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  • [Entretien] Stéphane Audebeau, Snes-FSU« L’École continue à s’enfoncer doucement mais inexorablement »

    [Entretien] Stéphane Audebeau, Snes-FSU« L’École continue à s’enfoncer doucement mais inexorablement »

    La Marseillaise : Si vous deviez noter la préparation de cette rentrée, vous mettriez combien ?

    Stéphane Audebeau : Je mettrais 4 sur 10. Pas la moyenne, parce qu’il y a très peu de choses qui changent alors que les enjeux sont énormes. Le ministre n’a annoncé aucune mesure importante face aux dysfonctionnements du système éducatif. L’École continue donc à s’enfoncer doucement mais inexorablement. Le premier problème reste la lourdeur des effectifs. On parle de baisse démographique, mais elle se traduit surtout par des suppressions de postes de titulaires, d’AED et, on le craint, de contractuels. Dans l’académie, tous les départements sont concernés et le Gard a été particulièrement touché par les suppressions de postes décidées lors de la préparation de cette rentrée.

    Le ministère répond justement qu’il y a moins d’élèves. Pourquoi ne pas réduire aussi les postes ?

    S.A. : Parce que cette baisse démographique devrait au contraire être une chance historique. On pourrait enfin réduire les effectifs par classe. Dans l’académie, il faudrait plus de 120 équivalents temps plein pour retrouver le taux d’encadrement d’avant les années Macron-Blanquer. On tourne autour de 28 élèves au collège, parfois 30 autour de Montpellier. Au lycée, on dépasse régulièrement 35, parfois 36. Pour faire vraiment du suivi individualisé au collège, notamment avec les élèves à besoins particuliers, l’idéal serait plutôt autour de 20. Même en éducation prioritaire, on peut monter jusqu’à 25 élèves par classe. Or ce sont justement des établissements où l’accompagnement individuel est essentiel. On pourrait profiter de la baisse du nombre d’élèves pour améliorer durablement les conditions d’apprentissage plutôt que supprimer les moyens en proportion.

    Le ministère affirme pourtant que 96% des postes proposés aux concours ont été pourvus. Ça ne vous rassure pas ?

    S.A. : Non, parce que le nombre de postes mis au concours a lui-même baissé. Cela ne garantit pas qu’il y aura un professeur dans chaque discipline partout. On sait qu’il y aura encore des manques, notamment en français, mathématiques, anglais ou technologie. Et même si les postes sont pourvus la première semaine, les absences arrivent vite. On manque de titulaire sur zone de remplacement (TZR), de remplaçants, et il faut ensuite chercher des contractuels dans l’urgence.

    Vous alertez aussi sur les AED et les AESH…

    S.A. : Oui. Dans le Gard, des postes d’AED ont aussi été supprimés au nom de la baisse démographique. Mais ce n’est pas mécanique : qu’un établissement ait 200 ou 180 élèves, il faut toujours ouvrir le collège, surveiller les permanences, faire fonctionner la vie scolaire. Pour les AESH, c’est un problème permanent. Avec des contrats de 24 heures payés autour de 900 euros par mois, on n’attire pas. Et avec la mutualisation, certaines doivent passer d’un établissement à l’autre ; des élèves n’ont parfois qu’une heure d’accompagnement par semaine. Pour nous, c’est une forte dégradation. Une AESH peut ainsi devoir choisir entre accompagner un élève pendant une évaluation en mathématiques ou en laisser un autre sans aide dans un autre cours. On perd aussi la continuité du suivi, alors que la connaissance de l’élève et de ses besoins est essentielle. Et, derrière, une partie de cette charge retombe sur les enseignants.

    Qu’est-ce qui explique selon vous la crise d’attractivité du métier ?

    S.A. : Le salaire reste essentiel, parce qu’il traduit la reconnaissance d’une profession. Un enseignant débute aujourd’hui à moins de 2 000 euros par mois. Dans les années 1980, un débutant à bac +5 gagnait autour de trois fois le Smic ; aujourd’hui, on est à peine au-dessus. Mais il y a aussi les conditions de travail : classes chargées, tâches supplémentaires, nouvelles missions. Et pendant ce temps, le ministre parle du téléphone portable ou du 11-Novembre. Pour nous, c’est un écran de fumée : les vrais problèmes, ce sont les conditions d’apprentissage des élèves.

    À quelques jours de la rentrée,
    est-ce qu’il reste encore des choses
    à faire bouger ?

    S.A. : Oui, il faut se battre jusqu’au dernier moment. Les suppressions de divisions sont actées, mais les effectifs réels peuvent obliger à revoir certaines décisions. La première semaine, on va intervenir partout où il faudra obtenir des créations de classes. Le problème, c’est que beaucoup d’arbitrages ont déjà été faits en juin ou juillet. C’est au moment où les élèves arrivent réellement dans les établissements que certaines situations deviennent intenables : une division qui manque, des inscriptions impossibles ou des classes beaucoup plus chargées que prévu. Le syndicat compte donc utiliser les remontées des établissements dès les premiers jours pour réclamer des ajustements.

