Tag: financement

  • La liaison Fos-Salon mise en débat sur la place publique

    La liaison Fos-Salon mise en débat sur la place publique

    Le projet de liaison routière entre Fos-sur-Mer et Salon-de-Provence entre dans une nouvelle étape. La préfecture de région a annoncé lundi par communiqué l’organisation d’une nouvelle phase de concertation d’un mois sur le projet de liaison Fos-Salon, entre le 15 juin et le 15 juillet. Cette concertation menée par la Dreal Paca porte sur « le choix des variantes préférentielles sur les trois sections du projet » et sur « les modalités de financement envisagées pour la réalisation de l’infrastructure », tel que l’annonce la préfecture de région. En clair : où on passe, et qui paye.

    Le dossier de concertation sera accessible sur le registre numérique dédié à partir de lundi prochain, le 15 juin. Dans le même temps, quatre réunions publiques sont organisées par les services de l’État, dont la première pour la présentation du projet et de premiers échanges qui se tiendra salle Colomb à Miramas, lundi 22 juin à 18h30. Cette réunion sera suivie de trois ateliers dédiés aux trois tronçons de l’aménagement, soit le 1er juillet à 18h30 à la salle la Grange d’Istres pour la section centrale, entre Toupiguières et l’échangeur de Rassuen, le 7 juillet à la même heure à la salle des fêtes de Grans pour la section Nord entre l’échangeur de l’A57 et Toupiguières, pour finir mercredi 8 juillet à 18h30 à la Maison de la mer de Fos-sur-Mer concernant la section sud, entre les ronds-points de Rassuen et de la Fossette.

    Les variantes d’itinéraires présentés par l’État concernent la section nord, à choisir entre l’aménagement d’une portion de la RN569 ou de la D69. Au sud, à Fos-sur-Mer, il s’agit de choisir entre l’aménagement de l’actuelle RN569, ou d’une nouvelle route à proximité immédiate de la voie ferrée des Coussoul, au nord sur l’actuelle route du Ventillon ou au sud de celle-ci sur une nouvelle voie.

    Pas de contournement ?

    La concertation n’inclura pas de contournement de Fos-sur-Mer par le prolongement de celui de Martigues-Port-de-Bouc, devant déboucher à l’ancienne station-service près de la cimenterie Imerys. Cette absence est pointée par le président de l’Association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos (ADPLGF) Daniel Moutet, dans un courrier adressé au préfet de Région le 1er juin dernier. En référence au projet de contournement de Fos-sur-Mer parallèle à la voie ferrée, longeant les étangs d’Engrenier et de Lavalduc, « si le scénario du barreau des étangs avait été réalisé, l’accident du 27 mai dernier entre Fos et Port-de-Bouc n’aurait pas affecté les usagers, ni les populations, ni les secours », estime le président.

    Et insiste : « Les enjeux de mobilité sont très présents dans cette concertation et ressortent comme un des freins à l’acceptabilité nouveaux projets industriels par les populations. »

  • [Rue de la République] Robin Prétot : « À Istres, nous allons fonctionner de manière plus horizontale et plus transparente »

    [Rue de la République] Robin Prétot : « À Istres, nous allons fonctionner de manière plus horizontale et plus transparente »

    Son élection

    Didier Gesualdi : Vous avez tourné assez violemment la page François Bernardini à Istres. Comment analysez-vous avec un peu de recul ce séisme politique ?

    On parle nous aussi de séisme. Nous aussi, l’écart de voix nous a surpris. On sentait qu’on avait une dynamique, on y croyait – il faut y croire – mais c’est vrai que le score a été assez net, d’autant que nous étions en triangulaire avec le RN. On fait 60% des voix, il en fait 30 et le RN 8. Il y a un vrai soutien de la population. Ça me satisfait parce que ça veut dire qu’on a coché toutes les cases. Je pense que ça s’explique à la fois par une lassitude, un rejet de M. Bernardini et de son équipe, mais aussi par une déconnexion qu’ils avaient sur les attentes des Istréens, qu’on a su peut-être mieux identifier et capter. Comme je le dis toujours à mon équipe : c’est très flatteur d’être élu à 60% en triangulaire, mais derrière, il y a un très haut niveau d’attente, une très grande exigence qu’il ne faut pas décevoir.

    Léo Purguette : Vous n’avez pas été très soutenu par votre famille politique et vous avez mis le RN très bas, comment l’expliquez-vous ?

    Les élections municipales, c’est peut-être le dernier scrutin qui est encore décorrélé des identités ou des idéologies politiques. Les gens n’ont pas voté pour moi parce que je suis de droite, ou parce que je ne suis pas de gauche, je ne sais pas comment le dire. Ils ont voté pour moi parce qu’ils me connaissent, que j’ai grandi avec eux, que je respire le même air qu’eux. L’exemple que j’ai pris durant la campagne : quand on dit qu’il faut rénover le centre-ville, est-ce que c’est de droite ou de gauche ? J’en sais rien, il faut le faire, c’est du bon sens, faisons-le. Quand on dit qu’on bétonne trop dans la ville, est-ce que c’est de droite ou de gauche ? Même si je n’ai pas été soutenu trop fort par les anciens de ma famille politique ou certains qui en font toujours partie, ce n’est pas bien grave parce que ce ne sont pas eux, mais les gens qui font l’élection.

    La Méthode

    Didier Gesualdi : Vous avez fait campagne sur la fin du « système Bernardini ». Ça signifiait quoi à l’époque et ça signifie quoi aujourd’hui ?

    Ça signifie qu’on va avoir une conception différente, moins verticale et plus horizontale. On a commencé à la faire en considérant mieux l’opposition. Une des premières mesures que je vais prendre, en tant que maire, sera d’élargir les droits de l’opposition.

    Didier Gesualdi : Vous êtes masochiste ? Vous voulez plus d’opposition ?

    J’ai été opposant moi-même et j’ai subi ce fonctionnement très centralisé où on verrouillait tout et où on ne nous donnait pas la possibilité d’exister vraiment, je ne veux pas le faire subir moi-même à mes propres opposants. Ils ont été élus aussi, ils ont une légitimité populaire, même s’ils ont perdu les élections. Le meilleur moyen de respecter les électeurs qui n’ont pas voté pour moi, c’est de donner la possibilité à leurs représentants de s’exprimer correctement. C’est ce qu’on a fait en travaillant ensemble le règlement du conseil municipal. On va aussi faire plus de transparence pour les citoyens en leur donnant accès aux replays des conseils municipaux, en mettant en ligne les documents budgétaires et en ouvrant la très grande terrasse qui me sert de balcon à la mairie pour profiter des feux d’artifice cet été. On va ouvrir la maison commune au peuple.

