Tag: Eric Ciotti

  • Des ombres sur les JO après le fiasco de Nice

    Des ombres sur les JO après le fiasco de Nice

    « L’histoire retiendra que si nous avons mis 5 ans à construire ce dossier, Monsieur Ciotti l’a détruit en un mois », cingle encore le président (Ren.) de la Région Sud, ce lundi matin, face à la presse. Après l’annonce, vendredi, de l’abandon de l’installation à Nice du pôle glace des Jeux olympiques d’hiver 2030 au profit de Lyon, « les regrets sont immenses », reconnaît Renaud Muselier. Ce dernier avait offert sur un plateau à la deuxième ville de la région le plus gros morceau des Jeux, des épreuves de patinage aux matches de hockey, soit 60% de la billetterie.

    Mais, après le choc, reste à éclaircir les zones d’ombre qui persistent sur ses conséquences. D’abord sur le coût. « L’abandon de Nice signifie l’arrêt de procédures qui étaient arrivées à maturité », déplore le directeur général de la Solideo (Société de livraison des ouvrages olympiques), Damien Robert. Un marché global de performance était sur le point d’être finalisé pour la construction de la patinoire des Jeux à Nice, mais surtout, la construction de son village olympique avec 400 logements à la clé avait déjà été confiée à un groupement emmené par la Sogeprom. « Sur ces deux consultations, il va falloir indemniser les opérateurs », reconnaît Damien Robert. Les montants restent confidentiels. « Ce qui ne peut pas être indemnisé, c’est tout le temps passé en ingénierie interne, qui a été très intense », précise le directeur général de la Solideo.

    Cérémonie à Marseille ?

    Il faut aussi déterminer si la Région Sud, qui ne conserve finalement qu’un seul (Briançon) des quatre pôles olympiques prévus, peut maintenir le même engagement financier, à hauteur de 100 millions d’euros. « La Région soutient les Jeux, je ne me désengage pas par rapport au Nord [la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Ndlr], insiste Renaud Muselier. Mais, maintenant, il y a une clé de répartition qui a changé et il faut que l’on voie cela de façon sérieuse. »

    Dans le partage initial entre les deux régions, il espérait aussi « un spectacle exceptionnel » pour la cérémonie de clôture des Jeux, face à la baie des Anges, à Nice. « à partir du moment où vous perdez Nice, je ne vois pas très bien comment vous pouvez mettre la soirée de clôture à Nice », estime Renaud Muselier. Lui espère encore conserver un événement suivi par plus de 600 millions de téléspectateurs dans le monde, « ou bien à Marseille au Vélodrome, ou bien autour du lac de Serre-Ponçon ». Mais il craint la réticence des instances olympiques, tandis que l’adjoint marseillais aux sports, Eric Méry (Madmars), indique ne pas avoir été informé d’une telle hypothèse.

    Surtout s’ajoutent des craintes pour le financement de la Ligne nouvelle Provence-Côte d’Azur. Pour accueillir les Jeux, la Région avait obtenu des arbitrages très favorables de l’état, notamment pour la création d’une nouvelle gare proche de l’aéroport de Nice. « Nous continuerons à nous battre pour la Ligne nouvelle, mais il y a des difficultés », reconnaît le président de Région.

    Retombées perdues

    De quoi comprendre le bras de fer épistolaire mené dans le week-end avec le maire d’extrême droite de Nice, éric Ciotti, auquel il reproche d’avoir fait couler l’implantation olympique sur la Côte d’Azur en refusant la transformation temporaire du stade de l’OGC Nice, l’Allianz Riviera, en patinoire le temps de « 3 à 9 matches ». « Au total, le retrait du pôle glace pourrait ainsi priver Nice et la Région Sud d’un impact global compris entre 800 millions et 1,1 milliard d’euros », comptabilisait, samedi, le président de Région. Des chiffres « extravagants », répliquait le maire niçois (UDR), satisfait de sabrer dans 100 millions d’euros d’investissements pour la municipalité.

