Tag: feux de forêt

  • Les grosses ficelles du maire de Bandol pour s’extraire de ses obligations légales

    Les grosses ficelles du maire de Bandol pour s’extraire de ses obligations légales

    Depuis plus de 25 ans, la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU) impose à de nombreuses communes de disposer d’un minimum de 20 à 25% de logements sociaux afin de favoriser la mixité sociale et de répondre à la pénurie d’offres locatives abordables et dignes. Une obligation atteinte par une seule collectivité dans le Var (La Garde) sur les 44 concernées. Or, si à l’instar de Toulon certaines font montre de bonne volonté, s’évertuant à trouver des solutions malgré un foncier qui se fait rare, d’autres ne savent plus quoi inventer pour se soustraire à leurs obligations. Telle la ville de Bandol qui fait preuve d’originalité en mettant en avant la nécessité d’une bien opportune prévention des risques, incendies entre autres.

    De bien grosses ficelles qui font s’étrangler le militant logement Jean-Paul Jambon. Ce dernier dénonce ici la manœuvre qui vise à démontrer que plus de 51% de la surface communale est en risque important de feux de forêts ; mais aussi que la présence de la ligne SNCF par laquelle transitent selon l’édile de fréquents transports de matières dangereuses devrait permettre de classer une partie de la commune en site Seveso pour risque d’accidents majeurs.

    Pour ce qui est des chiffres, bien concrets, eux, rappelons que la collectivité atteignait péniblement les 8,69% de logement social en 2024 et que 360 familles bandolaises sont toujours en demande d’attribution.

    360 familles en attente

    de logements sociaux

    Un stratagème qui pourrait, en plus d’être dommageable pour les plus modestes, venir ternir aussi l’image même de la cité balnéaire. « Qui viendra habiter ou passer ses vacances dans une commune présentant de tels risques ? », interroge Jean-Paul Jambon, en rappelant les obligations d’informer les acquéreurs lors d’une transaction avec un risque évident de perte de valeurs pour les maisons construites dans les collines, ou les logements bordant la voie ferrée. Avec en parallèle aussi une augmentation des primes d’assurances découlant de la nouvelle situation. Ce qui aurait pour conséquence de heurter « la sensibilité » même d’un électorat pourtant de prime abord, par dogmatisme ou (et) égoïsme, hostile aux logements sociaux auquel le maire semble vouloir répondre.

    Un projet qui a peu de chances d’aboutir mais qui donne l’occasion de pointer le risque majeur, bien réel celui-ci, pour Bandol qui est de se voir appliquer des majorations pouvant aller jusqu’à 500% à cause du manque manifeste de volontarisme. Le militant logement va plus loin dans le raisonnement et pose que « si le souci premier est la protection des biens et des personnes, les incendies actuels dans le Var obligeant à réfléchir à l’urbanisme, le principe de précaution voudrait donc qu’à Bandol plus aucun permis de construire ne soit accordé du fait du risque d’exposition aux incendies ou de la dangerosité liée aux transports de produits dangereux ».

    Pas sûr que cela fasse les affaires de tout le monde.

  • Forte mobilisation pour contenir l’incendie du Gros Bessillon ce week-end, 1850 hectares parcourus depuis vendredi

    Forte mobilisation pour contenir l’incendie du Gros Bessillon ce week-end, 1850 hectares parcourus depuis vendredi

    Le feu n’est pas encore fixé, mais la situation s’améliore dans le massif du Gros Bessillon. Après une journée cataclysmique vendredi, durant laquelle 1 000 hectares ont été parcourus en quelques heures suite à une reprise du feu au sud-est de Correns, le travail des 1 500 sapeurs-pompiers a permis de limiter sa progression. Notamment grâce aux 675 largages effectués par les canadairs, avions Dash et hélicoptères bombardiers d’eau, dont 450 samedi, « un record », précisait le préfet du Var, Simon Babre. Des brûlages tactiques ont aussi été opérés pour éviter de donner du combustible à l’incendie. L’objectif principal : sécuriser les points chauds et éviter toute potentielle reprise. Deux ont eu lieu dimanche en début d’après-midi mais ont été rapidement traitées, offrant une fin de journée plus calme.

    Un travail dans la continuité de celui mené samedi, journée durant laquelle le principal combat a peut-être été gagné, a minima de manière provisoire. Après une nuit de vendredi durant laquelle les sapeurs-pompiers avaient déjà procédé à des brûlages tactiques, l’après-midi était particulièrement redoutée avec un mistral et une chaleur intenses. Ce qui laissait craindre que le feu au sud de Correns ne franchisse une nouvelle vallée, et ne rejoigne un autre massif, ce qui aurait menacé les communes de Montfort, le Val, Vins-sur-Caramy et 3 000 à 4 000 hectares supplémentaires. Et déjà, la sécurisation des points chauds avait été fructueuse.

    Nouvelle journée à risque lundi

    Dimanche soir, le bilan était de 1 850 hectares parcourus. Au vu de l’accalmie, l’ensemble des mesures d’évacuation et de confinement avaient été levées, et les axes routiers rétablis. « Mais de nouvelles mesures pourraient être prises », prévient le préfet.