    Léo Purguette : On attend la copie de la Chambre régionale des comptes après votre refus de voter le budget de la Métropole. Faut-il réduire les attributions de compensation, qui sont pourtant vitales pour beaucoup de communes ?

    On s’est retrouvé au pied du mur. Le ver était dans le fruit, la Métropole a été mal montée depuis le début. Mon attribution de compensation, c’est-à-dire la subvention donnée à la Ville d’Istres au regard de l’histoire intercommunale, c’est 57 millions, soit la moitié du budget de la Ville. Si on me bouge cette somme d’1 ou 2% il faut trouver dans les caisses 1 à 1,5 million d’euros, c’est juste impossible. Toutes les Villes concernées se retrouveraient à leur tour à rendre leur budget à la Chambre régionale des comptes, on ferait tous faillite et la Métropole va s’effondrer sur elle-même. La piste n’est pas là. On peut se poser la question de la dotation de solidarité communautaire, il y aura un plan d’économies que le président Isnard a commencé à engager.

    Le procès

    Léo Purguette : Le procès de François Bernardini s’est ouvert lundi. Vous avez finalement décidé de vous porter partie civile en tant que commune. Pourquoi ce choix ?

    J’ai beaucoup réfléchi, beaucoup hésité. Je n’étais pas du tout dans cette logique au début. J’ai toujours expliqué, pendant la campagne, que je n’étais pas magistrat, pas procureur, mais un homme politique en campagne et qu’il fallait que chacun reste à sa place. Maintenant, les responsabilités qui sont les miennes en tant que maire d’Istres, c’est de défendre les intérêts de la Ville et dans le cadre de ce dossier avec plusieurs sujets qui peuvent toucher les finances communales, la question c’est : est-ce qu’on est victime ou pas ? On doit toute la vérité aux gens et aux agents, certains attendent que leur honneur soit lavé. Le meilleur moyen de savoir si des dérives concernent les finances publiques, c’est de se porter partie civile à ce procès. Aujourd’hui, on veut avoir accès au dossier, être partie à l’audience, sans esprit de revanche. Moi, je ne viens pas rejouer un match qui est déjà plié. Ce n’est pas mon objectif.

    L’incinérateur

    Didier Gesualdi : Vous avez dit qu’Istres n’avait pas vocation à accueillir tous les déchets du territoire. Ça veut dire que le projet de Suez ne se fera pas ?

    En tout cas, on fait tout pour que ça ne se fasse pas et j’ai bon espoir qu’on y arrive. Ça fait partie des surprises du début de mandat. J’ai découvert ça le 1er avril, comme une mauvaise blague. 250 000 tonnes de déchets, des centaines de camions qui viennent dans la ville.

    Léo Purguette : Suez conteste la qualification d’incinérateur, de quoi s’agit-il selon vous ?

    À partir du moment où vous brûlez des déchets, ça s’appelle de l’incinération. On peut toujours mettre des cache-sexes, décrire ça comme un petit poêle autour duquel on va se réchauffer en se balançant sur une chaise à bascule, ce n’est pas la réalité. La gestion des déchets doit se faire à l’échelle régionale. Notre territoire a déjà largement pris sa part avec la décharge d’Entressen, où étaient enterrées les poubelles des Marseillais et avec la construction de force de l’incinérateur de Fos. Il y en a marre. Place aux autres.

    Les projets

    Léo Purguette : Vous semblez vouloir arrêter beaucoup de choses, mais quels sont vos projets ? Vous venez d’être élu maire, que restera-t-il de Robin Prétot dans 7 ans ?

    On a créé des commissions extra-municipales lors du dernier conseil municipal pour pouvoir associer la population et les personnes qualifiées. Ça va être d’abord la rénovation du centre-ville qui est fortement dégradé. C’est le fameux « plan Phénix » qu’on va lancer pour injecter un peu d’argent et des moyens mutualisés avec la Métropole pour rénover de fond en comble ce centre-ville, et redonner du souffle à nos commerces et à notre vie touristique. Le deuxième sujet, c’est le parc de Boisgelin qu’on a promis pendant la campagne. On va lancer la première réunion de travail pour caler le modèle juridique et technique. On a présenté aussi le « plan de Coubertin » pour rénover les gymnases. Plutôt que d’en construire des nouveaux, il faut investir pour valoriser ces équipements.

    La droite

    Léo Purguette : La « Métropole des maires » qui conjugue droite et gauche tiendra-t-elle ?

    Cette Métropole a été prise en otage par une forme de prolongation du match des élections municipales de Marseille. Le président de la Métropole n’est ni Marseillais, ni Aixois, on peut sortir de ces logiques-là. Tous les maires, de droite ou de gauche, ont été élus légitimement par leurs électeurs, ils doivent être respectés. Je serai constructif. M. Payan comme les autres est légitime.

    Léo Purguette : Catherine Pila et Ludovic Perney briguent la tête des LR 13. Quel est votre choix ?

    À titre personnel, je soutiens la candidature de Ludovic Perney. Je suis un maire jeune qui prône le renouveau, je ne peux que soutenir un candidat jeune qui prône le renouveau. Ce n’est pas du tout en opposition à Catherine Pila, mais Ludovic, je le connais depuis longtemps, il a le bon profil.

    Didier Gesualdi : Les LR subissent des départs vers l’extrême droite. Peuvent-ils disparaître ?

    Non, je crois au clivage droite-gauche. Il existe dans tous les pays. Le spectacle national est pitoyable, je m’en tiens éloigné.

    La gestion

    Didier Gesualdi : François Bernardini a permis à Istres d’avoir un certain standing. C’est la forme de son action qui n’allait pas selon vous ?

    On vivait au-dessus de nos moyens. On a eu cette culture-là à la vieille époque du SAN Ouest Provence, où l’argent coulait à flots avec la taxe professionnelle. On pouvait beaucoup investir, avoir la folie des grandeurs. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Il faut être raisonnable avec l’argent public. C’est facile de construire un gymnase avec 70% de financement d’autres collectivités, mais après, il faut le faire fonctionner. Il faut bien payer l’eau, l’électricité, les agents…

    Léo Purguette : Vous avez fait le choix, avec le nouveau président de la Métropole, d’interrompre le processus menant vers l’ouverture du grand théâtre d’Istres. Pourquoi ? Les habitants ne vont-ils pas en pâtir ?

    On n’a pas interrompu le processus dans le sens où les travaux continuent. Il y aura trois mois de retard à cause d’une entreprise qui se décharge d’un lot très précis.

