Tag: financement

  • À Saint-Menet, les minots des Mecs font le cirque

    À Saint-Menet, les minots des Mecs font le cirque

    « Je suis l’étoile de la Reynarde ! » s’écrie Kylian en s’élançant sur le trapèze, bras écartés et tête en bas. Un des cinq ateliers déployés par la Fondation culture et diversité, le Centre international des arts en mouvement (Ciam) et l’Association médicosociale de Provence (AMSP) dans le parc du château de la Mecs à Saint Menet, dans le 11e arrondissement.

    « C’est un projet artistique et sportif qui s’étend sur deux ans, avec une succession d’ateliers de médiation culturelle, de stages de cirque, pour tous les enfants qui y participent, de 5 à 18 ans », explique Valentine Bellone, responsable pédagogique du Ciam, « on va même les emmener au spectacle pour les festivals Jours et Nuits de cirques et Nuits du Magic… ». La Fondation culture et diversité, qui œuvre depuis vingt ans en faveur de l’égalité des chances par l’accès aux arts et à la culture, lançait ces 27 et 28 août dans les Bouches-du-Rhône son programme Arts, cultures et publics en Mecs. « On avait connaissance de cette expérience menée dans le Nord, on s’est dit qu’on allait la reproduire ici, en plus grand », s’enthousiasme Valentine Bellone au milieu des dizaines d’enfants qui se familiarisent au jonglage, à la voltige ou à l’équilibrisme encadré par les animateurs circassiens et éducateurs sociaux.

    « J’ai pris la confiance »

    Sur le câble de fer tendu à trente centimètres du sol, Liam, 9 ans, « bientôt en CM2 », tente d’avancer sans perdre l’équilibre. « J’ai pas peur de glisser et de tomber, ça m’arrive tout le temps », lâche-t-il, fier du mètre parcouru. « Les arts du cirque sont un vecteur extraordinaire pour le développement, atteste Valentine, pour la motricité, la gestion des émotions, l’esprit de coopération, le respect des règles ». Ou la prise de risque maîtrisée. Comme pour Samra, 13 ans, perchée sur le grand trapèze à quelque mètre du sol, en fait l’expérience. Rapidement à l’aise, elle s’élève dans l’air et exécute une figure élégante. « Je fais de la danse », avoue-t-elle. Elle appréhendait cependant cette première expérience de voltige « à cause de la hauteur ». L’adolescente en ressort grisée par la sensation de liberté : « après, j’ai pris la confiance et quand on se lâche, avec l’élan c’est trop bien ».

    Plus loin, Louis, intervenant du Ciam, donne des conseils pour manier le diabolo à Younès, 17 ans, qui préfère rester au sol : « je n’aime pas trop la hauteur ». Evan quant à lui, n’en revient pas de son exploit : « j’ai marché sur le fil ! Pourtant j’ai peur quand c’est dangereux, mais ils m’ont motivé ». Dans un groupe de petits, il faudra à Louis plutôt remettre en face de la réalité les prétentions de deux minots qui pensent savoir « déjà jongler avec trois balles », au regard de la maîtrise qu’ils ont d’une seule. La concentration sera de mise. Découverte, sensibilisation, exaltation, mais aussi un temps calme avec l’atelier du musée numérique créé par La Villette installé dans une des salles du château. Des tables d’écolier, une projection sur écran et des tablettes devant eux, les enfants sont invités à entrer dans l’univers des collections des musées nationaux en « likant » des images.

    Mickael Roman, directeur des deux mecs de l’Amsp fait le tour des ateliers un sourire aux lèvres. Il ne cache pas son bonheur d’assister à ces parenthèses magiques dans les parcours marqués par les ruptures et fragilités multiples des petits et des ados qu’il accueille sur les sites de Saint-Menet et de l’Arbois : « Sans l’aide de la Fondation, on n’a pas les moyens de financer ce type de projets, pourtant essentiel ». Qui pourrait même créer des vocations.

  • Un nombre record d’enfants à la rue dans la région

    Un nombre record d’enfants à la rue dans la région

    À la veille de la rentrée scolaire, au moins 131 enfants, dont 21 de moins de 3 ans, sont sans solution après un appel au 115 en Provence-Alpes-Côte d’Azur posent dans un communiqué la fédération des acteurs de la solidarité (FAS) et l’Unicef France. « Cela représente une hausse de 42% depuis 2022 », commente la FAS. Et de rappeler qu’« en 2017, Emmanuel Macron exprimait l’ambition de ne plus voir “des femmes et des hommes dans les rues” avant la fin de l’année » puis en 2022, que le gouvernement s’était « réengagé à “ne plus avoir aucun enfant à la rue ».