  • La rentrée frappée par des fermetures de classes

    La rentrée frappée par des fermetures de classes

    « Avez-vous le chiffre des fermetures de classes cette année et à venir, notamment en milieu rural ? À cette question posée, mardi 25 août à Paris, lors d’une rencontre avec des titres de la presse régionale (La Marseillaise n’a pas été conviée), le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a préféré botter en touche. « Pour cette rentrée, nous avions tablé sur 150 000 élèves de moins. En fait, c’est 161 000 élèves de moins dans le système éducatif à la rentrée. Nous sommes à peine à 11,6 millions d’élèves contre 12,3 millions en 2017. Nous sommes sur une baisse démographique majeure. Moi, je ne veux pas qu’un maire découvre en mars ce qu’il fait en septembre. » Pour la précision de la réponse, on repassera. Les chiffres sont pourtant connus, département par département, commune par commune. Et le constat est sec : la baisse de la démographie sert de prétexte au gouvernement pour faire des économies budgétaires.

    Dans les départements du Gard et de l’Hérault, en cette veille de rentrée scolaire, mardi 1er septembre pour les élèves (la veille pour les enseignants), les suppressions de classes dans le premier degré (maternelle et primaire) se comptent par dizaines. Le Gard perd 58 classes pour seulement 15 ouvertures. Le département voisin de l’Hérault paie le prix fort avec 100 classes fermées pour seulement 60 ouvertures. 20 postes d’enseignants sont aussi supprimés.

    Les directeurs académiques des services de l’Éducation nationale, les Dasen, appliquent les directives du ministère et les rencontres avec les syndicats au sein des CSA (comités sociaux d’administration) se sont considérablement tendues au fur et à mesure que les projets de suppressions de classes se confirmaient.

    Pour le SNUipp de l’Hérault, principal syndicat dans le premier degré, « les syndicats font l’amer constat que ce sont des écoles de même profil, dans les mêmes quartiers, qui sont impactées par ces décisions injustes, sans prendre en compte les difficultés du terrain. Ce qui exacerbe le sentiment d’iniquité ressenti par les habitants et les collègues. » Dans le Gard, la quasi-totalité des syndicats a voté fin juin contre les 58 fermetures de classes dont 20 classes en éducation prioritaires, près de la moitié d’entre elles étant situées à Nîmes, détaille le Syndicat des enseignants Unsa. « La parole des parents et des organisations syndicales représentant les personnels n’est pas entendue » renchérit le SUipp34.

    Dans ce contexte, les résultats du dernier baromètre du Syndicat des enseignants Unsa n’ont rien d’étonnant. Ils sont ainsi trois sur quatre à se déclarer inquiets sur leur avenir, et 71% ne se sentent ni respectés ni reconnus dans l’exercice de leur métier, selon cette enquête à laquelle ont répondu plus de 42 000 agents et rendue publique à la veille de la rentrée.

    « Le salaire, fatigue majeure des personnels »

    « Ça dit quelque chose de très important de la défiance qui s’est installée entre les personnels et entre les politiques éducatives qui ont été conduites ces dernières années », souligne la secrétaire générale du syndicat enseignant, Élisabeth Allain-Moreno. « Le salaire est devenu la fatigue majeure des personnels de l’Éducation nationale », ajoute Julie Duhamel, secrétaire nationale du SE-Unsa. Pour 48% des répondants, le mot qui vient spontanément à l’esprit lorsqu’ils pensent à leur travail est celui de « salaire », soit une hausse de 14 points par rapport à 2024. « Pour nombre d’entre eux, le salaire de base n’est plus suffisant pour vivre correctement de son métier », a-t-elle déploré. Le syndicat réclame une revalorisation générale des rémunérations, plutôt qu’un recours accumulé aux primes qui ne rentrent pas dans le calcul de la retraite. Pour Élisabeth Allain-Moreno, le malaise est le résultat de choix politiques accumulés depuis plusieurs années. « Le désengagement du gouvernement dans le service public » depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir en 2017 « à des conséquences dramatiques », a-t-elle jugé.

    Chère cantine à Béziers

    Alors que l’État met fin à l’expérimentation de l’uniforme à l’école, le maire d’extrême droite de Béziers le généralise au frais des Biterrois. En revanche, dénoncent les communistes, Robert Ménard n’a pas vanté la hausse des tarifs de la cantine de 20cts par repas. « C’est un coup dur pour les familles les plus précaires. » Le PCF demande l’annulation de la mesure et la création d’un échelon de gratuité « pour les familles les plus modestes. »

  • À Aix, parents et opposition municipale montent au créneau pour l’école Campra

    À Aix, parents et opposition municipale montent au créneau pour l’école Campra

    Les parents d’élèves de l’école maternelle Campra comptent bien mener leur bataille jusqu’au bout. Voilà plusieurs mois qu’ils enchaînent mobilisations, pétitions et réunions pour alerter l’opinion publique d’une fermeture « officieuse » de classe à la rentrée 2026. Une fermeture qui pourrait mener à la disparition totale de l’une des « dernières écoles intra-muros », précise l’une des mamans.