    Léo Purguette : Une fois fini, il n’ouvrira pas au public à la date prévue…

    Le but c’est qu’il ouvre au public. Mais ce qu’on dit, c’est qu’il n’ouvrira pas tant qu’on n’aura pas trouvé de solution idéale pour le supporter. Ce qu’on a fait c’est tirer la sonnette d’alarme. Cet équipement va être une pépite pour la commune, mais on ne doit pas se poser la question de son fonctionnement le jour où on coupe le ruban. Une fois qu’on aura trouvé le modèle, j’ai bon espoir qu’on arrive à une ouverture comme prévu en septembre 2028. Je pense qu’on y arrivera.

    Léo Purguette : Vous pensez à quoi ? Une privatisation ? Une délégation de service public ?

    Ça peut être une délégation de service public ou un modèle un peu hybride. c’est pour ça qu’il faut qu’on mette les techniciens juridiques, financiers et les professionnels du milieu culturel pour voir quel est le bon modèle. À mon niveau, je n’ai pas la bonne solution.

    Didier Gesualdi : Vous voulez cesser de bétoniser, mais que dites-vous aux Istréens qui cherchent à se loger ?

    Il y a une juste mesure entre construire 0 logement et 1 000 logements par an comme aujourd’hui. C’est deux fois plus qu’Aix-en-Provence alors que l’on a que 45 000 habitants. Martigues, Aubagne ou Salon en font entre 150 et 200 par an. Il faut loger les gens bien sûr, mais dans une juste mesure, car une fois qu’on a des logements, quid des parkings, des routes, des services publics, des places en crèches ? On ne se pose jamais ces questions.

    Didier Gesualdi : Si je vous écoute, j’ai l’impression que je vais avoir affaire à un maire gestionnaire alors qu’il y avait un maire bâtisseur. Ça ne fait pas rêver. Comment faire rêver les Istréens ?

    Ce qui ne fait surtout pas rêver, c’est de se retrouver quand il faut payer sa taxe foncière avec une nouvelle hausse d’impôt. À titre personnel, je vis dans 110 m², je paye 2 300 euros de taxe foncière pour un appartement au centre-ville. Je trouve que c’est hors-norme. Le but d’avoir un maire gestionnaire, c’est de préserver l’avenir, de pouvoir avoir des équipements avec en face des bonnes recettes pour ne pas avoir de mauvaises surprises et venir encore chercher le contribuable.

    Léo Purguette : Pour ou contre la hausse du versement mobilité ?

    Je suis favorable au déplafonnement du versement mobilité. Cette taxe que payent les entreprises peut se faire de manière différenciée sur le territoire. Dans le golfe de Fos, toutes les entreprises se plaignent qu’il est mal desservi pour leurs salariés.

    La République c’est quoi ?

    Robin Prétot : « On dit souvent que c’est le modèle le «moins pire» pour une société, pour moi, c’est le meilleur modèle démocratique. Il promeut le pouvoir au peuple, c’est ce qu’on essaye de faire à l’échelle locale, à Istres. C’est un système qui ne doit pas s’exonérer du concept de nation qui va avec. La République, c’est un système institutionnel qui ne fonctionne que si, derrière, il y a une nation unie. »

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Jean-Luc Rovinelli :

    Bonjour. Pourquoi cette hostilité contre la gratuité ? Si ce sont les habitants qui payent alors qu’avant c’était gratuit, où va l’argent ?

    D’abord, la gratuité, il y a toujours quelqu’un qui paye en réalité. C’est généralement le contribuable. Moi je préfère toujours faire payer l’usager plutôt que le contribuable parce que, par principe, c’est plutôt à ceux qui utilisent un service de le payer. Les taux d’imposition à Istres sont déjà hors-norme. Voilà pourquoi je suis contre le tout gratuit. En plus, cela donne l’impression aux gens que c’est vraiment gratuit, alors qu’il y a quelqu’un qui paye, ça crée l’illusion que c’est la fête alors qu’il manque de l’argent partout. Il y a des réalités économiques, financières et budgétaires aujourd’hui qu’il faut bien réaliser. Ça ne veut pas dire que l’on ne peut pas avoir des tarifs sociaux selon les niveaux de revenus, par exemple sur la cantine.

    Léo Purguette : Si on suit votre raisonnement, vous allez donc baisser la fiscalité ?

    Pour l’instant, il n’y a surtout pas de hausse. Il y a eu trois hausses successives lors du dernier mandat. On est à 54% de taxe foncière, quand je dis ça aux autres maires, ils hallucinent. On est au max ! La règle number one c’est : « on n’augmente plus du tout les impôts ». Et dès qu’on pourra les baisser, on les baissera. Dans la campagne, j’ai dit qu’on prendrait le temps de voir. C’est le but de l’audit.

  • Etex va utiliser des eaux usées pour fabriquer du placo

    Etex va utiliser des eaux usées pour fabriquer du placo

    Le géant de la construction légère Etex va, d’ici un an et demi, réutiliser les eaux usées traitées pour fabriquer ses plaques de plâtre à Carpentras.

    La direction du site l’a annoncé ce lundi 1er juin, sur site. Le projet permettrait de ne pas puiser 2 millions de mètres cubes d’eau potable dans la nappe du Miocène et de devenir « à 95% autonome en eau », assure Frédéric Guetin, directeur général d’Etex Building Performance France, soit l’équivalent de 60 piscines olympiques d’eau potable.

    Des travaux vont donc être lancés, dans les prochains mois, en collaboration avec les services de la mairie pour raccorder le site de production et la station d’épuration. Un réseau enterré sur 3 km va donc être installé entre les deux sites. Le préfet était notamment présent pour confirmer l’intérêt de ce projet. « Le monde industriel peut aussi participer à la gestion de l’eau. Le monde agricole argue souvent qu’il est le seul à faire des efforts. Ce n’est pas vrai et voici un cas très concret », se permet le représentant de l’État. Le coût du projet est évalué aux alentours de 3 millions d’euros, financés par l’entreprise, avec une partie prise en charge par des organismes étatiques.

    Entreprise à mission

    Un projet que l’entreprise a déjà mis en place dans un autre de ses sites, celui de Saint-Loubès, en périphérie de Bordeaux. Et « fort de cette expérience inédite et réussie », la décision a été prise de décliner le même procédé dans le Comtat Venaissin.

    C’est aussi pour le directeur la preuve que « l’on solidifie notre implantation sur le territoire », assure-t-il. Il y a aujourd’hui 120 salariés sur l’usine vauclusienne. Celle-ci peut produire au maximum pas moins de 28 millions de mètres carrés de plaques de plâtre par an.