    « Même sans Nice, l’aventure continue », répète donc ce lundi Renaud Muselier, en remontant le fil de la vingtaine de réunions techniques qui, depuis le 1er avril, ont essayé de trouver une voie de sortie pour répondre aux exigences des fédérations internationales, à commencer par celle de hockey, qui refusait de séparer épreuves masculines et féminines. En vain. « C’est le Comité international olympique qui décide, pas la Région, pas l’état », insiste le président du comité régional olympique Hervé Liberman, élu à la Région, alors que même le président du RN, Jordan Bardella, relayait les accusations ciottistes de « sanction politique ». « éric Ciotti perd les Jeux, qu’il ait le courage de l’assumer », tacle Renaud Muselier, qui balaie encore les craintes environnementales et répète que « le retour de la flamme olympique en France, c’est grâce à nous ».

    Trois élus quittent la majorité régionale

    Dans la foulée de l’abandon du pôle glace des JO 2030 à Nice, Roger Roux, maire de Beaulieu, Bruno Bettati, maire de La Gaude, et Colette Fabron, maire de Saint-Etienne-de-Tinée, ont annoncé quitter immédiatement la majorité régionale où ils siégeaient, révèle ce samedi Nice Matin. Dans un courrier, ils dénoncent « une incapacité à entendre les avertissements et une tendance à privilégier les postures politiques au détriment de l’intérêt général ». « Ils sont achetés ou menacés par le maire de Nice, réplique Renaud Muselier. Je les ai appelés, ils m’ont dit : je n’ai rien contre toi, mais maintenant j’ai besoin de la Métropole. » Dirigée aujourd’hui par un certain Éric Ciotti (UDR).

  • Glissa Nissa

    Glissa Nissa

    Inimaginable. La deuxième ville de la région, Nice, qui devait être le cœur battant des Alpes du Sud à l’occasion des Jeux olympiques d’hiver de 2030, s’est auto-sabordée.

    Par entêtement, courte vue, inimitié politique, le nouveau maire d’extrême droite de Nice, Éric Ciotti, a pris la responsabilité de faire perdre à sa ville le pôle glace olympique. Une glissade qui emporte dans sa chute la cérémonie de clôture des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de 2030. Un moment d’exposition mondiale pour Nice quand on sait que pour les Jeux d’hiver de Milan-Cortina, près de 3 milliards de téléspectateurs cumulés à travers le monde ont suivi la compétition et que la seule cérémonie de clôture représentant une audience mondiale estimée à 600 millions de téléspectateurs.

    Au-delà de la bérézina

    Un non-sens alors que tous les maires du monde envient une telle promotion de leur ville à l’international.

    Pire, la situation va engendrer une perte, selon les estimations, de 800 millions et 1,1 milliard d’euros pour Nice et la région, en investissements, en retombées touristiques, en héritage dans les infrastructures et les logements… Le choix du recroquevillement, de l’immobilisme, de l’isolationnisme chers à l’extrême droite équivaut à punir les habitants et le tissu économique de toute une partie de la région.

    Face à ce grand gâchis, la proposition de repositionner la cérémonie de clôture à Marseille ou sur le lac de Serre-Ponçon doit être étudiée collectivement pour transformer cette bérézina niçoise en réussite collective pour nos territoires.

  • La présidente sortante des LR 13 Laure-Agnès Caradec rejoint le parti d’Eric Ciotti

    La présidente sortante des LR 13 Laure-Agnès Caradec rejoint le parti d’Eric Ciotti

    Elle avait déjà confié à ses proches, jeudi soir, qu’elle ne se représenterait pas à la tête de la fédération des Républicains dans les Bouches-du-Rhône. Ce mardi midi, la présidente des LR 13 et ex-présidente de l’établissement public Euroméditerranée Laure-Agnès Caradec a annoncé qu’elle rejoindre les rangs de l’UDR, le parti d’Eric Ciotti, allié au Rassemblement national (RN).

    «J’ai mené la campagne municipale avec loyauté, écrit sur les réseaux sociaux celle qui était tête de liste pour la droite dans les 9e et 10e arrondissements de Marseille. Mais aujourd’hui, je choisis une ligne claire, une droite à la fois libérale et sans compromission.» Et celle qui avait hérité d’une fédération sans direction en novembre 2023 d’ajouter qu’elle a toujours été «une femme libre, de droite».

