Tag: flammes

  • Un deuxième incendie dans l’imprimerie Rockson à Rognac

    Un deuxième incendie dans l’imprimerie Rockson à Rognac

    Série noire, pour l’imprimerie Rockson. Dans la nuit de vendredi à samedi, aux alentours de 2h, les pompiers ont été appelés pour un incendie qui s’est déclaré dans l’entreprise située à proximité de la RD113. La route a été fermée la durée de l’intervention par la cinquantaine de soldats du feu, qui ont rapidement maîtrisé les flammes, avant d’être rouverte vers 8h30.

    Le robot télé-opéré Colossus, conçu pour les environnements à haut risque, a été utilisé pour éviter tout redémarrage et assurer le noyage des braises grâce à son canon orientable.

    Au total, 2 000 m2 sont partis en fumée mais l’action rapide des sapeurs-pompiers a permis de préserver 4 500 m2 de locaux adjacents et de protéger la végétation environnante.

    Un premier feu avait déjà sinistré l’imprimerie Rockson dans la nuit du 31 juillet au 1er août. Une enquête est en cours pour déterminer l’origine des deux incendies.

  • La France brûle et l’État regarde ailleurs

    La France brûle et l’État regarde ailleurs

    Au moins 120 000 hectares partis en fumée et la France brûle toujours. Une douzaine d’incendies est encore en cours, entre ceux qui n’ont pas été éteints et ceux qui ont démarré, au cœur d’un été bouillant où se succèdent les vagues de canicule à un rythme effréné. Alors que les pompiers s’épuisent à venir à bout de « feux extrêmes », ils dénoncent en bloc le manque de moyens, d’organisation et d’anticipation d’une situation pourtant prévisible. Au point de se demander si des leçons pourront enfin véritablement en être tirées.

    D’abord parce que de rapports en rapports, depuis le début des années 2000, les scientifiques, comme le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), n’ont cessé d’alerter sur la montée des températures fort probable. Les données de l’observatoire européen Copernicus publiées ce lundi 10 août attestent encore, si besoin était, que les choses ne vont pas s’arranger, la sécheresse alimentant la sécheresse, la chaleur affectant aussi la surface de la mer avec « le développement rapide de conditions de type El Niño dans le Pacifique équatorial » note l’observatoire. Les sommets pour le climat se sont enchaînés mais les émissions mondiales de gaz à effet de serre continuent de progresser, faute d’ambition commune des États.

    Au niveau national et local, plusieurs questions fondamentales émergent. Après le feu dévastateur en Gironde, Didier Chautard (SE), le maire de Saumos, commune largement impactée par le méga feu girondin, a adressé une lettre ouverte aux dirigeants régionaux et nationaux, dont Emmanuel Macron, les appelant à s’attaquer aux « causes profondes » des feux. « La Nature nous rappelle à l’ordre » écrit-il. « À nous de l’entendre, estime-t-il, avec une véritable stratégie, construite avec celles et ceux qui vivent, travaillent et administrent ces territoires au quotidien. » Il appelle à un « point de départ d’une réflexion collective » et non à « un laboratoire de décisions prises dans l’urgence ».

    Les Départements financeurs essentiels

    « Le soutien de la nation » et « l’unité », prônés par le président de la République lors de sa visite à Bordeaux le 27 juillet, ont fait… long feu. Emmanuel Macron a beau arguer que le budget de la sécurité civile est passé de 450 millions d’euros en 2017 à plus 800 millions d’euros aujourd’hui, l’opposition notamment de gauche (PCF, LFI, PS, EELV) lui a vertement rappelé, que la loi promise à l’issue du Beauvau de la sécurité civile, engagé entre 2024 et 2025, n’était toujours pas à l’ordre du jour. Factuellement, à la relecture des votes au sein de l’hémicycle du Palais Bourbon, sur les textes concernant la lutte contre les incendies, droite, macronistes et RN s’illustrent particulièrement par leur refus du recrutement de pompiers professionnels, de la hausse et l’attribution d’une partie de la taxe de séjour aux Sdis ou de la création de pare-feux de feuillus.

