Tag: Festival de Pâques

  • [Festival de Paques] La Reine est là ! Vive la Reine !

    [Festival de Paques] La Reine est là ! Vive la Reine !

    Renaud Capuçon et Dominique Bluzet peuvent se targuer de l’honneur d’avoir fait venir, depuis quelques saisons, au Festival de Pâques l’immense pianiste Martha Argerich. Vendredi et samedi soir avaient, au Grand Théâtre de Provence (GTP), des allures de culte païen. Il n’est pas exagéré de dire que le public reçoit Martha Argerich comme un fidèle, la consécration eucharistique, tant il y a de ferveur quasi religieuse dans l’accueil qui lui est réservé. Avec plus de sobriété on peut proclamer la chance inouïe qui est donnée à la ville et à son Festival de compter dans ses murs une artiste aussi mondialement considérable. Le Concerto pour piano et orchestre n° 2 de Beethoven est, au bout des doigts de Martha Argerich comme un diamant brut posé sur le coussin de brocart de l’orchestre philharmonique de Munich et son chef Lahav Shani. La musique semble venir de contrées éthérées tant le toucher du clavier se fait léger et cristallin. Comme une évidence de la musique, une chose qui va de soi. Rarement Beethoven n’aura été élevé si haut. Avec Martha Argerich on est toujours à deux pas de la légende. Une Reine !

    La ville aura le bonheur d’accueillir le Philharmonique de Munich, en résidence, jusqu’en 2028 Le « Münchner Philharmoniker » a été dirigé par Gustav Mahler – il y a créé ses Quatrième et Huitième Symphonies. Mahler s’imposait donc au programme avec sa première Symphonie dite « Titan ». Titanesque, sans doute, cette œuvre-monde, mais jamais « Kolossale », un risque, toujours avec des chefs moins pointilleux. Lahav Shani tient, en guise de baguette, un délicat pinceau ou une brosse énergique. Sa palette est lumineuse, les couleurs transparentes. On entend le chant des oiseaux dans les trilles malicieux de bois. Le ton se fait klezmer dans l’adagio. Et puis arrive le flot de l’orchestre qui submerge l’auditeur comme un tsunami. Les cuivres se lèvent pour le final en apothéose. Un concert symphonique peut-être aussi un spectacle.

    Samedi, l’ambiance était plus feutrée : en duo Renaud Capuçon et Lahav Shani au piano. Une sonate de Mozart comme un petit meuble rococo un peu perdu dans le vaste GTP. C’est joli. On passe. La sonate de Debussy avec Martha Argerich et Renaud Capuçon est comme une leçon de construction musicale. L’Andante et variations de Schuman met en avant des musiciens du rang du Münchner ; Matias Piñeira au cor, suave et doré, les violoncelles Floris Mijnders et Marcel Johannes Kits, l’alto Jano Lisboa, tous grands musiciens. Enfin le Quintette pour piano, op. 44 de Schumann est une œuvre passionnante par sa fougue et ses recoins mélancoliques. On ne pouvait rêver meilleure réunion de talents que Martha Argerich au piano, Renaud Capuçon et Alexander Möck aux violons, Jano Lisboa à l’alto et Floris Mijnders au violoncelle. Dimanche carte blanche aura été donnée à Renaud Capuçon pour le Concerto pour violon n° 1 de Dmitri Chostakovitch. Lahav Shani dirigeait les Munichois dans la quatrième de Brahms. Brahms. Un beau point d’orgue pour un Festival de Pâques 2026 qui n’a pas dérogé à sa réputation d’excellence. Grâces en soient rendues à leurs fondateurs.

  • Un concerto par qui ne manque pas de souffle

    Un concerto par qui ne manque pas de souffle

    Le public du Festival de Pâques s’est encore enflammé mercredi soir au Grand Théâtre de Provence. L’objet de sa flamme ? Sans doute l’un des plus grands solistes de la planète, le flûtiste français Emmanuel Pahud. Virtuose prodigieux qu’accompagnait le non moins excellent Orchestre Philharmonique Royal de Liège et le chef Lionel Bringuier.

