Tag: fascisme

  • « Le fascisme a aussi été théorisé en France »

    « Le fascisme a aussi été théorisé en France »

    La Marseillaise : Quel est cet ouvrage que vous venez présenter ?

    Pierre Serna : C’est un hommage à Zeev Sternhell, partagé avec les experts du fascisme que j’ai réunis pour l’écriture de ce livre. Cet historien a passé sa vie à déterrer les racines du fascisme en France, ainsi qu’à dénoncer la dérive nationaliste de son pays d’origine qu’est Israël. Jusqu’à parler d’un fascisme israélien semblable au nazisme sous sa forme de 1933.

    Le fascisme aurait-il déjà existé en France ?

    P.S. : C’est tout le débat qui existe entre Zeev Sternhell et d’autres courants de science historique. Certains pensent que la France est imperméable au fascisme et qu’il n’y a jamais eu d’épisode à l’italienne. Sternhell dit qu’au contraire, il y a une matrice plus forte de fascisme en France. L’ultranationalisme, la corporation, faire corps avec le Capital, la violence comme mode d’action et l’antisémitisme de l’extrême droite : tout cela a été théorisé en France et sert de socle au fascisme. Les chemises vertes de l’entre-deux-guerres et l’État français de Pétain en sont des exemples.

    Il y aurait un cadre propice au fascisme, mais quelle serait son origine ?

    P.S. : La théorie de Zeev Sternhell parle d’une droite révolutionnaire qui évolue à côté des autres droites radicales. Elle prend racine face à la modernité déshumanisante de la révolution industrielle et porte en elle des idées révolutionnaires, venant du rêve égalitaire de la Révolution. Le boulangisme en est un prolongement.

    Y aurait-il plusieurs fascismes ?

    P.S. : C’est pour ça que l’ouvrage a été écrit à plusieurs. Pierre Salmon aborde le franquisme en Espagne, Valeria Galimi le fascisme italien. Benjamin Stora est spécialiste de la guerre d’Algérie et nous explique comment le fascisme s’exprime dans les colonies, ce qui clôt le volume et renvoie à l’importance de la colonisation française pour comprendre l’histoire de la métropole.

  • Une soirée de solidarité pour les victimes du Prolé d’Alès

    Une soirée de solidarité pour les victimes du Prolé d’Alès

    Plus de trois mois après l’attaque du Prolé dans la nuit du 30 au 31 mai, le Parti communiste français a tenu à organiser une soirée de solidarité pour les victimes. L’objectif est de récolter des fonds pour une caisse de soutien qui permettra de les aider pour leurs frais d’avocat. « C’est une soirée pour financer les victimes mais aussi parce qu’il faut faire la fête, faire une fête antifa », explique Giovanni di Francesco, secrétaire de la section PCF d’Alès qui s’est également porté partie civile dans ce dossier. Vendredi 26 septembre (20h30), deux groupes (Paris-Brest et MC’s du Midi) viendront donc jouer bénévolement dans la cour du Prolé.

    L’objectif est également de rappeler les faits alors que l’enquête patine. En effet, malgré le dépôt par plusieurs victimes d’éléments prouvant l’implication des néofascistes du Bloc montpelliérain, aucune arrestation n’a encore eu lieu trois mois et demi après les faits. « Le parquet et la police ne se bousculent pas au portillon pour mener l’enquête. Va-t-on tirer un trait sur ce qu’il s’est passé ? Ces groupuscules peuvent-ils agir impunément dans notre pays ? Pour l’instant nous n’avons aucune nouvelle. Mais il y a tellement de complaisance au niveau national que la plupart de ces histoires ne sont pas instruites. Le Bloc Montpelliérain faisait partie des groupuscules d’extrême droite qui ont défilé à Paris le 10 mai sous la protection plus que bienveillante de la police », enrage Giovanni di Francesco.

    D’autant que les victimes, et notamment le cheminot qui avait eu le nez cassé, restent sous le choc. « Il va reprendre le travail cette semaine. Il s’est remis de ses blessures physiques mais il était complètement traumatisé parce que c’est un gars qui est un vrai pacifiste dans l’âme », explique le communiste.