    Pire, en février 2024, le gouvernement de Gabriel Attal avait acté par décret une coupe budgétaire de 52,8 millions d’euros dans les crédits de cette dernière. De quoi remettre en cause la commande de deux Canadairs supplémentaires. Des avions souvent cloués au sol pour maintenance, qui auront mis par exemple plus de quatre heures à survoler le feu de Gironde rappellent nos confrères de Sud Ouest.

    Les premiers financeurs des services d’incendie et de secours restent donc les Départements, ces collectivités assurant 60% des 5,6 milliards de budget des Sdis. Une contribution qui a doublé en 20 ans, dans un contexte d’austérité budgétaire accrue.

    Attendu le 17 août en Gironde, le Premier ministre, Sébastien Lecornu s’est, pour le moment, contenté de créer une (énième) mission, sur la « reconstruction et adaptation des territoires », dédiée aux zones touchées par les feux cet été. Composée de « cinq personnalités qualifiées, expertes des sujets d’aménagement du territoire, d’Économie, de finances publiques, de développement durable, de forêt et de logement », elle entend sans surprise « accélérer et faciliter la reconstruction, le soutien économique et l’appui à la population » touchée par les incendies.

    Pendant ce temps, au niveau européen, on cause stratégie. La Commission a présenté en mars son plan, axé sur quatre piliers : prévention, préparation, réponse et réhabilitation. On promet aussi du matériel, hélicoptères et Canadairs d’ici 2030.

    L’exemple australien

    Et puis il y a l’exemple australien où on a pris le taureau par les cornes. Sur l’île continent, on a mis en place un suivi de la prévention bien avant la saison des feux et remis au goût du jour le brûlage maîtrisé par les Aborigènes pour éliminer les feuilles mortes et herbes sèches, du combustible pour les flammes. Des plans de survie précis ont été élaborés pour les habitants et trois niveaux d’alerte décrétés.

    Où les feux extrêmes peuvent finalement être un déclic pour, enfin, passer à l’action.

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, la lutte continue contre les feux

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, la lutte continue contre les feux

    Les pompiers continuent à lutter « sans relâche » contre les deux incendies survenus ce week-end, qui avaient parcouru 82 hectares à Bayons et 21 hectares à Thorame-Basse, lundi en fin de journée.

    Si le feu survenu à Thorame-Basse ne progresse plus, celui de Bayons continue à se répandre. Environ 60 sapeurs-pompiers et 30 engins traitaient lundi les différents foyers encore en activité. Leur travail a permis d’éviter toute propagation vers les zones habitées. Un sapeur-pompier a été légèrement blessé au cours des opérations.

    Les soldats du feu travaillent à Bayons dans « un environnement particulièrement exigeant, caractérisé par un relief très escarpé, de forts dénivelés et des secteurs difficilement accessibles. Ces conditions imposent des progressions lentes et complexes, aussi bien pour les moyens aériens que pour les personnels engagés à pied », a indiqué le Service départemental d’incendie et de secours (Sdis).

    Des renforts envoyés

    Trente sapeurs-pompiers étaient par ailleurs mobilisés lundi à Thorame-Basse, dans une dizaine d’engins. « Ils y sont renforcés par un moyen aérien de la sécurité civile afin d’acheminer du personnel et matériel au sommet du feu. L’équipe feu tactique a travaillé dimanche soir à limiter la progression du sinistre sur son flanc gauche », a relaté le Sdis. Un groupe d’intervention feux de forêt des Alpes-Maritimes ainsi que des moyens aériens nationaux y ont également été envoyés en renfort. « Le sinistre a évolué dans un secteur particulièrement difficile d’accès, au sein d’un relief escarpé, rendant les opérations de lutte particulièrement complexes », comme à Bayons, a constaté le Sdis 04.

