Des centaines de chapiteaux ont poussé dimanche sur le Vieux-Port, à l’occasion du festival Vivacité. Un important moment de visibilité pour le tissu associatif local qui, dans un contexte d’austérité budgétaire, doit redoubler d’efforts pour continuer d’assurer l’une de ses missions : l’éducation populaire. Christophe Betti, président de l’association en charge de l’Open festival de Marseille, permettant la diffusion sur deux jours de 44 courts-métrages dans les cinémas Pathé Madeleine et Pathé Joliette, dit s’appuyer avant tout sur la détermination de ses collaborateurs. « Nous sommes 16 bénévoles à travailler à l’année et 30 bénévoles en plus nous rejoignent au moment du festival. Il faut des gens motivés car nous avions 3 229 courts-métrages à visionner cette année pour en sélectionner 44 », raconte-t-il. Subventionnée exclusivement par la mairie après un refus de participation du Département, de la Métropole et de la Région, l’association, qui propose un festival 100% gratuit, a pour objectif de redonner, au plus grand nombre, le goût du cinéma, un lieu « d’échange et de partage », selon Christophe Betti.
Véronique Manzah, créatrice de l’association les Mots passants, proposant des ateliers d’écritures pour toute la famille, ne bénéficie, elle, d’aucune subvention. « Je n’ai pas encore fait la demande, pour l’instant c’est ma poche qui subventionne et le travail des deux bénévoles qui m’accompagnent », ironise-t-elle. Son ambition : permettre aux adhérents d’apprendre dans la convivialité, l’inclusion et l’humilité.
La ZEF, ou Scène nationale de Marseille, dont les salariés disent être relativement épargnés par les baisses de financements avec une poursuite presque inchangée des versements de subventions de la part de toutes les collectivités, s’inquiètent tout de même du sort de leurs partenaires. « Les modifications des accès au Pass culture impactent les scolaires, avec qui nous collaborons beaucoup. Peut-être ne pourront-ils plus assister aux mêmes spectacles qu’avant », confie une bénévole. Composée de deux lieux dans les 14e et 15e arrondissements, l’association dispose d’une résidence d’artistes et d’une salle dédiée à la diffusion de spectacles. Pour rendre la culture accessible au plus grand nombre malgré les manques, les tarifs d’entrée aux spectacles sont adaptés aux revenus et varient entre 3 et 15 euros. Des billetteries solidaires, permettant aux plus aisés d’acheter en plus de leur billet une deuxième entrée à 5 euros, sont également mises en place. Le Studio théâtre (1er), proposant des ateliers théâtre pour tout niveau et n’ayant, lui, obtenu aucune subvention, pratique aussi la méthode de la billetterie adaptée, allant de 150 euros à 60 euros l’année.
Du côté de Kipawa, association qui aide les personnes exilées avec des cours intensifs de français et l’accompagnement vers le bénévolat, les financements se cherchent un peu partout. « On a des subventions de la Ville et du Département mais on se finance aussi grâce à la recherche de mécénat et aux dons des particuliers », explique Nathalie Dehay, formatrice français langue étrangère, salariée de l’association. D’après le Mouvement associatif, 45% des subventions accordées aux associations en 2025 sont en baisse par rapport à 2024, dont 20% en « forte baisse ». Et de sortir les rames.