    Un train d’enfer

    Il y a de grands concertos pour flûte traversière. Vivaldi et Mozart arrivent en tête de gondole. Emmanuel Pahud choisit la difficulté avec l’immense (par ses dimensions) concerto d’Aram Khatchatourian dans sa transcription du Concerto pour violon par Jean-Pierre Rampal. Certes, remplacer le violon par une flûte, fût-elle en or massif, exige précisément un souffle, disons, athlétique. Ce que le violon propose d’acrobaties digitales, de longues phrases mélodiques se retrouvent intactes dans la partition de la flûte. La virtuosité passe par le souffle, les cadences en paraissent épuisantes… pour l’auditeur qui est tenté de retenir le sien, de souffle. Les épithètes finissent par manquer. À ceci près que la gymnastique ne passe jamais par-dessus la sensibilité de l’interprétation. Sensibilité et tendresse manifeste avec en bis l’incantation sous-titrée « Pour une communion sereine de l’être avec le monde » d’André Jolivet. Pièce de circonstance de nos jours.

    La Symphonie n° 6, la « Pathétique » de Tchaïkovski, permet à l’Orchestre wallon et à son chef, un de ces programmes propres à toucher l’auditoire. Lionel Bringuier en allège le sirop parfois un peu épais avec beaucoup d’intelligence. Les effusions débordantes du compositeur, sa délectation morose se pare ici d’une légèreté subtile des cordes, du gazouillis fruité des bois, de cuivres solides. L’allegro en forme de marche inexorable, est mené d’un train d’enfer des plus efficaces. C’est là doute la grande chance offerte au public par Renaud Capuçon et Dominique Bluzet, de croiser à Aix virtuoses et phalanges aussi prestigieuses. On songe bien sûr à la reine Martha Argerich, qui revient pour deux soirées au Grand Théâtre de Provence, accompagnée du Philharmonique de Munich.

  • [Festival de Pâques] Le feu au bout des doigts

    [Festival de Pâques] Le feu au bout des doigts

    Bertrand Chamayou semble habitué aux exploits pianistiques. Le public du Festival de Pâques se souvient avec émotion de son intégrale de la musique pour piano de Ravel, la saison dernière. Il a renouvelé l’exploit dimanche au Grand Théâtre de Provence en alignant dans une seule soirée les deux monstres de difficultés pianistiques que sont les deux concertos de Franz Liszt.

    Cela revient un peu, pour un alpiniste, à enchaîner deux sommets himalayens. Gageure qui exige un monstrueux travail en amont, une discipline de fer et, sur le moment, une forme physique hors du commun. Cela ne serait rien sans un pouvoir de concentration qui dépasse l’entendement ordinaire. Sans, bien entendu, perdre cette part de sensibilité nécessaire à l’artiste pour dépasser le simple exploit digital, la simple esbroufe de concert. Non, il y a, certes, chez Bertrand Chamayou ce goût du dépassement, mais il est nourri d’une profonde intelligence sensible de la lecture des œuvres. Reste une fascinante aisance, une virtuosité à la fois tellurique et céleste, qui submerge l’auditeur, l’emporte dans un courant océanique de musique. L’Orchestre Les Siècles, que dirige Jakob Lehmann, joue le romantisme échevelé à fond. Le programme mettait Liszt entre les parenthèses de la musique de Wagner, Tristan et Parsifal. Les deux hommes sont liés d’une profonde amitié. Wagner a épousé Cosima, la fille de Liszt, et ce dernier s’est fait le pèlerin infatigable du génie de Bayreuth. Le concert se clôt sur L’Enchantement du Vendredi Saint, extrait de Parsifal. Enchantement, c’est bien le mot juste pour qualifier cette soirée exceptionnelle ; à n’en pas douter, l’acmé de ce 13e festival.

    Le public qui a salué debout et longuement mardi soir au GTP la soprano américaine Nadine Sierra. Soufflait, ce soir-là, sur le Festival de Pâques une vraie chaleur musicale. Il faut avouer que la diva possède un sacré sens de cet « entertainment » cher aux Américains ; contact direct avec le public, confidences, plaisanteries. Une soirée bon enfant. Il fallait compter sur le pianiste canadien Bryan Wagorn, complice efficace et malicieux. En première partie, des standards ; Summertime de Gershwin, Bernstein ou My Fair Lady. Les Américains adorent revendiquer leurs racines.