  • Var : 1800 hectares parcourus par le feu depuis vendredi mais le pire évité dans le Gros Bessillon

    Var : 1800 hectares parcourus par le feu depuis vendredi mais le pire évité dans le Gros Bessillon

    Samedi soir, Simon Babre, le préfet du Var, ne boudait pas sa satisfaction, qualifiant de « véritable exploit » la capacité des sapeurs-pompiers à contenir la progression de l’incendie du massif du Gros Bessillon, qui a connu une reprise vendredi en début d’après-midi à l’ouest de la commune de Correns, parcourant 1000 hectares en quelques heures. Car leur mobilisation au nord de la commune du Val a permis d’éviter que le feu « ne franchisse de nouvelles vallées et ne rejoigne un autre massif boisé, ce qui l’aurait conduit a épouser le couloir de feu du grand incendie de 1965, menaçant 3 à 4000 hectares supplémentaires. »

    Durant la nuit de vendredi à samedi, 1300 sapeurs-pompiers s’étaient échinés à défendre les secteurs les plus exposés à Correns et Montfort-sur-Argens, les deux communes les plus menacées, et à freiner la progression de l’incendie. 250 hectares supplémentaires avaient néanmoins été parcourus au matin, dont une partie sous l’effet de brûlages tactiques pour éviter que l’incendie ne s’étende plus tard, avant une après-midi particulièrement redoutée pour la chaleur annoncée et la violence du mistral. 1500 sapeurs pompiers étaient ainsi mobilisés, avec 4 Canadairs ; 2 avions Dash et 5 hélicoptères bombardiers d’eau (2 du Conseil départemental, 2 européens, 1 du ministère des Armées).

    « La stratégie fixée hier soir, qui a été respectée toute la nuit, de traiter les points sensibles, de rouvrir la route vers Correns et de mettre en place un verrou avec de nombreux sapeurs-pompiers au sol pour éviter que les massifs qui avaient déjà été parcourus par les flammes ne communiquent avec un autre massif qui menacerait trois communes plus au sud du feu actuel [Montfort, le Val, Vins-sur-Caramy, NDLR], reste d’actualité », annonçait le préfet en début d’après-midi. Sept nouvelles habitations ont néanmoins été touchées par les flammes.

    1800 hectares parcourus, focus sur le nord du massif dimanche

    La lutte aura une nouvelle fois été intense, et plusieurs centaines d’habitants du Val ont dû être évacués en direction de Brignoles en milieu d’après-midi. La population de Correns a également été accompagnée. Une livraison de 450 repas, fournis par le Conseil départemental du Var, a pu être effectuée, l’axe routier avec le village ayant été rétabli, afin de répondre aux besoins des personnes mobilisées et des habitants concernés. Par ailleurs, une citerne d’une capacité de 30 m³ a été mise à disposition par l’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) afin de renforcer les moyens nécessaires sur le secteur. Enfin, 15 000 masques ont été acheminés grâce à l’appui de l’Agence régionale de santé (ARS) et du Centre hospitalier intercommunal Toulon-La Seyne (CHITS) afin de renforcer les moyens de protection disponibles pour la population et, si nécessaire, pour les services de sécurité et de secours engagés dans les opérations.

    Le soir, les dégâts avaient ainsi été limités, « grâce à 450 largages, ce qui est un record, et un chiffre qui explique pourquoi le feu, qui n’est pas du tout fixé ce soir, est stabilisé », annonçait le préfet, qui faisait part d’un bilan de 1800 hectares parcourus depuis vendredi, pour un total de 6300, et un feu contenu dans son enveloppe. « C’est une bataille remportée ce soir mais pas la fin de la guerre », mettait-il en garde, appelant à la « prudence car le vent tournant et vérité d’un soir n’est pas celle du lendemain matin. »

    Car ce dimanche, ce « feu toupie » va une nouvelle fois changer de direction, sous l’influence d’un vent du sud, après deux jours de mistral. « L’objectif sera de traiter le nord du brasier ce soir pour éviter que le feu ne menace de nouvelles étendues au nord du Gros Bessillon là où feu a commencé il y a douze jours », concluait Simon Babre, au terme d’une nouvelle journée éprouvante, qui ne sera certainement pas la dernière.

    La bonne nouvelle de la soirée : les habitants de Montfort ont été autorisés à rentrer chez eux, et les mesures de confinement du village et de Correns ont également été levées.