    Ce jeudi, une poignée de parents du collectif constitué pour sauver l’école a été rejointe par les élus de l’opposition de gauche (Aix Avenir) ainsi que par la représentante, pour Aix, de la Fédération des parents d’élèves (FCPE), Habiba Zemouli. « On nous a annoncé, deux jours avant les élections, de la fermeture de la classe, rappelle Amandine Molla, représentante du Collectif. Avec nos cerveaux de parents, on a fait l’équation. Dans une école où il y a deux classes, déjà avec des effectifs un peu réduits, vous supprimez une classe, vous enlevez les inscriptions des petites sections, forcément, ça va mener à la fermeture d’école. Pour l’instant, nous n’avons aucun démenti. » Elle estime qu’« on va casser quelque chose qui fonctionne ».

    Pour Marc Pena (PS), à la tête du groupe Aix Avenir et député de la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône, cette situation est symptomatique d’un désordre national : « On est dans un contexte où des moyens sont enlevés à l’école, sous prétexte que la démographie serait tassée, qu’il y aurait moins d’élèves (…). Nous pensons qu’à l’occasion d’une démographie qui se tasse, c’est le moment, au contraire, d’avoir moins d’élèves par classe. C’est le moment de repenser des aspects de l’école, pédagogiques, et d’innover. »

    Pourtant, enchaîne Habiba Zemouli, « c’est le choix inverse qui a été fait. Cette logique comptable nous conduit à une réalité que nous dénonçons avec force à la FCPE ». Soit des « déserts éducatifs publics », une désorganisation dans la vie familiale et dans le temps de transport scolaire.

    « Un projet de société »

    « Les élus que nous sommes, de gauche et écologistes, disons que l’école de la République n’est pas qu’un service public. C’est un projet de société, la logique comptable au national, on la refuse à Aix, résume le conseiller d’opposition David Tessier (PCF). à Aix, on nous explique que, lorsque l’on fait le bilan des ouvertures et des fermetures tel que l’académie nous le présente, la situation ne serait pas si mauvaise, puisqu’on ne serait pas à moins douze, mais à moins sept classes, en comptant cinq ouvertures dans le même temps. Nous contestons de façon absolue cette logique. Parce que, dans les écoles, on ferme des classes (…) et cela dégrade le service public (…). Nous appelons à intensifier la mobilisation de tous les acteurs de l’école publique et à soutenir les parents d’élèves dans leur mobilisation. »

  • À Aix, des parents mobilisés contre la fermeture d’une classe

    À Aix, des parents mobilisés contre la fermeture d’une classe

    À la sortie de l’école, dans la vieille ville d’Aix, les parents réunis distribuent des masques et des ballons colorés à leurs enfants. Mais l’heure n’est pas à la fête. « On manifeste contre la décision de la mairie et du rectorat de fermer la classe de petite section dès la rentrée, qui va naturellement entraîner la fermeture totale de l’école d’ici deux ans », explique Amandine, principale figure du collectif des parents de l’école Campra.

    Certains parents ont découvert cette situation en mars, comme l’explique Alice, maman de la petite Elora, 3 ans, qui aurait dû faire sa rentrée en septembre à l’école Campra, en petite section : « J’ai reçu un mail de l’école Grassi [située en dehors du Vieux Aix, Ndlr] m’indiquant que ma fille était inscrite pour l’année prochaine. Or, elle devait être scolarisée à Campra, notre école de secteur. » C’est par ce mail que des parents, stupéfaits, comprennent que la classe pourrait fermer. « La mairie ne nous a jamais envoyé de communiqué officiel. C’est en insistant auprès de la directrice de l’école, qui était défendue d’en parler, que nous avons eu des réponses à nos questions », complète Amandine.

    Un mouvement pour « l’école publique »

    Le cortège déambule jusqu’à la mairie, ce mardi, pour espérer faire pression sur les élus. Plusieurs policiers les escortent. Les enfants récitent avec émotion une version modifiée de « La Marseillaise ». « Fermer l’école, c’est fermer nos cœurs (…) C’est notre refuge, notre maison… »

    Parmi les manifestants, d’anciens élèves, mais aussi des enfants et parents d’élèves d’écoles alentour. « Ce mouvement, c’est celui de l’école publique », explique Habiba Zemouli, déléguée locale de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) : « Campra est la dernière école publique située dans le Vieux Aix. Le reste, ce sont des écoles privées. (…) L’école n’est pas un produit. » Elle ajoute : « Maintenant, les classes des autres écoles vont être en sureffectifs. »

    Le mouvement reçoit le soutien d’élus de l’opposition municipale à Aix, comme Clément Frel-Cazenave (écologiste). Selon lui, la situation peut encore évoluer : « On espère que le poids des parents d’élèves va faire annuler la décision. » Une pétition contre la fermeture a déjà recueilli plus de mille signatures. Une journée « portes ouvertes » contre la fermeture est prévue dans deux semaines à l’école, pour sensibiliser le plus grand nombre.