    Le sommet de l’iceberg

    Ce constat s’inscrit dans un contexte où « de nombreuses personnes ne parviennent pas à joindre le 115 ou renoncent à appeler » pointe la FAS. Dans les Bouches-du-Rhône, le SIAO 13, plateforme départementale de coordination et de régulation de l’hébergement d’urgence, a dénoncé début août les critères de plus en plus restrictifs des conditions d’accueil, rappelant que ce dernier devait de par la loi être « inconditionnel ». Et dans la foulée, une vingtaine d’associations s’était opposée aux instructions préfectorales de remettre à la rue des personnes hébergées à l’hôtel, l’État s’étant fixé à un objectif « comptable » de 1 500 nuitées par jour, contre 1 700 actuellement. Pour que le prochain quinquennat soit « à la hauteur des enjeux », FAS et Unicef préconisent notamment, dans le cadre de la loi de finances 2027, « la création de 10 000 places d’hébergement supplémentaires » et le financement de la mise en œuvre du plan « Enfants mal-logés ».

  • Dans le Var, une plateforme pour la transparence des subventions

    Dans le Var, une plateforme pour la transparence des subventions

    Rendre visible l’action de l’État. C’est l’ambition de la nouvelle plateforme Suivi subvention lancée par l’État dans le département du Var. Présenté ce mardi lors d’une conférence de presse, le site cherche à rendre plus lisibles les financements étatiques. Il permet aussi de mettre en valeur les projets très concrets que l’État permet de financer.

    Sur le site suivi-subvention.fr, il est donc possible pour n’importe qui de chercher les projets varois subventionnés. La recherche peut s’effectuer par commune, année, dispositif de financement ou encore type de projet. Pour la préfecture « l’objectif est de passer d’une information administrative parfois complexe à une information directement compréhensible », explique-t-elle dans un communiqué de presse.

    La plateforme intègre également l’intelligence artificielle dans son assistant de recherche, afin de ne pas avoir besoin de maîtriser tout le vocabulaire administratif pour retrouver le projet souhaité. Une manière de faciliter l’accès à ces informations pour les administrés.

    « C’est un outil qui permet une meilleure transparence sur les finances publiques et il permet aussi aux élus ruraux d’avoir accès à toutes les aides qui sont à notre disposition », explique Marjorie Viort, maire du Thoronet et présidente de l’association des maires ruraux du Var. Disponible uniquement dans le Var la plateforme pourra être développée par d’autres préfets départementaux.

  • Après une nouvelle panne, le maire d’Aubagne interpelle Enedis

    Après une nouvelle panne, le maire d’Aubagne interpelle Enedis

    Déjà au mois de juin puis au mois de juillet dernier l’édile avait demandé des explications face à des coupures de courant répétées. « La situation atteint désormais un niveau d’urgence critique », s’inquiète la municipalité face à des pannes qui ont touché notamment une résidence senior mais aussi l’usine de potabilisation du Pin Vert. En cause, l’enchaînement de vagues de chaleur qui s’ajoutent à un réseau vétuste dépassé par les nouveaux usages et l’urbanisation des dernières années sans mise à niveau proportionnée du réseau, selon la Ville. « Enedis doit maintenant déployer les moyens financiers et techniques à la hauteur des besoins d’Aubagne. Les Aubagnais ont droit à un service public de l’électricité fiable et durable », demande donc Jean-Pierre Squillari en se disant prêt à simplifier les procédures et fournir du foncier, et saluant les salariés mobilisés sur le terrain.

  • Quand l’extrême droite cogne à poing fermé sur la culture

    Quand l’extrême droite cogne à poing fermé sur la culture

    Lorsque l’actualité se bouscule, il arrive qu’on passe à côté d’un des très nombreux dérapages des élus d’extrême droite du département. Des loupés que l’été nous permet de réparer afin de ne pas laisser se ramollir la bataille des idées. Et décrypter ce qui se cache sous les anathèmes et les prises de position flattant les plus bas instincts.