  • Le feu reprend à l’ouest de Correns dans le Var

    Le feu reprend à l’ouest de Correns dans le Var

    Le feu n’est pas encore maîtrisé et la prudence reste de mise. La mise en garde des autorités, au moment d’annoncer que l’incendie du massif du Gros Bessillon était fixé, mardi en fin de journée, alors que 4 500 hectares avaient été parcourus par les flammes, s’est révélée plus qu’un simple principe de précaution.

    Une reprise du feu a effectivement eu lieu, vendredi après-midi, peu avant 14h, à l’ouest de la commune de Correns, « attisée par un Mistral violent, avec des sautes de feu en direction de Montfort-sur-Argens », annonçait la préfecture du Var. « Nous avions anticipé une journée à risque avec un mistral menaçant et des rafales à près de 40 km/h, la sécheresse et des températures caniculaires, avoisinant les 40 degrés », déclarait le préfet du Var, Simon Babre, lors d’un point presse en début de soirée.

    Un avion avait ainsi été déployé « en guet aérien armé, pour survoler le Var en permanence et détecter toute fumée suspecte afin de pouvoir rapidement agir avec du retardant et de l’eau », précisait-il. C’est ce dispositif qui a permis de repérer la reprise.

    Les accès coupés

    Deux Canadair étaient restés prépositionnés à l’aéroport de Hyères et ont pu être mobilisés rapidement, aux côtés 250 sapeurs-pompiers et 4 hélicoptères bombardiers d’eau. Des moyens vite renforcés (700 pompiers, 6 hélicoptères bombardiers d’eau, 8 Canadair, 2 avions Dash, 40 gendarmes), en plus des forces disposées sur l’autre flanc du feu, plus au nord, en passe d’être maîtrisé.

    Le camping du Grand Jardin, à Correns, et plusieurs quartiers de Montfort-sur-Argens ont été évacués en début d’après-midi. Mais face à la progression de l’incendie, sous l’effet d’un vent qui ne cessait de changer de direction, d’autres quartiers de Montfort, de Correns, du Val, ainsi que l’ensemble du village de Châteauvert ont été évacués, soit un total de 2 500 personnes. Plusieurs axes routiers ont aussi été fermés pour faciliter la circulation des pompiers.

    L’incendie a parcouru 1 000 hectares, en plus des 4 500 déjà parcourus depuis le début de l’incendie, portant le total à 5 500. Correns s’est retrouvé « complètement isolé, l’incendie ayant dévalé les pentes, coupant tout accès au village », ajoutait le préfet, qui considérait toutefois la situation comme « rassurante », les axes routiers étant en voie de rétablissement.

    « On est maintenant sur la défense de points sensibles et quand la situation sera stabilisée, on essaiera de regagner le feu, en remettant des engins autour du périmètre pour le tenir », détaillait le directeur départemental du Sdis 83, éric Grohin, qui annonçait une accalmie du vent et une hausse de l’humidité, favorables à cette entreprise. Avant un retour de conditions défavorables ce samedi, entre vent, chaleur et sécheresse. Un arrêté préfectoral a été pris pour interdire le transport de carburant et de briquets de type allume-gaz sur tout le département, de vendredi à lundi, 8h. L’accès à tous les massifs forestiers du Var est interdit ce samedi.

  • À Brignoles, un feu rapidement fixé et maîtrisé, mais des habitants en colère

    À Brignoles, un feu rapidement fixé et maîtrisé, mais des habitants en colère

    On a bien cru à l’éternel recommencement, à une rengaine cauchemardesque qui pousse, depuis douze jours, les sapeurs-pompiers du Var, ainsi que ceux venus leur prêter main-forte, au bord de l’épuisement. L’incendie des Arcs-sur-Argens et de Taradeau tout juste fixé, le 21 juillet, après avoir parcouru 200 hectares en deux jours, qu’il fallait déjà lutter contre un feu d’une ampleur bien supérieure dans le massif du Gros Bessillon. Rebelote mercredi : alors que les soldats du feu étaient parvenus, la veille, à fixer l’incendie qui aura ravagé 4 500 hectares et détruit 33 maisons en une semaine, c’était du côté de Brignoles – qui avait déjà subi plusieurs départs de feu rapidement maîtrisés ces derniers jours – que les flammes se déclaraient, à 16h45, dans la forêt bordant la RD12, en direction de Camps-la-Source.