    La Diva est bonne enfant

    Nadine Sierra se souvient de ces grands-mères en évoquant le Mexique de Manuel Ponce ou l’Espagne de Turina. Et pour la « nona » napolitaine, O sole mio, bien entendu. Sans oublier le Brésil de Villa-Lobos et la belle Melodia Sentimental. Nadine Sierra c’est avant tout une colorature impeccable, agile, sans vibrato, ample, des graves parfaits aux aigus cristallins. C’est aussi une immense générosité d’artiste. Elle s’essaie au Vissi d’arte de Tosca, pas son répertoire, avoue-t-elle. Et puis c’est une Violetta fulgurante. Une Sonnambula de Bellini pleine de délicatesse. La pyrotechnie vocale, pour spectaculaire qu’elle soit, n’en reste pas moins au service du chant. Quand elle s’attaque à la Juliette de Gounod on est saisi par la qualité de son articulation du français. Le public réclame ; elle offre. Mimi et Musetta, Rodolphe, même ! Deux heures de chant et elle prend encore le temps de dédicacer ses disques dans le hall du Grand Théâtre de Provence. Une star !

  • Festival de Pâques : la « Passion » selon Bach

    Festival de Pâques : la « Passion » selon Bach

    Renaud Capuçon et Dominique Bluzet ont tenu, dès la création du Festival de Pâques, à ce que son épicentre soit marqué par l’exécution, en alternance, des deux seules Passions de Bach qui nous sont parvenues. Le Vendredi saint de cette 13e édition était donc consacré, au GTP, à la Passion selon saint Jean.

    Pour restituer cet immense monument de la musique sacrée, deux ensembles et cinq solistes étaient invités pour une exécution que l’on n’hésitera pas à qualifier de parfaite. L’ensemble Il Caravaggio, sa cheffe Camille Delaforge et le chœur accentus en dressent une architecture pleine d’élan dramatique et de lumière. La lecture en est toujours passionnante. Tout y est d’une grandeur et d’une sensibilité remarquables.

    La Saint Jean exécutée en 1723 à l’église Saint-Thomas de Leipzig est plus dramatique que la Saint Mathieu, composée en 1727. Bach s’y montre plus sensible aux péripéties et aux bouillonnements des sentiments. En témoignent les poignants arias et les chœurs où s’anime la fureur de la foule. Cette Passion s’inscrit dans la parenthèse géniale que constitue le chœur d’ouverture, une des plus belles pages jamais écrites, et le chœur « Ruht wohl, ihr heiligen Gebeine » (Reposez en paix, saintes dépouilles) qui exprime un moment de paix et de recueillement après la mise au tombeau du Christ. Deux moments de grand recueillement, où le chœur accentus prouve qu’il est une des meilleures phalanges du moment. Camille Delaforge reste attentive à la clarté du discours, à la limpidité du message.

    Le ténor Cyrille Dubois ne se contente pas de la neutralité d’un narrateur extérieur au drame. Son évangéliste vit la Passion qu’il commente. Il en est le témoin douloureux et compatissant. Le chant est beau et les accents sont touchants. Le Christ du baryton-basse Guilhem Worms est fait de chair et d’âme. La soprano Marie Lys, le contralto Marie-Nicole Lemieux (quel luxe !) et le baryton Mathieu Gourlet (Pilate) finissent d’habiter cet immense édifice luthérien. Comme le disait Aragon, « celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas » y trouvent matière à méditation.

    Brahms en double

    Le week-end pascal se poursuivait samedi soir. Renaud Capuçon endossait la double casquette de chef et de soliste. À la tête de l’Orchestre de chambre de Lausanne, il accompagnait son frère Gautier Capuçon au violoncelle pour le Double concerto de Johannes Brahms. Un mot manque dans notre langue pour décrire pleinement cette complicité fraternelle, éclatante ce soir-là. Gautier reste toujours attentif aux gestes de son frère, à ceux des autres pupitres. Le Double concerto met en miroir une double sensibilité, une double lecture qui est « une » dans l’intention, la sensibilité, le toucher de l’instrument. La direction de Renaud Capuçon laisse l’orchestre, dont il est le directeur artistique, déployer son talent, comme un accord parfait.

