Tag: Faits divers

  • [Lecture] Spectaculaire plongée dans les coulisses de Hollywood

    [Lecture] Spectaculaire plongée dans les coulisses de Hollywood

    Permettez-nous de vous rappeler ce qu’est un fait-divers. Qu’importe le dictionnaire, il est défini comme un incident du jour auquel la presse consacre une rubrique particulière. Jusque-là, rien de nouveau, puisque, depuis le XIXe, il fait la une des journaux, et des revues illustrées. Il fait aussi le bonheur des romanciers, pour ne nommer que Flaubert dont l’histoire de sa Bovary est un frappant exemple du passage d’un fait-divers à une œuvre littéraire, ou, plus près de chez nous, L’Adversaire d’Emmanuel Carrère consacré à l’Affaire Romand. Ce qui est nouveau, c’est que depuis des décennies, les « True crime stories » (titre du livre de Hervy) se plaisent dans le sordide, et se mettent volontiers sous les feux des projecteurs. Dix s’y sont placés, parmi lesquels L’Exorciste, Terreur sur la ville, Massacre à la tronçonneuse.

    Bonjour, l’angoisse !

    Si nous n’avons cité que ces « trois piliers du cinéma de genre inspirés d’une histoire vraie », tous ont droit à l’historique de leur mise en scénario, au fil à retordre qu’ils ont donné à l’équipe des techniciens, avant de déferler, nous signale l’auteure, sur les écrans, tel un raz-de-marée. Il faut bien préparer les spectateurs à l’horreur, à la tension, à la panique, au suspense, et à l’apparition d’éléments surnaturels. Mais, sous leur côté répugnant (les acteurs en ont bavé), se dissimulent parfois la critique du monde capitaliste et la faillite du rêve américain, car nombre d’entre eux sont sortis de la tête d’un réalisateur d’outre-Atlantique. Flippant et accompli. Impossible de mieux allier l’imagination et l’atroce réalité.

    Le Rocher, 19,90 euros.

    ET AUSSI

    Le trésor des livres

    Pour George R.R. Martin, un lecteur vit mille vies avant de mourir, celui qui ne lit pas n’en vit qu’une. Nous sommes d’accord, et Martin Boujol, prescripteur littéraire, l’est aussi. À 31 ans, il a déjà lu des centaines d’œuvres (liste en fin d’ouvrage) ; et, attendu son jeune âge, il aura lu mille milliards de livres avant d’ouvrir une bibliothèque céleste. Pour l’heure, il a une santé de fer, et délivre sur ordonnance réseau-sociale (n’oublions pas qu’il est prescripteur littéraire) le meilleur médicament qu’il soit au monde : la lecture. Chapeau bas !

    Grasset, 20, 90 euros.

    La Tombe du cheval

    L’illustration de couverture est de Georges Peignard. Normal, il est peintre. Il est aussi l’auteur du roman mettant en scène une archéologue, en fin de carrière, partie fouiller, entre les deux Corées, la sépulture d’un cheval, et suivre les traces de son cavalier. Elle est loin de se douter que l’amitié liée avec une perturbante inconnue va prendre son destin en main. Un roman, écrit dans une langue souple et directe, où chaque chapitre se présente sous la forme d’un franchissement de frontière, et d’un tableau, dont chaque description parle à nos yeux.

    Le Tripode, 17 euros.

    La Conspiration des Ténèbres

    Théoricien de la contre-culture, Theodore Roszak, né en 1933 dans l’Illinois et mort en 2011 en Californie, nous revient avec la réédition (traduite par Edith Ochs) de son best-seller le plus machiavélique, du fait de sa tournure métaphysiquement surnaturelle, et de sa mordante satire du cinéma hollywoodien. Un chef-d’œuvre où les mots s’enveniment, se graduent jusqu’au déchaînement d’une violence à la limite du soutenable. À placer dans votre bibliothèque entre le glaçant fantastique de Stephen King et l’horreur cosmique de H.P. Lovecraft.

    Cherche Midi, 26,90 euros.

    Inventer sa chambre à soi

    Depuis que Virginia Woolf a, plus ou moins malgré elle, institué l’idée d’autonomie, à savoir la possibilité de s’administrer librement dans un cadre donné, et d’afficher son indépendance de caractère et de conduite, l’écrivaine Colette, sa contemporaine, et la poétesse artiste-peintre, Patti Smith, son héritière spirituelle, ont mis leur vie à l’ancre, en un point fixe qui n’appartient qu’à elles. Le livre ne peut être qu’excellent puisqu’il est signé Chantal Thomas, dont le propre cheminement vers ce besoin de « conquête de soi » nous est révélé.

    Rivages, 7,70 euros.

