Tag: Expédition

  • Lumexplore, le grand rendez-vous des explorateurs

    Lumexplore, le grand rendez-vous des explorateurs

    « Le monde est encore un vaste champ de recherche : sous terre, dans les océans, dans l’espace. Nous voulons faire découvrir au grand public les innovations scientifiques et technologiques par le biais des expéditions archéologiques, océanographiques, spatiales… dans le respect des différentes cultures » expliquent les organisateurs de la manifestation, la Société des explorateurs français (SEF).

    Depuis 11 ans, le festival est soutenu par la fondation Iris, la Ville de La Ciotat et l’association Les Lumières de l’Eden. Outre les projections cinéma au sein de l’Eden, Lumexplore est aussi un festival pour tous en plein air et gratuit. À noter, la très belle exposition « Austral, les engagés pour l’Océan » dans la cour de l’Eden. Elle entraîne le public dans les entrailles de la recherche océanographique au large des Terres australes et antarctiques françaises.

    Réalisé à bord du Marion-Dufresne, navire français ravitailleur des Terres australes et antarctiques françaises du sud de l’océan Indien, cet essai photographique, réalisé par Franck Desplanques et Stéphanie Jacquet propose une autre manière de raconter l’océan.

    Une aventure sensible, poétique et profondément humaine dans les coulisses de la recherche en mer. Des expositions sont aussi visibles dans la chapelle des Pénitents, sur la place du 8-Mai et l’esplanade du berceau du cinéma.

    Des projections

    Enfin, à ne pas rater, la visite du bateau 7e continent amarré au port, en présence du chef d’expédition Patrick Deixonne et de son équipage. Animations, stands et visite des bateaux sont totalement gratuits.

    Une compétition est aussi prévue pour des livres, et des Bandes dessinées avec un jury de collégiens. Pas moins de 13 films seront projetés en compétition et 3 hors compétition lors de cette 11e édition. Un jury prestigieux les départagera lors de la soirée de clôture le samedi 12 septembre à 20h30. À noter, la catégorie nommée Lumexplore junior qui ouvre ses portes aux plus jeunes depuis la création de l’événement et c’est sans doute la grande originalité de ce festival. Il leur permet de participer en tant que réalisateurs avec des prix à gagner au même titre que les adultes.

    « Une façon de les sensibiliser et de mettre en avant leurs idées sur les thèmes de la science et de l’environnement. Nous souhaitons leur donner les outils pour mieux se protéger dans l’avenir en les informant des dernières techniques et de l’état de la planète, mais aussi écouter ce qu’ils ont à nous dire », détaille la SEF. Et d’alerter : « En inspirant les jeunes générations, nous plantons les graines de la curiosité et de l’innovation qui façonnent notre avenir. L’exploration n’est pas seulement l’apanage des grands explorateurs du passé. »

    La mémoire des figures emblématiques est entretenue, mais les moyens sont aussi donnés aux plus jeunes pour poursuivre des recherches et découvrir de nouveaux horizons. La fondation Iris, finance une expédition chaque année. Le résultat est présenté durant le festival, avec les intervenants.

    Projections à l’Eden du 9 au 13 septembre. Expositions, animations sur les stands et visites des bateaux : gratuites.

  • Une expédition pour montrer la fonte des glaciers dans les Hautes-Alpes

    Une expédition pour montrer la fonte des glaciers dans les Hautes-Alpes

    Parcourir en un mois 1 500 km parcourus dont 45 000m de dénivelé positifs. C’est une aventure aux airs d’épopée dans laquelle s’est lancé le 19 août un petit groupe mêlant Mélanie Corthay, guide de haute montagne, Aurélie Gonin, réalisatrice de documentaire et un couple de cyclistes, Nathalie et Fabien Monnier, qui ont dessiné le parcours à vélo. À leur tête, Loubna Freih, sportive de haute montagne, est à l’initiative de cette « Alpine Quest II », après une première édition effectuée en mars 2025. « Pour le premier jour, on est arrivés au pied du glacier blanc, raconte Loubna Freih depuis le refuge du Pré de Madame Carle. On va traverser tout l’arc alpin jusqu’en Slovénie, à travers la France, l’Italie et la Suisse, en vélo. L’idée est de connecter des glaciers importants pour raconter et documenter ce que vont devenir les Alpes après les glaciers ».