    Ainsi lorsque le député RN de la circonscription de Draguignan Philippe Schreck, candidat heureusement battu aux municipales, épingle le budget de fonctionnement du Musée des Beaux-Arts de Draguignan, il faut plus y voir un exercice de pure démagogie plutôt qu’un réel souci pour les deniers publics. En brandissant des chiffres, ici 1,2 million d’euros, pour, en vrai populiste, brandir le spectre d’une culture élitiste devant les yeux de ceux qui pensent ne pas y avoir accès et que le Rassemblement national n’a aucunement pour projet d’émanciper. L’objectif, met en garde l’ancien maire PS de la ville, Christian Martin est de « choquer tel un triste épouvantail ceux qui ne connaîtraient pas encore ce musée ou penseraient à tort qu’il ne leur est pas destiné ».

    Alors même si on connaît « la finesse » de ce parlementaire du parti à la flamme qui a qualifié les juges qui ont condamné Marine Le Pen de « mollahs » et appelé avec toute la retenue qu’on lui connaît, à l’insurrection, mieux vaut ne pas prendre à légère ses incantations, même si cette fois il n’appelle pas à se soulever face à « la dictature des juges ». N’empêche qu’en disant « tout le bien » qu’il pense du Musée des Beaux-Arts de Draguignan, un équipement public dont la qualité est saluée par la presse nationale, il exprime ses préférences pour une culture rance et sans aucune ambition, comme ses coreligionnaires, d’ailleurs.

    En pure démagogie

    On se souvient par exemple des violentes attaques en conseil municipal de Toulon par la députée RN Laure Lavalette à l’encontre de la programmation du Théâtre Liberté et de son directeur d’alors, l’acteur et metteur en scène Charles Berling. Là aussi il était question de budget. « Non, nous ne sommes pas tous concernés par ces théories nauséabondes… [par la] propagande LGBTQI [dispensée] avec l’argent du contribuable », s’immisçait-elle.

    On sait que le Rassemblement national a une vision assez très étriquée de la culture.

    Ici, ce qui est attaqué c’est le coût pour la collectivité d’un musée qui collabore avec les plus grands établissements en France et à l’étranger, qui lui prêtent des œuvres majeures.

    Plutôt une aubaine, donc pour les habitants de ce territoire qui ont la possibilité de mieux connaître leur patrimoine et de découvrir de nouvelles sensibilités artistiques, à l’instar de l’exposition présentée actuellement (Les Roches rouges) qui magnifie la beauté de l’Estérel, insiste Christian Martin.

    Et puis si la critique porte sur son financement public, la billetterie ne couvrant que partiellement la vie de l’établissement, il faut rappeler que « c’est le cas des musées mais aussi des écoles, depuis que l’enseignement est obligatoire, laïc et gratuit ». Et on comprend comment l’extrême droite entend « investir » dans l’avenir.

    Une politique du sabre ultralibéraliste aux antipodes des intérêts des classes populaires, dans notre département comme partout en France. Une imposture qu’il est donc important de continuer à dénoncer même en plein cœur de l’été.

    À méditer.

  • [Entretien] Guillaume Roubaud-Quashie : « La Fondation Gabriel-Péri, encore plus que les autres, est menacée »

    [Entretien] Guillaume Roubaud-Quashie : « La Fondation Gabriel-Péri, encore plus que les autres, est menacée »

    La Marseillaise : Vous avez alerté sur la situation financière de la Fondation Gabriel-Péri, son existence est-elle aujourd’hui menacée ?

    Guillaume Roubaud-Quashie : Depuis le début de son financement public, la trajectoire est simple, on est autour d’une division par quatre des budgets de la Fondation depuis 2007. Depuis l’accession d’Emmanuel Macron au pouvoir, donc sur seulement 10 ans, on a plus que divisé par deux. Ce sont des baisses bien plus radicales que dans d’autres secteurs, il y a des responsabilités politiques claires de ce côté-là. Si on continue comme ça, dans peu de temps, ça sera fini, tout simplement. C’est une mise en danger mortelle des fondations à vocation politique, à commencer par la Fondation Gabriel-Péri qui, encore plus que les autres, est menacée aujourd’hui.

    Cet affaiblissement
    des fondations politiques représente-t-il un danger pour
    le débat démocratique
     ?