    Les flammes ont rapidement gagné du terrain, avec près de 100 hectares parcourus en trois heures, poussant les autorités à évacuer 650 personnes dans plusieurs quartiers de la commune. Mais cette fois, aucun scénario catastrophe : vers minuit, l’incendie était déclaré fixé, puis maîtrisé à 3hdu matin, après avoir parcouru 130 hectares. Cela, grâce aux moyens aériens importants rapidement déployés (3 Canadair, 7 hélicoptères bombardiers d’eau et 2 avions Dash) en fin d’après-midi, ainsi que la mobilisation des 270 sapeurs-pompiers avec leurs 70 engins, qui ont continué de s’employer la nuit tombée. Mais aussi à la faveur de conditions « favorables car l’humidité a été très élevée », expliquait au matin le maire de Brignoles, Didier Brémond. Une situation bien différente de celle du Gros Bessillon, où les éléments n’ont, au contraire, rendu que plus difficile la maîtrise du feu.

    70% des incendies sont criminels

    L’édile, à l’instar des pompiers mobilisés, se méfiait cependant de la reprise des vents dans l’après-midi. Cela n’a pas empêché l’ensemble des personnes évacuées de regagner leur domicile dans la matinée de jeudi, malgré l’odeur de fumée encore bien présente dans certains secteurs.

    Habitants du quartier de Tombarel, au pied de l’incendie, Aurélie et ses deux enfants se sont réfugiés dans la précipitation chez leur famille à Varages, après avoir reçu une alerte sur leur téléphone : « On observait la fumée arriver, on ne voyait plus rien. On a pris ce qui nous passait sous la main. On a aussi pris le chat. Mon mari est resté jusqu’à 21h avec les voisins pour arroser les champs à côté en prévention. » Il a aussi fallu gérer le stress des enfants : « Ma fille pleurait, mon fils, qui a un trouble autistique, était très focalisé, c’est lui qui a vu la fumée en premier. » Jeudi matin, au-delà du soulagement, il y avait aussi « de la colère, car on se doute que c’est un acte criminel. Cela fait deux fois que ça arrive au même endroit, ça paraît très suspect. On ne comprend pas, des vies sont mises en danger, on va garder la colline devant nous toute noire ». Didier Brémond partage cette conviction : « Je pense que tous ces feux ne sont pas des accidents et j’espère qu’il y aura des sanctions fortes, c’est inadmissible. » Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a affirmé que 70% des incendies étaient intentionnels, 263 personnes ayant été interpellées en France depuis le 28 juin, dont plusieurs dans le Var. Un homme de 39 ans, reconnu coupable d’avoir volontairement provoqué un incendie à Ollioules, a été condamné à un an de prison par le tribunal correctionnel de Toulon, mercredi.

    Même constat pour Gabsi, sa voisine, hébergée, avec ses deux enfants, chez des amis : « Souvent, c’est volontaire et c’est dommage que des personnes mettent en danger la vie des habitants. » Elle tient à louer l’activité des pompiers, dont « le travail n’est pas assez reconnu, ils risquent leur vie pour les nôtres ». Marquée par « l’ambiance pesante entre la fumée, les avions, les hélicoptères, ce qui ne nous était jamais arrivé », elle gardait ses « valises prêtes, car avec le vent prévu cet après-midi, on se tient prêt à reévacuer ».