    Car lundi, ce dernier craint une nouvelle journée périlleuse, avec « un fort vent de sud-est et des rafales à 50 km/h ». « Les 1 500 pompiers mobilisés restent sur place », ajoute le directeur du Sdis 83 Eric Grohin. Par ailleurs, la gendarmerie a mené « une action forte en matière de sécurité », précise Simon Babre, avec plus de 500 contrôles effectués quant au transport, interdit jusqu’à ce lundi, de dispositifs allume-feu, tandis qu’une mise à feu volontaire, rapidement contrôlée, a été déplorée du côté du Muy.

  • Au centre d’hébergement de Lorgues, la solidarité pour réchauffer le cœur des évacués de l’incendie du Gros Bessillon

    Au centre d’hébergement de Lorgues, la solidarité pour réchauffer le cœur des évacués de l’incendie du Gros Bessillon

    Samedi, midi et demi. L’heure du repas au centre d’hébergement de la salle François Mitterrand de Lorgues, où étaient accueillies jusqu’à 90 personnes évacuées en provenance du Val, de Montfort-sur-Argens et de Carcès, entre vendredi et dimanche. Dans les assiettes, taboulé fait maison, gigot d’agneau et boulettes de bœuf. Et surtout, une bonne dose de réconfort pour celles et ceux dont le quotidien a à nouveau été bouleversé par la reprise de l’incendie du Gros Bessillon vendredi. « À Carcès, on avait été très bien accueillis mais on n’avait eu que des sandwichs, là c’est un vrai bon repas » saluent Jacqueline et Frédéric, couple de retraités vivant à Montfort, dont c’est la deuxième évacuation. Ils passent la journée au centre, mais dorment dans un studio généreusement mis à disposition par une habitante de Lorgues, au vu de leur santé fragile.

    Un élan de solidarité dont ils n’ont pas été les seuls à profiter. À leur table, Alexis, lui aussi résident de Montfort, a été contraint d’évacuer dans la précipitation, hâté par les cris des gendarmes venus sommer la population de plier bagage vendredi après-midi. « Je ne voulais pas partir, je suis resté dans le secteur, mais j’ai fini par ne pas avoir le choix », avoue-t-il, encore marqué par la vision « de la colline de Montfort dévorée par les flammes ». Toutefois, s’il n’a pas dormi de la nuit, c’est moins par inquiétude que pour l’avoir passée à discuter avec un élu lorguais, venu tenir compagnie aux évacués. « Je retiens davantage le merveilleux accueil qu’on a reçu que la peur du feu », s’émeut-il. À ses côtés, Maryline, sa voisine, qu’il a embarqué avec lui au moment de fuir. Tous deux ont tout juste eu le temps de préparer quelques bricoles et de prendre leurs animaux de compagnie sous le bras. « Ce matin, un bénévole m’a amené des affaires de rechange et d’hygiène », explique-t-elle. « J’avais oublié ma brosse à dents, et sans rien demander, on m’en a ramené une avec du dentifrice dans l’heure », ajoute Alexis, reconnaissant au point de vouloir emménager dans la commune dans les prochains mois.

    « C’est la Provence noire, plus la Provence verte »

    Rien de plus naturel pour celles et ceux qui donnent de leur temps. C’est déjà la deuxième fois en l’espace de quelques jours, « et jamais deux sans trois », plaisante Jean-Louis, l’un d’entre eux, sous les protestations des autres, qui aimeraient voir la situation se calmer. Parmi eux, Pouranne Weise, conseillère municipale. Arrivée à Lorgues il y a quelques années, elle a décidé de s’y engager pour « l’esprit des habitants. Les gens sont très accueillants, à l’écoute des autres. » Illustration : au-delà des vivres et des vêtements, fruits de dons de particuliers, et de dotations du Secours Populaire, de la préfecture et de la mairie, une habitante, psychologue à la retraite, est venue écouter ceux qui en avaient besoin samedi matin.

    Malgré tout, l’inquiétude reste dans un coin des têtes. « On va peut-être revenir dans une commune qu’on ne connaît pas », se prépare déjà Alexis. Verdict le soir-même, puisque les habitants de Montfort ont pu regagner leurs habitations au vue de l’évolution positive de la situation, le cœur du village ayant été épargné. La question de l’origine du feu revient aussi, forcément. « J’en suis persuadée, c’est prémédité », n’en démord pas Jacqueline, contrariée par « un sentiment d’impuissance » et qui imagine même « un complot d’État » comme explication à ces incendies intempestifs. Maryline, elle, redoute « des actes terroristes avec tous ces départs de feu simultanés. Quand on a annoncé l’incendie fixé, je pensais que c’était fini. J’ai l’impression d’être dans un film d’horreur ». Quoi qu’il en soit, elle sera désormais intransigeante : « Si je vois quelqu’un jeter son mégot, je n’hésiterai plus à appeler la police », assure-t-elle, dépitée par le coût de l’irresponsabilité, qui change « la Provence verte en Provence noire ».

