C’est sous un doux soleil de juin, dans l’accueillant parc du Grand Pavois, que s’est déroulée, dimanche, la fête populaire de la section du Parti communiste de Septèmes-les-Vallons. Au cœur des débats cette année : la commémoration des 90 ans du Front populaire, de ses origines et de ses acquis.
« Si c’est un panthéon de l’histoire des gauches et de l’histoire en général, il s’agit d’un événement en trois dimensions, à commencer par une originale union des gauches, qui était loin d’être gagnée en 1934, et un puissant mouvement social sans précédent », a rappelé Gérard Leidet, coprésident de l’association Provence mémoire et monde ouvrier, en ouverture d’une conférence organisée entre 10h et 12h. Jean Domenichino, historien, ancien maître de conférences à l’université Aix-Marseille et auteur de plusieurs ouvrages sur 1936, a ajouté : « Le Front populaire est une réponse à deux crises : la crise économique de 1929 et une crise politique due à la multiplication de forces qui se réclament du fascisme. » Car dans les années 1930, alors que le congrès de Tours a acté, en 1920, la naissance de la SFIC (futur Parti communiste français), issue de la scission de la SFIO (ancêtre du Parti socialiste), l’heure n’est, au départ, pas vraiment à l’union. Les mêmes oppositions se retrouvent chez les syndicalistes, entre CGT et CGTU. C’est finalement en réaction à la manifestation d’extrême droite du 6 février 1934, qui tourne à l’émeute, que naîtront les prémisses d’une volonté d’unité à gauche, laquelle aboutira in fine, la création de la coalition du Front populaire.
Porté par une vague de grèves et d’occupations d’usines, le Front populaire a permis des avancées sociales majeures, dont la reconnaissance des libertés syndicales, l’instauration de deux semaines de congés payés et de la semaine de 40 heures. « L’histoire nous rappelle que nous devons porter, dans nos combats d’aujourd’hui, cette conscience de classe du monde ouvrier », a souligné en clôture Nadia Putzolu, secrétaire de la section PCF de Septèmes.









