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  • Un groupe et des sensibilités pour le Printemps marseillais

    Un groupe et des sensibilités pour le Printemps marseillais

    Les 73 conseillères et conseillers municipaux ont voté, à l’unanimité, la création d’un groupe unique de la majorité municipale », indique ce vendredi le Printemps marseillais, dans un communiqué. à cette occasion, c’est Arnaud Drouot, adjoint (PS) au maire de Marseille délégué au Bataillon de marins-pompiers de Marseille et à la sécurité civile, qui a été désigné pour en prendre la présidence.

    Faire vivre le groupe

    « Faire vivre l’unité et la diversité de notre rassemblement, promouvoir l’action du maire de Marseille Benoît Payan et des élus de la majorité municipale, sera la feuille de route du groupe », explique ce dernier, qui fut un temps directeur de cabinet de Benoît Payan sur la dernière mandature.

    Afin de « faire vivre ce groupe », un bureau représentant l’ensemble des sensibilités du Printemps marseillais a été créé. Un dispositif déjà mis en place en 2020, mais qui prend plus de consistance avec une majorité renforcée d’une vingtaine d’élus. Il est composé de sept membres : la maire adjointe (DVG) Samia Ghali, Thomas Roller (PS) pour les socialistes et apparentés, Amine Kessaci (EELV) pour les écologistes, Audrey Garino (PCF) pour les communistes, Éric Mery pour Mad Mars, et Pierre Huguet (G.s) qui retrouve à ses côtés des élus Debout ! et L’Après.

    « Si on regarde d’autres villes, avoir un groupe est rare. Cela montre que le Printemps marseillais est bien plus qu’une alliance électorale. C’est un message important d’unité, note ce dernier. Pour le reste, on est plus sur des périmètres politiques nationaux et cela permet de s’organiser pour garantir plus de fluidité dans nos échanges. »

    « Ce sera plus simple de faire des réunions chaque semaine en bureau plutôt que des réunions de groupes à 73 », résume l’entourage du maire. « Charge à nous de bien faire le lien avec tous les élus », glisse Éric Mery (Mad Mars), le nouvel adjoint aux Sports de la ville, qui a pris la tête des conseillers de « sensibilité » citoyenne. Un « groupe » de dix, tous membres du mouvement Mad Mars, où figurent notamment quatre autres adjoints, Pierre-Marie Ganozzi, Julien Harounyan, Juliette Masson et Sophie Guérard, ainsi que la maire des 6-8, Olivia Fortin.

    Si cette représentativité ne devrait pas se traduire par un positionnement particulier sur les bancs de l’hémicycle Bargemon, les conseillers municipaux de la majorité, jusqu’ici assis par ordre alphabétique, pourraient se retrouver répartis par affinité de délégation, glisse un autre élu.

    Ces « groupes » de sensibilité ont commencé à prendre forme. Pascaline Lecorché (Place publique) a sans surprise rejoint les socialistes et apparentés. « On a fait la campagne européenne ensemble, un chemin collectif s’est déjà construit et c’est en cohérence avec nos positions nationales », explique cette dernière.

    Le « groupe » communiste présidé par l’adjointe au logement Audrey Garino, réunit le maire PCF des 15-16, Jean-Marc Coppola, Anthony Goncalves, le chef de file du PCF sur la campagne qui en prend la vice-présidence, ainsi que Nathalie Tessier, Hassan Guenfici, Ibrahim M’Ze, Mohamed Itrisso, Laure Rovera et quatre conseillers apparentés : Rebecca Bernardi (PM), Marie Batoux (PM), la maire (GRS) des 1-7, Sophie Camard et Patrick Amico.

  • [Entretien] Olivia Fortin et Éric Méry : « On a ouvert les portes et les fenêtres de la Ville »

    [Entretien] Olivia Fortin et Éric Méry : « On a ouvert les portes et les fenêtres de la Ville »

    La Marseillaise : Mad Mars est né en 2018 en réaction à un système municipal verrouillé. Huit ans après, que reste-t-il de la promesse ?

