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  • [Parole de maire] Richard Kitaeff : « Gordes est une commune vivante toute l’année »

    [Parole de maire] Richard Kitaeff : « Gordes est une commune vivante toute l’année »

    La Marseillaise : Comment définiriez-vous votre commune au-delà de la carte postale ?

    Richard Kitaeff : C’est une commune vivante toute l’année, avec une vraie vie culturelle, sociale et économique dont l’ADN, est le patrimoine et la culture. Il y a un vrai tissu associatif et une activité touristique qui devient de plus en plus qualitative, parce qu’on a fait beaucoup d’efforts ces dernières années pour diminuer le tourisme de masse. Je précise que nous ne sommes pas du tout dans un tourisme destructeur, comme sur les falaises d’Étretat, où il y a vraiment une détérioration des espaces publics. On a créé des parkings de délestage qui permettent donc de ne plus envahir le centre-ville, en développant aussi une présence policière plus importante dans le centre. On n’a pas de vrai problème de congestion urbaine, comme le connaissent certains villages touristiques, parce que le passage central de Gordes est une route départementale, et donc c’est quand même assez fluide. Nous avons lancé aussi un projet de 3 millions d’euros d’investissement dans le centre-village, avec la création de places de convivialité, des nouveaux revêtements au sol qui permettent de créer de la végétalisation.

    Donc Gordes n’est pas en vie que 3 mois par an ?

    R.K. : Pas du tout. Certes nous avons un rayonnement international par notre patrimoine, le village des Bories, l’abbaye de Sénanque mais c’est un village vivant toute l’année. Par exemple, on a créé un marché de producteurs locaux dans le centre-ville pendant la période d’hiver, qui s’appelle le marché des petites Halles. Il y a aussi un salon du livre « Lire à Gordes » en avril avant la saison touristique. Tous les mois, on a les « Vendredis de Gordes » et les « Mardis de l’économie », qui sont des conférences sur l’actualité avec des personnalités. Et on a créé dix nouvelles fêtes depuis quelques années, comme « Cuisine en fête » en février. Donc pour un village de moins de 2 000 habitants, c’est très dynamique.

    Comment conserver des familles ou des jeunes quand le prix de l’immobilier est l’un des plus élevés de Vaucluse ?

    R.K. : On a deux écoles à Gordes, et on a toujours réussi jusqu’à présent à les maintenir, malgré la chute démographique. Après, le collège est à Cabrières-d’Avignon, le lycée, à Cavaillon ou L’Isle-sur-la-Sorgue. Malgré les prix immobiliers, il y a chaque année des familles qui s’installent à Gordes, sinon, les écoles auraient fermé depuis 25 ans. Donc en réalité, il y a quand même des jeunes qui arrivent à s’installer, à acheter des terrains et à construire des maisons. Mais depuis 2020, nous avons engagé une politique où la commune a préempté plusieurs terrains pour garder justement la maîtrise du foncier public. Nous sommes en train d’établir des études et des projets pour arriver à construire. Le but, c’est d’essayer d’avoir des lotissements à prix raisonnables, de développer des projets immobiliers à taille humaine tout en respectant nos règles architecturales et paysagères. Et donc cela nous permettra, dans les années à venir, de développer des résidences pour les jeunes familles. Donc on met tout en œuvre pour conserver la possibilité pour les locaux de s’installer.

    Gordes ferait partie des huit bureaux de Poste qui pourraient fermer en Vaucluse. Redoutez-vous ce départ ?

    R.K. : Nous n’avons aucune information officielle en ce sens, au contraire, la direction nous a confirmé qu’il était hors de question que la Poste de Gordes ferme. Dans les villages de notre taille, il faut avoir l’accord du maire. Et je n’y suis pas favorable. Donc je ne pense pas que la Poste puisse fermer.

    Médicalement, vous êtes aussi bien lotis avec un hôpital et un Ehpad…

    R.K. : Oui et depuis peu, nous disposons d’un centre de radiologie, qui va proposer également des mammographies. C’est l’un des seuls centres de radiologie en France dans une commune de cette taille. Donc de nombreux patients qui étaient obligés parfois d’aller jusqu’à Avignon, Marseille ou Montpellier peuvent maintenant se rendre à Gordes. En tant que président du conseil de surveillance du centre hospitalier [spécialisé dans le postopératoire], je suis vigilant à ce qu’il continue son développement. D’ailleurs, il a été labellisé hôpital de proximité. Cet hôpital présente un pôle de gérontologie performant, qui accueille aussi l’Ehpad. Il y a une sorte de triangle de soins entre l’hôpital, le centre de radiologie et le futur pôle de santé communal que nous sommes en train de créer. Il y aura des infirmiers, des généralistes et professeurs de médecine. C’est intéressant parce que c’est un vrai service rendu à la population du Luberon et des Monts de Vaucluse.

    De manière plus générale, qu’est-ce qui vous plaît dans votre mandat ?

