Tag: Fête nationale

  • Foule des grands jours pour le défilé militaire

    Foule des grands jours pour le défilé militaire

    Si le feu d’artifice a été avancé au 13 pour respecter un « temps national de commémoration pour les attentats de Nice », c’est bien le 14 juillet que Marseille a accueilli son traditionnel défilé militaire. Dès 17h, la foule était au rendez-vous le long du parcours ralliant le quai de la Fraternité et l’esplanade J-4 Gisèle-Halimi malgré d’écrasantes températures. Et, comme le veut la tradition militaire, les festivités ont débuté pile à l’heure, à 17h25, avec un salut au drapeau suivi d’un chant de la Marseillaise.

    Sur le parvis de la mairie, au pied d’une scène sur l’eau pour l’occasion occupée par une fanfare militaire, et face à des gradins pleins à craquer, plusieurs soldats se sont vus remettre des récompenses. Cinq ont été décorés de la médaille militaire, trois ont été distingués du grade de chevalier de l’ordre national du mérite et une a reçu la Légion d’honneur. Un moment solennel auquel a succédé une impressionnante performance vocale de Barbara Bourdarel, chanteuse d’opéra, avant que les quais ne laissent place aux hommes et femmes ce jour-là mis à l’honneur.

    Honneur et divisions

    Une centaine de militaires, policiers et pompiers – qui ont été reçus avec un enthousiasme tout particulier en cette période estivale d’incendies –, ont alors pu entamer leur marche. Cinq parachutistes ont également été largués au-dessus du Vieux-Port avant d’atterrir, en douceur, au pied de la mairie centrale. « C’est un beau moment. On rend honneur aux soldats qui combattent pour nous, aux pompiers aussi, qui sont très importants en ce moment. C’est l’occasion de les remercier », s’enthousiasme Martine, attentive au spectacle. À quelques mètres, Fatima expose un sentiment plus mitigé : « C’est toujours bien de voir défiler les forces françaises mais c’est vrai qu’on ressent un certain malaise. On sent bien qu’au moment de chanter la Marseillaise le public est timide. J’ai l’impression que l’actualité crée un certain sentiment de division », note-t-elle. Plus loin, quelques militants sont d’ailleurs venus revendiquer leur colère : « Loi de présomption de légitime défense des policiers = totale impunité », lit-on sur l’affiche qu’ils ont amenée pour l’occasion.

  • [Entretien] Yves Métayer, gouverneur militaire de Marseille : « Le 14-Juillet unit la nation et ses armées »

    [Entretien] Yves Métayer, gouverneur militaire de Marseille : « Le 14-Juillet unit la nation et ses armées »

    La Marseillaise : quel message le défilé militaire de Marseille veut-il faire passer ?

    Yves Métayer : C’est d’abord un défilé représentatif de toutes nos armées avec les forces de sécurité intérieure, la douane, la pénitentiaire et d’autres administrations. Ce défilé militaire a effectivement un horizon stratégique, celui de la résurgence d’une menace, de la guerre sur le continent européen. Le thème retenu au niveau national, c’est le réveil stratégique de l’Europe avec en filigrane, la notion de réarmement, du rôle que joue notre pays dans cette prise de responsabilité des Européens.

    Il s’agit aussi de dire à la nation qu’une révolution silencieuse est en cours. La transformation de nos armées est engagée avec une dynamique extrêmement rapide depuis 2024 avec la loi de programmation. C’est une révolution silencieuse et pas spectaculaire, mais c’est une révolution car c’est bien un changement de paradigme que connaît le système de défense français.

    Pouvez-vous en donner des illustrations concrètes ?