    « Ce projet est une très bonne nouvelle », ajoute également Sylvain Espenon, secrétaire à l’UD de la CGT et employé à Etex sur Carpentras. « On ne peut que saluer ce genre d’initiatives. Pour l’environnement comme pour l’industrie et sa pérennité. C’est déjà arrivé que la Dreal nous appelle pour dire d’arrêter de puiser dans la nappe quand elle était basse. Et on avait dû stopper la production », explique-t-il. Tout en pointant comme « seul bémol » le financement en partie public des travaux.

    Plus globalement, cette action s’inscrit dans la reconnaissance de la structure comme « entreprise à mission ». Un statut qui permet de dégager une image plus positive de l’entreprise, tout en l’obligeant à avoir « des objectifs sociaux et environnementaux, au même niveau que sa performance économique », précise Etex dans un communiqué de presse. « Ce statut renforce notre raison d’être et reflète notre volonté de participer activement et de manière pérenne à un modèle de construction responsable et durable. C’est un engagement supplémentaire, sur le long terme », assure Frédéric Guetin.

  • Double mobilisation pour le secteur social à Marseille

    Double mobilisation pour le secteur social à Marseille

    Toujours en souffrance, les salariés des structures associatives du secteur social et médico-social étaient sur le pont, ce mardi. « L’État est notre financeur principal, aujourd’hui on est devant la préfecture pour se faire entendre sur nos rémunérations ! », plante Coralie Dumarais, responsable de la branche associative de la CFDT Santé Sociaux des Bouches-du-Rhône. Une mobilisation qui ne vient pas de nulle part puisqu’elle se tient en pleine négociation, entre organisations syndicales et patronales, sur la convention collective. « L’État nous demande de fusionner les conventions collectives pour l’ensemble du secteur, il en veut une unique. La problématique, c’est qu’il se dédouane complètement en ne voulant pas donner un budget précis », développe Coralie Dumarais. Avant de pointer un « blocage » logique suite à ce manque de cadrage : « Cela fait trois ans qu’on est en bras de fer, rien ne bouge. »

    Un besoin urgent

    de financements

    Problème : il y a urgence dans un secteur où certains salariés commencent leur carrière « en dessous du Smic » du fait justement des conventions collectives pas vraiment protectrices. « La précarité augmente, il y a un turnover énorme, le secteur se vide par manque d’attractivité », résume la militante, qui a été reçue en préfecture suite à la mobilisation.

    Même discours, ou presque, pour Sud Santé Sociaux, dont les militants étaient devant le Conseil départemental cette fois, puisque la collectivité a la compétence de l’action sociale. « Les budgets se réduisent comme peau de chagrin, il y a un sous-financement de nos structures. Beaucoup de collègues ne trouvent plus de sens dans le métier », explique Bachir Staali, co-secrétaire départemental de l’organisation. La conseillère municipale déléguée à l’accès aux services publics, Katia Yakoubi (L’Après) qui est justement assistante sociale, tonne : « Le secteur social devrait être une priorité de l’État et chacun doit prendre ses responsabilités. La Ville prendra la sienne. »

  • Olivier Galzi dresse son premier bilan

    Olivier Galzi dresse son premier bilan

    Installé 1er magistrat depuis le 29 mars, puis élu à la tête du Grand Avignon il y a un mois, Olivier Galzi a souhaité livrer un état des lieux du démarrage de son mandat. Tour d’horizon.

    Réorganisation interne

    Le nouveau locataire de l’hôtel de ville prend plaisir à faire visiter à la dizaine de journalistes la transformation matérielle des bureaux du maire et de ses proches collaborateurs. « Avant, chacun était dans son coin en silos, l’information circulait mal », expose-t-il dans l’ancien bureau de la secrétaire du maire, où son cabinet est désormais réuni en mode open space. « Mes adjoints sont aussi à côté en coworking », poursuit-il. Côté cabinet, deux directeurs sont en cours de recrutement, à la Ville et au Grand Avignon. « On a fait appel à un cabinet spécialisé, ce ne sera pas du copinage, mais des personnes que je n’ai jamais connues », clame Olivier Galzi. Arrivé comme directeur de cabinet, Christophe Madalle a finalement récupéré le poste de directeur général des services.

    Audit des finances

    et « étonnements »

    Procédure courante lors d’un changement de majorité, la commande d’un audit des finances. « La situation n’est pas aussi saine qu’il n’y paraissait », ménage-t-il d’abord, alors que les résultats sont attendus mi-juin et pourraient être débattus le 29 juin en conseil municipal. Mais Olivier Galzi ne résiste pas à distiller des exemples « totalement dysfonctionnels » qui ont pris « une ampleur industrielle en 2025 », citant des « factures impayées » ou la « recrudescence de recrutements depuis janvier, on en a bloqué 52 ».

    Autant de « rapports d’étonnements, parfois d’énervement voire d’écœurement qui ne me réconcilient pas avec la politique ». Le maire reprend la marotte abandonnée d’Anne-Sophie Rigault (RN) qui, lors du mandat précédent, a longtemps agité la menace d’une mise sous tutelle, démentie par la majorité d’alors. « On s’est posé la question, mais on ne va pas le faire, les décisions seraient trop drastiques », assure-t-il, redisant ne pas vouloir augmenter les impôts. Manière de préparer les esprits au fait qu’il ne pourra pas tenir toutes ses promesses de campagne ? « C’est une question que j’aurais posée si j’étais encore à votre place, mais je ne la poserai plus : une réalité s’impose, je ne ferai pas l’autruche sur le mur budgétaire, je le dis avant, je ne cherche pas des excuses, mais des solutions. »

    Triptyque de priorités

    Seule bonne surprise qui trouve grâce aux yeux du maire, « le personnel municipal » [2 100 agents], chez qui « une espèce de chape s’est levée », se targue-t-il. Des moyens humains déjà rencontrés, comme ceux du service propreté (notre édition du 18 avril) « qui ont été remobilisés ». Une première opération quartier propre est prévue le 27 mai. Côté sécurité et mobilités, divers éléments ont déjà été évoqués (rencontres avec le préfet, la police municipale, le Sdis) avec réouverture du dossier LEO, dont un comité de pilotage est prévu en préfecture de Région le 28 mai. La refonte du plan Faubourgs va s’opérer en douceur avec, le 20 mai, de premiers ajustements de sens de circulation. « Je fais tellement de choses, je travaille matin, midi et soir, nuit et jour semaine week-end », se gargarise Olivier Galzi. Des effets de manche ? « Le matin, j’ai une “to do list” comme autant de gouttes d’eau, mais peut-être qu’à la fin du mandat, le fond de cuve du territoire sera rempli, ce n’est pas de l’éparpillement, mais si je ne lance pas tous les fronts aujourd’hui, avec les temps nécessaires derrière, ce sera autant de reports pour les résultats. »

    Et l’opposition ?