    G.R.-Q. : Oui, on vit un moment de crise démocratique considérable, et on a besoin de débats argumentés pour l’affronter. Il faut savoir qu’en France, ce qui a compté dans le développement des fondations, c’est l’accession pour la première fois de l’extrême droite au pouvoir le 21 avril 2002, et l’idée que la République française était peut-être menacée. Il fallait réfléchir à des structures contribuant à renforcer l’ampleur, la vitalité et la qualité du débat démocratique. C’est dans cet esprit que la Fondation Gabriel-Péri a été créée, en 2004, à l’initiative du Parti communiste français. Les raisons qui ont mené à la création de ces fondations sont aujourd’hui encore plus fortes qu’elles ne l’étaient à l’époque. Je pense que, par leur capacité à produire des travaux qui vont au-delà des tweets, des expressions courtes ou des polémiques superficielles, les fondations ont aujourd’hui un rôle très précieux.

    Vous vous êtes rendus mardi dernier à Matignon, avez-vous eu les réponses que vous espériez ?

    G.R.-Q. : Avec d’autres fondations, nous avons alerté le Premier ministre quant à la situation d’extinction des fondations. Nous sommes actuellement en discussion pour envisager la suite.

    Concrètement, comment soutenir la Fondation ?

    G.R.-Q. : On a l’objectif de récolter plusieurs dizaines de milliers d’euros pour affronter les coupes de l’année. Il y a deux choses à faire. D’abord, souscrire est une aide concrète et immédiate. Sur le site de la Fondation, on peut faire des dons défiscalisés. Le deuxième aspect, c’est de participer aux activités qu’organise la Fondation. Elle a une revue qui s’appelle La Pensée et propose aussi des expositions gratuites. Il faut faire vivre et connaître la Fondation Gabriel-Péri, nous solliciter pour l’organisation de débats… Ce travail, il est à la disposition de toutes et tous, et pour que ça puisse continuer, on a besoin d’un soutien plus large. On a commencé à recevoir un certain nombre de dons, c’est encourageant, mais il faut que cette dynamique se poursuive. J’espère que la période de difficulté financière lourde que nous affrontons sera l’occasion pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore la Fondation de découvrir ce qu’elle fait et par la même occasion, de multiplier les partenaires et les initiatives à l’échelle nationale. La période que l’on vit mène à beaucoup d’interrogations, beaucoup de gens cherchent des réponses, des éléments de réflexion, et s’il y a une demande, nous on est là pour ça. Je suis confiant, même s’il y a des batailles à mener, on a l’habitude.

    Entretien réalisé par Andréa Goyard-de Castro

  • [Unesco] La Camargue officiellement sur les rangs

    [Unesco] La Camargue officiellement sur les rangs

    Les protagonistes de cette candidature ne partent pas de rien. « La Camargue a été reconnue par l’Unesco comme réserve de biosphère et inscrite sur la liste indicative en 2002 », rappelle Véronique Jullian, la vice-présidente de l’association La Carmague à l’Unesco. C’est ce même périmètre, du Delta du Rhône et toutes ses activités qui allient « nature et culture », que souhaite faire reconnaître la structure, « au plus haut niveau ». « Notre action s’inscrit dans un temps long, précise-t-elle. Car nous sommes dans une coévolution, une cohabitation avec l’humain, ses activités, sa diversité », insiste Véronique Jullian. Et qui nécessite que « tout le monde se mette autour de la table » : Régions, Départements, EPCI, mairies, habitants, professionnels… Sachant que « cette reconnaissance aura des effets positifs en termes de tourisme, mais aussi de financements européens et internationaux pour faire face à la salinité et au changement climatique », détaille-t-elle.

    L’association a également demandé une étude sur l’impact de la ligne à très haute tension sur la candidature à l’Unesco.

  • La Région Sud débloque in extremis le volet foncier du nouvel hôpital d’Aubagne

    La Région Sud débloque in extremis le volet foncier du nouvel hôpital d’Aubagne

    Soulagement pour les défenseurs du projet du futur hôpital à Aubagne. Il y a une dizaine de jours, l’Agence régionale de santé (ARS) Paca révélait dans les colonnes de La Provence qu’une solution devait être trouvée pour l’achat du foncier, estimé autour de 3 millions d’euros, d’ici l’automne 2026. Faute de quoi le projet risquait de perdre une importante partie de ses financements, compromettant ainsi sa réalisation.