  • Les parents dénoncent une classe de maternelle à 30 enfants à Garde-Colombe

    Les parents dénoncent une classe de maternelle à 30 enfants à Garde-Colombe

    Trente, c’est trop ! » Plusieurs parents et enseignants ont manifesté ce jeudi matin à 7h30 devant l’école Henri-Audibert de Garde-Colombe pour dénoncer le sureffectif de la classe de maternelle, qui comptera trente élèves à la rentrée 2026. Face à cette situation, les parents d’élèves réclament l’ouverture d’un quatrième poste au sein du personnel éducatif. Selon eux, avec un effectif de trente élèves regroupés en une classe, de la petite à la grande section, l’école présente le sureffectif le plus important des Hautes-Alpes. Or, depuis 2020, le ministère a fixé pour objectif de plafonner les classes de grande section à 24 élèves maximum. Le sureffectif, déjà présent en 2025, avait occasionné la mise en service de moyens provisoires.

    Les parents réclament l’ouverture d’un poste

    Les parents d’élèves mobilisés dénoncent qu’à la rentrée 2026, la carte scolaire ne prévoit pas d’ouverture d’un nouveau poste pour l’école, nécessaire selon eux pour assurer de bonnes conditions d’apprentissage compte tenu du nombre d’élèves. « Une classe en sureffectif en maternelle, c’est un risque de tensions pour l’ensemble de la classe, de fatigue excessive et d’épuisement professionnel », dénonce le communiqué paru jeudi. A.F.

  • Le monde éducatif reste mobilisé et attentif

    Le monde éducatif reste mobilisé et attentif

    « Le combat n’est pas fini ». En cette rentrée scolaire après les vacances de Pâques dans la région, enseignants, parents d’élèves et lycéens ne désarment pas. Après plusieurs mobilisations, dont des manifestations d’ampleur contre la baisse des moyens à tous les niveaux dans les établissements, entre mi-mars et début avril, la question se pose de la continuité du mouvement de colère dans l’éducation.

    Et la CGT Éduc’Action des Bouches-du-Rhône donne le ton : « Au retour des vacances, poursuivons et amplifions la grève ». « Il y a une mobilisation prévue ce 30 avril. L’idée est toujours de s’opposer aux pertes de moyens et aux fermetures de classes », campe Monia Haddaoui, pour l’organisation syndicale. Une manifestation à l’appel de « l’assemblée générale interéduc des grévistes » pour cette date est en cours d’élaboration.

    L’initiative est notamment relayée par la section départementale du Mouvement national lycéen (MNL 13), à la pointe des blocus qui avaient agité la cité phocéenne. L’assemblée générale interlycéenne se déroulait d’ailleurs ce samedi 25 avril, à Marseille. « La mobilisation de toute l’éducation dure depuis le 5 mars et aucune de nos revendications n’a été satisfaite. L’intersyndicale doit appeler à une journée de grève et d’action », enjoignent les lycéens avec la fougue de la jeunesse qui les caractérise. « Ils étaient à l’origine des mobilisations de mi-mars et leur première revendication était que l’administration rende les 1 000 heures perdues sur l’académie », abonde Monia Haddaoui. Elle prend pour exemple « certains lycées qui perdent plus de 100 heures d’enseignement ».

    Son homologue du Var, Élodie Hernandez, laisse aussi la porte ouverte à de nouvelles actions : « Ce qu’on a lancé en mars va continuer ! On a réussi à réunir un arc syndical très large pour lutter contre les baisses de moyens. Et on avait convenu qu’on allait poursuivre ce travail avec la rédaction d’un cahier revendicatif intersyndical. Est-ce qu’on relance une journée de grève… ? À voir ! ». Même principe dans le Vaucluse. Tanguy Langlet, pour le Snudi-FO, explique que « le directeur académique avait dit qu’il était ouvert aux audiences. On sait que certaines écoles seront reçues pour cette rentrée. Il y aura donc des mobilisations qui vont continuer ».

    Un 1er-Mai pour plus

    de moyens

    Tout l’enjeu réside dans le fait que les instances entérinant, du moins temporairement, les cartes scolaires pour les écoles ont eu lieu juste avant les vacances scolaires, dans la plupart des départements de la région.

    Mais rien n’est scellé, puisque les effectifs exacts des établissements ne sont pas encore fixés. « Les fermetures de classes sont en route, mais on ne va pas lâcher l’affaire. Dans certaines écoles, il y a des classes avec des points d’interrogation et le nombre d’inscriptions pour la prochaine rentrée jouera sur la réouverture », explique Céline Peccini, co-secrétaire départementale de la FSU-SNUipp 13. La syndicaliste évoque donc de possibles avancées « au cas par cas » et nuance : « Il y aura des mobilisations, à la marge, qu’on soutiendra. Mais on n’appellera pas à la grève sur la carte scolaire ». Monia Haddaoui abonde : « Il y a quelques postes en réserve dans les Bouches-du-Rhône. Même s’il n’y aura pas de dotation supplémentaire, il peut y avoir des annulations de fermeture de classes. » En clair, si mobilisation il y a, elle portera sur « le manque de moyens globaux » dans l’éducation nationale ou sur des problématiques locales. « Il y a une école à Aix qui craint une fermeture de l’établissement total à terme : avec la fermeture de classe prévue, elle se retrouve avec une classe unique pour les grandes et moyennes sections », prend pour exemple Céline Peccini.