    Lors de son installation, Olivier Galzi a « tendu la main » à l’opposition, assurant « porter le même égard » à tous les électeurs, même « à ceux qui n’ont pas voté pour nous ». Mais dès le conseil municipal suivant, l’opposition n’a pas eu voix au chapitre dans les commissions (notre édition du 21 avril). « Ce qui est proposé, c’est un blocage systématique, j’aurais la main tendue quand il s’agira de faire avancer les débats. » Et de faire un parallèle avec 2018 où lors de son premier mandat, Cécile Helle avait « exclu des commissions et ostracisé » deux adjoints après des divergences. « Je m’inscris dans ses pas », ironise-t-il. Sauf qu’à l’époque, les élus mis au ban venaient de la majorité, pas de la minorité d’emblée.

  • Le rapport qui veut détruire l’audiovisuel public

    Le rapport qui veut détruire l’audiovisuel public

    Les 551 pages ont été publiées en début de journée, mardi : le rapport sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public de Charles Alloncle est désormais consultable en ligne. Ce document fait suite à près de six mois de travaux qui auront servi de tribune au député d’extrême droite. « Disons-le clairement : ce rapport passe malheureusement à côté de l’essentiel. C’est une occasion manquée. Car la seule vraie question est celle de la vision pour l’avenir », estime dans un long post sur X le Premier ministre, Sébastien Lecornu. Le président de la commission d’enquête, le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus a, pour sa part, dénoncé les « contre-vérités » et les « mensonges » : « ça suffit ! », a-t-il lancé. « Je regrette que cette commission d’enquête ait été au service d’un projet politique : l’affaiblissement de l’audiovisuel public en vue de sa privatisation », insiste-t-il.

    Au fil de ses 69 recommandations, l’élu UDR (Union des droites pour la République), le parti ciottiste, s’en est pris à France Télévisions et Radio France, dénonçant ce qu’il considère comme des « biais militants », une « hostilité ciblée et assumée » à l’égard du Rassemblement national concernant certains journalistes ou encore « l’humour érigé en expression militante ».

    Dans un communiqué, la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, fustige ces conclusions : « Il faut regarder le rapport pour ce qu’il est : il n’est pas seulement un document sur l’audiovisuel public, il est devenu le terrain d’un procès politique où chacun cherche à imposer sa lecture idéologique du service public. » Parmi les préconisations, le rapporteur pousse pour la réduction de trois quarts le budget des jeux télévisés et d’un tiers le budget des sports du groupe public. « En réduisant le divertissement, il porte une vision élitiste, éloignée des familles, des publics les plus populaires et en coupant d’un tiers les compétitions sportives emblématiques de France Télévisions, il rendra payant l’accès au sport pour ceux qui n’ont pas les moyens de le payer », renchérit-elle.

    « Permettre un financement pérenne »

    Charles Alloncle préconise jusqu’à un milliard d’euros d’économies, notamment par la fusion de plusieurs chaînes, dont France 2 et France 5, ainsi que celle de franceinfo et France 24. « Ce rapport aux méthodes biaisées préconise des fusions à tout va et un contrôle politique renforcé sur l’audiovisuel public. Nous devons au contraire renforcer son indépendance, permettre un financement pérenne pour des missions de service public plus ambitieuses dans des conditions de travail dignes. Préserver l’audiovisuel public c’est protéger la démocratie », fait valoir la députée Génération.s, Sophie Taillé-Poilan.

    Même son de cloche pour Ayda Hadizadeh, « il faut que l’audiovisuel public, France TV et Radio France aient de la visibilité dans leurs financements », pousse la députée PS. Si elle n’appelle pas à « revenir à la redevance » supprimée sous le premier mandat d’Emmanuel Macron, elle appelle à « créer une taxe sur la publicité sur les plateformes, qui dégage énormément de revenus sur ces plateformes-là ». C’est peu ou prou l’une des 15 recommandations issues du rapport des États généraux de l’information.

  • [Rue de la République] Samia Ghali : « Je suis pour que le versement mobilité des entreprises soit revu à la hausse »

    [Rue de la République] Samia Ghali : « Je suis pour que le versement mobilité des entreprises soit revu à la hausse »

    Ce week-end, Samia Ghali (DVG), adjointe au maire de Marseille et présidente de la RTM.

    SOn élection à la présidence de la RTM

    Didier Gesualdi : Quelle est votre feuille
    de route après votre élection
    à la présidence de la RTM
     ?

    Les transports sont l’affaire de tous. Chaque Marseillais, chaque habitant de la Métropole est confronté à cette question à un moment ou un autre, pour soi-même, ses enfants, ses parents… Les transports font partie intégrante de la vie des habitants à Marseille intra-muros ou dans les autres communes de la Métropole. Ils représentent une bouffée d’oxygène au sens propre comme figuré du terme, ils permettent de mieux respirer, d’avoir moins de véhicules… Ils sont aussi un poumon du développement économique et un levier de résolution de la crise du logement. Vous ne pouvez pas construire si vous n’avez pas les infrastructures, notamment de transport, pour desservir les habitations.

    Didier Gesualdi : On a un retard à combler sur ce territoire. Comment comptez-vous y arriver ?

    Il y a le tramway vers le nord, vers la Bricarde qui va démarrer. Il y a tous les transports du quotidien aussi, avec les derniers kilomètres ou centaines de mètres qui manquent pour tel ou tel territoire qui se trouve coupé du reste du monde. Il y a aussi un gros chantier, qui m’a été signalé par les chauffeurs de bus avec qui j’ai pu parler. Ils me disent que les bus qui tombent en panne sont un problème, que leur maintenance est un vrai sacerdoce. Cela doit devenir une question centrale pour permettre au service public de fonctionner.

    Léo Purguette : Présider la RTM, c’est
    une tâche épineuse. On pourrait presque penser que c’est un cadeau empoisonné. Pourquoi l’avez-vous accepté
     ?

    D’abord, ce serait insultant pour le personnel de la RTM et les usagers de considérer que c’est un cadeau empoisonné. Après, oui, c’est un sujet éminemment complexe et difficile. Au vu de la situation financière de la Métropole, je ne vais pas vous dire que ça va aller comme sur des roulettes. Je considère que c’est un défi, j’ai pour habitude d’en relever. Le président de la Métropole et le maire de Marseille m’ont désignée pour être candidate à cette présidence, je le prends comme un compliment. Ils connaissent mon caractère, ma pugnacité. Je ne lâche rien, je vais au bout des choses. Je le prends comme une marque de reconnaissance de ma capacité à porter des sujets difficiles.

