Tag: famine

  • À Gaza, l’aide humanitaire se fait encore trop attendre

    À Gaza, l’aide humanitaire se fait encore trop attendre

    « À ma connaissance, tous les points de passage de Gaza ne sont pas ouverts à l’aide humanitaire. C’est le principal problème actuellement, et c’est ce que les humanitaires, y compris le CICR, ont réclamé au cours de ces dernières heures », a déclaré un porte-parole du CICR, Christian Cardon, lors d’un point de presse, mardi, à Genève. Cette ouverture doit être effective « de toute urgence », a-t-il insisté. « Nous demandons que tous les points de passage soient ouverts », a insisté à ses côtés un porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires (Ocha) de l’ONU, Jens Laerke.

    Il a également demandé que les points de passage qui avaient été détruits par la guerre soient réparés et ouverts, suite au cessez-le-feu en vigueur depuis vendredi entre Israël et le Hamas après deux ans d’une guerre déclenchée par le mouvement islamiste ayant dévasté la bande de Gaza. Le porte-parole d’Ocha a appelé de ses vœux une montée en puissance de l’aide acheminée à Gaza, mais souligné que cela ne dépendait pas des humanitaires. « Nous disposons dans la région de 190 000 tonnes prêtes à être envoyées », notamment en Jordanie et en Égypte, a relevé M. Laerke. La campagne aérienne et terrestre lancée par Israël pour « anéantir » le Hamas et « ramener les otages à la maison » a fait des dizaines de milliers de morts parmi la population civile de Gaza, décimant des familles entières. L’aide humanitaire n’est rentrée qu’au compte-goutte, un blocus hermétique du territoire imposé par Israël début mars 2025 ayant été relativement assoupli depuis fin mai.

    Des experts partenaires de l’ONU ont confirmé en août qu’une famine était en cours dans une partie du territoire. Israël conteste et a accusé le Hamas de piller l’aide apportée sur place.

    Le Hamas fait la police et règle ses comptes

    Dans ce contexte, le Hamas étend sa présence dans les zones de la bande de Gaza d’où l’armée israélienne s’est retirée, sans attendre la suite des négociations sur le plan du président américain Donald Trump pour Gaza prévoyant de l’exclure de la gouvernance du territoire.

    Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu vendredi après deux ans de guerre avec Israël déclenchée par l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, des journalistes de l’AFP ont vu des membres des forces de sécurité de mouvement islamiste palestinien déployés dans plusieurs villes de la bande de Gaza, sur des marchés ou sur des routes. Après plusieurs jours d’échauffourées, des témoins ont fait état mardi auprès de l’AFP d’« intenses » combats à Gaza-ville, dans le quartier de Choujaïya (Est), opposant selon eux une unité affiliée au Hamas à des clans et gangs armés dont certains seraient soutenus par Israël. « Ce matin, pendant de longues heures, de violents affrontements ont opposé les forces de sécurité du Hamas et des membres de la famille Hilles », a ainsi décrit un riverain, Mohammed, qui refuse de donner son patronyme pour des raisons de sécurité. Lors de sa prise de contrôle de la bande de Gaza en 2007, le Hamas s’est opposé par les armes à de nombreuses grandes familles. Ce témoin évoque « des tirs intenses et des explosions », au lendemain de la libération par le Hamas des 20 derniers otages vivants qu’il retenait, en échange de près de 2 000 prisonniers relâchés par Israël. La Force dissuasive, organe récemment créé au sein de l’appareil sécuritaire du Hamas, « mène une opération » pour « neutraliser des personnes recherchées », a indiqué à l’AFP une source sécuritaire palestinienne à Gaza. Ces « opérations de terrain » visent à « garantir la sécurité et la stabilité dans différentes zones de la bande de Gaza », a-t-elle ajouté. Avec l’approbation des États-Unis. Par ailleurs, le Hamas a accusé Israël d’avoir rompu la trêve en ouvrant le feu mardi. L’armée a déclaré n’avoir tiré que lorsque des « suspects » se sont approchés de la ligne au-delà de laquelle l’armée s’est repliée.

    Soutien au gardien Shaqfa

    Reconnu par les supporters de l’OM sur le réseau social X, Bilo (@BasileBilo) s’associe au journaliste Marwan Belkacem et le média Massilia Zone afin de créer une cagnotte en ligne pour apporter leur soutien au gardien de football palestinien Abdallah Shaqfa. Ce dernier a perdu sa femme en juin dernier lors d’une attaque israélienne visant des tentes civiles à Al-Mawasi, à Gaza, et élève seul ses deux enfants âgés de 6 et 9 ans.

    Camille Kadoum

    Pour participer aller sur le compte @basilebilo (sur X)

  • L’espoir d’une paix durable renaît

    L’espoir d’une paix durable renaît

    De Khan Younès à Jérusalem, des scènes de liesse, de l’espoir. Deux ans et trois jours après le début de la guerre entre Israël et le Hamas, Israéliens et Palestiniens se permettent de croire à la fin de la guerre. Ce jeudi, une étape est franchie : « la version finale de la première phase a été signée, ce matin en Égypte, par toutes les parties en vue de la libération de tous les otages » retenus à Gaza, selon une porte-parole du gouvernement israélien. L’accord devait encore être validé, jeudi, par le cabinet de sécurité israélien, a dit la porte-parole du gouvernement, ajoutant qu’un cessez-le-feu entrerait en vigueur dans les 24 heures suivant cette approbation. Le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, devait ensuite réunir son gouvernement au complet pour le valider. Le ministre d’extrême droite des Finances, Bezalel Smotrich, a déjà annoncé qu’il ne le soutiendrait pas.