    Y. M. : On le verra à l’occasion du défilé du 1er Régiment étranger de cavalerie qui descendra de Carpiagne avec deux Jaguars qui sont des engins blindés de cavalerie de toute nouvelle génération. Avec la compagnie de transmission de la 11e Brigade parachutiste et des véhicules Servals de la gamme Scorpion. On le verra encore avec le 4e Chasseurs, des plus petits matériels adaptés à l’action en montagne qui sont assez illustratifs. On le verra avec le 54e RA qui, outre sa mission première de défense sol-air, est engagé dans la lutte anti-drone. Le 54e RA a aidé nos partenaires stratégiques dans le golfe Persique pour se protéger des frappes iraniennes avec de l’armement sol-air, des hélicoptères de combat, du brouillage électromagnétique.

    Pour le défilé, j’ai demandé aux chefs de détachement de montrer qu’à travers la tenue et la rigueur, ils envoient une image de professionnalisme, de détermination, d’engagement, une image qui doit exprimer ce que doivent faire les femmes et les hommes de nos armées pour se transformer, accélérer la dynamique d’adaptation. C’est le défi de cette révolution capacitaire qu’on est en train de vivre avec la loi de programmation et autour tout un écosystème d’adaptation que ce soit dans le champ du numérique, de l’IA embarqué.

    On a besoin de toutes les forces vives dans la recherche et dans l’économie de notre pays pour nous aider à aller le plus vite possible.

    Comment cet effort se traduit-il en zone sud ?

    Y. M. : Mon travail au niveau des territoires, c’est de mesurer comment cette dynamique d’adaptation se traduit, de répondre aux questions des entrepreneurs pour comprendre nos besoins. En Occitanie, autour de Toulouse, nous avons un pôle aéronautique de niveau mondial. En région Paca, on a le pôle naval de Toulon, première base navale d’Europe. On a l’industrie aéronautique autour du pôle Marignane-Istres et énormément de numérique en Paca jusqu’à Cannes-Nice. Et on a une plateforme absolument remarquable avec Canjuers, premier camp d’entraînement d’Europe.

    Vous avez lancé en décembre une opération d‘intérêt national « Défense et sécurité »

    Y. M. : Cette opération permet de canaliser, de fédérer, de catalyser tout un tas de projets et de connecter des mondes. Je pense aux projets Airbus Helicopters sur Marignane, aux projets sur Istres, aux autres projets liés au porte-avions nouvelle génération sur Toulon. Ou encore ce projet très intéressant avec Aix-Marseille Université pour adapter le système de formation et d’enseignement supérieur. Ce sont des perspectives concrètes d’emploi pour les étudiants qui s’engagent dans ces filières. On est là pour accompagner, pour crédibiliser cette démarche, la connecter à la réalité stratégique des besoins de défense.

    Le budget de l’armée a doublé en dix ans. La société civile peut-elle l’entendre ?

    Y. M. : Dans sa grande majorité, elle a compris le monde dans lequel on était. Elle n’a peut-être pas conscience des sacrifices qu’on a faits en matière de défense après la chute du mur de Berlin dont on évalue les économies sur notre capital de défense en Europe à 2000 milliards d’euros. Ce sont les « dividendes de la paix ». On a cru à la paix perpétuelle. L’Europe a arrêté d’investir dans sa défense et a perdu son capital. Aujourd’hui les Américains nous disent que ce ne sont pas eux qui feront le job à notre place. L’Europe est face à ses responsabilités. Les équilibres internes des alliances sont modifiés. On doit se poser la question suivante : que consacre-t-on à son assurance-vie dans le monde dangereux dans lequel nous sommes ? Je pense pour ma part qu’il ne faut pas opposer mais articuler le combat budgétaire que le pays doit conduire avec le besoin de défense. Les Français savent qu’ils peuvent compter sur leurs armées.

    Le pays consent pour ses armées professionnelles, entraînées, un effort d’équipement, de crédit qu’on utilisera au mieux. Le 14-Juillet, c’est l’unité de la nation et des armées. Les armées disent aussi aux Français à travers un défilé, une cérémonie : vous pouvez compter sur nous pour vous défendre face aux menaces d’aujourd’hui et de demain.

  • Patriotisme ?

    Patriotisme ?