  • Var : 1800 hectares parcourus par le feu depuis vendredi mais le pire évité dans le Gros Bessillon

    Var : 1800 hectares parcourus par le feu depuis vendredi mais le pire évité dans le Gros Bessillon

    Samedi soir, Simon Babre, le préfet du Var, ne boudait pas sa satisfaction, qualifiant de « véritable exploit » la capacité des sapeurs-pompiers à contenir la progression de l’incendie du massif du Gros Bessillon, qui a connu une reprise vendredi en début d’après-midi à l’ouest de la commune de Correns, parcourant 1000 hectares en quelques heures. Car leur mobilisation au nord de la commune du Val a permis d’éviter que le feu « ne franchisse de nouvelles vallées et ne rejoigne un autre massif boisé, ce qui l’aurait conduit a épouser le couloir de feu du grand incendie de 1965, menaçant 3 à 4000 hectares supplémentaires. »

    Durant la nuit de vendredi à samedi, 1300 sapeurs-pompiers s’étaient échinés à défendre les secteurs les plus exposés à Correns et Montfort-sur-Argens, les deux communes les plus menacées, et à freiner la progression de l’incendie. 250 hectares supplémentaires avaient néanmoins été parcourus au matin, dont une partie sous l’effet de brûlages tactiques pour éviter que l’incendie ne s’étende plus tard, avant une après-midi particulièrement redoutée pour la chaleur annoncée et la violence du mistral. 1500 sapeurs pompiers étaient ainsi mobilisés, avec 4 Canadairs ; 2 avions Dash et 5 hélicoptères bombardiers d’eau (2 du Conseil départemental, 2 européens, 1 du ministère des Armées).

    « La stratégie fixée hier soir, qui a été respectée toute la nuit, de traiter les points sensibles, de rouvrir la route vers Correns et de mettre en place un verrou avec de nombreux sapeurs-pompiers au sol pour éviter que les massifs qui avaient déjà été parcourus par les flammes ne communiquent avec un autre massif qui menacerait trois communes plus au sud du feu actuel [Montfort, le Val, Vins-sur-Caramy, NDLR], reste d’actualité », annonçait le préfet en début d’après-midi. Sept nouvelles habitations ont néanmoins été touchées par les flammes.

    1800 hectares parcourus, focus sur le nord du massif dimanche

    La lutte aura une nouvelle fois été intense, et plusieurs centaines d’habitants du Val ont dû être évacués en direction de Brignoles en milieu d’après-midi. La population de Correns a également été accompagnée. Une livraison de 450 repas, fournis par le Conseil départemental du Var, a pu être effectuée, l’axe routier avec le village ayant été rétabli, afin de répondre aux besoins des personnes mobilisées et des habitants concernés. Par ailleurs, une citerne d’une capacité de 30 m³ a été mise à disposition par l’Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) afin de renforcer les moyens nécessaires sur le secteur. Enfin, 15 000 masques ont été acheminés grâce à l’appui de l’Agence régionale de santé (ARS) et du Centre hospitalier intercommunal Toulon-La Seyne (CHITS) afin de renforcer les moyens de protection disponibles pour la population et, si nécessaire, pour les services de sécurité et de secours engagés dans les opérations.

    Le soir, les dégâts avaient ainsi été limités, « grâce à 450 largages, ce qui est un record, et un chiffre qui explique pourquoi le feu, qui n’est pas du tout fixé ce soir, est stabilisé », annonçait le préfet, qui faisait part d’un bilan de 1800 hectares parcourus depuis vendredi, pour un total de 6300, et un feu contenu dans son enveloppe. « C’est une bataille remportée ce soir mais pas la fin de la guerre », mettait-il en garde, appelant à la « prudence car le vent tournant et vérité d’un soir n’est pas celle du lendemain matin. »

    Car ce dimanche, ce « feu toupie » va une nouvelle fois changer de direction, sous l’influence d’un vent du sud, après deux jours de mistral. « L’objectif sera de traiter le nord du brasier ce soir pour éviter que le feu ne menace de nouvelles étendues au nord du Gros Bessillon là où feu a commencé il y a douze jours », concluait Simon Babre, au terme d’une nouvelle journée éprouvante, qui ne sera certainement pas la dernière.

    La bonne nouvelle de la soirée : les habitants de Montfort ont été autorisés à rentrer chez eux, et les mesures de confinement du village et de Correns ont également été levées.

  • Le feu reprend à l’ouest de Correns dans le Var

    Le feu reprend à l’ouest de Correns dans le Var

    Le feu n’est pas encore maîtrisé et la prudence reste de mise. La mise en garde des autorités, au moment d’annoncer que l’incendie du massif du Gros Bessillon était fixé, mardi en fin de journée, alors que 4 500 hectares avaient été parcourus par les flammes, s’est révélée plus qu’un simple principe de précaution.

    Une reprise du feu a effectivement eu lieu, vendredi après-midi, peu avant 14h, à l’ouest de la commune de Correns, « attisée par un Mistral violent, avec des sautes de feu en direction de Montfort-sur-Argens », annonçait la préfecture du Var. « Nous avions anticipé une journée à risque avec un mistral menaçant et des rafales à près de 40 km/h, la sécheresse et des températures caniculaires, avoisinant les 40 degrés », déclarait le préfet du Var, Simon Babre, lors d’un point presse en début de soirée.

    Un avion avait ainsi été déployé « en guet aérien armé, pour survoler le Var en permanence et détecter toute fumée suspecte afin de pouvoir rapidement agir avec du retardant et de l’eau », précisait-il. C’est ce dispositif qui a permis de repérer la reprise.

    Les accès coupés

    Deux Canadair étaient restés prépositionnés à l’aéroport de Hyères et ont pu être mobilisés rapidement, aux côtés 250 sapeurs-pompiers et 4 hélicoptères bombardiers d’eau. Des moyens vite renforcés (700 pompiers, 6 hélicoptères bombardiers d’eau, 8 Canadair, 2 avions Dash, 40 gendarmes), en plus des forces disposées sur l’autre flanc du feu, plus au nord, en passe d’être maîtrisé.