    Ce nouveau ralliement de poids à l’extrême droite n’a pas manqué de faire réagir la majorité municipale. «On comprend mieux sa responsabilité dans la victoire de l’extrême droite dans le 9/10, lance l’adjointe (PCF) au logement Audrey Garino, qui avait dirigé la campagne du Printemps marseillais dans le secteur. Les digues comme les masques n’en finissent plus de tomber.»

  • JO-2030 : décision attendue en fin de semaine pour le pôle niçois

    JO-2030 : décision attendue en fin de semaine pour le pôle niçois

    « On est sur un fil, mais le fil est toujours tendu et on n’est pas tombés du fil. On a la semaine », a déclaré Renaud Muselier, lundi soir, à l’issue d’une réunion entre les différentes parties prenantes de l’organisation des Jeux olympiques d’hiver prévus pour se dérouler dans les Alpes françaises.

    Vendredi, le dossier semblait pourtant dans l’impasse, Renaud Muselier et Éric Ciotti, le nouveau maire de Nice, s’accusant mutuellement de tout bloquer.

    Nice doit théoriquement accueillir le patinage artistique, le hockey sur glace, le short-track et le curling ainsi qu’un village olympique et un centre des médias. De son côté, le Comité d’organisation (Cojop) a indiqué que « les parties prenantes ont convenu d’un commun accord de poursuivre l’examen technique des hypothèses en matière d’implantation et de financement permettant d’accueillir à Nice les épreuves de glace, dans le strict respect des enveloppes budgétaires. Une nouvelle réunion du groupe de travail se tiendra dans le courant de la semaine », selon un communiqué. « Je me réjouis de ces avancées positives », a déclaré Éric Ciotti à l’AFP.

    « Ligne rouge »

    « Tout est OK, sauf le hockey », a répété Renaud Muselier. Car pour Éric Ciotti, le projet de couvrir temporairement le stade de football de l’Allianz Riviera pour accueillir le tournoi de hockey, ce qui priverait l’OGC Nice de son stade pendant plusieurs mois, reste « une ligne rouge absolue ».

    « Tout le monde a un peu travaillé ce week-end et les options alternatives de M. Ciotti ont été présentées. M. Cadot a dit qu’il fallait les étudier et on a jusqu’à la fin de la semaine », a déclaré Renaud Muselier. Michel Cadot, ex-préfet d’Île-de-France et ancien délégué interministériel aux JO-2024, assure une mission « par intérim » au Cojop dans l’attente de la désignation d’un nouveau directeur général, après le départ en février de Cyril Linette suite à des « désaccords insurmontables » avec le président Edgar Grospiron.

    « Tout le monde veut Nice. Il y a un fort attachement au pôle niçois, qui avait beaucoup séduit le CIO », a aussi rappelé le président de la Région Paca, qui a ajouté qu’Éric Ciotti « a eu le président de la République à ce sujet ».

    Le Comité d’organisation a par ailleurs indiqué qu’un nouveau directeur général serait désigné le 11 mai. Selon Renaud Muselier, « il y a deux noms qui ressortent assez clairement ».

  • Le pôle glace de Nice des JO 2030 délocalisé ?

    Le pôle glace de Nice des JO 2030 délocalisé ?

    Nouveau coup de chaud pour les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030. Les discussions entre la Ville de Nice, la Région et les instances olympiques pataugent dans une soupe digne d’un bas de piste de fin de saison à Pra-Loup. Déjà plombé par les démissions et les retards, la possible délocalisation des épreuves de hockey, patinage, short-track et curling fait désordre.

    Depuis l’élection d’Éric Ciotti (UDR) à la mairie de Nice, les équilibres du projet ont été fragilisés. Si un cadre de travail commun a pu être posé lors d’une réunion technique le 1er avril, une seconde rencontre, organisée vendredi, a mis en lumière un blocage majeur autour l’Allianz Riviera, le stade de l’OGC Nice, dont le président, Jean-Pierre Rivère, figurait sur la liste de Ciotti.

    Présentation ce lundi

    Si la Région note que des convergences ont été trouvées sur le village olympique et le complexe omnisports de Nikaïa, la couverture et l’immobilisation pour trois mois minimum du stade, appelé à accueillir les épreuves de hockey, n’a pas obtenu l’accord de la nouvelle municipalité. L’alternative proposée entraînerait un surcoût de 45 millions, jugé incompatible avec la trajectoire budgétaire des Jeux et porteur d’un « risque majeur d’impasse procédurale et de dérive calendaire ».