    L’expédition ira à la rencontre d’une dizaine de scientifiques français, suisses et italiens et traversera une quinzaine de glaciers, en passant notamment par celui d’Aletsch, en Suisse, le plus grand d’Europe centrale. « On prélève des eaux à l’embouchure de chaque glacier, pour récupérer l’eau profonde du glacier, pas de la neige en surface. Les prélèvements sont ensuite envoyés au CNRS de Nancy avec l’aide de Cluster Eau, une association basée à Évian », détaille Loubna Freih. On travaille aussi avec un géobiologiste qui nous parle de la flore et des changements dans ce qu’on appelle les marges des glaciers. C’est là où le glacier se retire et c’est une zone très intéressante pour la science pour comprendre ce que laisse le glacier, ce qui disparaît, mais aussi ce qui vient à la place ».

    Agir, que l’on soit sportif ou scientifique

    Alors que la moyenne de la température mondiale a augmenté d’1,5 degré par rapport à l’ère préindustrielle, ce chiffre est multiplié par deux dans les Alpes, où la fonte des glaciers s’accélère. Pour ces athlètes de montagne, aux premières loges du bouleversement, agir est vital. « À Verbier, en Suisse, où je vis, on a eu une première canicule à la fin du printemps, puis une deuxième, une troisième et on vient de finir la quatrième, témoigne Loubna. Je vois les massifs du Grand et du Petit Combin changer sous mes yeux. Je ne peux pas rester sur mon balcon à regarder ». Comme pour la première, le but d’Alpine Quest 2 est de produire un documentaire pour toucher le grand public. « L’idée est d’aller voir avec nos jambes puis d’en faire une narration, de raconter une histoire basée sur la science mais aussi sur ce qu’on vit et ce qu’on voit », conclut Loubna.

  • Un voilier pour protéger le patrimoine culturel des Flottilles

    Un voilier pour protéger le patrimoine culturel des Flottilles

    L’écume forme de petits moutons blancs sur un étang de Berre agité. Ce jeudi, les bourrasques sont tellement violentes qu’Émilien Urbach préfère ne pas prendre la mer. « Ce serait inconscient », glisse-t-il. La météo lui accorde quelques jours supplémentaires pour travailler sur son voilier de 1977, l’Hétérotope. Arrivé le 23 mars au port Maritima de Martigues, le skipper doit finaliser des réparations avant de rejoindre l’Estaque puis de prendre le large avec la Global Sumud Flotilla le 4 avril avec une centaine d’autres embarcations.

    « Pour naviguer avec eux, il y a un tas de normes de préparation des bateaux, notamment en termes d’autonomie électrique, et vu qu’il faut qu’on installe des caméras, qui sont notre seule protection pendant la délégation, il y a plein de petits aménagements à faire, détaille-t-il. Plus des révisions avant de parcourir les 2 000 miles qui nous séparent de Gaza. »

    D’autant que l’Hétérotope aura le retour à faire immédiatement. « Notre but est de ne pas nous faire attraper, de récupérer les productions des autres bateaux avant d’atteindre la ligne rouge », explicite Émilien Urbach. Le voilier a en fait la vocation d’être un centre culturel flottant, et pour ça, « on va distribuer un sachet de conservation avec des blocs-notes et des appareils photo jetables à chaque équipage ».

    De la création d’œuvres pendant la navigation

    Cette idée a germé à la suite de la précédente Flottille, qui a eu lieu en automne 2025. Émilien Urbach y avait participé en tant que journaliste pour L’Humanité. Il explique : « Quand on s’est fait intercepter, il a fallu balancer tous nos carnets de notes, il y a des camarades qui ont avalé leur carte SD pour garder les images. Donc on s’est dit : la mémoire est très fragile, il faut travailler là-dessus. » Une fois de retour à terre, des artistes se pencheront sur la matière issue des sachets de conservation « pour lui donner un écho et créer un patrimoine culturel du mouvement ».

    Des artistes, à l’instar du dessinateur Edmond Baudoin ou du photographe Saif Fradj, embarqueront à bord de la Flottille « pour créer des œuvres autour de ce qui se passe pendant la navigation mais aussi autour d’un dialogue avec des artistes palestiniens », poursuit Émilien Urbach.

    La mission de l’Hétérotope au sein de la Global Sumud Flotilla s’inscrit dans la droite ligne de son histoire récente. Le voilier a été acquis par la compagnie de théâtre C’est la goutte d’eau, fondée par le journaliste (par ailleurs metteur en scène et auteur) et sa compagne, pour sensibiliser le public aux enjeux migratoires en présentant un spectacle imaginé à bord de l’Aquarius, le bateau de sauvetage de SOS Méditerranée lors d’une tournée tout autour de la Méditerranée en 2018-2019. Sept ans plus tard, le bateau-théâtre se transforme en centre culturel embarqué.