    La fracture nord-sud

    Léo Purguette : Faut-il voir un symbole dans le fait que vous êtes une élue des 15-16, un secteur qui souffre d’une desserte en transports en commun très insuffisante ?

    D’abord les 15-16, chers à mon cœur vous le savez, Jean-Marc Coppola en est le maire. C’est comme ça qu’on a souhaité travailler lui et moi, en complémentarité. C’est un territoire qui a effectivement beaucoup souffert d’un manque de transports pendant des décennies. On va essayer de rattraper tout cela. C’est important de le faire de manière collégiale et dans l’intérêt de tous les habitants. Les délégations que j’ai à la Ville de Marseille et la présidence de la RTM aideront.

    Didier Gesualdi : C’est l’acte II du Printemps marseillais. Pourquoi on devrait y croire et qu’est-ce qui va changer dans le quotidien des Marseillais ?

    Heureusement qu’on a le Printemps marseillais à la mairie et pas le Printemps de l’ombre du Rassemblement national. Excusez-moi d’être très heureuse que ce soit nous et pas le RN, quand on voit comment ses élus se sont comportés au conseil municipal de mercredi… Même sur des délibérations qui ne portent pas à débat. Ils disent être pour la sécurité et quand on finance une association comme l’Addap 13 pour faire de la prévention, ils ont voté contre, ont eu des propos diffamatoires… Je suis déjà bien contente que Marseille ne soit pas la risée et la honte de la France. Ici on résiste plus qu’ailleurs. Je ne sais pas ce qu’il se passera en 2027 mais Marseille doit être une terre de Résistance. Pour le reste, on va continuer ce qu’on a déjà entamé dans l’acte I sur les écoles, la rénovation urbaine, les équipements publics, les espaces verts… On n’a pas tout bien fait, tout fini, beaucoup reste à faire. Les Marseillais nous ont placés largement en tête, au-delà de nos espérances, pour nous y atteler.

    Marseille et la RTM

    Didier Gesualdi : La majorité marseillaise s’est longtemps plaint de ne pas avoir la main sur la RTM qui appartenait à Catherine Pila, cheffe de l’opposition. C’est un signe pour les Marseillais que vous preniez cette présidence ?

    La RTM n’appartenait pas à Mme Pila. Pas plus qu’elle ne m’appartient aujourd’hui. La RTM appartient aux habitants de la Métropole, nous sommes là pour la faire vivre et se développer. Le fait que ce soit moi qui porte cette question, personne ne peut douter de mon engagement pour les quartiers populaires de cette ville, oui c’est un signe. Par exemple, quand on dit qu’il faut renforcer les bus vers les plages, certes il faut le faire sur le Prado mais aussi à l’Estaque, à Corbières. Je considère qu’un Marseillais qui prend les transports en commun dans le Sud, dans le centre, dans l’Est ou dans le Nord de la ville doit être traité de la même manière. Je suis pour l’équité dans les transports à Marseille. On a la chance, à la RTM, d’avoir plus de 5 000 agents. Je pense qu’ils aiment vraiment leur boulot, leur boîte, c’est une chance qui n’est pas donnée à tout le monde. Ils sont dévoués à la cause des transports en commun, il faut leur donner cette fierté. J’ai eu des messages de tous les syndicats de la RTM et je les en remercie. Quand on devient présidente, c’est important d’être saluée par les syndicats qui sont conscients de la tâche qui nous attend. Ils mettent beaucoup d’espoir dans mon arrivée. C’est d’abord à eux que je veux m’adresser, au personnel et aussi aux femmes qui travaillent à la RTM. Elles ont fait le choix d’être dans des métiers exigeants, plutôt masculins, mais elles le portent tellement bien, de manière tellement élégante. Je veux leur dire qu’elles ont toute mon admiration et j’aimerais qu’il y en ait encore plus.

    Le métro fermé le soir

    Léo Purguette : Êtes-vous en capacité de nous dire aujourd’hui quand le métro va pouvoir reprendre en soirée avec des rames modernisées ?

    Je ne vais pas vous le dire aujourd’hui. On va d’abord commencer par une visite nocturne avec la presse pour que tout le monde comprenne de quoi on parle. On va regarder tout ce qu’il sera possible de faire. On m’explique qu’il y a des questions techniques liées aux travaux qui nécessitent d’interrompre le trafic mais il faut voir concrètement ce qu’il est possible de faire. Vous serez invités, vous les journalistes avec, je l’espère, le président de la Métropole et le maire de Marseille. On verra si on peut gratter une demi-heure, une heure, une heure et demie. Par ailleurs je fais faire un audit flash sur les finances mais aussi sur la partie recettes. La RTM n’est jamais allée chercher de l’argent. Il faudra sans doute qu’on aille chercher de l’argent là où il se trouve, on n’est pas plus idiots que les autres.

    Les finances de la Métropole

    Didier Gesualdi : Nicolas Isnard, le président de la Métropole, a annoncé des assises du financement des transports métropolitains en septembre. Vous avez déjà la pression ?

    Je n’ai pas de pression ! Vous savez, quand vous défendez une cause et que vous en êtes convaincu, vous n’avez pas de pression. J’ai entendu l’UPE 13 dire qu’elle était contre l’augmentation du versement mobilité… Les postures, ce n’est pas trop ma façon de fonctionner. Personne n’est propriétaire de rien, on est face à une situation qui nous dépasse tous. On peut mettre les clefs sous la porte, on dit « c’est fini il n’y a plus de transports à Marseille », et la première victime serait le monde économique. Je ne crois pas qu’il souhaite ça.

    Didier Gesualdi : L’augmentation du versement mobilité comme à Paris est une piste ?

    Entre 2% ici et 3,17% à Paris, il y a un peu de marge. Ça peut résoudre une grande partie des problèmes. Par contre, je comprends que l’UPE 13 dise « on veut des garanties sur les bus qui arrivent à l’heure, sur le développement des transports ». Mais vous savez, le projet tramway qui passe au niveau de la zone franche sur le littoral, c’était demandé par les entreprises. On va leur dire quoi ? « On ne fait pas le tramway parce que l’UPE 13 est contre le versement mobilité ?! » Je le dis : je suis pour que le versement mobilité soit revu à la hausse, il est nécessaire. Sans cela, nous ne pourrons pas continuer à assurer le minimum vital des transports pour les habitants.

