Tag: Fifa

  • Le Mondial débute entre stars et tensions

    Le Mondial débute entre stars et tensions

    Cette Coupe du monde 2026 s’annonce comme celle de tous les records. Pour la première fois, la Coupe du monde est organisée conjointement par trois pays d’Amérique, qui s’apprêtent à accueillir le gratin du football mondial. États-Unis, Mexique et Canada sont les trois hôtes de cette 23e édition à rallonge du plus grand événement sportif planétaire (11 juin-19 juillet). Un tournoi XXL s’apprête à débuter, ce jeudi, avec pas moins de 48 nations représentées -pour le plus grand bonheur de la Fifa, financièrement parlant- et des matches disputés dans 16 villes, de Monterrey à Vancouver, en passant par Seattle, Kansas City et New York.

    Une compétition polémique depuis ses prémices, mais dont l’intérêt sportif reste intact. L’Espagne de Lamine Yamal est l’équipe la plus impressionnante de ces derniers mois, mais les favoris sont nombreux. La France (voir ci-contre), le Portugal et l’Argentine, championne en titre, seront redoutables. Les doutes s’accumulent autour du Brésil, de l’Allemagne et de l’Angleterre, avec une liste presque sans stars. Les deux meilleures nations africaines, Maroc et Sénégal, ont enfilé leur costume d’outsiders dans la quête du dernier carré.

    La Coupe du monde n’a pas encore commencé que les États-Unis reçoivent carton rouge sur carton rouge. La planète football a déjà trouvé sa première figure marquante du tournoi avec l’officiel somalien Omar Abdulkadir Artan. Désigné meilleur arbitre africain 2025, l’homme de 34 ans a été refoulé à son arrivée aux États-Unis après 11h d’interrogatoire et de rétention administrative, avant d’être renvoyé vers Istanbul. En cause : des documents jugés non conformes selon les services américains de protection des frontières. « J’avais les bons papiers et le bon visa. Malgré les circonstances, je garde une attitude positive », affirme l’arbitre. « La Fifa n’intervient pas dans les procédures d’immigration du pays hôte », se contente de déclarer l’instance organisatrice.

    Les États-Unis n’en sont pas à leur coup d’essai, avec des problèmes de visas observés pour des supporters, journalistes, sans parler des délégations, comme l’Iran ou l’Irak. Donald Trump a durci sa politique migratoire, avec une implication accrue de l’ICE, police de l’immigration, alimentant un climat d’inquiétude. De son côté, la Fifa s’efforce de se dédouaner de ces situations, malgré la proximité affichée entre son président, Gianni Infantino, et Donald Trump.

  • Le Mondial 2026 approche et les tensions géopolitiques persistent

    Le Mondial 2026 approche et les tensions géopolitiques persistent

    Lundi soir, la Fifa a annoncé qu’un arbitre somalien, Omar Abdulkadir Artan, refoulé par la police américaine des frontières samedi à son entrée à Miami (Floride) en provenance d’Istanbul, n’officierait finalement pas durant la Coupe du monde. Un premier gros couac pour la Fédération internationale, qui a expliqué dans un communiqué qu’elle « n’intervient pas dans les procédures d’immigration du pays hôte, y compris dans l’octroi des visas ».

    Omar Abdulkadir Artan disposait pourtant d’un visa en règle, selon un haut conseiller auprès du ministère de la Jeunesse et des Sports de la Somalie, dont les citoyens sont frappés d’une interdiction de voyage aux États-Unis par l’administration de Donald Trump.

    L’Irak a également connu des tracas administratifs à son arrivée aux États-Unis. Selon le Guardian, l’attaquant vedette des Lions de la Mésopotamie Aymen Hussein a été retenu près de sept heures samedi à l’aéroport de Chicago, tandis que le photographe officiel de la sélection, Talal Salah, s’est vu refuser l’entrée sur le territoire malgré un visa valide.

    Quant à l’Iran, il fait toujours l’objet d’une attention particulière, dans le contexte de la guerre déclenchée le 28 février par des attaques américano-israéliennes.