    Les deux ont aussi dans le viseur le 1er-Mai, pour lequel elles espèrent un focus sur les moyens pour l’éducation nationale. « On va y mettre toute notre rage face à ce budget injuste. On ne peut même plus travailler à moyens égaux, c’est l’occasion de manifester notre colère face aux fermetures de classes », conclut-elle.

    Les pratiques de l’inspection dans le viseur

    Le Snes-FSU et la CGT éduc’action dénoncent les pratiques, révélées dans La Provence du 24 avril, du directeur académique des Bouches-du-Rhône, Jean-Yves Bessol, après l’envoi, début avril, de courriers à des parents de lycéens identifiés comme manifestants. Lors d’une mobilisation à Marseille, le 26 mars, contre la baisse des moyens, des élèves ont été photographiés par l’inspecteur d’académie, qui a demandé aux établissements d’identifier les lycéens. Une « tentative d’intimidation injustifiée » et une « méthode grave et scandaleuse », tonnent les syndicats.

    LE POINT DANS LES DÉPARTEMENTS

    « L’académie la moins bien dotée » – Élodie Hernandez, co-secrétaire générale CGT Éduc’action Var

    « Notre académie reste la moins dotée, pour les écoles comme les collèges et lycées, de France ! Le Var a toujours le plus faible nombre de professeurs par élève. On veut globalement plus de postes pour fonctionner. Il faut avoir en tête que les fermetures de classes n’ont pas les mêmes conséquences selon les écoles. Si l’on ferme une classe dans une école de seulement de cinq classes, le nombre d’élèves répartis dans les classes va énormément augmenter. Plus que si c’était sur dix classes, par exemple. On peut encore les faire reculer sur des fermetures de classes. »

    « Nous avons bon espoir » – Carine Ouerfelli, administratrice MPE des Bouches-du-Rhône

    « Nous avons eu une rencontre avec le Dasen, le 14 avril dernier, pour aborder le cas d’écoles et de collèges qui avaient fait des remontées. En général, il justifiait les fermetures de classes par la baisse démographique. Nous lui avons répondu en parlant des situations de terrain. Il y aura donc des écoles qui feront peut-être l’objet d’une révision. Pour l’heure, il n’y a pas de confirmation, mais nous avons bon espoir d’obtenir des avancées d’ici la rentrée 2026-2027. Les décisions ne sont pas encore totalement prises, certaines situations seront peut-être révisées. »

    « Une fermeture de classe, c’est une commune qui meurt » – Floriane Imbert, co-secrétaire départementale FSU Snuipp Hautes-Alpes

    « On a perdu deux postes dans le département et deux classes qui ont fermé pour le premier degré. Un poste d’enseignant spécialisé de Rased (réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté) en moins également. Au départ, plus de postes spécialisés devaient être supprimés, mais on a réussi à faire comprendre qu’il y avait des besoins sur ces postes et pour les élèves en difficulté. Et le Dasen [Directeur académique des services de l’Éducation nationale, ndlr] a un peu changé la copie. Nous n’avons pas d’ouverture de classes du fait de la baisse démographique dans le département. À la FSU-Snuipp, on pense qu’il faudrait profiter de cette baisse démographique pour avoir moins d’élèves en classe, et donc de meilleures conditions d’apprentissage et de travail. C’est dans l’intérêt des élèves comme des enseignants. Côté second degré, il y a eu une mobilisation contre la fermeture d’un internat, à Embrun. Plus globalement, on est un petit département, donc on est moins impacté que les gros. Mais le peu de fermetures qu’il y a, peuvent entraîner des surcharges de classes selon les niveaux. Nous avons beaucoup de petites écoles dans des petites communes. Une fermeture dans ces zones équivaut parfois à la commune qui en meurt. »

    « Le bilan n’est pas acceptable » – Tanguy Langlet co-secrétaire du Snudi-FO Vaucluse

    « La dernière réunion, le comité social d’administration et le comité départemental de l’éducation nationale, ont eu lieu avant les vacances, le 9 avril. Pour l’instant, on est sur un bilan de 43 fermetures de classes pour 21 ouvertures. Un bilan négatif donc, qui n’est pas acceptable. En plus, aucun poste de remplaçant n’est créé. Et c’est une inégalité dans l’instruction publique : ce n’est pas possible qu’une classe ne soit pas remplacée pendant des semaines ou plusieurs fois. Pour nous, ce n’est pas fini. Jusqu’en septembre, il y a des possibilités de mobilisation pour que le directeur académique revienne sur certaines situations. »

    « Pas d’équité éducative » – Gweltaz Broudic co-secrétaire FSU-Snuipp Alpes-de-Hte-Provence