    Une fête nationale qui tombe un jour de demi-finale de Coupe du monde de football, un défilé militaire dans un contexte de retour à la guerre chaude et le dernier pour le président en exercice qui après avoir massacré l’économie et le social trouve de l’argent, beaucoup, pour l’armement. Alors que le diptyque cinématographique d’Antonin Baudri sur le général de Gaulle, celui de 1940 à 1944 et pas celui qui prit Maurice Papon comme préfet de police durant la guerre d’Algérie ou réprima les manifestations de mai 1968, est déjà le phénomène de l’été, la question du patriotisme et de la nation revient en force dans l’air du temps et le débat public.

    Notions nées à gauche

    Patriotisme et nation, et non nationalisme, sont deux notions nées à gauche au nom de la souveraineté populaire, une gauche dont une partie les a oubliés au nom d’une chimère européenne qui se révèle aujourd’hui non seulement inefficace mais dangereuse. Et laissant à la droite et à l’extrême droite toute latitude pour reprendre ces valeurs, dont elles n’ont au fond que faire à part gagner des voix.

    Alors que les drapeaux français tout comme « La Marseillaise » font leur grand retour notamment dans la jeunesse, il est temps de se rapproprier ces symboles qui sont d’origine révolutionnaire, en France en tout cas même si dans les anciennes colonies ils ont incarné l’exact inverse. Et de rappeler que ce 14-Juillet qui commémore la fête de la Fédération un an après la prise de la Bastille est devenu la fête nationale lors du retour de la République, la IIIe en l’occurrence, en 1880. Et les dix ans du terrible attentant de Nice rappellent à tous l’importance de la solidarité nationale ?

  • Les sciences envahissent la place et l’espace Bargemon

    Les sciences envahissent la place et l’espace Bargemon

    Une éolienne en papier à la main, des écoliers de primaire quittent, le sourire aux lèvres, la place Bargemon. Derrière eux, un village des sciences, organisé par l’association des Petits débrouillards, a pris place tout autour de la mairie centrale de Marseille, depuis vendredi matin. Réservés vendredi aux scolaires, de la primaire au BTS, les stands montés à l’occasion de la fête nationale de la science ouvrent gratuitement leurs portes au public, ce week-end.

    Reconstitution de crânes, éprouvettes, microscopes et camp de base pour aller sur la Lune ont envahi l’hôtel Puget, la place et l’espace Bargemon jusqu’à dimanche. La soixantaine de stands, tenus par des laboratoires, associations ou entreprises innovantes sont réunis par thématiques. « Il y a d’abord un pôle autour du thème de la fête de cette année, qui est “intelligences”. Il y a des neurosciences, l’étude des intelligences animales ou sur l’intelligence artificielle, explique Lucille Rombi, chargée de mission fête de la science de l’association des Petits débrouillards. Il y a ensuite un pôle environnement, astronomie, mathématiques, santé et sciences sociales. »

    Chaque stand propose des activités différentes et ludiques en rapport à son domaine. La classe de CM1 de l’école de la Corderie (7e) a, par exemple, pu sentir et observer des champignons grâce à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). « C’était la première fois que je regardais dans un microscope, sourit l’une des écolières. C’était trop cool. »

    « Le but de cet événement organisé par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche est de regrouper autour d’événements des acteurs du monde scientifique et le grand public de façon ludique, explique Lucille Rombi, de l’association de médiation scientifique des Petits débrouillards. Les stands sont faits pour tout le monde : les enfants, avec des espaces pour les tout-petits, mais aussi les adultes. C’est vraiment pour tous les curieux », insiste l’organisatrice. En plus des activités proposées sur les stands, des spectacles et des visites sont prévus, avec des inscriptions sur place. L’espace agora permettra également la tenue de conférences et d’une émission radio.

    L’année dernière, le village des sciences avait réuni environ 10 000 personnes sur les deux jours, à Marseille.

    Plus d’info sur fetedelascience.fr