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  • [Entretien] Farida Benaouda : « Partir en vacances ne doit pas être un privilège »

    [Entretien] Farida Benaouda : « Partir en vacances ne doit pas être un privilège »

    La Marseillaise : Quel est le sens de cette visite ?

    Farida Benaouda : Je suis venue ici pour mettre des mots, mettre des visages, voir des sourires, voir le regard que ces petits marseillais ont pendant ces « Vacances pour tous ». C’était important de venir à la rencontre des animateurs, des organisateurs, ces grands frères et grandes sœurs, qui travaillent toute l’année sans relâche pour essayer de donner aux enfants une première baignade dans un lac, des premières veillées, une première fois à la montagne… Et leur dire que la Ville de Marseille a été là pour porter ce projet. Car le maire, Benoît Payan, a maintenu le cap, malgré un contexte de restrictions budgétaires. Quand on regarde sur ce volet : en 2021 on était sur une enveloppe de 150 000 euros pour ce dispositif. Aujourd’hui, en 2026, on est sur 750 000 euros. D’autant que cette année, ça a été très difficile, parce que l’État s’est totalement désengagé de plusieurs dispositifs. Mais nous avons fait le choix de maintenir le budget, car on maintient surtout le départ de plus de 1 600 gamins. Ce ne sont pas des chiffres : ce sont des enfants qui vont pouvoir partir en vacances grâce aux « Vacances pour tous », qui vont se créer des souvenirs.

    En quoi ce dispositif permet un coût minime pour les familles ?

    F.B. : Il y a une participation d’un euro à 10 euros par enfant et par jour, en fonction du quotient familial. On essaie toujours de tabler sur le minimum pour les familles. Et ce, pour essayer de faciliter les départs. Il faut se dire que partir en vacances, ce ne doit pas être un privilège. On ne veut pas que les petits marseillais découvrent des vacances à travers des livres, ou à la télé, ou derrière un smartphone, il faut vraiment qu’ils arrivent à vivre ces vacances-là, à vivre cette expérience. Quand on retrouve des enfants qui reviennent de ces colonies et qui savent faire leur lit, alors qu’avant, c’était la maman ou le papa, qui s’en occupait, on a gagné quelque chose. « Les Vacances pour tous », ce n’est vraiment pas un dispositif banal.

    90 ans après le Front Populaire et les premiers congés payés, il faut sanctuariser ce droit aux vacances pour les enfants ?

    F.B. : Évidemment. On se bat pour maintenir ce dispositif, pour le développer. On est d’ailleurs en pleine discussion avec la CAF pour un engagement plus important et ainsi faire partir encore plus d’enfants. Ils partent d’ailleurs de différents quartiers de Marseille, ils ont tous une histoire et viennent de paysages différents, il y a une mixité, à l’image de la ville… Ces enfants et ces jeunes vivent des choses qu’ils ne pourraient pas forcément vivre à Marseille. J’ai discuté avec une petite de 8 ans, c’était sa première randonnée, sa première baignade dans un lac, sa première découverte de la montagne. Elle a découvert une autre vie. Quelque part, ils écrivent un chapitre de leur vie. L’avenir est à travers eux, si on veut rééquilibrer la ville et décloisonner les frontières qui ont été érigées pendant trop longtemps, ça sera grâce à eux. L’équité dans la vie part aussi de là : des vacances. C’est pour cela qu’on aimerait développer encore plus ce dispositif et que l’on va tout faire pour. On souhaiterait ouvrir le catalogue de manière plus large, et peut-être doubler le nombre d’enfants qui partent…

    Quelle importance ont ces colonies dans la vie des enfants ?

    F.B. : Là on n’est plus sur des lignes budgétaires, on est sur la vie en immersion, de comment c’est vécu, et aussi comment ils vivent ça, qu’est-ce qu’ils en ont gardé, quel a été le souvenir le plus marquant, comment ils ont préparé ces vacances…. Parce qu’il y a l’avant, le pendant et le après, et quand on discute avec ces jeunes, ils n’ont pas envie de rentrer chez eux, ils ont envie de prolonger leurs vacances, et nous, on est aussi là pour essayer de récupérer une petite partie de leur histoire, de leurs vacances. Car ce sont ces vacances-là qui vont se retrouver marquées dans leur mémoire à tout jamais. Une colo ce n’est pas juste partir et avoir une semaine de vacances, une colonie c’est vivre en collectivité, c’est l’apprentissage, c’est justement les règles qu’on doit aussi respecter, et c’est grandir, c’est changer, c’est être autonome, c’est tout ça. Ils partent avec une valise qui est pleine de souvenirs, et aussi un petit déclic qui se fait pour chacun d’entre eux.