    En deuxième partie, la première Sérénade de Brahms, composée près de trente ans avant le Double concerto, laisse deviner le plaisir que le violoniste prend à la direction d’orchestre. Le geste est ample, affirmé dans son romantisme assumé.

  • Vitesse de croisière pour le festival de l’excellence

    Vitesse de croisière pour le festival de l’excellence

    Un Grand théâtre de Provence sous le charme a suivi mardi soir le récital du jeune pianiste japonais Mao Fujita. Aix le connaît bien ; il est invité au Festival de Pâques pour la troisième année consécutive. La dernière édition le retrouvait auprès de Renaud Capuçon et le violoncelliste Kian Soltani, autre révélation du Festival. Le programme balayait le répertoire pianistique de Beethoven à Brahms et quelques chemins de traverses. Rien de démonstratif chez ce jeune artiste. En témoigne une première sonate de Beethoven tout en retenue, en légèreté. Une lecture à la fois tendre et subtile et un toucher du clavier jamais agressif.

    Une poésie de chaque mesure renouvelée dans la Sonate pour piano n° 1 de Johannes Brahms livrée avec une profondeur d’intentions bouleversante. Autour de ces deux piliers, des pièces pour piano de Wagner dont la transcription de La mort d’Isolde par Liszt, les Variations sérieuses de Mendelssohn très « Bach » et du Berg avant Berg encore teinté de wagnérisme. Du talent pur au service de la musique.

    Jordi Savall fait parler

    la Passion

    Atmosphère pascale mercredi soir avec Jordi Savall, le Concert des Nations et la Capella Nacional de Catalunya. On y mettait la mise en dialogue deux œuvres, deux visions de la Passion ; Le Christ au mont des Oliviers de Beethoven et Les Sept Dernières Paroles du Christ en croix de Joseph Haydn. Un programme fort, intense servi de mains de maître par le gambiste Jordi Savall qui n’a eu de cesse d’explorer les répertoires renaissants et baroques.

    C’est donc armé du Concert des Nations, crée en 1989 et de la Capella Nacional de Catalunya qu’il offre au public aixois une soirée qui peut déjà marquer cette édition du Festival de Pâques d’une fort belle pierre blanche. Les doutes et l’angoisse du Christ à Gethsémani, sont exprimés par la belle voix du ténor Emanuel Tomljenovic. Les dix adagios des Sept Dernières Paroles du Christ sont chargés d’un profond recueillement. Le chœur catalan y excelle, le concert de Nations est la formation idoine. Elionor Martínez (soprano), Lara Morger (mezzo-soprano), Manuel Ferrand Mitjans (ténor) et Walser (baryton) servent un discours d’une rare intelligence musicale.

  • Un Festival de Pâques pour tous, entre musique et devoir citoyen

    Un Festival de Pâques pour tous, entre musique et devoir citoyen

    Un festival ou se mêlent excellence musicale, réflexion et devoir de mémoire. Créé en 2013 par le violoniste Renaud Capuçon et le directeur général du Grand Théâtre de Provence, Dominique Bluzet, la 13e édition du Festival de Pâques, après un concert d’ouverture samedi soir, a été officiellement lancé dimanche au Camp des Milles.

    Dans le cadre de Musique en Partage, une partie de la programmation vise aussi à amener la musique classique aux publics éloignés. Ce dimanche, le coup d’envoi du Festival de Pâques s’est voulu aussi réflexif avec des discussions sur musique et démocratie. Des personnalités issues de la culture, comme du monde politique, se sont retrouvées autour d’une série des tables rondes pour interroger « le rôle de l’art dans la démocratie, le lien entre mémoire, engagement spirituel responsabilité sociale et devoir de mémoire ».

