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  • Un accord « gagnant-gagnant » pour les femmes de chambre

    Un accord « gagnant-gagnant » pour les femmes de chambre

    Ce lundi, devant l’hôtel Saint-Charles qui fait face à la gare du même nom à Marseille, les sourires et les accolades ont remplacé le bruit des casseroles qui étaient présentes pendant les plusieurs semaines de grève d’une partie du personnel.

    « On signe aujourd’hui un protocole de fin de conflit. La lutte a payé », campe Gaëlle Barbero, défenseure syndicale et juriste de la CNT-SO 13, la joie sur son visage. Une conclusion heureuse pour un conflit qui remonte à la fin décembre dernier (lire notre article du 18/04), où femmes de chambre et plusieurs salariés de cet ex-Holiday Inn avaient entamé une grève de plus de 15 jours contre une vague de « licenciements économiques », dont le bien-fondé était contesté. Si ces derniers n’ont pas été empêchés, reste que l’accord trouvé est plus que favorable aux petites mains du mouvement. « Après plusieurs semaines d’attente, on a réussi à trouver une solution qui arrange les deux parties, c’est gagnant-gagnant », résume Toufiq Ghodbane, ex-employé de l’hôtel et délégué syndical de la CNT-SO. Ce dernier fait partie des six licenciés économiques. S’il a « un goût amer », il « part la tête haute » : « Sans la lutte, sans le courage des camarades femmes de chambre, sans le rapport de force et le travail de la CNT-SO, je n’aurais pas eu autant. »

    Et pour cause : l’accord entre direction et syndicat « accorde des sommes très avantageuses aux salariés licenciés, via des dommages et intérêts », explique Gaëlle Barbero. Avant de développer : « Pour les anciens grévistes qui sont toujours en poste, on a obtenu une protection de deux ans et l’assurance qu’ils ne seront pas licenciés pour deux ans. » Cerise sur le gâteau : « On a aussi négocié des ruptures conventionnelles qui seront accordées si les femmes de chambre souhaitent partir d’ici mars 2027 et le paiement des jours de grève à 50%. »

    Un chemin sinueux

    Un dernier point qui n’est pas anodin : « Comme la moitié de l’équipe a été licenciée, si elles sont en surcharge de travail, il y a cette porte de sortie », ajoute-t-elle. On comprend mieux l’importance de ces négociations : « Il y a plus de travail qu’avant », dénonce Dibaros, femme de chambre toujours en poste sur l’établissement. Si elle se dit « mécontente » pour ses collègues licenciés, elle voit aussi le positif de cette fin de conflit : « Ça fait plaisir ! » D’autant que le chemin a été sinueux : « Les négociations n’avaient rien donné après les 15 premiers jours de grève », se remémore Gaëlle Barbero. Puis l’établissement a fermé ses portes pour travaux avant de rouvrir le 2 avril dernier, le mouvement social avait été suspendu. C’est finalement la menace d’une reprise de la grève qui aura permis cette fin de conflit. Présente sur place, la directrice de l’établissement n’a pas souhaité faire de commentaires.

  • A l’hôtel Saint-Charles,la grève de la propreté a payé

    A l’hôtel Saint-Charles,la grève de la propreté a payé

    Si tous les licenciements ne sont pas évités, la lutte a permis des conditions de départs bien supérieures à ce qui était proposé, des garanties sur la protection, le maintien des droits et acquis du personnel et le paiement de la moitié des jours de grève », se félicite leur syndicat CNT-SO. Un rassemblement de soutien est prévu lundi 20 avril à 9h devant l’hôtel, avant la signature du protocole.

    Les femmes de chambre et équipiers de l’Hôtel Marseille Centre Gare Saint-Charles s’étaient mis en grève, le lundi 29 décembre 2025, jusqu’au 12 janvier 2026. Ces salariés du groupe Alboran dénonçaient une vague de licenciements « sous prétexte de travaux de rénovation ». L’hôtel a réouvert partiellement ce 2 avril. Alors que les femmes de chambre et les équipiers affectés à la propreté s’apprêtaient à reprendre leur mobilisation, le groupe Alboran a préféré négocier un accord de fin de conflit.

    Le mouvement de grève a mis en lumière « les pratiques inacceptables du groupe Alboran et de l’Hôtel marseillais : licenciements injustifiés, mépris des travailleurs et remise en cause de droits élémentaires », rappelle le syndicat. Déterminés à faire valoir leurs droits, les salariés ont tenu un piquet de grève devant l’hôtel durant plusieurs jours et obtenu un accord de sortie de crise. Les grévistes arrachent des avancées majeures : « Dommages et intérêts pour les licenciés largement supérieurs aux premières propositions de la direction, paiement de 50% des jours de grève, garantie de reprise de l’ensemble des avantages acquis en cas de changement de sous-traitant, garantie de non-licenciement économique des grévistes jusqu’à fin 2028 », précise la CNT-SO, qui remercie les soutiens apportés aux grévistes durant cette courageuse lutte.