    Léo Purguette : Le patronat défend ce qu’il croit être ses intérêts, mais ce n’est pas lui qui va décider. Avez-vous eu des contacts avec les représentants de l’État ? Est-il capable de prendre cette décision ?

    Je vais rencontrer le ministre des Transports ou son cabinet le plus rapidement possible. Je sais que le président de la Métropole, Nicolas Isnard, avec qui j’en ai parlé, a eu un échange très direct avec le Premier ministre notamment sur le versement mobilité. Je crois qu’aujourd’hui, il n’y a pas de porte fermée.

    Didier Gesualdi : Il a entendu sans s’engager…

    Vous savez, en politique, quand il n’y a pas de porte fermée, c’est déjà bon signe.

    Le tram des catalans

    Léo Purguette : Dans les prochains jours, des choix budgétaires devront être opérés. Le maire de Marseille a redit son opposition au tramway des Catalans. Est-ce que c’est un projet définitivement enterré ?

    Je ne fais pas de langue de bois mais je ne veux pas raconter de bêtises. Nous n’avons pas voté le budget de la Métropole, pas plus tard que mardi. Tous les projets vont être regardés et priorisés. Est-ce que le tram des Catalans est aujourd’hui une priorité ou non ? J’en discuterai avec le maire de Marseille. C’est quand même dans sa commune que ça se passe. Aujourd’hui la plupart des habitants ne veulent pas de ce tram. Moi je veux bien qu’on fasse du transport mais commençons par ceux qui le souhaitent plutôt que par ceux qui ne le veulent pas. Mais je laisserai le président de la Métropole et le maire de Marseille, en fonction du budget, dire ce qu’ils souhaitent. La RTM s’exécutera dans un sens comme dans l’autre.

    La gratuité

    Didier Gesualdi : Martine Vassal avait instauré la gratuité pour les enfants et les seniors. Il a aussi la gratuité totale du côté de l’ex-Pays d’Aubagne. Est-ce que c’est en danger dans la RTM que vous présidez ?

    Je disais que le monde économique demande des garanties, certains disent « on veut bien verser mais ce n’est pas pour que les élus en fassent de la gratuité au tout-venant ». Ça vous paraîtra bizarre, mais je peux l’entendre. Moi je suis plutôt pour une tarification sociale ce qui peut être la gratuité dans certains cas. J’entends certains seniors me dire, je gagne bien ma vie, « je peux me payer ma carte de bus, c’est indolore ». Il y a des familles de cadres, qui peuvent prendre en charge le transport de leur enfant. Après il y a eu des choix qui ont été faits dans certaines communes. Les gens qui habitent à Aix, Aubagne, La Ciotat, Martigues… viennent pour certains travailler à Marseille. Le but c’est que demain ils ne viennent plus en voiture. Toutes ces questions, il faut y réfléchir.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Christophe :

    Bonjour. Qu’en est-il du projet d’Arena sur le secteur Gèze que vous aviez annoncé précédemment ?

    Bonjour, je veux vous dire que le projet d’Arena, on est en train d’y travailler. Ça fait partie des grands projets structurants que je suis pour le maire de Marseille. Nous avons déjà ciblé un terrain qui se trouve à Capitaine Gèze. C’est un lieu stratégique au pied du tramway et du métro Capitaine Gèze. Les services sont en train d’y travailler parce que la question pour nous est de savoir si cette Arena doit être complètement publique ou alors semi-privée et semi-publique parce qu’il faut aussi le financer. Nous allons étudier toutes les pistes. Le travail commence sur ce projet d’Arena.

  • Marseille : 25, rue du Camas, l’adresse clé pour 18 logements sociaux

    Marseille : 25, rue du Camas, l’adresse clé pour 18 logements sociaux

    Préemptée il y a deux ans et demi par l’Établissement public foncier Paca et cédée pour la même somme de 950 000 euros à la Société française des habitations économiques (SFHE), la parcelle de 344m2 située à l’angle des rues du Camas et Jaubert (5e) va passer après deux décennies d’abandon de l’artisanat de la serrurerie à l’habitat social.

    Cette offre sociale clé en main est la bienvenue dans un arrondissement qui affiche le faible taux de 8,3% de logements locatifs sociaux (chiffre 2024) contre 21,8% en moyenne pour l’ensemble de la ville quand l’objectif légal est de 25%. « Le projet répond à un besoin identifié dans un secteur où l’offre de logements à prix abordable demeure insuffisante », a approuvé le service de l’urbanisme qui a délivré le permis de construire fin novembre dernier, ajoutant que ce projet « participe à la mise en œuvre des objectifs de la loi SRU et de la politique locale de l’habitat, en renforçant la mixité sociale au sein d’un arrondissement dense mais sous-doté en logement social ».

    Le rez-de-chaussée ouvert sur la rue est prévu pour accueillir un local commercial ou associatif. Les six niveaux supérieurs accueilleront 18 logements sociaux – six T2, sept T3 et cinq T4 – pour 1 455m2 de surface de plancher.

    Le lettrage « Serrurerie » conservé et restauré

    Sur la typologie des LLS, elle s’organise en 11 PLAI (destiné aux revenus les plus bas) et 8 PLUS (l’offre habituelle des organismes HLM). Le programme bénéficie d’un financement de l’État dans le cadre de la reconstitution de l’offre locative sociale Anru et de subventions de collectivités locales.

    L’intégration urbaine de l’immeuble dans l’identité architecturale du quartier doit se traduire notamment avec la pose de menuiseries en bois, des loggias et des balcons en saillies. Car le programme dessiné par l’agence marseillaise Will Architecture démolit le bâtiment existant, tout en conservant la façade de l’ancien atelier Arnoux de menuiserie métallique et de serrurerie (1988-2005), ce qui permet d’assurer une insertion cohérente dans le tissu urbain du quartier. Le lettrage « Serrurerie » en façade Sud est conservé et restauré pour témoigner de ce passé.

    Le 25 rue du Camas, ce fut aussi pour les nostalgiques qui l’ont connu l’adresse d’un squat de février 2017 jusqu’à l’expulsion en avril 2018. C’était l’antre du « Guépier », un « centre social autogéré » qui a donné à cette friche une destination culturelle et politique avec des fêtes, des repas de quartier, des ateliers d’échecs, des projections cinéma, des cours de danse, de dessin de théâtre, des ateliers de gravure et de sérigraphie, des résidences artistiques, etc.

    Pas de parking

    Une affichette apposée en façade du site par un riverain conteste la décision de la mairie d’avoir validé un permis « sans prévoir une seule place de parking » pour 18 logements, mais un local à vélo de 30 places au rez-de-chaussée.

