Tag: entrepreneuriat

  • Boris Touaty, un jeune entrepreneur toulonnais très engagé

    Boris Touaty, un jeune entrepreneur toulonnais très engagé

    Il a l’humilité des grands, le sourire de celui qui sait respecter l’autre quel qu’il soit, et le talent d’un grand communicant. Boris Touaty n’est de toute évidence pas seulement le grand entrepreneur qui a su redonner vie à une marque des Cafés Maurice, qui a fêté cette année ses 150 ans d’existence, et donc à tout un pan du patrimoine toulonnais. Il est aussi quelqu’un qui sait se mettre au service du collectif et qui ne transige pas avec ses valeurs pour faire des affaires et diriger ses équipes. Autant d’atouts qui nous ont poussés à essayer de dresser le portrait de ce jeune acteur de l’économie locale aux multiples casquettes et à l’avenir prometteur.

    L’arrière-arrière-petit-fils de Marc Maurice Lévy, le créateur la maison familiale fondée en 1875 à Toulon, est fier aujourd’hui des multiples récompenses qui viennent couronner son travail éthique et solidaire. Avec pour commencer le Trophée Inclusion handicaps Var 2025 obtenu dans la catégorie « Coup de cœur du jury », qui valorise « un engagement humain et durable » en faveur de l’inclusion et son action exemplaire. Une distinction décernée par Ladapt, l’association nationale qui œuvre pour l’insertion sociale, pour son partenariat depuis 5 ans avec l’Établissement et service d’accompagnement par le travail (Esat) de Six-Fours, l’Avath, et la valorisation du travail protégé ainsi réalisée.

    « C’est un très beau prix », confie Boris Touaty modestement en mettant en avant « une collaboration humaine, efficace et parfaitement intégrée au fonctionnement de l’entreprise ».

    Le camion de l’Avath est d’ailleurs en train de récupérer le café torréfié dans le magasin-atelier de la place Camille-Ledeau pendant cet entretien. « Tous nos paquets, c’est-à-dire 80 000 par an, sont tous ensachés à la main par les équipes de l’Esat que je tiens à remercier d’ailleurs », précise-t-il.

    Un engagement social

    La deuxième actualité de Boris Touaty, c’est le couronnement d’une mention honorable au Global Coffee Awards des Cafés Maurice. « On a été à la lisière du troisième prix, c’est-à-dire de la médaille de bronze de ce concours international dans lequel 1 500 cafés ont concouru », lâche-t-il fièrement, surpris par ce succès qu’au fond il espérait mais auquel, dit-il, il ne s’attendait vraiment pas.

    Et de poursuivre : « Ils ont retenu la qualité exceptionnelle de notre café et de notre torréfaction. C’est la reconnaissance d’un travail de longue haleine, de mes équipes aussi, surtout. Et en particulier de Julien, mon torréfacteur qui est là depuis 7h du matin, un passionné qui fait un travail remarquable. »

    Il relève au passage que le café qui vient d’être récompensé est celui qu’il vend le plus. Des clients donc qui, les premiers, ont consacré cette création Maison Maurice recette numéro 1, qui est en fait le premier assemblage créé il y a 5 ans.

    Sur son implantation au cœur de Toulon, l’entrepreneur se dit ravi de l’aubaine, en rappelant, qu’il y a quelques semaines, le gouvernement a salué la dynamisation incroyable de ce centre-ville. Le résultat, rappelle-t-il, d’un travail mené depuis 20 ans, avec la réhabilitation de la place de l’Équerre, de la rue des Arts, la rue Pierre-Semard, la rue d’Astour, les Halles… À la question de savoir comment on peut rester fidèle à ses valeurs tout en développant son affaire, autant dans le choix de ses fournisseurs que dans le pilotage de sa boîte, il répond simplement : « Quand on peut le faire, faisons-le, un maximum ! »

    Il compte à son actif des initiatives menées avec des producteurs, notamment sur l’éducation des enfants en Colombie, et la collaboration avec des coopératives entièrement gérées par des femmes. « C’est un gros combat aussi dans certains de ces pays », souligne-t-il. Le président de l’association des commerçants du centre-ville, l’Office du commerce et de l’artisanat de Toulon dit également porter une grande attention sur ce qui est fait ou transformer localement. Mais ne cache pas que tout cela a un coût parfois difficile à assumer dans un contexte de pouvoir d’achat contraint et des cours du café qui grimpent. En revanche, Boris s’insurge contre la culpabilisation des consommateurs concernant leurs achats plus ou moins éthiques : « C’est trop facile de faire des reproches. Tout le monde n’a pas les mêmes moyens ! »