    Musique, société, débats

    Salle comble, pour écouter des intervenants tels que Jacques Attali, économiste, écrivain, et conseiller politique sous François Mitterand, Bernard Foccroulle, directeur du Festival d’arts lyriques de 2007 à 2018, Delphine Horvilleur, rabbin et écrivaine, mais aussi Laurent Berger, directeur de l’Institut mutualiste pour l’environnement et la solidarité au sein du Crédit Mutuel alliance fédérale. Lorsqu’il retrace la naissance du Festival de Pâques, Dominique Bluzet rappelle qu’« on a voulu réfléchir à cette idée de comment, pendant la Renaissance italienne, puis ensuite un certain nombre de compositeurs, se sont adressés à Dieu et ont permis aux citoyens, à travers un artiste de pouvoir dialoguer avec le divin. Ce rapport entre le sacré, l’artiste et l’individu est essentiel surtout dans un lieu où les gens sont arrivés ici, vivants, en se disant qu’ils allaient mourir et se demandant ce qui allait se passer après la mort. » Sous le toit de cette ancienne tuilerie, nombreux sont les opposants politiques, intellectuels et artistes à avoir résisté par la culture, puis les citoyens Juifs, avant d’être déportés vers les camps d’extermination. « Ici, nous sommes dans un lieu qui nous rappelle notre devoir de vigilance. On sait aussi qu’ici, dans l’adversité, l’art a su incarner la résistance et l’espoir », ajoute Daniel Baal, président du CIC, partenaire fondateur. « Cette éducation de prise de conscience à la responsabilité citoyenne (…) ne serait pas complète sans ce supplément d’âme qu’apporte la culture », ajoute Alain Chouraqui, président de la Fondation du camp des Milles. « Nous touchons à l’intemporel, et c’est quelque chose qui doit, quoi qu’il arrive, nous inciter à la vigilance, à l’action, mais aussi à la confiance. » Suit un long moment de discussion entre Bernard Foccroulle et Jacques Attali. « La fonction de la musique est de donner du sens au bruit, le bruit étant une réalité ou une métaphore de la violence, et la musique en donnant du sens au bruit transforme le bruit de violence en ordre, dans le sens de pacification. C’est en cela, que la musique rend beau et sacré », décrit Jacques Attali.

    « Regarder derrière

    mais aussi le présent »

    Le sacré dans la musique, la relation à la musique et sa signification… autant d’axes pour comprendre le rôle de la musique dans nos sociétés. « À une époque ou il semblerait qu’on soit en voie d’abandonner les droits humains, y compris au sein des démocraties, que peut la musique ? », pose Alain Cabras, modérateur des débats. « Il me semble que ce lieu, aux résonances très fortes, nous oblige à regarder derrière, nous mais aussi à regarder aussi le présent et à dire avec la plus grande force, notre effroi quand à ce qu’il se passe aujourd’hui dans un très grand nombre de lieux à travers le monde, et en particulier à Gaza (…) il est important que la question des droits humains, nous la traitions de partout », prévient Bernard Foccroulle.

    « J’aurais aimé que vous dénonciez de la même façon les crimes commis par le Hamas, cela aurait été plus équilibré, on aurait pu dénoncer ce qu’il se passe au Soudan, au Myanmar… et de ne pas pointer toujours une responsabilité qui est beaucoup plus complexe que la caricature que nous lui donnons », réplique Jacques Attali.

    Pour en revenir à la musique : « Les humains, quand ils sont confrontés à la musique, ont une consommation des valeurs mais en même temps une espérance, parce que oui, l’humain est capable de faire ça », poursuit l’intellectuel.

  • Le festival de Pâques débute à Aix-en-Provence

    Le festival de Pâques débute à Aix-en-Provence

    Ateliers pour enfants, concerts, tables rondes ou encore conférence… Le festival de Pâques est de retour à partir de samedi et avec lui une programmation soignée, riche et variée qui s’adresse à tous les publics à travers divers lieux de la ville jusqu’au 12 avril.

    Pour débuter les festivités ce sont des ateliers musicaux à destination des enfants qui sont proposés aux côtés de Solesne Loy, violoniste et pédagogue au sein du salon Jessye Norman du Grand théâtre de Provence. Dès samedi et dimanche de 10h30 à 12h et ce tous les week-ends que dure le festival, les débutants entre 7 et 10 ans pourront s’essayer au violon.

    Sinon, à partir de 6 ans, samedi à 14h et dimanche à 15h30, les minots pourront découvrir la « Symphonie Pastorale » de Beethoven, une ode à la nature en lien avec le concert familial, illustré et accompagné de six musiciens du même nom qui est prévu le 31 mars à 19h au Conservatoire Darius-Milhaud.