    Face à cette impasse, un ultimatum a été fixé à ce lundi. Une présentation technique détaillée doit être soumise à l’ensemble des parties prenantes du comité d’organisation, avec l’objectif d’acter une décision. En filigrane, plane la menace d’une remise en cause pure et simple du pôle niçois. La ville de Lyon s’est déjà portée candidate.

    Initiateur de la candidature alpine, Renaud Muselier(Ren.) ne cache plus son inquiétude. « Après m’être battu pour garantir la parité des épreuves et des médailles avec nos partenaires du nord, je constate que les blocages actuels exposent directement le pôle niçois », alerte le président de la Région Sud, qui appelait vendredi à sortir du blocage.

    Il en va de la crédibilité d’un projet sommé de sortir de l’ornière politique, alors la carte définitive des sites est attendue pour fin juin par le Comité international olympique.

  • À Roquevaire, Hélène Spinelli « sereine » face à l’adversité

    À Roquevaire, Hélène Spinelli « sereine » face à l’adversité

    « C’est l’alliance de la carpe et du lapin », réagit Hélène Spinelli, tête de liste (DVG), arrivée en première place du premier tour avec 38,06% des voix, face à l’alliance au second tour entre la liste (DVC) d’Eric Bouillé et celle de Judith Dossemont (DVD). Annoncé dans un communiqué, ces deux listes – qui ont respectivement obtenu 25,71% et 18,88% des suffrages exprimés – affirment que cette décision est fondée sur « six ans de travail dans l’opposition, des constats partagés et les mêmes priorités pour l’avenir de la commune ». La première adjointe du maire sortant Yves Mesnard, Hélène Spinelli, est assez surprise de cette alliance, qu’elle qualifie de « façade », alors « qu’ils se sont opposés de manière farouche pendant plusieurs années au conseil municipal, et encore plus lors de cette campagne ».

    « L’aveu d’un échec »

    Questionnant leur crédibilité, elle affirme qu’il s’agit de « l’aveu d’un échec », tout en rappelant que Judith Dossemont sacrifie une grande majorité de ses colistiers en faisant le choix de l’union. La liste de Marie-France Bertin (UDR) investie par Eric Ciotti, est arrivée troisième avec 18,88% des voix. Se qualifiant également pour le second tour, elle affirme avoir « initié la démarche de fusion des trois listes », ce que Eric Bouillé a refusé. Pour Hélène Spinelli, le score de la liste de gauche est « la preuve que notre projet résonne avec les attentes des Roquevairois ». Cette campagne d’entre-deux-tours reste cruciale et le résultat incertain. Au premier tour, l’abstention s’élevait à 38% et Hélène Spinelli souhaite aller vers ces électeurs, sur le terrain et reste « sereine » pour la suite.

  • [Entretien] Renaud Muselier : « Il n’y aura pas de vague brune dans notre région »

    [Entretien] Renaud Muselier : « Il n’y aura pas de vague brune dans notre région »

    La Marseillaise : Les trois principales villes de la région peuvent basculer au RN selon les derniers sondages, qu’est-ce que cela dit de la situation politique ?

    Renaud Muselier : Je ne crois pas qu’il y aura de vague brune dans la région. Partout où les candidats du bloc central sont unis, ils sont en bonne position pour gagner. Il y a eu un raz-de-marée RN aux législatives, il n’y en aura pas aux municipales. Par contre, il y a des symboles. Commençons par Nice : la situation est bien particulière. Celui qui a trahi tout le monde se débrouille pour fédérer et celui qui a plutôt un très bon bilan se retrouve touché par une forme de dégagisme alors que l’autre est là avec lui depuis le début. C’est intéressant à analyser. Nice est propre, bien organisée, il y a des caméras partout. Pour un candidat de droite on peut difficilement faire mieux. Le match n’est pas fini. En revanche, il y a une ville qu’on va vraisemblablement perdre, c’est Menton. Parce que notre camp est divisé.

    Avec un symbole : il y a un Sarkozy dans la course.