    La version finale de la première phase du plan du président américain Donald Trump prévoit un cessez-le-feu entre les belligérants, un échange dans les 72 heures des otages israéliens contre plus de 2 000 détenus palestiniens. Membre élu du Conseil législatif palestinien et du Fatah, Marwan Barghouti, considéré par certains comme le « Nelson Mandela palestinien », emprisonné depuis 23 ans, ne fera pas partie de l’échange, a indiqué une porte-parole du gouvernement israélien.

    Frappes israéliennes

    sur Gaza ce jeudi

    Le plan américain prévoit, par ailleurs, le retrait par étapes de l’armée israélienne à Gaza et le désarmement du Hamas. L’attaque terroriste du 7-Octobre a provoqué la mort de 1 219 personnes, en majorité des civils, en Israël. Sur les 251 personnes enlevées et emmenées à Gaza, 47 y sont toujours retenues, dont au moins 25 sont mortes selon l’armée. En riposte, l’offensive de Tsahal, qualifiée de génocide, a tué plus de 67 194 personnes – en majorité des civils – et dévasté la bande de Gaza notamment par la famine, utilisée comme arme de guerre. « L’Unrwa (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) dispose de nourriture, de médicaments et d’autres fournitures de base prêts à être acheminés vers Gaza. Nous avons suffisamment de provisions pour nourrir toute la population pendant les trois prochains mois », insiste, dans un post sur X, le chef de l’agence onusienne, Philippe Lazzarini.

    Si cet accord de paix fait renaître l’espoir, reste que les bombardements n’ont pas cessé. Plus tôt dans la journée de jeudi, la Défense civile locale a fait état de la poursuite des frappes israéliennes à Gaza. Deux précédentes trêves, en novembre 2023 et début 2025, avaient permis le retour d’otages ou de corps de captifs en échange de prisonniers palestiniens, avant de s’effondrer. « J’exhorte toutes les parties prenantes à saisir cette occasion unique pour établir une voie politique crédible vers la fin de l’occupation, en reconnaissant le droit à l’autodétermination du peuple palestinien, afin de parvenir à une solution à deux États permettant aux Israéliens et aux Palestiniens de vivre en paix et en sécurité. Les enjeux n’ont jamais été aussi importants », pousse le patron de l’ONU, Antonio Guterres.

    Lors d’une réunion à Paris sur « le jour d’après » dans les territoires palestiniens, le président français, Emmanuel Macron, a souligné la nécessité de préserver l’unité de Gaza et de la Cisjordanie sous le contrôle de l’Autorité palestinienne. « L’accélération de la construction des colonies (juives) en Cisjordanie constitue une menace existentielle pour l’état de Palestine », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « elle est non seulement inacceptable et contraire au droit international. Elle alimente les tensions, la violence, l’instabilité et, de fait, elle vient d’abord contredire le plan américain et notre ambition collective d’une région en paix. »

    Les négociations pour la deuxième phase du plan Trump devaient commencer « immédiatement » après la signature de l’accord sur la première phase, avait annoncé un responsable du Hamas.

  • Mobilisation pour le droit international à Martigues et Marseille

    Mobilisation pour le droit international à Martigues et Marseille

    L’arraisonnement des bateaux de la flottille pour Gaza en eaux internationales est un acte de piraterie selon le droit international » fustige le représentant du Collectif Palestine de Martigues, Thierry Louchon, devant les militants rassemblés sur la place Jean-Jaurès, ce jeudi soir. La nouvelle de l’interception de bateaux de la flottille Global Sumud par l’armée israélienne ne passe pas, alors que « ces bateaux sont partis de plusieurs ports européens pour apporter de l’aide humanitaire et des médicaments », rappelle l’organisateur du rassemblement.

    Ça ne passe pas non plus pour le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, qui a écrit à Emmanuel Macron dès l’annonce de l’arraisonnement, jeudi matin. L’adjointe (PCF) Nathalie Lefebvre a été le porte-voix de cette initiative, faisant part de « la plus profonde indignation face aux interpellations contraire au droit, qui criminalisent la solidarité », « alors que la France vient de reconnaître l’État de Palestine, elle doit garantir la protection des flottilles humanitaires, demander la levée du blocus de Gaza et prendre des sanctions » contre Israël.

    « Envoyer la marine de l’ONU »

    La même indignation se retrouve dans les paroles des deux responsables politiques présents. Pour Frédéric Grimaud (LFI), « la couverture médiatique est nulle alors que la justice internationale a délivré des mandats d’arrêt pour crime contre l’humanité et alors que la famine a officiellement été déclarée en Palestine. La France a reconnu l’État, mais ça ne sert à rien sans actes ». Axel Samuel, du PCF, demande à ce que « la France agisse au niveau diplomatique. Il faut convoquer une assemblée générale de l’ONU, faire voter une aide humanitaire d’urgence et proposer l’envoi de marines volontaires pour assurer l’acheminement sous mandat international ». à Marseille, plusieurs centaines de personnes se sont réunies devant la préfecture.