  • Lyhanna : le fonctionnement de la justice décortiqué

    Lyhanna : le fonctionnement de la justice décortiqué

    « Le drame de l’affaire Lyhanna nous a bousculés dans notre façon de faire et d’appréhender les violences sexistes et sexuelles. Nous avons vu la mobilisation de la population devant le tribunal et avons voulu répondre à ces questions sur comment on fonctionne et prend des décisions », a expliqué en introduction de la réunion publique le président du tribunal, Timothée de Montgolfier. Une quinzaine d’habitants s’étaient déplacés pour questionner les chefs de juridiction sur les rouages de la justice et les potentielles erreurs qui ont conduit à la mort de Lyhanna.

    « Pour Lyhanna, il n’y avait pas d’instruction. Le temps de latence très préjudiciable a permis au présumé innocent d’éventuellement commettre de nouveaux faits », a détaillé le président du tribunal. Selon lui, trois éléments ont participé au drame : le temps judiciaire, long, « d’éventuelles erreurs humaines » et le manque de moyens donnés à la justice pour traiter les affaires. « Il y a peut-être eu des fautes, des responsabilités individuelles du parquetier », a-t-il présumé. « Mais il y a aussi le fait que le parquet est saisi en permanence d’énormément de plaintes qu’il faut traiter, et dans cette masse importante, certaines ne sont pas traitées en temps et en heure », a-t-il reconnu. « Quand tout devient urgent, rien n’est urgent. »

    « Il y a un problème de moyens et d’outils pertinents pour assurer le suivi des procédures. On a des outils obsolètes. C’est à nous de mettre en place les bons circuits, on n’a pas de logiciel pour assurer le suivi de ces enquêtes », a abondé le procureur Antoine Pesme. Il faut cependant « nécessairement prioriser ce type de dossiers d’infractions sexuelles sur mineurs », a-t-il affirmé, rappelant que le ministre de la Justice en avait fait une priorité nationale.

    « Se méfier de l’effet d’annonce »

    Le président du tribunal a également rappelé que des juges pouvaient être révoqués s’ils commettaient des fautes particulièrement graves. Il a estimé le nombre de révocations à « une ou deux par an ». « On est une institution surveillée, et on doit rendre compte de notre activité tous les ans », a-t-il insisté. Concernant l’affaire Lyhanna, « pour l’instant, le garde des Sceaux a ordonné une enquête administrative pour identifier d’éventuelles fautes. Il pourra saisir le Conseil National de la Magistrature pour envisager des sanctions ». Il faut cependant « se méfier de l’effet d’annonce, prendre le temps pour comprendre. On ne peut pas juger dans l’immédiateté, sinon on se trompe », a tempéré Timothée de Montgolfier.

    Interrogé sur le milieu carcéral, le président du tribunal a regretté le fait que « la prison est criminogène, elle rend les gens encore plus dangereux à la sortie, on n’a pas trouvé de solution meilleure que d’écarter la personne de la société ».

  • Quand l’extrême droite se repaît de la détresse sociale

    Quand l’extrême droite se repaît de la détresse sociale

    Meurtis, choqués,
    abasourdis… Les Toulonnais se sont réveillés en apprenant la sinistre nouvelle du geste désespéré de cette mère de famille qui s’est suicidée et a entraîné avec elle dans la mort trois de ses enfants, quand ils ne l’ont pas vécu en direct au pied de la barre délabrée de Pontcarral où prospèrent la misère et la désespérance.

    Le moins qu’on puisse attendre de tout le monde en pareil cas, c’est un peu de dignité et de compassion. Ce qui n’empêche pas l’analyse politique portant sur la situation sociale de notre pays de s’exercer et aux appels à l’aide de s’élever pour inciter à ouvrir les yeux et à réclamer des moyens pour les quartiers populaires. Hélas, ce drame n’a pas empêché « les ordures racistes », comme les qualifie à juste titre l’ancien conseiller municipal de gauche de Toulon Robert Alfonsi, de déverser un torrent de boue abject sur les réseaux sociaux en réaction aux articles de presse parus pour relater les faits.

    À des années-lumière de ces cracheurs de haine, les acteurs associatifs accomplissent un formidable travail sur le terrain en tentant de répondre
    à l’urgence sociale.
    C’est le cas d’Anne-Marie Kazourian, présidente de Bébés de France, une structure qui vient en aide aux mères isolées et aux familles en difficulté. La militante associative a envoyé à la maire de Toulon, Josée Massi, un SOS, sous forme de lettre ouverte. Elle y expose l’étendue des demandes auxquelles l’association doit faire face et aux besoins de moyens matériels et financiers, notamment en termes de local adapté, qui lui font défaut « pour répondre aux besoins des mamans en souffrance qui se débattent jour après jour, comme elles le peuvent contre la pauvreté, l’exclusion et la solitude ».