    R.K. : Les fonctions de maire sont très exigeantes, mais je suis très motivé en y consacrant mon activité principale tout en restant avocat. Nous sommes l’une des seules mairies de France à ne pas avoir de direction des services et de secrétariat général. Nous avons donc fait confiance à nos personnels administratifs en autonomisant les postes, ce qui nous permet de réaliser des économies d’échelle importantes de l’ordre de 3 millions d’euros sur le fonctionnement en 6 ans. C’est très important sur un budget de 5 millions d’euros annuels. Depuis 2020, nous avons investi environ 8 millions d’euros alors que nous n’avons jamais augmenté les impôts, ni emprunté et qu’en parallèle, nous avons remboursé 50% de notre dette. Je suis très satisfait de cette situation, qui a permis de créer un pôle santé, un centre de radiologie, un salon du livre, des travaux qui changent le visage de la commune et des hameaux avec une nouvelle station d’épuration, des classes de convivialité, une cour d’école végétalisée, la restauration de deux cimetières, la création d’une aire de jeu… Tout ça a été financé seulement sur les économies réalisées dans la gestion, je dirai originale, de la mairie. C’est une période historique parce qu’il n’y a jamais eu plusieurs millions d’euros de travaux dévolus à l’amélioration du centre-village.

  • Occitanie : deux femmes et un avenir à la Grand’Combe

    Occitanie : deux femmes et un avenir à la Grand’Combe

    Dans la cité communiste, l’église est au centre du village. L’édifice construit par la compagnie des mines, en plein pays camisard, reste l’église catholique la plus vaste du département, dont la voûte de la nef est plus haute que celle de Notre Dame de Paris… Aujourd’hui, elle trône fièrement entre les établissements scolaires, comme un lien entre le passé et le présent. Car l’ancienne cité minière n’a rien perdu de son histoire. À l’entrée de la ville, la « Maison du mineur » et le puits Ricard, classé monument historique, font vivre la mémoire de ces mineurs de fond qui ont contribué à l’essor de la France industrielle.

    Dans la commune, tous les anciens se souviennent de ce passé glorieux et regrettent la désindustrialisation, plongeant le territoire dans la précarité. Cette histoire, parfois fantasmée comme si elle ne s’était jamais accompagnée ni de tragédies (un incendie avait par exemple fait deux morts au puits Ricard en 1938) ni de dureté sociale, se confond aujourd’hui avec une certaine nostalgie chez les plus anciens. Bien sûr, la commune est passée de 14 600 habitants en 1954 à 4 700 aujourd’hui et avec cette chute s’est installée une certaine précarité. Mais La Grand-Combe garde de nombreux atouts.

    « On donne une mauvaise image de La Grand’ Combe, surtout quand il y a un drame. On dit que c’est une ville pauvre. Mais ça, ce sont les gens qui voient le négatif partout parce qu’ici, c’est tranquille, les gens sont sympas. Il y a des animations, beaucoup d’associations, le marché deux fois par semaine et le collège et le lycée. Beaucoup d’anciens regardent la Grand-Combe avec regret, mais ceux qui arrivent sont très heureux  », précise Aude, originaire de Belgique, qui tient une boulangerie dans le centre-ville.

    Près de 70 associations

    Dans la cité gardoise située à quinze minutes d’Alès, le nombre d’associations tutoie en effet les 70. « Ici, on est intégré dans la vie de la ville, en contact avec beaucoup de monde puisqu’on touche des personnes de 3 à 70 ans. On participe à toutes les actions locales comme Charbon Ardent et le carnaval. On essaie de s’intégrer à toutes les festivités », précise Amy-Charlotte, directrice artistique de l’association Soleil dansant, qui compte plus d’une centaine d’adhérents sur la commune.

    L’intégration des jeunes à La Grand’ Combe est un réel enjeu puisque pas moins de 1 264 élèves sont scolarisés dans les quatre écoles et le collège public ainsi que dans l’école, le collège et le lycée privés qui s’y trouvent. Et signe que la jeunesse est au centre des politiques publiques : la commune vient d’inaugurer un city-stade qui avait été soutenu par le conseil municipal des jeunes.

    Une seule liste en mars ?

    Dans ce contexte, les élus sortants partent favoris pour renouveler leur mandat, d’autant que la droite n’a réussi à ravir la cité cévenole qu’une seule fois depuis 1945. Si la maire Laurence Baldit (PCF) a choisi de ne pas se représenter, un duo de femmes a rapidement émergé pour prendre la relève. L’adjointe communiste en charge des finances Pascale Eugène et l’adjointe socialiste en charge de l’éducation Karine Montenez se sont entendues début juillet pour porter un nouveau projet. Elles ont fédéré derrière elles une liste qui s’appuie sur d’anciens élus, mais aussi pour moitié sur une nouvelle génération.

    En face, les opposants peinent à monter une liste. Il se murmurait que le député (UDR) Alexandre Allegret-Pilot tentait de construire une liste mais l’extrême droite reste atone à la Grand-Combe et ne semble pas en mesure de présenter un candidat. Seul Didier Merand, élu en 2020, a annoncé mi-février sa candidature dans la presse. Mais, à moins d’un mois du 1er tour, l’élu d’opposition n’a présenté ni colistier, ni programme et n’a pas commencé à faire campagne. Si bien que beaucoup s’interrogent sur sa réelle capacité à monter une liste.