La gestion de l’eau est l’un des angles morts des COP car elle n’est que très peu abordée au sein des COP climat ou des COP biodiversité alors que c’est probablement l’un des tous premiers marqueurs du changement climatique », regrette Eric Servat. Depuis 2021, le chercheur et hydrologue dirige le Centre international français Unesco sur l’eau (Icireward) basé à Montpellier qui multiplie les partenariats de recherche avec les laboratoires africains.
« Quasiment tous les projets que nous finançons sont des programmes qui se déroulent avec des partenariats du Maroc, de Tunisie, du Sénégal, de Côte d’Ivoire etc. Nous tentons d’avoir une réflexion partagée sur les questions liées à l’eau parce qu’on voit par exemple que dans certaines parties du Maroc, les précipitations sont extrêmement faibles et nous avons, nous aussi en France, un cycle de l’eau perturbé », précise l’auteur du « Grand défi de l’eau » sorti début septembre.
Aujourd’hui, la plupart des projets sont menés en Afrique permettant ainsi d’acquérir un grand nombre de données qui permettent aux pays du nord de la Méditerranée de s’adapter plus rapidement au dérèglement climatique. « Nous cofinançons par exemple un projet au Maroc sur les mécanismes de recharge des aquifères qui nous permet d’étudier la vulnérabilité et le renouvellement des eaux souterraines dans les milieux karstiques. Or ces milieux, ce sont ceux que nous connaissons dans l’Hérault », détaille Eric Servat.
Le centre, qui finance aussi des projets sur le bassin de Thau et plus largement sur le Languedoc, participe aussi au programme « Défi water Occitanie » financé par la Région dont l’ambition est de travailler sur la réutilisation de l’eau. « Plusieurs laboratoires travaillent sur ce projet avec des « living labs » qui sont des expérimentations à grande échelle sur un temps long », explique Eric Servat.