    Quelle analyse de ce désengagement de l’État ?

    F.B. : C’est un signal très négatif. On s’y attendait un petit peu mais pas à ce point. Ce désengagement a mis un coup à beaucoup de structures. Il faut faire comprendre que les colonies, ce n’est pas juste des chiffres mais bien des moments de vie. Pour certaines familles, les enfants ne pourraient pas partir sans ces dispositifs.

  • Des colos dans les Alpes pour les minots marseillais

    Des colos dans les Alpes pour les minots marseillais

    Quand Farida Benaouda, conseillère municipale déléguée aux Vacances pour tous à la Ville de Marseille, passe la porte du chalet de l’association Contact Club, situé à Réallon au cœur des Hautes-Alpes, elle découvre une quinzaine de minots qui ont des étoiles plein les yeux et des sourires jusqu’aux oreilles. « Moi c’est la première fois que je fais une colo. Je n’étais jamais venu dans les montagnes ! On a fait une randonnée on est partis dans une rivière très froide… Ça a fait du bien », lance un minot de 12 ans.

    À peine les présentations faites, les questions fusent entre l’élue et la petite équipe : Évènement marquant de la semaine, activités incontournables, découverte de la montagne… Il faut dire que leurs journées ont été bien chargées au cœur du magnifique Parc national des Écrins : visite et jeu de piste au fort de Briançon, randonnées, jeux aquatiques au plan d’eau du coin, soirée feu d’artifice et visionnage de film le soir… C’est d’ailleurs le débrief du film Billy Elliot qui les occupe ce matin. L’occasion pour les animateurs, Lyes et Tom, d’aborder des sujets pas forcément simples à appréhender pour des jeunes de cet âge… Mais l’équipe du Contact Club sait manier le fond et la forme avec finesse. Et pour cause : 80% des animateurs sont passés par la structure.

    Une première pour les minots comme pour l’élue

    On comprend mieux pourquoi la colonie fait partie intégrante du village : les voisins saluent avec plaisir les minots, rendent service à la structure et inversement. Une fois la discussion à bâton rompu finie, place à la préparation du repas. Diakité, qui rentre au lycée en septembre et habitué des colos avec la structure, enfile sa charlotte avec plaisir et passe aux fourneaux pour préparer le plat du jour.

    Car l’organisation des tâches ménagères est aussi « une forme d’éducation populaire » avec des groupes qui tournent selon les jours : plonge, cuisine, rangement… Farida Benaouda tient à leur passer ce message : « Le Maire de Marseille, Benoît Payan, est fier d’appuyer le dispositif. Comptez sur nous pour faire mieux et plus pour aider la jeunesse marseillaise à se faire des souvenirs ! ». C’est une première qu’une élue de la Ville aille directement sur les lieux de vacances des minots marseillais qui partent dans le cadre des « Vacances pour tous ». Les jeunes la remercient chaudement et elle repart sous leurs coucous enthousiastes, en direction d’une autre colonie…

    À Pont-du-Fossé, elle rencontre cette fois l’équipe de l’Agamfa qui s’occupe d’une quinzaine de minots âgés de 7 à 11 ans, la plupart venant du centre aéré des Flamants mais aussi d’autres quartiers de Marseille comme La Busserine ou la copropriété du Mail. Hasard du calendrier, ou pas, ils profitent du festival L’écho des mots à Saint-Jean-Saint-Nicolas qui propose justement une myriade d’activités pour petits et grands. Là encore, la montagne et les produits locaux ont fait leurs effets sur les petiots. Quand l’élue demande s’ils sont satisfaits du séjour, les réponses sont unanimes : « Je ne veux pas rentrer demain ! », « On veut revenir l’année prochaine et avec les mêmes animateurs ! ». Najib, le directeur de la colo, court à droite et à gauche pour s’occuper des petits mais confirme : « Ils se régalent ! ». Farida Benaouda insiste : « Vous vous faites des souvenirs pour la vie ! ».

    L’élue achève sa visite marathon avec le centre de vacances Les Jonquilles à Saint-Julien-en-Champsaur. Avec là encore des sourires par dizaines et des minots plus que ravis du cadre et des animations proposées par la structure Aroéven.

    Les petits sortent de la douche et se préparent avec impatience pour la boum de fin de séjour… De quoi revenir à Marseille avec des histoires à raconter et des souvenirs plein la tête.