    Olivia Fortin : En juin 2018 lorsqu’on crée Mad Mars, on est animé par une colère contre l’état de la ville, et l’espoir de faire les choses autrement. On savait qu’il y avait plein de compétences au sein des partis de gauche et écologistes, des acteurs associatifs et syndicaux, et ont avait deux mantras encore d’actualité : « S’unir ou subir » parce que la ville était alors donnée à la droite et qu’on se devait d’initier ce large rassemblement qui a amené au Printemps marseillais, et « Soyons fous, croyons à la politique ».

    Éric Méry : Et on a un bilan politique avec plus d’une quinzaine d’élus de secteur, une maire de secteur, et cinq élus dans la majorité sur des délégations assez structurantes. Chacun a essayé dans le Printemps marseillais d’apporter ce qu’il cherchait à Mad Mars : travailler avec les habitants et mettre l’outil politique à leur service. Pierre Marie Ganozzi sur les écoles, par exemple, a toujours rencontré les associations de parents d’élèves, le corps enseignant…

    O.F. : J’ai été durant trois ans adjointe au maire, aux ressources humaines et au dialogue social pour redonner à notre administration sa pleine capacité d’agir, persuadée qu’il fallait commencer là. Aujourd’hui on reçoit 75 000 CV par an, on a restauré l’image d’employeur de la Ville, des gens de toute la France postulent pour participer au projet. C’est valorisant une fonction publique qui attire à nouveau. En tant que maire de secteur je suis désormais sur l’échelon de proximité qui est extraordinaire pour produire avec les habitants des politiques répondant à des besoins concrets. Nos élus de secteur contribuent à fabriquer de l’action publique avec cette conscience collective. On a réussi avec Benoît Payan et la majorité, on a vraiment ouvert les portes et les fenêtres de la Ville.

    Qu’est-ce qui distingue encore Mad Mars des partis traditionnels ?

    O.F. : Mad Mars n’est pas un parti politique au sens juridique. Ce qui nous rassemble, c’est Marseille, sa métropole. On a une palette très large de sensibilités de gauche, c’est l’image du Printemps marseillais dans sa composante citoyenne et c’est ce qui donne à Mad Mars une fonction de passerelle d’engagement vers la politique pour faire progresser la société de manière radicale. En 2020, quand notre collectif a atteint son objectif, il aurait pu exploser, ça arrive en général. Une partie d’entre nous a pris des responsabilités d’élu, au cabinet du maire, dans les services, pour transformer concrètement leur engagement. D’autres ne l’ont pas fait par choix ou parce que ça n’a pas été possible. Ça a créé des manières différentes de voir et on a mis du temps à retrouver un objectif commun et donner du sens à cet engagement citoyen.

    C’est l’objet du Bonheur intérieur brut que Mad Mars travaille ?

    O.F. : Si restaurer les conditions d’une vie digne doit être une priorité, nous considérons que chaque citoyen à le droit, en plus des services publics, de vivre dans des conditions satisfaisantes et propres à amener son bonheur. Cinq groupes de travail thématiques se réunissent depuis deux ans et demi pour élaborer les conditions du bonheur. Cela peut nous amener à porter un contre récit face à tout ce qui nous est proposé dans une société qui agite les peurs et les souffrances. Il en ressort deux choses : un indicateur pour mesurer si les Marseillais vivent bien et des propositions qui ont été faites au Printemps marseillais pour notre programme commun.

    La promesse de 2018 est tenue ?

    O.F. : On a des élus qui sont engagés, des citoyens qui agissent, réfléchissent, contribuent et trouvent une passerelle vers l’engagement politique. Donc oui, on continuer à croire à la politique.

    Il y a quand même des gens qui ont le sentiment que depuis 2020 ce n’est pas allé assez loin ?

    E.M. : Il faut qu’on soit honnêtes, quand on est arrivé, on n’était pas nombreux à avoir de l’expérience, il y avait une administration à réformer, et les finances de la Ville n’étaient pas florissantes, il a fallu résorber la dette, tout en continuant à investir. Quand aujourd’hui on préempte un lieu comme la résidence du Roy d’Espagne, c’est de l’investissement.