    « Nous avons eu une instance le jeudi, juste avant les vacances, pour un projet définitif de carte scolaire. Dans la mesure où aucun poste de réserve n’a été prévu par la Dasen, ça va être compliqué de faire des ajustements pour la rentrée. Nous sommes très déçus du projet présenté par l’administration, qui ne répond pas aux besoins du terrain, notamment en matière d’équité territoriale et éducative. Nous avions identifié des besoins d’ouvertures qui ne sont pas possibles avec les moyens que s’est donnés la direction. Et même avec les deux suppressions de postes sur le département, il y avait moyen de faire un projet un peu équilibré et ambitieux. »

  • Vincent Bouget s’oppose aux 18 fermetures de classes à Nîmes

    Vincent Bouget s’oppose aux 18 fermetures de classes à Nîmes

    Mardi 14 avril, ils étaient encore nombreux, parents, enfants, enseignants, à se mobiliser devant l’école Prosper-Mérimée à Nîmes pour s’opposer à la nouvelle carte scolaire qui prévoit une fermeture de classe dans cette école du quartier de la Croix de Fer. Un cortège s’est ensuite rendu devant les locaux de la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (Dsden) pour faire entendre le mécontentement.

    Comme partout dans le département ces dernières semaines, de nombreuses mobilisations se sont déroulées à Nîmes pour s’opposer aux 18 fermetures de classe prévues pour la rentrée 2026. S’il a déjà fait part de son opposition à ces fermetures lors d’une réunion le 2 avril avec Christophe Mauny, le directeur académique, Vincent Bouget a cette fois pris la plume pour réaffirmer son « désaccord profond » dans une lettre envoyée au Dasen. Pour le maire communiste, professeur d’histoire-géographie de formation, la baisse des effectifs doit permettre au contraire de baisser le nombre d’élèves par classe plutôt que de faire des économies.

    Lutter contre les inégalités

    « L’éducation, par l’apprentissage des savoirs, est le levier majeur de l’émancipation de notre jeunesse. L’école est également l’écrin d’une sociabilisation apaisée, de l’ouverture à l’autre, et de la confiance en soi. Or, les études, y compris celles de la Chambre régionale des Comptes dont l’objectif principal est la rationalisation des coûts et dépenses au regard des politiques publiques, démontrent que le nombre réduit d’élèves par classe amoindrit considérablement les inégalités et favorise la réussite scolaire de tous les enfants. », écrit-il.

    Une autre mobilisation a été particulièrement suivie à Nîmes : celle de l’école Georges-Bruguier, dans le quartier du Chemin-Bas d’Avignon où une classe de CP sur les cinq que compte l’établissement doit fermer en septembre. Jeudi 9 avril, 100% des enseignants étaient en grève. Avec cette fermeture, les effectifs par classe pourraient passer de 12 aujourd’hui à 15 en septembre. Or cette école possède l’indice de position sociale (IPS) le plus bas de l’académie et a donc des besoins spécifiques.

    C’est d’ailleurs sur ce point qu’insiste aussi Vincent Bouget dans son courrier soulignant que « le département du Gard est l’un des plus pauvres de France, et la ville de Nîmes compte plus de 40 000 personnes vivant sous le seuil de pauvreté ce qui représente près de la moitié des enfants scolarisés ». « L’ambition que nous portons à l’enfance et aux questions d’éducation implique de considérer la réussite comme un projet d’avenir. Et nous ne pouvons imaginer l’appréhender par le seul biais d’une gestion comptable qui s’appuie sur des ratios. Le dédoublement des classes étendu à l’ensemble des niveaux dans l’élémentaire est une des solutions qui répond à cette ambition », conclut le maire de Nîmes qui demande « le maintien de l’ensemble des classes existantes ».

  • Gard et Hérault face à la « fonte des classes »

    Gard et Hérault face à la « fonte des classes »

    Non à la fonte des classes ! » Même si la situation est grave, le syndicat Sud Education de l’Hérault ne perd pas son humour pour dénoncer les fermetures de classes qui se profilent pour la rentrée 2026. Les cartes scolaires se préparent maintenant. Les bras de fer aussi. « Comme dans le second degré, la baisse démographique va servir de prétexte au gouvernement pour réaliser de grosses économies », analyse le syndicat. « Dans l’Hérault, la saignée se traduit par la fermeture de dizaines de classes : 111 fermetures pour seulement 39 créations, y compris dans des écoles rurales isolées, dans des écoles dont les IPS [indice de position sociale] sont très bas, ou même en éducation prioritaire, qui n’est malheureusement pas épargnée », explique encore Sud 34 éducation sur son site internet.

    Dans le Gard, les fermetures de classes en primaire (maternelle et élémentaire) inquiètent aussi. « Moins d’élèves ne doit pas signifier moins de moyens ! », prévient l’Unsa éducation du département.