    R.M. : La ville était perdue. Le maire ne peut plus se représenter, son premier adjoint, ils sont tous empêtrés dans des histoires là bas… Il y a trois candidats de droite. La greffe ne prend pas avec le fils Sarkozy. On a tenté mais je ne vois pas comment on peut récupérer cette ville.

    À Toulon votre camp est coupé en deux. N’allez-vous pas offrir la ville au RN du fait de votre division ?

    R.M. : Je ne crois pas beaucoup aux sondages, pour autant la preuve est faite que Mme Massi, si tout le monde est avec elle, dans l’unité, au second tour, elle gagne.

    Les blessures ne sont-elles pas trop profondes pour y parvenir ?

    R.M. : On en revient à ma thèse : quand on additionne et qu’on le fait le plus longtemps possible en amont, c’est plus facile pour gagner. La seule qui est capable de gagner, je le constate dans les sondages, c’est Mme Massi. Elle met 10 points d’avance à son partenaire de jeu, M. Bonnus. Ils ont été élus ensemble toute leur vie quand même…

    Vous en avez parlé avec Michel Bonnus ? Avec Hubert Falco ?

    R.M. : Oui, j’en ai parlé à M. Falco, à M. Masson. J’en ai parlé aussi dans nos instances nationales au niveau de notre famille politique en espérant que ça ne dérape pas trop entre candidats pour faciliter l’union au second tour. Je pense que si on y arrive, on peut gagner.

    À Marseille, l’union de la droite et du centre a été faite mais la dynamique ne semble pas être du côté de la liste de Martine Vassal.

    R.M. : Le match n’est pas fini non plus. Je suis intimement convaincu que si nous ne gagnons pas, le RN ne gagnera pas non plus. Après tout, si on ne gagne pas, on n’aura pas gagné quelque chose que l’on avait pas. Ce n’est pas dramatique par rapport aux extrêmes.

    Vous dites qu’à Marseille « le match n’est pas plié ». Qu’est-ce qui vous fait dire ça ?

    R.M. : On voit à quelle vitesse les choses changent. J’ai suivi tous les débats, honnêtement, la meilleure c’est Martine…

    … Vous savez bien que ce n’est pas l’avis général s’agissant de celui de BFM TV avec cette polémique sur la devise de Vichy.

    R.M. : Il y a 40 secondes qui ne sont pas bonnes mais sur le reste, la meilleure c’est Martine. Et quand je vois le débat sur l’économie, la meilleure c’est Martine, sur l’immobilier, les transports, la meilleure c’est Martine. Et pourtant elle n’est pas la mieux placée dans les sondages, tant s’en faut. Et pourtant je suis très inquiet sur la Culture : l’adjoint sortant est en 37e position ! Je mets de côté M. Delogu, mais sinon celui qui est le plus mauvais en tout, c’est M. Allisio. Je parle du programme, de la compétence, je ne parle même pas de son étiquette.

    Alors comment expliquez-vous l’état du rapport des forces ? Il n’y a que des facteurs nationaux ? Pas d’autocritique ?

    R.M. : Avant de faire des analyses, on va voir les résultats. Pour Mme Vassal, ça a été une campagne difficile. Il y a des 2e et 3e couteaux qui n’existait même pas chez Gaudin et qui ont été présenté comme des champions du monde parce qu’ils sont partis chez Allisio. Il y a la réforme PLM qui pèse, j’étais contre. Et chez Renaissance, il y en a qui ont arrêté la vie politique mais qui ne font que la commenter.

    Lionel Royer-Perreaut faisait des voix.

    R.M. : Mais il a été battu. Il a arrêté. Il commente. Des amis comme ça, ça n’aide pas. Et puis vous avez aussi des courants qui pèse. Aujourd’hui il y a un courant pro-RN quelque soit les candidats. Je me permets quand même quelques rappels : M. Allisio était conseiller municipal, il a abandonné Marseille pour rester à la Région, puis il s’est fait élire député à Marignane et il a dissout le groupe RN au conseil municipal parce qu’il ne pouvait plus s’y exprimer. Il se représente ici et dans son programme, il dit des choses que nous avons fait à la Région et pour lesquelles il a voté contre. Je reste bouche bée devant autant d’incohérence, d’inconstance et d’inconsistance.

    La question de la présence de votre liste au second tour ne se pose pas pour vous ?

