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  • Une pluralité médiatique unique mais menacée

    Une pluralité médiatique unique mais menacée

    Avec deux quotidiens, le Dauphiné Libéré et La Marseillaise, plusieurs radios dont Alpes1 et Ram05 mais aussi une chaîne d’info, BFMDICI, le département des Hautes-Alpes, de seulement 140 000 habitants, présente un pluralisme médiatique rare, pour autant en danger. Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise est revenu sur les difficultés rencontrées par le journal durant la période Covid, finalement sauvé par « la mobilisation des salariés et des Amis de la Marseillaise » tout en conservant « sa ligne éditoriale et ses valeurs issus du Conseil National de la Résistance et en allant à la conquête de trois départements supplémentaires », a-t-il rappelé.

    « BFMDICI cessera d’émettre au 31 décembre si elle n’a pas de repreneur d’ici là », a alerté Loïc Guerringue, rédacteur en chef de la rédaction, actuellement en grève. Pour autant, chaque média ne doit pas mener seul la lutte pour sa survie : « C’est un combat collectif selon moi, c’est-à-dire que nous tentons tous de pérenniser un média local. Les médias sont complémentaires, personne ne fait mieux que la PQR (presse quotidienne régionale) localement, très précisément dans les territoires », a-t-il rappelé. Des difficultés partagées par Simon Becquet, journaliste à Ram05 : « On est de plus en plus boudés par les annonceurs y compris dans les territoires où on est très implantés. Sauf qu’en faisant vivre les médias locaux on fait vivre un écosystème local dont ils bénéficient ».

    De son côté, Lionel Arce-Menso directeur de la rédaction des Hautes-Alpes du Dauphiné Libéré, a rappelé que son journal, principal titre local, était loin de « vouloir écraser les autres » et mis en avant « le panorama formidable » qu’offre ce pluralisme « à l’échelle d’un petit département », confiant avoir eu envie de devenir journaliste en écrivant pour La Marseillaise une chronique sportive avec son père qui fut correspondant. Pour lui « se battre pour le pluralisme, c’est aussi se battre pour qu’on puisse offrir un regard et une information objectifs ». D’autant que le pluralisme a des effets positifs pour tout l’écosystème médiatique : « L’étude menée par la Fondation Jean Jaurès montre que plus il y a d’offre médiatique locale, plus les gens s’informent et en demandent. À l’inverse, il peut y avoir un cercle vicieux, moins il y a de médias plus les gens les délaissent pour d’autres canaux d’info », a argumenté Simon Becquet. Or, la disparition du pluralisme médiatique a des effets très concrets a rappelé Lionel Arce-Menso : « Les études faites aux États-Unis montrent que là où il y a des déserts journalistiques, des endroits où la presse locale a totalement disparu, c’est là où l’on vote le plus pour Trump ».

    Mener la bataille culturelle

    Mais il n’y a pas que la presse qui est en danger : « La culture est en difficulté, le monde scientifique aussi », menacés notamment par « des gens qui dominent aujourd’hui la pensée en France, qui rachètent tous les médias, et qui impriment des récits faux ou qui servent leurs intérêts », a prévenu Lionel Arce-Menso. Or, cette situation relève d’un choix politique, qui peut être contrecarré selon Léo Purguette : « Quand il y a des baisses de ressources pour la science, pour les communes et les collectivités, c’est un choix de société, le choix de l’austérité qui prépare les victoires politiques de l’extrême droite. Quand il n’y a plus de services publics, de médias de proximité, ce sont eux qui avancent (…) », a-t-il alerté. Tout en rappelant que si La Marseillaise porte cette lutte « avec ses valeurs », l’action à mener est selon lui « plus large qu’un combat droite-gauche, c’est un combat pour la République ». Avant de conclure par la célèbre citation de Bertold Brecht publiée chaque jour à la Une de notre journal : « Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu ».