    Habitante du quartier des Agasses, situé en contrebas de l’incendie, depuis 45 ans, Christiane a vu les panaches de fumée de près. « Très perturbée » après son évacuation précipitée par la police, accueillie chez son fils, elle n’a rien pu avaler jusqu’à jeudi midi. Si elle reconnaît que « les pompiers font ce qu’ils peuvent avec leurs moyens », elle pointe du doigt les services techniques municipaux et ce qu’elle considère comme un manque d’entretien des espaces végétalisés : « Il y a des herbes et des arbres très secs. On ne nettoie plus nos forêts et les bords de routes. Mon voisin s’est battu avec la mairie pour que le champ d’à côté soit fauché. Et on nous dit d’entretenir nos parcelles… » Elle peine à se contenir : « J’ai 80 ans, je n’ai rien à perdre. Si je croise les personnes qui ont mis le feu, je pourrais m’en prendre à elles. »

  • L’incendie progresse dans le Gros Bessillon, 4 500 hectares ravagés

    L’incendie progresse dans le Gros Bessillon, 4 500 hectares ravagés

    Les espoirs de fixer l’incendie vendredi ou samedi ont été vains pour les sapeurs-pompiers mobilisés depuis mardi sur le secteur du Gros Bessillon. Ils n’ont pas été plus fructueux dimanche. Car chaque fois que la situation s’améliore sur un secteur, c’est un autre qui s’embrase, sous l’effet d’un vent soutenu et imprévisible. « C’est un véritable “feu toupie”. Au gré des changements de vent, il va dans un sens et retourne dans l’autre », déplorait le préfet du Var, Simon Babre dimanche après-midi.

    Dans la nuit de vendredi à samedi, le feu a repris au nord-ouest de la commune de Correns, dont l’un a menacé des habitations, et à Pontevès, faisant passer le bilan de 2 700 à 3 250 hectares parcourus. Et la situation s’est gâtée en début d’après-midi, alors que le feu continuait de menacer Correns, avec une grosse reprise sur un secteur situé entre Barjols et Pontevès. Malgré les efforts des 1 000 sapeurs pompiers mobilisés, équipés de six Hélicoptères bombardiers d’eau (dont deux Pumas lourds), trois avions Dash et 265 véhicules feux de forêts, les flammes se sont rapidement dirigées vers Brue-Auriac, et surtout Châteauvert et Barjols, où de nombreuses évacuations (en plus de confinements dans certaines zones, notamment le centre de Barjols) ont eu lieu. En début de soirée, plus de 2 000 personnes avaient dû fuir leur domicile sur l’ensemble des communes concernées, avec un nouveau bilan de 4 000 hectares brûlés. Deux nouvelles habitations ont été détruites, et 17 autres touchées, tandis qu’une distribution de bouteilles d’eau a été assurée auprès des habitants de Pontevès, la turbidité de l’eau ayant dépassé le seuil maximum réglementaire.

    Pas de fixation espérée avant le milieu de semaine

    Des précipitations étaient espérées pour la nuit, alors qu’un orage venait de passer par le littoral varois. D’autant plus que la journée de dimanche s’annonçait périlleuse, avec une réactivation du mistral attendue dans la matinée, potentiellement vectrice de nouveaux départs de feux. Il n’en fut rien, et les quelques millimètres tombés de manière éparse n’ont finalement été d’aucune aide pour lutter contre les flammes, qui avaient parcouru 500 hectares de plus au petit matin.

    Un DASH, quatre canadairs, trois hélicoptères bombardiers d’eau, deux dragons, ainsi que deux unités du 7e Régiment d’instruction et d’intervention de la sécurité civile (7e RIISC) de Brignoles sont venus en renforts 275 véhicules feux de forêts et 1 030 sapeurs-pompiers mobilisés durant la nuit, sur un front de 126km, où plusieurs feux se sont réactivés sous l’effet d’un vent de nord-ouest, notamment au sud de Barjols. Le danger s’était éloigné de Montfort-sur-Argens, où des bénévoles ont réalisé des opérations de noyage.

    Les efforts se sont ensuite concentrés sur quatre secteurs qui ont subi de nouvelles réactivations au fil des heures, sous l’effet d’un vent pluridirectionnel : l’ouest de Barjols, le sud du Petit Bessillon à Pontevès, Saint-Andrieu et le plateau situé au-dessus du Vallon de la Puade à Correns. Une station de ravitaillement en carburant opérée par l’armée et plusieurs postes de commandement de terrain ont été mis en place : un PC opérationnel à Pontevès et 3 PC de secteurs sur Cotignac, Barjols et Montfort-sur-Argens, pour faciliter la direction des actions par les maires et décliner les décisions du PC de la préfecture, et du Centre opérationnel départemental d’incendie et de secours (CODIS) situé au Sdis. Des piscines mobiles ont également été réparties sur tout le pourtour de la zone, qu’alimentent les agriculteurs et des entreprises de transport.