    Ce mercredi, c’est finalement une participation de la Région qui a débloqué la situation. « Nous avions un problème important de sécurisation des financements, avec un terrain qui devait pouvoir être acheté rapidement, a détaillé Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région Sud. Nous avons décidé, dans un premier temps, que la mairie d’Aubagne en paie la moitié et que la Région paie l’autre, pour débloquer la situation au niveau de l’État et du directeur général de l’ARS ». La collectivité s’engage à une avance de 1,5 million d’euros pour compléter le financement du foncier, le reste étant à la charge de la Ville d’Aubagne. « Nous verrons, plus tard, avec un tour de table que nous n’avions plus le temps de faire, pour l’achat complet de ce terrain », poursuit le candidat aux sénatoriales.

    Initialement prévu à la seule charge de la Ville d’Aubagne, le financement de l’acquisition des terrains a connu plusieurs rebondissements ces derniers mois. Le conseil municipal avait, dès le 5 juin, appelé à la construction d’un « front territorial commun » pour défendre le projet du nouvel hôpital, tout en invitant les communes concernées à mettre au pot pour l’acquisition foncière. « Puisque cet hôpital dessert 19 communes, ces [dernières] doivent s’impliquer activement dans le projet, mais aussi dans son cofinancement ! Nous ne pouvons plus être les seuls à porter la charge financière d’équipements dont bénéficie l’ensemble du bassin de vie », avait alors déclaré Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne.

    Les maires en difficulté

    Début juillet, lors d’une réunion sollicitée par Stéphanie Luquet, directrice et représentante légale de l’actuel centre hospitalier de la ville, une demande concrète de participation avait été formulée aux 19 maires concernés. Une perspective accueillie diversement selon les municipalités. Nombre d’entre elles estimaient en effet ne pas être en mesure de contribuer financièrement, leurs budgets étant déjà fortement contraints.

    C’est finalement Véronique Miquelly, maire (LR) d’Auriol, qui a sollicité une réunion rassemblant la Région et les parties prenantes, craignant un abandon du projet. Ce qui a abouti, mercredi, à l’engagement d’1,5 million d’euros de la Région. « Les maires sont d’accord pour participer à l’achat du foncier. Le problème était l’urgence. Pour Auriol, c’était 360 000 euros à trouver en quelques semaines. C’est pour ça que j’ai sollicité le président de Région », a-t-elle souligné. L’avance financière de la Région doit permettre aux communes d’étaler leur participation.

  • La France brûle, les moyens manquent

    La France brûle, les moyens manquent

    Posté devant les flammes de l’incendie hors-norme de Gironde, qui a brûlé 50 000 hectares et coûté la vie à deux pompiers depuis le 22 juillet, un sapeur témoigne sur France 3 Aquitaine : « On essaie de dormir 3 ou 4 heures par nuit, mais les organismes commencent à être touchés. Pour moi, comme pour les collègues, ça commence à tirer ». Le même jour sur franceinfo, un autre s’indigne : « Non, on n’est pas assez nombreux. Mais on fait comme on peut, parce que c’est la guerre. »

    Pourtant, les cris d’alerte ne datent pas d’hier. En 2021 déjà, dans le cadre d’un conflit social porté par les sapeurs-pompiers pour obtenir une meilleure rémunération, la CGT des Services départementaux d’incendie et de secours (Sdis) pointait la perte de 1 000 camions dédiés à la lutte contre les incendies entre 2000 et 2020. « Le problème en France c’est que, schématiquement, nous n’avançons que lorsqu’on affronte une catastrophe. Un an plus tard, après les mégafeux de 2022 [60 000 hectares de forêt ont brûlé cette année-là dans le pays, ndlr], le Président a fait de grandes annonces et a promis de 1 080 nouveaux véhicules », note Sébastien Delavoux, sapeur-pompier et représentant syndical de la CGT Sdis. Des annonces positives, mais tardives et insuffisantes selon le syndicaliste : « D’abord parce qu’il faut attendre 2027 et 2028 pour que tout soit livré, ensuite parce que cette nouvelle flotte ne comblera pas le vide, car elle remplacera une partie des engins aujourd’hui devenus trop vétustes ».

    Penser une réponse durable

    Les déficits d’effectifs humains ont eux aussi été signalés par la CGT Sdis, dans un communiqué d’octobre 2025. Le document indique, notamment, que le nombre d’hommes de rang volontaires, regroupant les grades de sapeur et de caporal, est passé de 161 230 en 2002 à 123 453 en 2023. Une évolution préoccupante alors même que le risque incendie s’est étendu dans l’espace comme dans le temps depuis les années 2000, sous l’effet du changement climatique, selon le ministère de la Transition écologique. « Il faut interroger la centralité des pompiers volontaires et embaucher davantage de professionnels qui puissent garantir une disponibilité sur tout le territoire », souligne Sébastien Delavoux.

