutes vos organisations syndicales », promet le parlementaire, qui évoque titularisations et lutte contre les risques psychosociaux. En bas du bâtiment, un agent s’agace pourtant : « Comment ils osent se présenter devant des agents de la mairie alors qu’ils disent qu’on travaille pour des employeurs corrompus ? »

    Malgré eux, les agents sont en effet au cœur de la campagne. Ils représentent une ville dans la ville : plus de 18 000 personnes, soit l’équivalent de Châteauneuf-les-Martigues. « On dit souvent que le personnel municipal est un institut de sondage interne », sourit l’indéboulonnable patron du syndicat FO Territoriaux, Patrick Rué. « à part monsieur Allisio [candidat RN, Ndlr], nous avons été sollicités par tout le monde », confie celui qui a été reconduit dans ses fonctions, fin janvier, et se satisfait de voir ses revendications reprises dans différents programmes. Lui-même a présenté à ses troupes le bilan des quatre dernières années. « Nous avons avancé sur beaucoup de points », applaudit Patrick Rué, prenant pour exemple la situation des crèches. Et de souligner le poids des agents : « Cela a toujours été reconnu que le personnel municipal est un gros vecteur d’influence en matière d’élections, ne serait-ce que parce qu’ils sont au contact de la population. »

    Bilan municipal

    De quoi comprendre la lettre adressée par Sébastien Delogu, « soufflée par des gens qui connaissent bien le sujet », reconnaît Patrick Rué, malgré « une erreur » sur le comité d’action sociale. Et l’attention portée par le Printemps marseillais, qui conclut son programme par l’administration municipale. « Je trouve ça très symbolique que cela finisse sur eux, sourit l’adjoint sortant (PS) aux finances, Joël Canicave. Nous allons développer les services publics et ce sont les agents qui le mettent en place. » Aussi veut-il miser sur la formation, mettre en place une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences. « Nous voulons le meilleur pour les agents de notre ville, parce que nous voulons le meilleur pour les Marseillais », se conclut le programme.

    Il faut cependant assumer un bilan. « Même pas je vote », lâche un cégétiste, dégoûté. « Les collègues ne souhaitent pas revivre ce qui a été vécu depuis 2020 », explique le secrétaire général de la CFTC, Philippe Angelelli, inquiet d’une « forte souffrance au travail » face aux réorganisations. En plus d’un pouvoir d’achat érodé par l’inflation. « Les changements de cadres ont entraîné des dysfonctionnements, ça s’est rééquilibré, mais on espère ne pas reconnaître ça », reconnaît aussi Patrick Rué. « Elles étaient nécessaires », défend Joël Canicave, certain qu’avec les primes accordées, les agents « financièrement ont vu la différence ». « Il y a 75 000 demandes pour entrer à la Ville, contre 15 000 au début du mandat », argumente-t-il. Alors que les insoumis ressassent les accusations de clientélisme, il met en avant des conseils de discipline bien plus nombreux, les jurys de recrutement mis en place. « J’ai vu passer 20 CV recommandés, je n’en ai pas recruté un seul », témoigne l’adjoint.

    Surtout, c’est pour leur employeur que voteront ces agents. Avec le risque d’être dirigés par l’extrême droite. « Ils n’y croyaient pas trop, mais il y a une vraie inquiétude quand on voit les sondages », témoigne Patrick Rué, même si, dans certains secteurs qui risquent de basculer, certains ne cachent pas leur sympathie pour le RN. Si FO est prêt à se mobiliser contre ce risque, la CFTC ne veut pas donner de consigne. « On a tous les courants chez nous », reconnaît Philippe Angelelli.