    La Ville a en effet dérogé à l’obligation de créer 9 places de stationnement (0,5 place par logement normalement attendu) en estimant que la desserte en transports en commun était satisfaisante, le projet étant situé à moins de 500 mètres d’un arrêt de transport public régulier, le tramway et d’un arrêt de bus. Cette dérogation pour faire l’économie de creuser des parkings souterrains est contestée. Un recours a été déposé sur ce fondement, confirmait mardi l’entreprise d’habitat social.

  • [Entretien] Sylvain André : « La ruralité n’est pas une variable d’ajustement »

    [Entretien] Sylvain André : « La ruralité n’est pas une variable d’ajustement »

    La Marseillaise : Les arbitrages européens se discutent. De quoi parle-t-on ?

    Sylvain André : Les négociations du prochain Cadre financier pluriannuel de l’Union européenne sont en cours. Sur 2 000 milliards d’euros, une enveloppe de 865 milliards sera consacrée aux plans de partenariats nationaux et régionaux (PPNR) dont 81 milliards pour la France. Ce qui m’intéresse, c’est la répartition de ces fonds pour la ruralité sur la période 2028-2034.

    Quel est l’enjeu pour la ruralité gardoise ?

    S.A. : Le programme européen Leader est géré localement par les Groupes d’action locale (GAL) où siègent des privés et des élus [et peuvent apporter jusqu’à 4 euros européens pour 1 euro national, Ndlr]. Cela permet le financement de projets ruraux vertueux d’intérêt économique, touristique, solidaire tels que : une épicerie de village, un point multiservices (restaurant, relais Poste…), un festival du vivant (Cévennes), de l’artisanat, des jardins partagés, une halte randonneurs, des études sur des cépages anciens, un atelier de transformation de jus de pomme… Ce sont des projets très concrets pour les habitants. Or, nous sommes inquiets pour le fléchage des crédits, ce n’est pas bien clair pour les fonds Leader qui font partie du Feader.

    Dans le Feder, il y a aussi tout
    ce qui est lié à la forêt…

    S.A. : Tout à fait. Toute la filière forêt est déjà le parent pauvre et il pourrait y avoir des baisses de dotations. On parle du financement pour les pistes DFCI (voies de défense des forêts contre l’incendie), des dessertes, de la protection de la biodiversité (Natura 2000). La filière bois doit aussi être développée dans le Gard, notamment les Cévennes. Je ne veux pas que la ruralité soit la variable d’ajustement de leur politique ou pour financer les guerres.

    Qu’est-ce qui vous fait penser
    que les enveloppes pourraient baisser ?

    S.A. : Avant nous avions 14 programmes européens, désormais tout est regroupé dans un seul PPRL. On sait qu’il sera de 81 milliards pour la France dont 50 d’aides directes (notamment la politique agricole commune) et 5,6 de fonds climat. Les 25 restants du Feder, on ne sait pas où ils iront. Ça nous inquiète pour le programme Leader. En additionnant tous les programmes, on a du mal à retrouver nos petits. Je gère un village de 1 600 habitants, je ne suis pas un expert de la finance européenne. Je dis, attention à ne pas abandonner des programmes pertinents, à ne pas sacrifier la ruralité. Un premier fléchage devrait être donné en juin. Je vais en discuter avec la députée européenne Chloé Ridel (PS). J’ai interpellé les sénateurs Denis Bouad (PS), Laurent Burgoa (LR) et le ministre de la ruralité, Michel Fournier. Un mail de l’AMR30 informera les maires le 24 avril.

  • LGV : le PCF veut remettre l’État sur les rails

    LGV : le PCF veut remettre l’État sur les rails

    Bordeaux-Toulouse (2033) puis Montpellier-Perpignan (2040). Maintes fois retardés, les deux projets de Ligne à grande vitesse (LGV) sont censés être sur de bons rails depuis que la clé de financement a été trouvée (40% État, 40% collectivités et 20% Europe). Et pourtant…

    Depuis quelques mois, l’État traîne à ce point des pieds que les élus régionaux des groupes communistes, républicains et citoyen (CRC) d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine ont décidé conjointement de tirer le signal d’alarme mi-avril. « Le maillon faible c’est le ministère. L’État n’est pas au rendez-vous ! », s’inquiète Jean-Luc Gibelin (PCF).

    Le vice-président régional aux transports est formel : « Tout le monde a payé ses appels de fonds réguliers sauf l’État. » Ils concernent la ligne du Grand Sud-Ouest Bordeaux-Toulouse. Et s’ils ont pour l’heure été compensés par la trésorerie de la Région, la situation inquiète. D’autant que le Conseil d’orientation des infrastructures (COI), s’il confirme l’utilité de la ligne, a fait savoir que la participation de l’État sera « difficilement mobilisable » dans le contexte budgétaire actuel et dans ce calendrier jugé « irréaliste ».

    L’hypothèse d’un PPP rejetée

    Pour ne pas avoir à payer maintenant, Bercy commence à faire entendre la petite musique d’un Partenariat public privé (PPP) qui permettrait à l’État, suppléé par une multinationale (Vinci ou autre), de ne régler sa note qu’à la fin du marché. Hors de question, prévient Jean-Luc Gibelin dans la droite ligne de la position de la présidente occitane, Carole Delga (PS). « C’est de la cavalerie ! » Selon l’élu communiste, cette « vision court-termiste » aurait deux inconvénients majeurs. Le premier serait un surcoût du projet évalué à 7 milliards d’euros dont 4,5 pour l’entreprise qui entrerait au PPP. Car « il faudrait clore les 180 marchés déjà passés sur Bordeaux-Toulouse (autour de 70-80 pour Montpellier-Perpignan) ». Le second serait un retard d’au moins 2 ans.

    En ce qui concerne la ligne Montpellier-Perpignan, dont la concertation publique vient de débuter, pas encore de mauvais signaux mais les finances rabougries de l’État peuvent laisser craindre une logique identique le moment venu. « On est très mobilisés. Il n’est pas question de laisser faire, laisser penser qu’on pourrait peut-être faire autrement », prévient Jean-Luc Gibelin.

    Mardi 21 avril, une rencontre était prévue entre Carole Delga et le Premier ministre. Elle a été reportée pour un imprévu dans l’agenda de ce dernier sans que, pour l’heure, une autre date ne soit fixée. Après avoir voté un vœu en février, le Conseil régional d’Occitanie pourrait remettre les LGV à son prochain ordre du jour le 4 juin. Histoire de maintenir la pression.