    Ce vendredi 17 avril, veille des vacances de Pâques dans l’académie de Montpellier, le Conseil départemental de l’éducation nationale (CDEN) devait se prononcer sur les décisions présentées le 9 avril en Comité social d’administration spécial départemental (CSA-SD), seule instance de négociation entre syndicats et académie. Pour le premier degré (maternelle et élémentaire) hors zone d’éducation prioritaire, la carte scolaire 2026 envisagée se traduit pour l’Hérault par 28 créations de classes, dont 13 en maternelle mais surtout par 52 fermetures, dont 11 en maternelle, selon les documents rendus publics par les syndicats. Les écoles en zone d’éducation prioritaire (ZEP) ne sont pas épargnées : 31 classes seraient supprimées dont au moins 17 en maternelle ! Parmi les écoles élémentaire touchées : Franklin Roosevelt à Montpellier avec 6 classes supprimées, ce qui va entraîner la fermeture pure et simple de l’école.

    Autre exemple, l’école Les Romarins à Béziers perd une classe mais grâce aux syndicats la suppression prévue à l’école Gaveau-Macé a été retirée de la liste. Ce n’est pas le cas pour les écoles Galilée , Daubié et Bolivar à Montpellier. Pour les écoles maternelles, la saignée est forte en ZEP : Carnot à Béziers est placée « sous surveillance » (une classe pourra ou pas être supprimée). À Lunel, trois écoles maternelles sont touchées par des fermetures : Gambetta, Pont de Vesse et Arc-en-ciel. À Montpellier, les écoles Virginia Woolf et Vincent Van Gogh seront fermées après la suppression de 2 et 3 classes. Côté créations, 12 classes sont prévues au sein du Pôle éducatif Halles Nord à Montpellier, une classe à l’école Samuel Paty à Béziers et une autre à Hypatie à Montpellier. Mais ces 14 créations de classes sont loin de compenser les suppressions dénoncent les syndicats.

    Dans le Gard, 21 fermetures sont prévues en zone d’éducation prioritaire en maternelle, élémentaire et primaire. Saint-Gilles, Nîmes, Alès et Beaucaire sont les communes concernées. Hors éducation prioritaire, ce sont 38 fermetures de classes qui seront effectives à la rentrée 2026 avec, parmi les communes touchées, Nîmes, Beaucaire, Alès, Saint-Gilles, Bessèges, Bagnols, Pont-Saint-Esprit ,Saint-Laurent-d’Aigouze , Saint-Jean-du-Gard, Caissargues, Vergèze, Bouillargues, Les Salles-du-Gardon Laudun, Pont-Saint-Esprit, Aimargues – Fanfonne Guillierme, Manduel… Côté créations de classes, 14 seulement au total sont envisagées dans le département du Gard. Si des ajustements sont possibles en juin et septembre, « toute ouverture serait compensée par une fermeture », aurait déclaré le Directeur académique aux syndicats. Ambiance. L’argument massue du ministère de l’Éducation pour justifier ces fermetures est toujours le même : la baisse des effectifs. Mais pour la première fois, le service statistiques du ministère a fait des projections à 10 ans et estime, selon ses calculs, que d’ici 2035 les écoles primaires auront perdu au moins 933 000 élèves.

    Moins 9 635 élèves d’ici 2035 dans le Gard et moins 13 868 dans l’Hérault

    Ces projections ont été déclinées par académie et par département et sont autant d’épées de Damoclès. Ainsi, selon les documents consultés par La Marseillaise, le Gard passerait de 59 005 élèves de primaire en 2025 à 49 370 élèves en 2035, soit une baisse de 9 635 enfants de la maternelle au CM2. En avant les fermetures ! Pour l’Hérault, qui compte 94 508 élèves scolariés en 2025, seulement 80 640 enfants seront en maternelle et élémentaire en 2025, soit une baisse de 13 868 élèves en dix ans. Sur l’ensemble de l’Académie de Montpellier, au moins 35 521 élèves seront perdus d’ici 2035, passant de 221 424 enfants scolarisés en primaire en 2025 à 185 903 dix ans plus tard. De quoi justifier l’injustifiable ?

    « Moins d’élèves ne doit pas signifier moins de moyens ! »

  • À Lunel-Viel, deux classes sur la sellette

    À Lunel-Viel, deux classes sur la sellette

    Nos enfants ne sont pas des moutons, arrêtez de les compter ! » La pancarte trône devant l’école élémentaire Gustave-Courbet à Lunel-Viel, le 14 avril. Dans cette commune de 4 500 habitants, les premières esquisses de la future carte scolaire mettent en colère profs, parents et enfants, venus manifester en cette matinée ensoleillée. « Deux classes devraient fermer. Une à l’école maternelle Les Thermes, conduisant à des classes de 18 élèves, ce qui est difficilement contestable. En revanche, une autre classe de l’école élémentaire Gustave-Courbet fermerait, mais la démographie n’a pas suffisamment baissé pour que ça n’ait pas d’impact numérique sur les classes », avance Julien Domergue, délégué parents d’élèves.