    Plusieurs milliers de personnes étaient évacuées ou confinées dimanche soir, notamment à Correns, Barjols et Châteauvert. Désormais, l’objectif est de fixer le feu en milieu de semaine, alors que les conditions des prochains jours ne s’annoncent pas plus favorables.

  • Incendie dans le Var : 4000 hectares brûlés, reprises de feu en direction de plusieurs villages

    Incendie dans le Var : 4000 hectares brûlés, reprises de feu en direction de plusieurs villages

    Les espoirs de fixer l’incendie vendredi ou samedi ont été vains pour les sapeurs-pompiers mobilisés sur l’incendie qui s’est déclenché mardi midi dans un champ sur la commune de Pontevès, avant de gagner le massif du Gros Bessillon. Car chaque fois que la situation semble s’améliorer sur un secteur, c’est un autre qui s’embrase, sous l’effet d’un vent soutenu et imprévisible.

    Dans la nuit de vendredi à samedi, le feu a repris sur deux secteurs de la commune de Correns, dont l’un a menacé les habitations du nord ouest du village, et à Pontevès, faisant passer le bilan de 2700 à 3250 hectares parcourus. Aucune nouvelle habitation n’a cependant été touchée.

    La situation s’est gâtée en début d’après-midi, alors que le feu continuait de menacer Correns, avec une grosse reprise sur un secteur situé entre Barjols et Pontevès. Malgré les efforts des 1000 sapeurs pompiers mobilisés, équipés de 6 Hélicoptères Bombardiers d’Eau (dont 2 Pumas lourds), 3 avions Dash et 265 véhicules feux de forêts, les flammes se sont rapidement dirigées vers Brue-Auriac, et surtout Châteauvert et Barjols, qui se sont retrouvées directement menacées, et où de nombreuses évacuations (en plus de confinements dans certaines zones comme dans le centre de Barjols) ont eu lieu. En début de soirée, plus de 2000 personnes avaient dû fuir leur domicile sur l’ensemble des communes menacées par le feu, avec un nouveau bilan de 4000 hectares brûlés. 110 gendarmes ont été engagés pour la sécurisation des évacuations.

    Pluie espérée pour la nuit, inquiétude pour dimanche

    En début de soirée, la pluie, qui a copieusement arrosé le littoral pendant plusieurs dizaines de minutes, se faisait toujours attendre dans les terres, seuls quelques orages très localisés – et à double tranchant, puisque la foudre pouvait également faire craindre de nouveaux départs de feu – ayant apporté un peu d’humidité. Des précipitations étaient espérées pour la nuit.

    D’autant plus que la journée de dimanche s’annonce périlleuse, avec une réactivation du mistral attendue dans la matinée, qui pourrait entraîner avec elle de nouveaux départs de feux.

  • Le feu des Hautes-Alpes gagne du terrain

    Le feu des Hautes-Alpes gagne du terrain

    Alors que le préfet des Hautes-Alpes disait le feu « contenu » jeudi, l’incendie du secteur du Bois Noir a très rapidement progressé et pratiquement doublé de volume, vendredi, « poussé par des vents forts ». « C’était une journée charnière, il fallait absolument tenir aujourd’hui », a déclaré le préfet vendredi soir, alors que Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, s’est rendue sur place. « Les conditions étaient particulièrement défavorables : hier, alors que le vent se tassait en fin de journée habituellement, il a continué de souffler toute la nuit, attisant les flammes. » 260 personnels étaient mobilisés vendredi soir, dont 90 sapeurs-pompiers des Hautes-Alpes, renforcés par des moyens extra-départementaux, 77 militaires et 70 engins.