    Le flou règne toujours sur les conditions d’accès aux États-Unis de la Team Melli, qui a pris ses quartiers dimanche à Tijuana (Mexique) au lieu de Tucson (Arizona) comme initialement prévu, en raison du refus des autorités américaines de délivrer des visas de longue durée.

    Manifestations prévues

    à Mexico

    L’équipe iranienne doit disputer ses trois matches du premier tour aux États-Unis (Los Angeles et Seattle). Or, si les joueurs et l’encadrement ont bien reçu leurs visas, une quinzaine d’accompagnants n’ont pas obtenu le précieux sésame, dont le président de la fédération Mehdi Taj, qui a servi au sein des Gardiens de la révolution, une organisation considérée comme terroriste par Washington.

    En attendant, les regards sont tournés vers Mexico, où aura lieu jeudi le match d’ouverture de cette 23e édition, entre le Mexique et l’Afrique du Sud, au mythique stade Aztèque de Mexico.

    « Nous allons garantir (…) que la célébration de l’inauguration de la Coupe du monde se passe bien, dans la paix et la tranquillité », alors que des manifestations massives d’enseignants sont prévues dans la capitale, a déclaré lundi la présidente mexicaine Sheinbaum.

  • Le mirage d’une croissance économique portée par les Bleus

    Le mirage d’une croissance économique portée par les Bleus

    À chaque édition du Mondial, la Fédération internationale de football association (Fifa), les organisateurs et divers cabinets de conseil publient des études chiffrant les bénéfices attendus. En 2025, la Fifa et l’Organisation mondiale du commerce (OMC) avaient estimé la contribution du Mondial-2026 au produit intérieur brut (PIB) mondial à plus de 40 milliards de dollars. La France pourrait-elle en tirer profit ?

    Sur le papier, l’idée est séduisante, à l’heure où le moral des ménages flanche, où la consommation recule devant l’inflation et où la récession guette. « C’est une légende urbaine », balaye toutefois Luc Arrondel, économiste du sport au CNRS. « On sait maintenant avec le recul, que même l’accueil d’un événement sportif a très peu d’impact sur les économies des pays qui les organisent », souligne le chercheur, auteur de Foot business : Les Trente Glorieuses (Ed. Odile Jacob). Lors du premier sacre, à domicile, des Bleus en 1998, « l’Insee n’avait constaté qu’une très légère hausse de la confiance des ménages », dans un contexte économique déjà favorable, rappelle Hadrien Camatte, économiste pour Natixis. Un constat qui s’applique aux derniers grands rendez-vous sportifs français.

    Effets d’éviction

    Après les Jeux olympiques de Paris, la Cour des comptes avait estimé leur contribution à la croissance annuelle française en 2024 à 1,9 milliard d’euros, soit… 0,07 point du PIB. L’Euro-2016 de football en France avait, lui, généré 1,2 milliard d’euros de retombées économiques, selon une étude du Centre de droit et d’économie du sport (CDES), soit 0,05% du PIB français cette année-là. Alors, qu’espérer d’une compétition organisée entre les États-Unis, le Canada et le Mexique ? « Même si la France arrive en finale ou remporte la compétition, il est très difficile de dire qu’il y aura un impact sur le PIB », indique Hadrien Camatte. Après sa deuxième étoile, lors du Mondial-2018 en Russie, la confiance des ménages était restée quasi stable, rapporte une note de Natixis. Pourtant les bars bondés, les rayons de bières et pizzas surgelées dévalisés et les écrans plats XXL vendus par milliers alimentent la croyance collective. Toutes ces dépenses « restent concentrées sur certains secteurs et il y a des effets d’éviction assez importants », explique Hadrien Camatte. « Si vous êtes sorti un jeudi soir pour aller voir la Coupe du monde, peut-être que vous n’irez pas au restaurant le samedi soir.» Moteur historique de la croissance française, « la consommation représente 1 600 milliards d’euros, soit 54% du PIB », précise Anthony Morlet-Lavidalie, du cabinet à tendance libérale Rexecode. Difficile donc de « voir dans ces 1 600 milliards un effet Coupe du monde parce qu’on a eu un peu plus d’affluence sur les terrasses ».