    De 13 classes pour 310 élèves, l’élémentaire ne compterait, à la rentrée prochaine, que 12 classes pour 295 élèves, induisant mécaniquement une augmentation du nombre d’élèves par classe, passant de 24,5 à 26 élèves. « Dans la commune, il y a 20% de familles monoparentales, 16% de personnes vivant sous le seuil de pauvreté. Des difficultés depuis plusieurs années sont remontées par les enseignants sur le rapport à l’autorité des élèves, de plus en plus de protocoles pHARe [dispositif de lutte contre le harcèlement, Ndlr.] sont déclenchés et des actes d’incivilité des élèves sont plus fréquents », énumère Julien Domergue. Des problèmes de comportement que l’on retrouve dans les niveaux CM1 et CM2, formant le gros du bataillon des écoliers, « avec 28 ou 29 élèves par classe l’an prochain. » Face à cette problématique liée à la précarité, cette fermeture viendrait ajouter une épine dans le pied d’une communauté éducative on ne peut plus fatiguée. « Le système éducatif doit être une priorité et la baisse du nombre d’élèves doit permettre de meilleures conditions d’apprentissage », insiste Julien Domergue. Une pétition* a été lancée – recueillant 349 signatures à l’heure où La Marseillaise mettait sous presse – et un courrier a été envoyé par les enseignants au Dasen, lui demandant de revoir sa copie « au moins sur les deux ans à venir », le temps que le nombre d’élèves baisse vraiment.

  • Dans le Gard, 59 classes fermées en septembre ?

    Dans le Gard, 59 classes fermées en septembre ?

    « Une gifle. » Voici comment le syndicat Unsa a qualifié l’annonce jeudi 9 avril du Dasen qui prévoit de fermer 59 classes sur tout le département. Nîmes, Alès, la ruralité, les maternelles, les primaires, l’éducation prioritaire, aucun secteur n’est épargné. Face à cette présentation, les syndicats ont évidemment voté contre cette carte scolaire alors qu’une manifestation réunissant enseignants, parents et syndicats se tenait devant le siège du Dasen.

    Dans le détail, le Dasen prévoit 14 ouvertures de classes dont dix à Nîmes (neuf en éducation prioritaire) mais aussi à Saint-Ambroix, Beaucaire (éducation prioritaire), Milhaud et Redessan. Le Dasen a aussi consenti à revenir sur trois fermetures prévues à Nîmes (à Georges-Bruguier, Mont-Duplan et Rangueuil). Mais il reste tout de même 59 classes menacées de fermeture dont 17 à Nîmes, six à Alès ou encore deux à Saint-Gilles.

    « La baisse démographique est réelle mais on n’améliore pas les conditions d’enseignement. Il y a des points comme Bessèges par exemple où on avait sauvé la classe l’an dernier mais il prévoit à nouveau de la fermer sauf que ça va faire des classes en maternelle à 25 ou 26 avec des cas pas possibles et une misère sociale importante… C’est une catastrophe. On fait tout peser sur la maternelle alors que c’est le début de la scolarité », fustige Myriam Vermale, co-secrétaire du Snuipp-FSU du Gard.

    Mais ces arguments n’ont pas influencé le Dasen. « Le Dasen, il est honnête, il nous l’a dit, s’il ouvre une classe, il doit en fermer une. S’il ne ferme pas une classe, il en fermera une autre ailleurs. Aujourd’hui, aucune école n’est tranquille parce que la carte scolaire n’est pas arrêtée », avertit Myriam Vermale. D’ailleurs, dix classes sont « sous surveillance » des syndicats dont des classes à Barjac, Vénéjean ou Lassalle qui pourraient avoir de mauvaises surprises.

    Sur ces 59 fermetures, toutes ne sont pas non plus à défendre. Les syndicats ont contacté les écoles concernées et tentent d’influer sur celles qui affirment avoir des effectifs suffisants pour s’opposer aux fermetures.

    Nouvelles négociations

    le 17 avril

    La FSU du Gard regrette également les suppressions de postes d’enseignants : « Le Dasen appuie les directives ministérielles donc il crée des postes mais hors de la classe avec les pôles d’appui à la scolarité pour la gestion des élèves en difficulté. Il dit que ça va tout révolutionner mais il pompe neuf postes d’enseignants sur le premier degré. On part avec une dotation de moins 27 postes. »

    Le Dasen a aussi prévu de créer à nouveau trois classes Ulis, poursuivant la dynamique de déploiement de ces Unités localisées pour l’inclusion scolaire dans le département. Mais ces ouvertures pèsent aussi sur le nombre d’enseignants puisque ces postes sont ponctionnés dans les effectifs des enseignants. « Puisqu’il crée des Ulis dont on a besoin, il crée aussi un poste de coordonnateur Ulis ce qui nous fait encore perdre un poste d’enseignant », s’agace Myriam Vermale.

    Une nouvelle réunion s’est tenue jeudi 16 avril mais la nouvelle véritable négociation se déroulera vendredi 17 avril en conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN). L’occasion de voir si les nombreuses mobilisations à Aimargues, Nîmes, Bagnols-sur-Cèze, Bessèges, Moulézan, Tornac, les Salles-du-Gardon, Cavillargues, Saint-Julien-de-Peyrolas ou encore Vers-Pont-du-Gard influeront sur les choix du Dasen.