  • La Fête de La Marseillaise, un tremplin pour les artistes toulonnais

    La Fête de La Marseillaise, un tremplin pour les artistes toulonnais

    Le Tremplin « Première scène » est un tremplin musical qui a lieu lors de la Fête de La Marseillaise à Toulon, plages du Mourillon, à 19h. L’événement accueille cinq groupes locaux du département du Var. Les artistes auront 15 minutes pour présenter leur projet avec un morceau final. Le public pourra également voter pour désigner le groupe gagnant. Ces jeunes, âgés de 20 à 27 ans, incarnent chacun un genre différent, allant de la musique électronique au rap, jusqu’au blues… Une excellente occasion pour des jeunes artistes locaux de se faire connaître et de s’essayer au métier de la scène. Trois artistes ou groupes se représenteront, voici leur présentation. « L’idée c’est de permettre à des groupes qui n’ont pas encore fait de scène de se tester et de faire connaître leur musique à un public », explique Yonna Capobianco, responsable des jeunes, de l’animation et du tremplin.« L’idée aussi serait que la musique soit le plus accessible à tous ! D’autant plus que les musiques sont issues d’une production personnelle », assure-t-elle. Toute la journée, l’entrée est ouverte gratuitement au public !

    Olive, une musique électronique qui mélange pop, rock, rap

    À 20 ans, Olive, de son nom de scène, se consacre depuis un an à son projet musical. « Je compose, je mixe et j’enregistre tout seul, depuis chez moi », raconte ce Niçois. Sa musique, qui mélange électro, pop, rock et rap, se veut « émotionnelle et contemplative. Je parle de choses très concrètes de la vie de tous les jours », précise-t-il. Ce tremplin est pour lui un bon moyen de s’entraîner et aussi de combattre le trac : « Avant, j’étais guitariste dans un groupe. Là, c’est différent de prendre le micro, tout seul », confie-t-il, content de participer à cette fête avec des « valeurs dans lesquelles je me reconnais ». Ce tremplin est l’occasion de montrer au public ses compositions. Dont « Inverser l’épaule », une chanson qui parle de ne pas trop se prendre au sérieux. « Aujourd’hui, la musique est trop sérieuse. J’avais envie de proposer quelque chose d’un peu plus humain, d’un peu plus personnel », conclut-il.

    Paul Wild, un voyage musical

    Auteur-compositeur, Paul Wild (Paul Chapon de son vrai nom) a grandi dans le Sud de la France. Très jeune, il baigne dans la culture musicale des années 60 à 80 grâce à son père. Il commence d’abord par la guitare électrique avant de découvrir le jazz à 20 ans au conservatoire de Toulon. « Je reviens pourtant à la culture afro-américaine dans laquelle j’ai grandi, le blues, la soul… », décrit-il. C’est surtout son voyage en Australie pendant deux ans qui affine sa musique : « Je commence à écrire mes propres chansons. Je raconte ce qu’il m’arrive là-bas. Je remplis des carnets de voyage qui se transforment en musiques », se souvient-il. Pour le tremplin, il présentera ce projet musical de voyage, avec quatre compositions dans un style aux empreintes de blues expérimental, de gospel… Pour créer cette « intimité de voyage, très pure », sa voix sera uniquement accompagnée d’une guitare acoustique. « Je suis heureux de jouer lors de cet événement local, mais aussi qui est engagé dans des luttes sociales », affirme le musicien, qui participe à un tremplin pour la première fois.

    RollsNRookie, deux copains rappeurs

    RollsNRookie, en référence à Rox et Rouky, est un collectif musical né d’une amitié entre Otama et Yuzuu. Les deux rappeurs se situent au croisement du hip-hop, de la trap et du pop rap. Aujourd’hui âgés de 22 ans, ils ont commencé leur projet à 18 ans : « À la base, on écrivait chacun dans notre coin. On s’est retrouvés tous les deux grâce à la musique », raconte Yuzuu, l’un des deux membres du groupe. Ces jeunes musiciens locaux ont débuté sur leur téléphone, avec des instrumentales trouvées sur YouTube. « Maintenant, on crée nos propres compositions », affirme Yuzuu. Tous deux sont portés par une vision commune de la musique : « Repousser les frontières entre rap et musiques expérimentales. » Parmi les thèmes abordés : la Côte d’Azur, l’introspection, la mélancolie, le quotidien ou encore l’amour. « Moi, j’aime bien aller dans la fantaisie et l’imaginaire », ajoute Yuzuu. Ce tremplin est, pour eux, une « occasion de se représenter. Ça nous fait kiffer d’être sur scène et de rencontrer d’autres personnes ».