    Le camping du Grand Jardin, à Correns, et plusieurs quartiers de Montfort-sur-Argens ont été évacués en début d’après-midi. Mais face à la progression de l’incendie, sous l’effet d’un vent qui ne cessait de changer de direction, d’autres quartiers de Montfort, de Correns, du Val, ainsi que l’ensemble du village de Châteauvert ont été évacués, soit un total de 2 500 personnes. Plusieurs axes routiers ont aussi été fermés pour faciliter la circulation des pompiers.

    L’incendie a parcouru 1 000 hectares, en plus des 4 500 déjà parcourus depuis le début de l’incendie, portant le total à 5 500. Correns s’est retrouvé « complètement isolé, l’incendie ayant dévalé les pentes, coupant tout accès au village », ajoutait le préfet, qui considérait toutefois la situation comme « rassurante », les axes routiers étant en voie de rétablissement.

    « On est maintenant sur la défense de points sensibles et quand la situation sera stabilisée, on essaiera de regagner le feu, en remettant des engins autour du périmètre pour le tenir », détaillait le directeur départemental du Sdis 83, éric Grohin, qui annonçait une accalmie du vent et une hausse de l’humidité, favorables à cette entreprise. Avant un retour de conditions défavorables ce samedi, entre vent, chaleur et sécheresse. Un arrêté préfectoral a été pris pour interdire le transport de carburant et de briquets de type allume-gaz sur tout le département, de vendredi à lundi, 8h. L’accès à tous les massifs forestiers du Var est interdit ce samedi.

  • Occitanie, préparer la sécurité civile de demain

    Occitanie, préparer la sécurité civile de demain

    Face à des incendies plus fréquents, plus violents et qui s’étendent désormais bien au-delà du pourtour méditerranéen, la France doit revoir en profondeur sa stratégie de sécurité civile. C’est le constat dressé par les députés Sophie Pantel (PS) et Damien Maudet (LFI), co-auteurs d’un rapport parlementaire consacré aux moyens aériens de la sécurité civile. Au-delà du renouvellement des bombardiers d’eau, les deux parlementaires plaident pour une planification de long terme, un renforcement des moyens des services de secours, une loi d’investissement pluriannuel et une meilleure anticipation des conséquences du dérèglement climatique.

    « On voit bien aujourd’hui, avec ce qu’il se passe en Gironde, qu’on a une accélération et que c’est l’ensemble du territoire national qui est ou qui va être concerné. Donc il faut se préparer à ces conséquences liées au changement climatique pour pouvoir faire face et avoir des moyens de lutte qui permettent, en cas de feux multiples, de pouvoir répondre partout aux besoins », précise Sophie Pantel, pour qui cette évolution justifie une révision complète de la politique de sécurité civile.

    La nécessité

    de fixer un cap

    Pour la députée, le principal enjeu ne se résume pas à une question budgétaire. C’est avant tout l’absence de vision d’ensemble qui freine l’adaptation du pays. « Avec mon collègue Damien Maudet, on avait demandé, dans l’intérêt de l’État, d’avoir un document transversal de l’ensemble des crédits affectés à la sécurité civile. » Ce document permettrait d’offrir une vision globale, jugée indispensable pour définir une stratégie. Une stratégie qui, selon les auteurs du rapport, passe par une réforme plus large de la sécurité civile, bien au-delà du seul renouvellement de la flotte aérienne. « Il faut vraiment avoir, d’une part une loi de modernisation ambitieuse pour la sécurité civile, qui va traiter évidemment de la question des feux, mais qui va surtout s’intéresser au volontariat, qui va donner des axes sur la diversification des choix à faire dans l’investissement, qui peut apporter un nouveau pacte capacitaire », précise-t-elle.

    Face à des catastrophes appelées à se multiplier, la députée socialiste estime qu’il faut développer une véritable culture du risque au sein de la population, pour permettre notamment, sur chaque commune, d’avoir des réserves communales de sécurité civile. Si la prévention et la résilience constituent un premier pilier de cette réforme, les moyens matériels restent tout aussi essentiels. Pour les auteurs du rapport, l’enjeu est désormais de trouver un équilibre entre coopération européenne et maintien d’une capacité nationale. « Il faut évidemment une flotte nationale souveraine. Il faut s’inscrire dans le cadre du programme RescEU dans la solidarité européenne, mais on ne peut pas se contenter uniquement de la solidarité européenne », estime Sophie Pantel. Selon elle, cet équilibre passe aussi par un soutien renforcé aux industriels français afin de garantir, à terme, une autonomie durable face à des crises appelées à se multiplier.
    Il ne s’agit donc plus seulement de renforcer les moyens existants, mais de repenser en profondeur la sécurité civile afin de répondre à des risques appelés à s’intensifier sous l’effet du dérèglement climatique, des feux de forêts en passant par les risques d’inondation plus accrues.

  • [Entretien] colonel Sébastien Paletti : « Le Sdis 30 est organisé pour faire face aux risques »

    [Entretien] colonel Sébastien Paletti : « Le Sdis 30 est organisé pour faire face aux risques »

    Le département du Gard est particulièrement exposé aux risques de feux de forêt. Le colonel Sébastien Paletti revient sur la situation actuelle et les évolutions à prévoir pour faire face à la situation.