    R.M. : Je regarde ce qu’il se passe. Je suis avec Martine sans être directement dans le match et je constate que pour le moment la gauche n’a pas demandé notre départ mais que part l’intermédiaire du JDD de Bolloré, l’extrême droite nous dit ne nous retirer pour faire gagner Allisio. Quand les mecs d’extrême droite me disent de me retirer pour les faire gagner, je me dis qu’il faut faire attention quand même. Moi je ne veux pas d’extrêmes pour ma ville.

    Il y a une ancienne RN qui tient des propos très choquants sur la liste des 11-12 et le porte-parole de votre parti qui est accusé d’agression sexuelle. Ce n’est pas un problème pour vous ?

    R.M. : Il y a des gens condamnés sur les listes Payan et RN, quant à LFI, c’est la tête de liste qui l’est. Ce n’est pas le cas chez nous. Sur ce qui vient d’arriver à un membre de Renaissance je suis très surpris. Est-ce un fait politique ou un fait divers ? Est-ce que dans un ville gangrenée par le narcotrafic comme Marseille, un problème entre deux personnes dans une boite de nuit sans bagarre, débouche souvent sur une garde à vue trois jours après ? Cerise sur le gâteau : on découvre que celui qui a porté plainte est sur la liste de l’extrême droite… Ça sent le traquenard à plein nez.

    Il y a un scrutin dans le scrutin avec les Métropoles ? Certains s’activent déjà en coulisse y compris Nicolas Isnard élu de votre majorité. Faut-il s’attendre à un coup de Trafalgar comme vous en avez vous-même fait les frais ?

    R.M. : J’avais gagné ! J’avais permis à Gaudin de gagner et ils se sont débrouillés pour donner le pouvoir à ceux que les électeurs avaient battu. Ce n’était pas moi le sujet, c’était un déni démocratique !

    Donc si on vous suit, si Martine Vassal perd elle ne peut plus présider la Métropole ?

    R.M. : Je n’ai pas dit ça. J’invite chacun à beaucoup de calme et de modestie. Qu’est-ce qu’il va se passer à Aubagne, à Gardanne, à Martigues, à Fos ? Oh les gars un peu de prudence ! Dans tous les cas, Martine gardera le Département et on connaît la puissance technique et financière de cette institution.

    À Avignon, il y a un homme de droite, Olivier Galzi, qui s’avance sans les partis. Qu’en dites-vous ?

    R.M. : J’ai un œil bienveillant sur lui mais je trouve qu’il a fait des erreurs importantes quand même. Il n’a pas voulu parler à LR, il n’a pas voulu parler à Renaissance… L’addition ce n’est pas de repousser les autres.

    Est-ce que selon vous ça risque de lui coûter la victoire au second tour ?

    R.M. : Moi je suis issu de la droite, j’ai gagné en additionnant et en me faisant respecter de la gauche. Après, je plais ou je ne plais pas mais c’est ça ma mécanique. Si quelqu’un arrive et dit aux anciens candidats LR « je ne vous veux pas », il dit au responsable de Renaissance « toi tu es macroniste je ne te veux pas », il y a 10-15 points qui manque dès le départ. Ce n’est pas terrible pour gagner. Il a besoin de ces voix-là, il est sur les mêmes parts de marché. Les gens qui doivent voter pour vous, il ne faut pas leurs cracher dessus. Quand on fait de la politique, il faut connaître les mécanos politiques. On verra si ça marche mais je ne crois pas que ça facilite la tâche.

    Le gouvernement français s’apprête à boycotter la cérémonie des Jeux paralympiques de Milan-Cortina. Quelle est votre position ?

    R.M. : J’organise les Jeux olympiques et paralympiques avec le gouvernement français en 2030 et je serai à Cortina pour la passation de pouvoir. C’est le CIO qui décide. Je ne vois pas ce que veut dire ce boycott. Pourquoi ils n’empêchent pas nos athlètes d’y aller ? On respecte le droit international et les instances internationales. La France ne boycotte pas l’ONU parce que les Russes y sont. Ça n’empêche pas que je suis pour l’Ukraine et que je pense que la Russie est un danger majeur pour l’Europe. J’invite à la désescalade et à la mesure.