    « Une vraie fourmilière s’active autour de l’incendie depuis plusieurs jours. Le détachement d’intervention spécialisé (DIS) poursuit la progression à pied, avec plusieurs dizaines de kilos de matériel sur le dos », ont indiqué les sapeurs-pompiers des Hautes-Alpes. « Leur mission : atteindre les zones difficiles d’accès, ouvrir des cheminements, déployer des centaines de mètres de tuyaux… Pendant des heures, ils évoluent dans la fumée, la chaleur et un relief particulièrement exigeant. » Le SDIS 05 compte 92 sapeurs-pompiers dans ce détachement d’intervention spécialisé.

    « La situation aurait dû être anticipée »

    Dans un communiqué diffusé vendredi, c’est au tour des communistes de déplorer la gestion de cet incendie et les délais d’intervention. « La situation aurait dû être anticipée, regrette Sophie Delfino, secrétaire départementale du PCF. On trouve des moyens quasi illimités pour la guerre, mais pas pour l’Office national des forêts, pas pour les pompiers qui subissent une situation catastrophique et sont empêchés de remplir leur mission, pas pour les collectivités locales et les maires se trouvent démunis face à cette situation. »

  • Plusieurs reprises de feu ont empêché de fixer l’incendie dans le Gros Bessillon vendredi

    Plusieurs reprises de feu ont empêché de fixer l’incendie dans le Gros Bessillon vendredi

    Les vents d’ouest du début de semaine, qui avaient posé de grandes difficultés dans la lutte contre l’incendie du massif du Gros Bessillon, devaient se calmer vendredi. Ce sont des vents « très tourbillonnants », selon la préfecture du Var, qui s’y sont finalement substitués, provoquant de nombreuses reprises de feu, notamment à partir de 14h, après une nuit durant laquelle une reprise sur le secteur de Sainte-Catherine, à Pontevès, a embrasé 1,5 hectare, tandis que les 800 pompiers et 109 militaires mobilisés étaient parvenus, une fois encore, à préserver Cotignac des flammes.

    Les 1 000 sapeurs-pompiers, dotés de 265 véhicules feux de forêts, un avion DASH, quatre Canadairs, dont un Croate, dans le cadre du Mécanisme de protection civile de l’Union européenne (MPCU), et trois hélicoptères bombardiers d’eau, dont un lourd, se sont employés à contenir des feux qui menaçaient désormais, en plus de Pontevès, les communes de Barjols, Châteauvert et Correns, un peu plus tard dans l’après-midi.

    Des orages sont attendus ce samedi

    300 nouvelles évacuations ont été réalisées en plus de celles de jeudi, certaines personnes n’ayant toujours pas pu regagner leur domicile. 12 communes ont activé au moins un centre de regroupement : Barjols, Le Val, Correns, Brignoles, Brue-Auriac, Pontevès, Carcès, Sillans-la-Cascade, Salernes, Montfort-sur-Argens, Lorgues et Châteauvert. Les personnes qui avaient été évacuées à Pontevès et Montfort-sur-Argens ont toutefois pu regagner leur domicile, en début de soirée.

    Deux axes routiers (RD45 et RD 554) étaient partiellement filtrés pour faciliter les évacuations, tandis que des portions des RD560, RD60, RD22 et EV8 étaient fermées à la circulation.

    La journée de ce samedi, où des orages sont prévus – et même espérés – dans le département du Var, pourrait permettre aux pompiers d’avancer dans leur entreprise de fixation. En espérant que, cette fois, la météo ne leur joue pas de tours.

    Deux enquêtes ouvertes

    Le parquet de Draguignan a ouvert deux enquêtes au sujet des incendies dans le Var : une pour celui de Pontevès, et une autre pour celui des Arcs-Taradeau. La piste criminelle serait privilégiée pour ce dernier selon BFM Var, qui indique qu’un suspect en scooter ayant mis le feu à l’aide de bidons d’essence aurait été identifié et serait recherché. Un appel à témoins a été lancé par la gendarmerie du Var. Les coupables encourent entre 5 ans de prison (incendie involontaire ayant généré des blessures) et la perpétuité (feu volontaire ayant causé des décès).