    La Marseillaise : Vous êtes né dans le Gard et vous y avez déjà effectué une partie importante de votre carrière. Que représente pour vous ce retour à la tête du Sdis 30 ?

    Sébastien Paletti : C’est beaucoup d’honneur, beaucoup de sens et beaucoup de plaisir puisque, comme vous le dites, je suis gardois de naissance et d’origine. J’avais commencé dans un premier temps mon parcours professionnel dans le Rhône et j’ai eu l’opportunité en 2002 de revenir dans le département du Gard au sein duquel j’ai servi pendant 16 ans. C’est un territoire que je connais. Pendant 8 ans, j’ai été amené à occuper d’autres fonctions : j’ai été directeur adjoint du Sdis de Haute-Savoie et j’ai occupé deux fonctions au sein du ministère de l’Intérieur, une de chef de bureau au sein d’un des services de la direction générale de la sécurité civile et puis dernièrement conseiller sécurité civile du ministère de l’Intérieur. Le fait de devenir directeur département de Sdis était un rêve et le faire dans le département qui m’est sans doute le plus cher, c’est très fort en termes d’engagement et de responsabilité.

    Vous revenez dans un département particulièrement exposé aux risques naturels, notamment les incendies de forêt. Quel diagnostic vous faites aujourd’hui de la situation du Gard face à ces nouveaux risques ?

    S.P. : Le département du Gard est un des départements de la façade méditerranéenne les plus exposés aux risques feux de forêt. Le département a construit un partenariat interservices depuis de nombreuses années, piloté par le préfet du Gard, en lien avec le département, la direction départementale des territoires et de la mer, l’ONF, la gendarmerie nationale. Ces partenaires travaillent de concert avec les collectivités locales, en particulier les maires ruraux, pour continuer à préparer le territoire à l’évolution du risque, à travers la défense de la forêt contre l’incendie, l’adaptation des massifs. J’ai constaté que ce partenariat était fort et nous permettait de se préparer au mieux à l’évolution du risque. Concernant le Sdis en tant que tel, il a au cours des dernières années, du fait des investissements, de la gouvernance et de l’appui du département du Gard, significativement renforcer ses moyens en investissant, en louant deux hélicoptères bombardiers d’eau et en renforçant les effectifs de permanence dédiés à la lutte contre les feux de forêt l’été. Donc le Sdis 30 est organisé pour faire face, avec beaucoup d’humilité, à ce risque-là et va devoir continuer à s’adapter.

    Les sapeurs-pompiers alertent régulièrement sur la tension entre l’augmentation des interventions et les moyens disponibles. Vous pensez qu’aujourd’hui le Sdis 30 dispose des ressources nécessaires pour répondre aux besoins du territoire ?

    S.P. : Aujourd’hui le Sdis répond aux besoins du territoire et a su s’adapter, mais il va devoir continuer à s’adapter. Le Sdis c’est 2 700 sapeurs-pompiers dont 730 pompiers professionnels et un peu plus de 2 000 volontaires qui sont mobilisés au quotidien. En matière de feux de forêt, il est important de noter que depuis le début de l’été, nous avons lutté contre plus de 500 feux de végétation, ce qui correspond à environ une dizaine de feux de végétation par jour et ces feux ont détruit à cette date 836 hectares de végétation. Nous avons dû faire face, en raison de risques importants, à plusieurs jours où nous avons lutté contre plus de 30 feux de végétation. Une des forces de la stratégie nationale de lutte contre les feux de forêt est fondée sur l’attaque des feux naissants, plus de 90% des feux de végétation contre lesquels nous luttons parcourent moins d’un hectare et sont traités avec un nombre minimum de moyens, parce que nous pré-positionnons des moyens au plus près du risque, nous avons des hélicoptères bombardiers d’eau qui sont engagés au plus tôt. Tout ça correspond à la mise en œuvre de la stratégie nationale qui, malgré le contexte de la saison feux de forêt que nous vivons, le niveau de risque et la sécheresse historique, porte ses fruits et doit être consolidée.

    Au vu de l’évolution des feux de forêt, de leur fréquence et de leur ardeur, pensez-vous que le Gard va devoir adapter ce modèle de lutte contre les incendies ?

    S.P. : Je pense que notre modèle de lutte contre les feux de forêt, qui est donc fondé sur l’attaque du feu naissant, la solidarité interdépartementale, la complémentarité entre les moyens aériens, les moyens terrestres, la complémentarité entre les moyens nationaux et les moyens locaux, a fait sens et est un modèle qui fonctionne bien. Au-delà des moyens, la vraie question, c’est l’aménagement du territoire : nous devons aménager nos territoires et les rendre plus résilients aux risques de forêt à travers des politiques de défense de la forêt contre l’incendie, à travers des moyens préventifs qui viseront à mieux protéger le territoire, à mieux protéger les citoyens et à faciliter l’action des secours. C’est ça le vrai enjeu des prochaines années.

    Le volontariat semble être une question centrale pour de nombreux Sdis. Comment se porte le Sdis 30 à ce niveau-là ?