  • Dans l’Hérault, Charles Alloncle veut la peau de l’audiovisuel public

    Dans l’Hérault, Charles Alloncle veut la peau de l’audiovisuel public

    L’audiovisuel public, ce repère de gauchistes vivant inlassablement d’argent public. Cette vision, on ne peut plus fantasmée et fallacieuse, est celle portée par l’extrême droite. En ce sens, une commission d’enquête sur « la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public » a été créée en octobre 2025, à la demande d’Éric Ciotti. Celle-ci a désigné le député UDR héraultais Charles Alloncle comme rapporteur qui, depuis novembre 2025, interroge – ou plutôt accuse – différentes personnalités liées à l’audiovisuel public afin de prouver la défaillance du système.

    Audiences suspendues

    Mais tout ce tintamarre de l’extrême droite s’apparente plus à une « guerre idéologique  » qu’à une véritable enquête parlementaire. Pour preuve, face au comportement inquisitoire d’Alloncle, le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), a suspendu l’envoi des convocations pour deux semaines, le temps de « retrouver de l’apaisement ». Après avoir rappelé à l’ordre Charles Alloncle, le député Horizons a annoncé la reprise des auditions pour le 19 janvier tout en posant quatre règles à respecter : pas « de communication en temps réel sur les réseaux sociaux pendant les auditions (pas de live tweet) » -une vilaine manie qu’avait l’Héraultais- ;
    « pas de travestissement, de déformation des propos des personnes auditionnées » – Alloncle avait notamment tronqué les propos du journaliste Patrick Cohen lors de son audition pour les diffuser sur ses réseaux – ; la communication de tous les documents évoqués par le rapporteur en audition ainsi qu’une discrétion et la modération des membres de la commission. Autant de dérapages montrant qu’Alloncle veut la peau de l’audiovisuel public. « Ces critiques sont portées par des gens qui veulent privatiser l’audiovisuel public, changer la société. C’est une guerre idéologique, ils visent à détruire notre institution », soupire Thierry Will, délégué syndical SNJ à France Télévisions Languedoc-Roussillon. Ainsi, tous les coups sont permis.

    Première accusation, la prétendue absence de neutralité d’un audiovisuel public gauchisé, avec pour preuve – ce qui a conduit à la création de cette commission – la conversation entre les journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen avec les responsables du PS Pierre Jouvet et Luc Broussy. « Cela a été monté en épingle, ce type de rencontres est monnaie courante. Cela fait partie du métier, on parle avec tous les politiques », soutient Thierry Will. Et la pluralité et le temps de parole sont respectés sur l’audiovisuel public. « Tout le monde a la parole et de plus en plus la droite et l’extrême droite, du moins sur France Inter », observe de son côté Régis Taillandier, délégué syndical CGT à Ici Hérault.

    Charles Alloncle s’en prend également aux finances du service public, un rapport de la Cour des comptes faisant état d’une dette dépassant les 80 millions d’euros. Mais là encore, le député préfère enchaîner les approximations, évoquant notamment « plusieurs centaines de millions d’euros » gagnés par Nagui. « C’est l’ironie de l’histoire : notre actionnaire, c’est l’État, donc c’est lui qui nous met dans cette situation budgétaire impossible », soupire Thierry Will.

    Peu de chances qu’Alloncle, dans sa croisade contre l’audiovisuel public, entende ces objections. À moins que le coup de pression de Jérémie Patrier-Leitus ne le fasse redescendre de son piédestal ? Réponse le 19 janvier.

    * Contacté, Charles Alloncle n’a pas donné suite à nos demandes d’entretien.

  • La « tech israélienne » de l’eau n’est pas la bienvenue

    La « tech israélienne » de l’eau n’est pas la bienvenue

    Le rendez-vous ne passe pas. Dans une lettre ouverte au président (Ren.) de la Région, Renaud Muselier, une quinzaine de collectifs et associations engagés sur la question de l’accès à l’eau et du soutien à la Palestine, la CGT du conseil régional, la France insoumise et le collectif Vaï demandent l’annulation d’une rencontre organisée, ce mercredi, avec des entreprises israéliennes de l’eau.