    « Ce texte ne vous appartient pas »

    La récupération politique par l’extrême droite n’a pas tardé. La conseillère municipale d’opposition RN Laure Lavalette a posté la missive de la militante associative sur sa page Facebook, ce qui a provoqué la colère de la bénévole qui lui a intimé de la retirer sur-le-champ, en lui adressant ce message : « Madame Lavalette, je ne vous autorise pas à utiliser ma lettre ouverte à des fins de récupération politique car si vous aviez été élue maire de Toulon vous nous auriez coupé toutes nos subventions sous le prétexte que nous aidons des étrangers. Nous ne partageons pas les mêmes valeurs et je ne veux rien avoir à faire avec vous. » L’élue d’extrême droite a décidé, dans un premier temps, de faire la sourde oreille et d’ignorer la mise en demeure, obligeant Anne-Marie Kazourian à hausser le ton.

    Elle a été encore plus explicite en intimant à l’élue d’extrême droite d’effacer son post : « Retirez ma publication, ce texte ne vous appartient pas et n’a rien à faire sur le compte d’une personne qui n’est que haine et mépris de l’être humain. »

    Cette fois-ci le message a été entendu et la publication supprimée. Ce genre de récupération devrait faire réfléchir ceux qui se laissent abuser par le chant des sirènes de l’extrême droite et sur la mascarade d’un RN prétendument à l’écoute des petites gens.

  • Sanary : un collégien poignarde sa professeure d’arts plastiques, son pronostic vital engagé

    Sanary : un collégien poignarde sa professeure d’arts plastiques, son pronostic vital engagé

    L’effroi a une nouvelle fois frappé le milieu scolaire. Qui plus est dans un collège réputé sans histoire, dans une commune peu habituée aux faits divers, d’autant plus d’une telle gravité. Peu après 14h, un élève de 14 ans, en 3e du collège la Guicharde de Sanary a porté trois à quatre coups de couteau à sa professeure d’arts plastiques, au niveau du torse, avant de prendre la fuite. Il a rapidement été appréhendé par un assistant d’éducation, sans manifester d’opposition. Il a ensuite été placé en garde à vue pour tentative d’assassinat. Une enquête a été ouverte et confiée aux commissariats de police de Toulon et de Sanary.

    La professeure, âgée de 60 ans, a rapidement été secourue et transférée vers l’hôpital Sainte-Anne de Toulon. Elle y a été opérée en urgence puis placée dans un coma artificiel. mardi soir, son pronostic vital était toujours engagé.

    « Des tensions avec cette professeure »

    Qu’est-ce qui a bien pu, dès lors, pousser cet élève à commettre un tel geste ? « Pour le moment, il n’y a aucune connotation religieuse ni politique qui apparaissent », a annoncé le procureur de la République de Toulon Raphaël Balland. « On sait seulement qu’il y avait eu des tensions avec cette professeure, et qu’il lui en voulait d’avoir fait des rapports à son encontre. » Une version corroborée par des témoignages d’élèves. « Le matin, il disait qu’il voulait tuer la prof de maths. On croyait que ce n’étaient que des paroles. Mais comme elle n’était pas là, il s’en est pris à la prof d’arts plastiques car elle lui mettait beaucoup d’observations », déclarait l’un d’entre eux. Autre élément important : l’élève « avait visiblement des problématiques familiales, mais il n’était pas connu pour le moindre fait de violences », a ajouté le procureur, ce qui aurait pu, également, favoriser son passage à l’acte.

    Tatiana Kolodziej, professeure d’EPS et référente premiers secours au collège la Guicharde, est la première à avoir secouru sa collègue : « Les élèves sont venus me chercher. On a eu peur, mais elle est partie consciente », a-t-elle expliqué. Au sein du corps enseignant, c’est « la stupéfaction, le choc. Les collègues sont en larmes. On ne s’attendait pas du tout à ça dans un collège privilégié, tranquille », déplorait-elle.

    « Il faut mettre plus de moyens humains notamment pour le contrôle des sacs. C’est un collège d’une petite ville, on n’est pas à l’abri de ce type d’acte dans n’importe quel établissement », s’est ému Dominique Queyroulet, représentant du Snes-FSU dans le Var. Du côté des parents d’élèves « on ne comprend pas. Ma femme et ma fille ont eu cette professeure lorsqu’elles étaient au collège, elle est super gentille (sic). On est une grande famille, les Sanaryens. Il va falloir se soutenir face à ce traumatisme », déplore Roland.