    Mais ces perspectives d’embauche restent limitées par les moyens des Départements, en charge d’une large partie du financement des Sdis. De quoi pousser l’association des Départements de France à réclamer, lundi, dans un communiqué, « l’ouverture immédiate d’une réforme du financement des Sdis, assortie de ressources nouvelles, pérennes et à la hauteur des risques auxquels notre pays est désormais confronté ».

    Au-delà des manques de moyens constatés directement chez les pompiers, Sébastien Delavoux dénonce des coupes budgétaires chez d’autres acteurs de la prévention : « Le nombre d’agents de l’Office national des forêts (ONF) est passé de 12 500 à 8 000 en vingt ans. Évidemment que ça dégrade l’entretien de la forêt. Leur travail ne se voit pas, mais est essentiel ».

    Dans un communiqué, mardi, la CGT nationale, qui souhaite « rendre obligatoire et automatique la libération effective des pompiers volontaires par leurs employeurs pendant les interventions », plaide elle aussi pour « renforcer les effectifs de pompiers professionnels et les moyens matériels ». Le syndicat réclame par ailleurs la sortie d’une logique de gestion de crise et l’engagement de véritables politiques de prévention, d’adaptation et de renforcement des moyens publics face à une crise climatique devenue durable.

    D’après les projections de Météo France, au sujet des feux de forêts, le nombre de jours à risque élevé devrait être multiplié par deux d’ici 2050, du fait du réchauffement climatique.

  • Robin Prétot pour la liaison Fos-Salon

    Robin Prétot pour la liaison Fos-Salon

    Alors qu’une nouvelle séquence de concertation concernant la liaison Fos-Salon vient de s’achever, le maire d’Istres, Robin Prétot (LR), considère ce préprojet comme une opportunité et l’a soutenu lors du conseil municipal du 16 juillet. Et ce, malgré le changement des modalités de financement envisagées par la Dreal.

    L’hypothèse d’un financement public à hauteur de 50 % pour cette infrastructure a été écartée pour préférer « l’opportunité offerte par le renouvellement des concessions autoroutières », qui s’étaleront entre 2031 et 2036. Robin Prétot y voit une « hypothèse intéressante » : « Je considère (…) que l’État aurait dû mettre depuis bien longtemps les moyens sur la table pour créer cette deux fois deux voies d’intérêt national qui bénéficie à toute l’économie française voire européenne, mais l’État pas prêt à mettre 566 millions d’euros. (…) Aujourd’hui, on a une possibilité que ça se fasse et que ce soit payé par un privé avec un intérêt intéressant pour Istres. » Il poursuit : « Ça permettrait que le porteur porte tout ça 100 % à sa charge, en échange de quoi il y aurait deux péages : un au-dessus du rond-point de Clesud pour accéder à l’autoroute, qui existe déjà mais serait avancé, l’autre au-dessus de Ventillon à Fos-sur-Mer. (…) L’axe partant vers Parsemain resterait gratuit. On aurait desserte locale gratuite : on ne paierait pas en partant d’Istres pour aller à Fos ou Miramas ».

    Un autre scénario est pourtant envisagé : celui d’un péage complet du nord au sud de cette deux fois deux voies de 25 km, pour un tarif de 9,6 centimes par km pour les véhicules légers et 28,8 centimes pour les poids lourds.

    Haro sur les dépôts sauvages

    Lors de la dernière séance avant la trêve estivale, les élus ont également voté à l’unanimité l’instauration d’une amende administrative pour les dépôts sauvages de déchets à compter du 1er août.

    L’adjoint délégué à l’environnement Luc Brezia précise les tarifs : « De 150 euros à 1 500 euros pour personnes physiques et le double pour personnes morales. Des majorations seront appliquées en cas de récidives ou quand volume de déchet dépasse 1 m3. » Robin Prétot ajoute : « Un second garde champêtre a été recruté pour renforcer la brigade verte qui est habilitée à pouvoir administrer ce genre d’amende élevée ».

    Pour l’élu d’opposition Patrick Grimaldi, toute la politique de gestion des déchets est à revoir. Selon lui, « la décision métropolitaine de demander aux entreprises d’assurer la gestion de leurs déchets avec des prestataires privés » et « les contraintes en nombre de passages dans les déchetteries mises en place pour les administrés » a joué un rôle dans la multiplication des dépôts sauvages.