    O.F. : Aujourd’hui, inaugurer une école primaire par semaine, des parcs et des jardins, des commissariats, c’est le fruit de ce qu’on a semé. Mais le quotidien des Marseillais est géré dans une situation institutionnelle particulière. Quand on ouvre sa porte, on voit le travail de la Métropole : la propreté, les déchets, la voirie, les transports, le logement, le travail, l’attractivité, sont des compétences métropolitaines. Et en effet sur ces aspects, les Marseillais pourraient considérer que les choses n’ont pas assez changé. On est les premiers à le déplorer.

    Vous soutenez Benoît Payan, avec quelle marge de manœuvre ?

    O.F. : Le Printemps marseillais est un lieu de liberté. En tant qu’adjointe au maire, puis maire de secteur, j’ai eu toute la latitude de proposition et d’action. C’est dans ce cadre coopératif et de confiance au service des Marseillaises et des Marseillais qu’on entend continuer. On s’est créé une culture commune depuis 2018, on n’est pas un rassemblement électoraliste opportuniste. Nos priorités sont les mêmes que l’ensemble de la majorité municipale, sur les services publics, le logement, les écoles, les espaces verts, la fraternité.

    E.M. : Mad Mars, contrairement à d’autres collectifs citoyens qui se montent encore, a toujours misé sur la complémentarité et eu la volonté de travailler avec les partis. Ce fondamental est conforté en 2026, puisque le Printemps marseillais s’est élargi avec les écologistes, Place publique, Debout ! En 2020, on a fait tomber les drapeaux pour partir derrière celui du Printemps marseillais.

    En 2020, après la rue d’Aubagne, la droite était divisée, aujourd’hui, elle se présente unie, vous avez un bilan et face à vous LFI ?

    E.M. : Sur le bilan, on n’a peut-être pas tout fait et bien mais les gens qu’on rencontre ne nous reprochent pas de ne pas avoir mené une politique de gauche. Les logements sociaux, les places d’hébergement, les services publics, l’été marseillais, les activités et musées gratuits… ils en ont conscience.

    O.F. : Ce qui motive, c’est le projet qu’on va proposer, on se concentre dessus, on est en démocratie. Après on regarde, comme tout le monde, les sondages avec une extrême droite très haute, et une droite républicaine, si on peut dire, qui s’effondre. Ce n’est pas dans cette société que je veux habiter. Nous, on croit à ce qu’on fait, on est déterminé.

    « On s’est créé une culture commune depuis 2018.
    On n’est pas un rassemblement opportuniste »

  • Nouvelle mise en demeure pour la friche Legré-Mante

    Nouvelle mise en demeure pour la friche Legré-Mante

    Huit mois après une décision du tribunal administratif de Marseille lui ordonnant de sécuriser le site de la friche industrielle de Legré-Mante, à la Madrague de Montredon (8e), la préfecture des Bouches-du-Rhône a de nouveau mis en demeure le propriétaire du site, la Société française des produits tartriques Mante (SFPTM), à travers un arrêté publié ce mercredi. Lors d’une visite du site lourdement pollué, le 30 avril dernier, l’inspection de l’environnement a en effet constaté « des dégradations locales des dispositifs de restriction d’accès aux parcelles », et que « la cheminée rampante présente sur le foncier de la SFPTM est accessible en plusieurs points du fait de dégradations et de vandalisme sur les dispositifs en place », relate le nouvel arrêté préfectoral. Des dégradations déjà évoquées à l’audience, le 7 novembre dernier.

    La Préfecture donne donc trois mois à la société pour réparer ces clôtures et interdire aussi bien l’accès à la plage située au pied du crassier qu’à la cheminée rampante. Il lui est aussi ordonné de produire, dans un délai de six mois, une nouvelle note de synthèse sur le risque sanitaire global du site, « précisant les mesures correctives à mettre en œuvre le cas échéant ».

    Enfin, après l’annulation à l’été 2024 du permis pour la construction de 332 logements sur l’ancienne friche, la préfecture demande que les plans et le calendrier du nouveau projet lui soient transmis avant le 31 octobre. Porté une nouvelle fois par le fonds d’investissement Ginkgo et le promoteur Constructa, celui-ci prévoit désormais environ 130 logements. Le permis de construire a été déposé ces derniers jours, indique l’adjoint (MadMars) à l’Urbanisme, éric Mery.