    D’autant que l’entrepreneur est lui aussi tiraillé par les mêmes contradictions. C’est-à-dire l’envie de vendre au meilleur prix tout en proposant des choses qui soient bien socialement et environnementalement. « Alors nous, on essaye de faire un mix un petit peu entre les deux. C’est-à-dire qu’on n’a pas forcément que des cafés qui portent tous des labels mais on sait qu’ils sont produits dans de bonnes conditions. Parce que, je vais sur place. Et je me rends compte de la réalité des choses, sur ce qui se passe vraiment au niveau des conditions de travail et les salaires. »

    « Les valeurs humaines »

    Des inflexions humanistes qui amènent forcément La Marseillaise à transposer ce type d’exigences professionnelles à un environnement plus directement politique. La manœuvre manque peut-être un peu de subtilité mais l’enjeu des prochaines échéances électorales à Toulon en vaut la peine. D’autant qu’il s’agit moins de savoir pour qui iront ses préférences que de nous éclairer, au regard du citoyen et entrepreneur responsable, le profil idéal pour le job. « Ce que je mets au premier plan ? Les valeurs humaines, sans hésiter. C’est très important, je crois. »

    Ses craintes ? C’est que les Toulonnais se déterminent un peu trop comme ils le feraient dans une élection nationale en oubliant les enjeux locaux.

    « Pour moi, les élections municipales, ce sont les élections les plus importantes, avec la présidentielle. Parce que le maire, c’est vraiment la personne qui est au quotidien avec toi. Il ne va pas intervenir sur des problématiques internationales ou sur des politiques d’immigration ou d’ultra-sécurité. Ce n’est pas vrai ! C’est à ça qu’il faut penser en décidant à donner les clés de la ville. » Sur le bilan, l’artisan insiste sur « le travail remarquable fait par Hubert Falco pendant 20 ans ». Et de poursuivre : « Aujourd’hui, on a un maire, Josée Massi qui est dans la continuité des grands projets. La ville tourne bien. » Pour en savoir davantage, il va falloir attendre un petit peu. Mais on peut compter sur le personnage pour poursuivre ses engagements.

  • Co-Sens couve les projets d’entreprise jusqu’à maturité

    Co-Sens couve les projets d’entreprise jusqu’à maturité

    C’est un dispositif peu connu du grand public, alors que c’est « un véritable tremplin », assure Jennifer Borges : la couveuse. Cette ancienne responsable caisse chez Carrefour en a entendu parler pour la première fois à la suite d’un burn-out et d’un licenciement pour inaptitude. « J’ai dit à ma conseillère France Travail que j’avais un projet d’autoentreprise, et elle m’a redirigée vers Co-Sens », raconte la jeune femme de 29 ans.

    Financée par des subventions de l’Union européenne et la Région Sud, la structure propose un Contrat d’appui au projet d’entreprise (Cape), conclu pour une période maximale de 36 mois, aux porteurs inexpérimentés. Valérie Moisan, consultante depuis 24 ans, détaille : « Le couvé est hébergé juridiquement, financièrement et fiscalement avec le numéro de Siret, le compte en banque, la comptable et la responsabilité civile professionnelle de Co-Sens. »

    Pendant cette période, les droits sociaux du porteur de projet sont maintenus. « On encaisse le chiffre d’affaires et on leur rend sous forme de remboursement de notes de frais pour les achats effectués dans le cadre de l’activité, précise-t-elle. En cas de dépassement, on leur fait des feuilles de rétribution considérées comme des feuilles de salaire par France Travail, ce qui rallonge leurs droits. »