    S.P. : Le volontariat est capital pour notre réponse opérationnelle, en complémentarité avec nos effectifs sapeurs-pompiers professionnels. Notre objectif est de faire en sorte que les engagements citoyens de nos sapeurs-pompiers volontaires soient le plus équilibrés possible, pour leur permettre d’être engagés le plus longtemps possible. Le sujet de la fidélisation, c’est le sujet de l’assouplissement, de tout ce qu’on peut mettre en œuvre de façon à ce que les pompiers volontaires souhaitent et soient en mesure de s’engager le plus longtemps possible. Toutes nos ressources sont indispensables aujourd’hui. Quand par exemple, sur le feu en Gironde, près de 3 000 pompiers sont engagés, cette capacité à mobiliser les ressources est liée à une complémentarité entre les professionnels et les volontaires. On travaille donc avec les entreprises et avec les collectivités pour faciliter les conventions, pour faciliter la mise à disposition. Ici comme ailleurs, nous avons besoin de nos pompiers volontaires pour répondre aux attentes de la population.

  • À Brignoles, un feu rapidement fixé et maîtrisé, mais des habitants en colère

    À Brignoles, un feu rapidement fixé et maîtrisé, mais des habitants en colère

    On a bien cru à l’éternel recommencement, à une rengaine cauchemardesque qui pousse, depuis douze jours, les sapeurs-pompiers du Var, ainsi que ceux venus leur prêter main-forte, au bord de l’épuisement. L’incendie des Arcs-sur-Argens et de Taradeau tout juste fixé, le 21 juillet, après avoir parcouru 200 hectares en deux jours, qu’il fallait déjà lutter contre un feu d’une ampleur bien supérieure dans le massif du Gros Bessillon. Rebelote mercredi : alors que les soldats du feu étaient parvenus, la veille, à fixer l’incendie qui aura ravagé 4 500 hectares et détruit 33 maisons en une semaine, c’était du côté de Brignoles – qui avait déjà subi plusieurs départs de feu rapidement maîtrisés ces derniers jours – que les flammes se déclaraient, à 16h45, dans la forêt bordant la RD12, en direction de Camps-la-Source.

    Les flammes ont rapidement gagné du terrain, avec près de 100 hectares parcourus en trois heures, poussant les autorités à évacuer 650 personnes dans plusieurs quartiers de la commune. Mais cette fois, aucun scénario catastrophe : vers minuit, l’incendie était déclaré fixé, puis maîtrisé à 3hdu matin, après avoir parcouru 130 hectares. Cela, grâce aux moyens aériens importants rapidement déployés (3 Canadair, 7 hélicoptères bombardiers d’eau et 2 avions Dash) en fin d’après-midi, ainsi que la mobilisation des 270 sapeurs-pompiers avec leurs 70 engins, qui ont continué de s’employer la nuit tombée. Mais aussi à la faveur de conditions « favorables car l’humidité a été très élevée », expliquait au matin le maire de Brignoles, Didier Brémond. Une situation bien différente de celle du Gros Bessillon, où les éléments n’ont, au contraire, rendu que plus difficile la maîtrise du feu.

    70% des incendies sont criminels

    L’édile, à l’instar des pompiers mobilisés, se méfiait cependant de la reprise des vents dans l’après-midi. Cela n’a pas empêché l’ensemble des personnes évacuées de regagner leur domicile dans la matinée de jeudi, malgré l’odeur de fumée encore bien présente dans certains secteurs.

    Habitants du quartier de Tombarel, au pied de l’incendie, Aurélie et ses deux enfants se sont réfugiés dans la précipitation chez leur famille à Varages, après avoir reçu une alerte sur leur téléphone : « On observait la fumée arriver, on ne voyait plus rien. On a pris ce qui nous passait sous la main. On a aussi pris le chat. Mon mari est resté jusqu’à 21h avec les voisins pour arroser les champs à côté en prévention. » Il a aussi fallu gérer le stress des enfants : « Ma fille pleurait, mon fils, qui a un trouble autistique, était très focalisé, c’est lui qui a vu la fumée en premier. » Jeudi matin, au-delà du soulagement, il y avait aussi « de la colère, car on se doute que c’est un acte criminel. Cela fait deux fois que ça arrive au même endroit, ça paraît très suspect. On ne comprend pas, des vies sont mises en danger, on va garder la colline devant nous toute noire ». Didier Brémond partage cette conviction : « Je pense que tous ces feux ne sont pas des accidents et j’espère qu’il y aura des sanctions fortes, c’est inadmissible. » Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a affirmé que 70% des incendies étaient intentionnels, 263 personnes ayant été interpellées en France depuis le 28 juin, dont plusieurs dans le Var. Un homme de 39 ans, reconnu coupable d’avoir volontairement provoqué un incendie à Ollioules, a été condamné à un an de prison par le tribunal correctionnel de Toulon, mercredi.

    Même constat pour Gabsi, sa voisine, hébergée, avec ses deux enfants, chez des amis : « Souvent, c’est volontaire et c’est dommage que des personnes mettent en danger la vie des habitants. » Elle tient à louer l’activité des pompiers, dont « le travail n’est pas assez reconnu, ils risquent leur vie pour les nôtres ». Marquée par « l’ambiance pesante entre la fumée, les avions, les hélicoptères, ce qui ne nous était jamais arrivé », elle gardait ses « valises prêtes, car avec le vent prévu cet après-midi, on se tient prêt à reévacuer ».