    Les élèves ont quant à eux été rapidement sortis de classe, puis regroupés dans la cour de récréation, avant d’être progressivement évacués à partir de 15h30. Ce mercredi, les cours n’auront pas lieu, mais une cellule psychologique a été mise en place, ainsi qu’un « accueil organisé par le collège pour les professeurs, mais aussi pour les enfants qui en ressentent le besoin », a précisé le préfet du Var Simon Babre. Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, s’est quant à lui rendu sur place dans la soirée.

  • Sanary-sur-mer, une enseignante poignardée par un élève

    Sanary-sur-mer, une enseignante poignardée par un élève

    Une enseignante d’arts plastiques du collège La Guicharde a été poignardée aux alentours de 14h mardi par un élève de 14 ans qui a été interpellé et placé en garde à vue pour tentative d’assassinat, a expliqué le procureur de Toulon Raphaël Balland.

    «Aucune connotation religieuse ou politique à ce stade» et «on sait seulement qu’il y avait eu des tensions avec cette professeure ces derniers temps, et qu’il lui en voulait, a priori d’avoir fait des rapports à son encontre», a ajouté le magistrat lors d’un point presse sur place avec le préfet Simon Babre.

    Le ministre de l’Education, Edouard Geffray, est annoncé sur place dans la soirée.

    Plus d’informations dans notre édition de mercredi.
  • Bruno Retailleau rend hommage aux policiers et pousse son agenda

    Bruno Retailleau rend hommage aux policiers et pousse son agenda

    Il n’aura fallu que trois heures après l’intervention des policiers à Belsunce pour que le ministre de l’Intérieur n’atterrisse sur le tarmac de Marignane. Ce mardi soir, Bruno Retailleau s’est immédiatement rendu à l’Évêché pour aller à la rencontre des forces de sécurité, les remercier après leur rapide intervention pour abattre l’assaillant qui a blessé cinq personnes dans le centre-ville de Marseille dans le milieu de l’après-midi. Rhabillant prestement la tenue de premier flic de France, après avoir été pris par les dissensions internes des Républicains sur le choix d’accorder leur confiance au gouvernement Bayrou le 8 septembre.

    Accueilli par le procureur Nicolas Bessone, le préfet Georges-François Leclerc, le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan, la présidente (DVD) de la Métropole Martine Vassal et le vice-président (LR) de la Région Ludovic Perney, le résident de la place Beauvau est rapidement allé à la rencontre des forces de l’ordre et des marins-pompiers impliqués, les saluant un par un. « Vous savez mieux que moi le déroulement des faits, reconnaissait-il, dans les étages de l’hôtel de police de Marseille. S’il n’y avait pas eu une patrouille de la police aux frontières, le meurtrier poursuivait son parcours et il y aurait eu d’autres victimes. »

    Ligne ultra-droitière

    Après une pensée aux victimes et pour leurs proches, il a donc assuré les présents de ses remerciements, « au nom de la Nation ». « Ici à Marseille comme dans beaucoup d’autres endroits en France, votre rôle est difficile, pas toujours reconnu, certains même le contestent », pointait-il. Rendant hommage aux idéaux qui les ont poussés à s’engager, « même si parfois la flamme vacille sous les bourrasques de la bureaucratie et de la technocratie qui entrave votre travail ». Et de défendre face aux forces présentes : « Il n’y a pas de société qui puisse tenir debout uniquement avec des ayants droit, avec des individus réclamant toujours plus de droits. » Face à la presse dans la cour de l’Évêché, il ne met pas longtemps avant d’indiquer que l’agresseur abattu en fin d’après-midi, né en Tunisie en 1990, était déjà connu des forces de police : « Le préfet de l’Hérault avait saisi l’autorité judiciaire pour un certain nombre d’agissements, il avait proféré des insultes antisémites devant la mosquée de Sète. » Au premier rang devant lui parmi les journalistes, les militants du média identitaire Frontières lui demandent pourquoi l’auteur de ces agressions n’avait pas été expulsé. « La loi de 2024 permet de retirer un titre de séjour lorsqu’une condamnation est définitive, nous sommes dans un État de droit », leur répond le ministre de l’Intérieur. Qui face aux questions doit même rappeler que le parquet national antiterroriste ne s’est pas saisi de l’affaire, qu’il n’y a aucun motif de radicalisation. « Le mobile semble être un motif d’ordre privé », pointe Bruno Retailleau. Qui n’en profite pas moins pour rappeler que si la patrouille était présente à ce moment, c’est parce que consigne a été donnée par la préfecture de police de renforcer les actions face aux personnes sans titre de séjour régulier. « Les désordres migratoires finissent toujours par déboucher sur d’autres désordres, nos peuples souhaitent que nous reprenions le contrôle », lâche-t-il. Loin, très loin de l’hommage républicain aux forces de l’ordre.