    « Christian Estrosi, Renaud Muselier ou Éric Ciotti sont assujettis au traité sur la prévention du génocide », que la France a signé en janvier 2024, insiste Régine Fiorani du collectif Marseille Gaza. « Nous nous opposons fermement à cette collaboration avec des entreprises qui, de près ou de loin, contribuent au crime de guerre et crime contre l’humanité perpétrés par l’État israélien et l’armée israélienne. »

    La délégation de dix sociétés israéliennes spécialisées dans les technologies de pointe de l’eau doit être reçue au Tholonet, dans le cadre d’un événement organisé par Rising Sud, l’agence d’attractivité et de développement économique de la Région, avec la Société du canal de Provence (SCP) et le ministère israélien de l’Économie. Au menu : présentations de projets, rendez-vous pros, et visite d’infrastructures hydrauliques…

    La démarche s’inscrit dans une convention de partenariat entre la SCP dont est actionnaire la Région, et Mekorot, la compagnie des eaux israélienne. Elle a été signée en mai 2023, lors d’un voyage organisé en Israël, et s’inscrit dans le plan Or bleu : 620 millions d’euros fléchés d’ici 2028, s’inspirant de ce qui a pu être mis en place en Espagne ou en Israël.

    « Quel est le statut de ce type de rendez-vous du point de vue du droit international ? », interroge Benard Mounier (Eau Bien commun Paca), rappelant que « la privation d’eau est utilisée comme arme de guerre » à Gaza, en violation de l’ordonnance de la Cour pénale internationale de mars 2024 : bombardement des infrastructures d’assainissement et des réseaux hydriques, pollution des nappes phréatiques… La gestion de l’eau est « un outil de domestication des populations » et « le cheval de Troie de l’installation des colons », poursuit Anti du collectif Hydre. « Cette association est condamnable du point de vue de l’action génocidaire qu’il y a derrière, mais aussi du point de vue de l’imaginaire socio-technique qui va contre l’idée même de l’eau bien commun. »

  • « Censure systématique » pour l’extrême droite

    « Censure systématique » pour l’extrême droite

    Le Rassemblement national et ses alliés de l’Union des droites pour la République (UDR) « censureront systématiquement tout gouvernement » jusqu’à la dissolution ou la démission du chef de l’État, a affirmé lundi Éric Ciotti à l’issue d’une réunion de l’intergroupe entre ses députés de l’Union des droites pour la République (UDR), son parti, et le RN.

    C’est le député des Alpes-Maritimes qui a pris la parole en fin de journée en clamant « pour arrêter cette mascarade ridicule, il faut retourner aux urnes et il faut le faire le plus vite possible ». Plus tôt dans la journée, les deux chefs de file du Rassemblement national, Marine Le Pen et Jordan Bardella, ont appelé lundi Emmanuel Macron à dissoudre l’Assemblée nationale après la démission du Premier ministre Sébastien Lecornu, estimant que le chef de l’État avait aussi le choix de démissionner.

    « Il ne peut y avoir de stabilité retrouvée sans un retour aux urnes et sans la dissolution de l’Assemblée nationale », a réagi Jordan Bardella tôt le matin en arrivant au siège de son parti pour une réunion. Elle est même « absolument incontournable », a abondé la cheffe de file du RN Marine Le Pen, à son arrivée.

    Interrogée par les journalistes, elle n’a pas non plus écarté l’hypothèse d’une démission du chef de l’État : « je n’ai pas à l’appeler à le faire. S’il prend la décision de le faire je pense que ce serait une décision, là encore, sage », a répondu la patronne de l’extrême droite. « Je pense que si nous attendons encore, il n’aura pas d’autre choix », a également estimé Jordan. Bardella après la réunion au siège du parti.

    Marine Le Pen a en outre balayé les hypothèses d’un nouveau gouvernement : « on est au bout du chemin, il faut arrêter. Ministres de droite, ministres de gauche, on arrête, et ce sont les Français qui vont décider », a-t-elle insisté. Sans préciser évidemment que c’est moins le pays que la possibilité de permettre à Marine Le Pen de participer à la présidentielle de 2027 qui motive l’analyse. La stratégie à peine voilée de son parti est en effet d’aligner élections législatives anticipées et accession à Matignon pour… lancer une loi d’amnistie, annulant l’exécution provisoire de l’inéligibilité.