    Achats plaisir

    Les effets restent néanmoins bien réels pour les habituels gagnants des événements sportifs, même si les nouvelles habitudes de consommation ont rebattu les cartes. « On a connu des Coupes du monde qui étaient capables de générer jusqu’à 200 000 ventes de télés » de plus qu’une année sans compétition, se souvient Laurent Darrieutort, responsable chez Fnac Darty. « Désormais, on est plutôt entre 80 000 et 120 000 », un affaissement compensé par le boom de la vidéoprojection, assure-t-il. Malgré un pouvoir d’achat en berne, « on est dans l’achat plaisir. Le taux d’équipement est de 96%. Donc, ils viennent pour acheter des écrans de bonne taille, on n’est pas très inquiet », affirme-t-il. Marché en plein essor depuis le Covid, la livraison de repas à domicile profite aussi de l’événement.

    Lors du dernier Mondial, en 2022, Uber Eats avait enregistré un volume moyen de commandes 11 fois supérieur sur la période en France. Une concurrence qui n’inquiète pas Frank Delvau, président de l’Umih Île-de-France, première organisation professionnelle de l’hôtellerie-restauration, car, dit-il, « les événements sportifs, ça amène toujours du monde, donc c’est plutôt une bonne chose ». Mais dans un contexte où le climat des affaires dans l’hôtellerie-restauration s’est nettement dégradé en mai, selon l’Insee, il n’est « même pas certain que l’effet Coupe du monde soit visible, ni significatif pour le secteur », estime Anthony Morlet-Lavidalie.

  • Mondial mexicain sur fond de contestation sociale

    Mondial mexicain sur fond de contestation sociale

    Ils réclament de meilleures conditions de travail ainsi qu’une réforme de leur système de retraite. Les enseignants mexicains, qui bénéficient d’une pension complète plafonnée à l’équivalent d’environ 850 euros, ont lancé une grève nationale et multiplient les actions dans les rues de la capitale à quelques jours du début de la Coupe du monde. Des cortèges de milliers de professeurs défilent aux quatre coins de Mexico, accentuant la pression sur le gouvernement. « C’est une bonne conjoncture. On croit qu’ils peuvent nous écouter un peu plus. On y croit ! Parce qu’on sait qu’avec ce genre d’événement, le gouvernement protège ses intérêts économiques », confie l’un des grévistes au média RFI.

    Un climat de tension à Mexico

    Mercredi, un groupe de manifestants a fait irruption au ministère de l’Éducation à Mexico, utilisant des lampadaires comme béliers lors d’une nouvelle journée de mobilisation. Des membres d’un groupe dissident du syndicat des enseignants, la Coordination nationale des travailleurs de l’éducation (CNTE), ont « vandalisé un poste de garde », « pénétré dans la cour » et « brisé les vitres du hall d’entrée », selon des sources au sein du ministère. « Ils cherchent à provoquer une répression à l’approche de la Coupe du monde », a déclaré la présidente Claudia Sheinbaum lors d’une conférence de presse. « Nous ne céderons pas à la provocation », a-t-elle ajouté. Le gouvernement mexicain a consacré au moins 3 milliards de dollars aux infrastructures liées à la Coupe du monde de football, qui débutera le 11 juin, tout en procédant depuis plusieurs années à des coupes budgétaires importantes dans l’éducation publique. Une hausse de 9% des salaires des enseignants, annoncée par la présidente en mai, n’a pas suffi à apaiser les tensions. « À qui va profiter la Coupe du monde ? Aux grands patrons et aux banquiers ! Comment est-ce possible qu’il y ait autant d’argent pour eux, tandis que nous et nos enfants devenons toujours plus précaires ? », s’interroge une enseignante en colère.