    Habitante du quartier des Agasses, situé en contrebas de l’incendie, depuis 45 ans, Christiane a vu les panaches de fumée de près. « Très perturbée » après son évacuation précipitée par la police, accueillie chez son fils, elle n’a rien pu avaler jusqu’à jeudi midi. Si elle reconnaît que « les pompiers font ce qu’ils peuvent avec leurs moyens », elle pointe du doigt les services techniques municipaux et ce qu’elle considère comme un manque d’entretien des espaces végétalisés : « Il y a des herbes et des arbres très secs. On ne nettoie plus nos forêts et les bords de routes. Mon voisin s’est battu avec la mairie pour que le champ d’à côté soit fauché. Et on nous dit d’entretenir nos parcelles… » Elle peine à se contenir : « J’ai 80 ans, je n’ai rien à perdre. Si je croise les personnes qui ont mis le feu, je pourrais m’en prendre à elles. »

  • À Barjols, le soutien déterminant des agriculteurs dans la lutte contre l’incendie

    À Barjols, le soutien déterminant des agriculteurs dans la lutte contre l’incendie

    Assis à l’ombre des oliviers, près d’une parcelle agricole située sur les hauteurs de Barjols, qui sert de point de ravitaillement en eau pour les sapeurs-pompiers engagés dans la lutte contre l’incendie qui a ravagé 4 500 hectares dans le massif du Gros-Bessillon, Lionel, Sylvain, Tom et une poignée d’autres agriculteurs de Barjols et ses environs prennent cinq minutes de repos. Depuis neuf jours, ce n’est pas le travail aux champs qui les fait transpirer, mais celui d’appui aux 870 sapeurs-pompiers encore présents sur le terrain, mercredi. Si le feu est fixé depuis mardi soir, le combat est encore loin d’être gagné face à des réactivations possibles sur certains secteurs, comme ce fut le cas ce jour.

    « Heureusement qu’ils sont là », reconnaît l’adjudant-chef Gilles du Sdis 83. Lionel, trufficulteur à la retraite, et sa gouaille provençale ne le contrediront pas : « S’il n’y a pas les agriculteurs, tout brûle. » Ces derniers ne ménagent pas leurs efforts. Chaque jour, de 7h à minuit, ils vont, au moyen de leurs engins agricoles et de leurs citernes, puiser des milliers de litres d’eau où ils le peuvent (bornes incendies, canal de Provence, rivières de l’Eau Salée, du Fauvery, de l’Argens…) afin d’alimenter les véhicules de lutte anti-incendie. « C’est inquantifiable, mais sur les jours les plus forts, on a constitué des réserves de 60 000 à 70 000 litres », estime Sylvain, viticulteur dans les environs. Et personne ne compte ses heures, à tel point qu’Hugo, qui dirige les opérations, n’a pas le temps de couper pour répondre à nos questions. « On est une cinquantaine chaque jour, dimanche on était entre 100 et 150 », affirme Sylvain.

    « On sauve nos terres pour continuer à travailler »

    Les camions des sapeurs-pompiers se branchent directement sur les citernes, soit pour s’alimenter avant de se rendre sur le terrain, soit pour remplir des piscines qui servent de réservoir pour les hélicoptères bombardiers d’eau. Deux sont disposées dans le secteur, en plus des piscines des particuliers réquisitionnées, et de réservoirs de fortune réalisés avec des bennes agricoles. « On a aussi tout labouré en lisière pour éviter que le feu ne s’étende », ajoute Lionel.

    « On sauve nos terres pour pouvoir continuer à travailler, au détriment de nos exploitations », résume Sylvain, dont les vignes ont été épargnées par le feu, mais risquent de subir les conséquences des fumées avec des fruits au goût altéré. Ses confrères et lui n’ont pas le choix et pointent amèrement le manque de moyens dont disposent les sapeurs-pompiers : « C’est une honte que le feu soit arrivé jusqu’ici, qu’il ait fait le tour du massif », dénonce Tom. « Ils font ce qu’ils peuvent, mais ça reflète ce qu’il se passe en France. On a 12 canadairs, mais que 5 opérationnels », abonde Lionel.

    Autour d’eux, la solidarité s’organise, avec des villageois qui viennent, eux aussi, donner un coup de main, en préparant des repas, par exemple. L’élan dépasse les frontières du village, à l’image de Julien, dirigeant de trois entreprises à Rians, qui a répondu à un appel aux bénévoles lancé sur les réseaux sociaux. « J’ai mis mon activité en sommeil pour venir en aide aux pompiers », explique-t-il. Doté de cuves d’une capacité totale de 9 000 litres, il effectue jusqu’à trois rotations par jour pour participer au ravitaillement en eau. « J’ai une maison dans les bois, si demain ça m’arrivait, ça me ferait plaisir d’avoir autant de monde pour aider à stopper l’incendie. Les pompiers manquent de moyens. On fait comme on peut à notre échelle. » Derrière les héros aux camions rouges, il y a ceux aux tracteurs et aux citernes.

    Nouvel incendie à Brignoles

    Un incendie s’est déclaré mercredi, vers 17h, à Brignoles, près de la RD12. La préfecture du Var indiquait, à 20h, que 250 pompiers, 85 engins, 3 Canadair, 7 hélicoptères bombardiers d’eau, ainsi que 2 avions Dash étaient mobilisés. Le stade du Vabre accueille un poste de commandement. Des messages ont été envoyés pour évacuer les quartiers de Pélicon, Tombarel, Les Jaussérannes, Sainte-Barbe, Les Agasses et Les Petits Ubacs. La commune a mis en place un point de regroupement au Hall des expositions. La RN7 et la RD12 ont été fermées.