    Le pouvoir de l’Art et de la musique

    Un atelier où la musique prend vie et où les jeunes mélomanes sont invités à éveiller tous leurs sens. Un autre le samedi à 15h30 leur proposera de créer leur propre univers sonore en inventant les sons de la nature en musique.

    Le dimanche, à partir de 14h et pendant une heure les enfants pourront tout savoir du compositeur de génie, Ludwig van Beethoven.

    Du côté du camp des Milles, dimanche c’est toute une journée gratuite qui est prévue sur le thème « Penser, ne pas oublier » et fait de tables rondes et concerts pour s’interroger ensemble sur « le pouvoir de l’Art comme ciment du vivre ensemble dans une période où les crises et changements permanents peuvent conduire à un affaiblissement de nos repères ». À vivre à partir de 9h30.

    L’ensemble des événements présentés sont gratuits sur réservation.

  • Un rite culturel pour notre région

    Un rite culturel pour notre région

    La 26e édition du Festival de Pâques qui se tiendra à Aix du 28 mars au 12 avril 2026. C’est dans le salon d’honneur de l’Hôtel des Invalides que Renaud Capuçon et Dominique Bluzet ont présenté à la presse le programme. Un festival de mission, telle est l’ambition affichée par ses créateurs, soutenus par le mécénat fidèle du CIC. Force est de constater qu’à l’instar de son modèle salzbourgeois, ce festival pascal inscrit depuis 2013, date de sa création, la ville d’Aix dans le grand concert des cités musicales européennes.

    L’édition 2026 ne dérogera pas à son ambition d’excellence. À commencer par la résidence pour trois ans en nos murs de l’Orchestre Philharmonique de Munich, phalange prestigieuse s’il en fut. D’autant qu’elle accompagnera avec son chef Lahav Shani, une autre légende et fidèle du festival, Marta Argerich. Au programme la première symphonie de Mahler et le deuxième concerto pour piano de Beethoven que la soliste apprécie tout particulièrement.

    Tradition oblige, la Passion de Bach du Vendredi saint sera celle de Saint-Jean avec l’ensemble Il Caravaggio de la cheffe Camille Delaforge. Autour de ce temps fort, la programmation se veut à la fois riche et variée. L’Orchestre de Lille viendra en ouverture fêter son cinquantième anniversaire (le bel âge !). Renaud Capuçon y jouera le concerto de Barber. Le chef Gianandrea Noseda et l’Orchestre de Zurich feront trembler le GTP aux accents du Requiem de Verdi. Sacré encore, Jordi Savall servira Le Christ au Mont des Oliviers de Beethoven et Les sept dernières paroles du Christ de Haydn. Le Festival pourra compter sur la présence de Bertrand Chamayou, du violoniste Guidon Kremer ainsi que de la flûte d’Emmanuel Pahud qu’accompagnera Lionel Bringuier à la tête du Philharmonique de Liège. La soprano Nadine Sierra chantera Verdi, Gounod et Debussy.

    Pâques à Aix c’est aussi la parole donnée à la jeunesse musicale. Le guitariste Raphaël Feuillâtre, voyagera de Bach à Piazzolla. Le violon de Sophie de Bardonnèche redonnera voix à des compositrices de l’âge baroque. On n’oublie pas les soirées Génération@aix autour de la pianiste Yulianna Avdeeva. Et il y aura bien d’autres jeunes solistes à découvrir.

    Enfin la grande ambition du festival est de l’inscrire en profondeur dans le territoire. « Pour tous et partout », dans les écoles, les Ehpad, les hôpitaux, la Maison de Gardanne… Renaud Capuçon apporte la musique vers des publics qui peuvent, à tort, penser qu’elle ne leur est pas destinée. Outre le concert pour les Aixois à Saint-Sauveur, le festival veut atteindre des territoires éloignés, offrir aux quartiers défavorisés l’occasion d’une rencontre et d’un partage. Un autre temps fort aura pour centre le Camp des Milles avec des tables rondes autour de compositeurs victimes de la barbarie nazie. À la fois moderne et liturgique, selon les propres mots de Dominique Bluzet, le Festival de Pâques installe un rituel dans le paysage culturel de notre région.

    L’ouverture des réservations s’ouvre le 10 octobre. www.festivalpaques.com. +33(0)4.42.91.69.69.