    Une boîte à outils

    Une sécurité que Valérie Moisan appelle le « double matelas » : le matelas financier et le matelas d’accompagnement, puisqu’en intégrant la couveuse, le ou la porteuse a accès à des formations et à un suivi. Jennifer Borges témoigne : « Ça m’a permis de comprendre les algorithmes des réseaux sociaux, la comptabilité, d’apprendre à choisir mon statut, à organiser un planning, à préparer mon pitch… » Une véritable boîte à outils qui a rassuré la Gignacaise : « Je ne me suis pas lancée dans le vide, je ne suis pas seule pour assimiler ce nouveau métier qu’est l’entrepreneuriat. »

    Après une année passée au sein de la couveuse, elle commence à dégager « un chiffre correct » depuis le mois de juillet. « Ce n’est pas encore un salaire, mais c’est encourageant » pour poursuivre sa marque d’accessoires pour chiens faits main qu’elle a appelée Gennka dog.

    Co-Sens affiche 70% de sorties positives, c’est-à-dire de retour à l’emploi ou de création d’entreprise. Valérie Moisan souligne : « Pour les 30% restants, c’est très bien aussi, parce qu’ils savent qu’ils ne sont pas faits pour ça ou que leur projet n’est pas bon, et ils ne se lancent pas à corps perdu en mettant en péril leur équilibre financier et familial. » Jennifer Borges résume : « Il n’y a rien à perdre, tout à gagner ! »

  • Habitants des quartiers prioritaires, ils vont créer leur entreprise

    Habitants des quartiers prioritaires, ils vont créer leur entreprise

    Ils et elles sont 13. Dix femmes et 3 hommes. 8 viennent du quartier du Charrel, 2 de La Tourtelle, 1 d’un autre quartier d’Aubagne, 1 de Cuges-les-Pins, et 1 de La Ciotat. Tous font partie de la première promotion de l’Accélérateur Emergence, un programme d’accompagnement intensif et gratuit, soutenu par le Ministère du travail, la Banque des Territoires et de Bpi France. L’initiative vise à dynamiser l’entrepreneuriat dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. À Aubagne, au Charrel, à La Tourtelle (70% de l’effectif), mais aussi dans d’autres communes (30% de l’effectif).

    Un « accompagnement

    au top »

    Lancé le 5 mai dernier, présente Céline Fourcade, directrice du Paci ; l’Accélérateur Emergence a retenu 13 candidatures. « Les porteurs de projet ont bénéficié de 210 heures d’appui chacun, dont 135 heures en collectif, 54 heures d’appui individuel et 21h de mise en réseau. Notre objectif, c’est de les amener jusqu’à l’immatriculation de leur entreprise», souligne-t-elle.

    « L’accompagnement, je le recommande à 100%. Il est au top », lâche Romain Donadey, 28 ans. Habitant de La Tourtelle, il a l’entrepreneuriat chevillé au corps. Il a d’abord quitté un emploi salarié pour ouvrir son camion à pizza. Avec l’Accélérateur Emergence, « mon but est de créer, d’ici novembre, une application, Proximity. Chaque commerçant pourra s’inscrire sur la plateforme, présenter son activité, et dans un second temps pour un abonnement de près de 10 euros par mois, il pourra vendre sur cette plateforme. » Mathilde, 23 ans, habitante de La Ciotat depuis un an, souhaite ouvrir un centre d’éducation canine à Ceyreste. « L’accompagnement m’a permis de prendre confiance en moi. S’il n’y avait pas eu cela, je ne me serais jamais lancée », dit-elle. Fatima Madani, 38 ans, habitante du Charrel, veut proposer « une gamme de lingerie confortable et esthétique pour femmes actives. » D’abord via le e-commerce, puis dans une boutique. « Cet accompagnement nous fait voir tous les points de vue : l’étude de marché, le statut juridique, la trésorerie (…) de façon à avoir une pérennité dans le projet. » Elle pense pouvoir créer son entreprise « dans les mois à venir ». Si elle a souhaité sauter le pas vers l’entrepreneuriat ? « J’ai toujours travaillé dans la vente et j’ai toujours rêvé de créer ma propre entreprise. » Elle enchaîne : « Entreprendre, c’est avoir des craintes, mais aussi une liberté. On se dépasse. Il ne faut pas écouter cette voix intérieure qui veut nous freiner. » La phase de recrutement pour la 2e promotion de l’Accélérateur Emergence est déjà lancée. Le programme débutera courant 2026. De quoi rendre concret son rêve d’entreprendre. Sur des fondations solides.