  • La prévention, l’autre front contre les incendies

    La prévention, l’autre front contre les incendies

    Avant les dégâts humains et matériels causés par les flammes – contre lesquelles les pompiers luttent toujours en Gironde notamment – les autorités misent sur la prévention. Parmi les acteurs de la sensibilisation et aux comportements à adopter pour limiter les feux dans les massifs qui composent notre région, les jeunes de la garde régionale forestière. Polos et short kaki, rangers au pied, ils sont quatorze, répartis en patrouille, à arpenter le grand site Concors Sainte-Victoire. Souvent étudiants, ils sont intégrés au plan « Guerre du Feu », lancé en 2018 par la Région. Cette année, ils sont au total 250 gardes régionaux forestiers à être déployés sur 23 territoires locaux. Ce mercredi matin, rendez-vous à l’entrée du barrage de Bimont, départ d’un des principaux axes empruntés par les randonneurs pour rejoindre la Sainte-Victoire. Rosalie, Manuel et Nils, déjà en poste, s’attellent à la sensibilisation des premiers touristes en promenade.

    « Une dizaine de départs de feu repérée et maîtrisée »

    Prévenir, rappeler les « bons gestes » à adopter dans les massifs est l’une des missions principales de ces jeunes, engagés de juin à septembre pour aider à la prévention incendie. Ils sont un appui au dispositif de surveillance interservice existant. L’équipe est rejointe par Sophie Joissains, vice-présidente de la Région et maire (UDI) d’Aix, et Arnaud Mercier, président du grand site Concors Sainte-Victoire et maire (DVD) de Venelles, venus prendre le pouls du terrain. « À ce jour, 40 millions d’euros ont été alloués à ce plan [Guerre du feu] et aujourd’hui nous avons renfloué notre équipe de garde régionale forestière au grand site Sainte Victoire », rappelle Sophie Joissains. En 2026, 1,4 million d’euros sont alloués par la Région, à la GRF. La lutte contre les incendies est une « priorité » pour la Région, rappelle l’élue, les effectifs de la GRF pourraient être augmentés « autant que de besoin ». Sur le terrain, la sensibilisation commence dès le kiosque, à l’entrée du barrage. Dans les massifs, des binômes circulent dans des véhicules récupérés le matin même sur le site de Beaurecueil. « Il y a parfois des personnes têtues, confie Rosalie, qui intègre la GRF pour la première fois. Mais globalement, le public est compréhensif. On informe des lois. Nous, on ne pourra rien faire, mais on collabore avec la police et les gendarmes. On les informe aussi du montant des amendes, des patrouilles régulières… Ça les résigne, normalement. » En cas de danger repéré, les membres de la patrouille ont un contact direct avec les pompiers. Sophie Herete, directrice des espaces naturels et grand sites de France à la Métropole rappelle qu’une « dizaine de [départs] de feux depuis début juillet, autour de Sainte-Victoire » ont été recensés. « Nous avons réussi à tous les maîtriser. » « Mais notre mission va au-delà de la prévention incendie, on est là pour assurer la sécurité globale des gens », précise Manuel, qui revient pour une deuxième année. Et s’il reste encore du travail pour la GRF, « la plupart des gens sont consciencieux, au courant des réglementations et sont à même de repérer chez d’autres des comportements à risque. Dans la région, on a une conscience collective par rapport au risque du feu de forêt », estime Nils qui lui aussi, renouvelle son engagement. Arnaud Mercier rappelle d’ailleurs que le grand site Sainte-Victoire, qui fait partie d’un réseau national, est d’ailleurs « une référence nationale », en termes de prévention incendie.

    EN CHIFFRES

    400

    Le nombre d’hectares brûlés dans les Bouches-du-Rhône, depuis le début de l’été. Le département est l’un des plus exposés au risque de feu de forêt en France, dû aux fortes chaleurs, au vent, à la sécheresse végétale ainsi qu’au dérèglement climatique. 40% de la surface du département est positionnée sur des massifs forestiers.

    90 %

    Parmi les départs d’incendies, 90% sont d’origine humaine. Dans les Bouches-du-Rhône, 30% de ces départs sont liés à des travaux, notamment à la non-application de la réglementation. Entre autres, la présence d’un extincteur est obligatoire, tout comme le débroussaillement d’un chantier situé à moins de 200 mètres d’une forêt.

    9

    C’est le nombre de forestiers de l’ONF, actifs pour la mission spécifique d’entretien du massif forestier dans les Bouches-du-Rhône. Des effectifs très réduits. En presque 20 ans, l’Office a perdu quatre agents sur ce territoire, alors que la superficie de forêts à entretenir a augmenté de 8 000 ha. Une réduction des postes à l’image de la tendance nationale.

    54

    Pour assurer les missions d’extinction des incendies et assister les équipes sur place, les Bouches-du-Rhône, l’ONF et les sapeurs-pompiers disposent de 54 véhicules de soutien aux intervenants (VSI). Dès qu’un départ de feu est déclaré, le véhicule arrive sur le lieu de l’incendie entre cinq et dix minutes après l’alerte.