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  • Dans le sillage de Lumexplore, images et récits d’une planète en mutation

    Dans le sillage de Lumexplore, images et récits d’une planète en mutation

    Le photographe, plongeur et biologiste naturaliste Laurent Ballesta. L’astrophysicien Jean-Pierre Luminet. L’astronaute Jean-François Clervoy. Ivan Griboval, navigateur autour du monde (…). Lumexplore, initié et organisé par la Ciotadenne Vera Frossard, porté par la prestigieuse Société des Explorateurs Français, en partenariat avec l’association Les Lumières de l’Eden et la Ville de La Ciotat, s’apprête, à nouveau, à accoster à La Ciotat. Au premier sens du terme. Tout illuminée, mardi soir, la goélette « Expédition 7e continent » fera en effet son entrée dans le Port-Vieux.

    Non, tout n’est pas foutu

    Basé « sur l’échange du réalisateur ou d’un invité avec le public », renseigne Lili Le Gall, directrice adjointe de Lumexplore, le festival* « présente 12 films en compétition et 18 hors compétition ». Si l’essentiel des longs-métrages est diffusé au cinéma l’Eden théâtre, « plus vieux cinéma du monde », un petit hors les murs est programmé à la médiathèque Simone-Veil. Autre nouveauté : en plus de la goélette, le public pourra visiter le catamaran Love the Ocean et le voilier Jonathan III, quai Berouard.

    Divers univers sont à découvrir. Monde sous-marin avec Cap Corse, le mystère des anneaux, archéologie avec Liban, les secrets de Byblos, préhistoire avec Chauvet, voyages aux origines, film sur l’une des plus belles grottes ornées au monde découverte il y a trente ans dans le sud de l’Ardèche, films sur des animaux, sur l’agriculture… à noter que le 10 septembre, le festival programme une « journée de la mer », avec entrée gratuite à toutes les séances.

    « Les films sélectionnés à Lumexplore posent une question, tentent d’y répondre, avec une réponse porteuse d’espoir », commente Lili Le Gall.Par exemple, le film Plastic Odyssey 2, diffusé le 12, relate le périple du navire qui a voyagé pendant trois ans autour du monde, le long des côtes les plus frappées par la pollution plastique. à son bord, de jeunes marins, des ingénieurs, des scientifiques qui imaginent des solutions concrètes et simples à mettre en œuvre pour transformer les déchets plastiques en une ressource pour les populations. De même, Sols couverts d’espoir, diffusé le 13, donne à voir les solutions de paysans européens pour régénérer les sols, restaurer la biodiversité et préserver l’eau.

    « Lumexplore a une vocation, celle d’éclairer la jeune génération sur le monde qui l’entoure », complète Lili Le Gall. Lumexplore junior a sélectionné 7 films réalisés par des collégiens et lycéens du monde entier. Une dizaine de jeunes ont été invités. La relève est assurée.

    * Tarif une séance : 3 euros, 12 euros la journée, 40 euros les six jours. Au cinéma l’Eden théâtre.

  • « Dans l’espace, explorer de nouveaux mondes »

    « Dans l’espace, explorer de nouveaux mondes »

    Né en 1958 en Moselle, ingénieur général, il a été astronaute actif pendant trente-trois ans à partir de 1985. Surnommé Billy Boy, il vole trois fois en tant que spécialiste de mission à bord de la navette spatiale Atlantis en 1994 pour étudier l’atmosphère, en 1997 pour ravitailler la station russe MIR, et en 1999 à bord de Discovery pour réparer le télescope spatial Hubble.

    La Marseillaise : Le 11 septembre au cinéma l’Eden théâtre, vous animerez un débat sur « Les défis de l’astronaute ». Quels sont-ils ?

    Jean-François Clairvoy : Je vais d’abord parler de la différence entre l’astronome, qui étudie l’espace depuis la Terre, et l’astronaute, ingénieur en astronautique, qui invente les fusées, les satellites… L’astronaute va dans l’espace.

    En quoi consiste son métier ?

    J-F C : Un astronaute est un opérateur de machines complexes – vaisseau spatial, scaphandre, instruments scientifiques pour le compte de chercheurs depuis la Terre (…) -, en environnement extrême, et hostile. L’apesanteur induit des bouleversements dans le corps. En dehors du vaisseau spatial, les températures peuvent aller de -150 à +150 degrés Celsius, avec des risques d’exposition aux rayons cosmiques, qui augmentent les risques de cancer. L’astronaute est exposé à l’impact des débris et des micrométéorites. On estime à 1% le risque de mourir lors d’une mission spatiale. Les astronautes sont dans un environnement isolé, et confiné.

    Comment se préparer à une mission spatiale ?

    J-F C : On s’entraîne aux pannes et aux combinaisons de pannes. Dans une navette spatiale, on trouve plus de 1 000 interrupteurs. Il faut savoir les utiliser, et apprendre à gérer les pannes… Un autre défi est le travail en équipe. Savoir se faire confiance, adhérer à un même but. Le capitaine James Tiberius Kirk, personnage de fiction dans Star Trek, dans les années 1960, définissait la mission spatiale ainsi : « Explorer de nouveaux mondes étranges, rechercher de nouvelles formes de vie, avec audace, aller là où nous ne sommes jamais allés ». C’est pour moi tout à fait ça.

    Lumexplore est justement porté par la Société des explorateurs français, en partenariat avec Les lumières de l’Eden et la Ville de La Ciotat. Quel regard portez-vous sur ce festival ?

    J-F C : Lumexplore présente toujours des films fantastiques. Or aujourd’hui, la meilleure façon de transmettre ce qu’est l’exploration se fait par les images.

    Quelle vision vous a marquée depuis l’espace ?

    J-F C : Je vous répondrai par un extrait du chapitre « La Terre en héritage », que j’ai écrit dans le livre Mémoires poétiques d’explorateurs, paru en 2024. La vue de la Terre depuis l’espace a bouleversé mon appréciation du milieu dans lequel nous vivons. S’émerveiller devant la beauté de notre planète vivante et colorée flottant sur le noir absolu du cosmos est probablement l’expérience sensorielle et émotionnelle la plus intense vécue par les astronautes au cours de leur carrière, voire de leur vie.

    * Jeudi 11 septembre à 20h30 à l’Eden théâtre, diffusion du film « Destination astéroïdes », de Loyer et Bedel. Suivi d’un débat animé par
    J-F
     Clairvoy.

    ** 25 explorateurs y ont participé. Éd. Les Belles Lettres (2024).