La Marseillaise : Êtes-vous inquiet de la flambée du prix de l’essence ?
Hami Kahia-Tani : Sincèrement, sincèrement, c’est très préoccupant pour nous. On va avoir une réunion vendredi pour en parler collectivement. Il va falloir trouver des solutions.
Pour les livraisons de gros achats, ou pour aller chercher des dons, nous nous déplaçons en camion sur un secteur très étendu dans tout Marseille et jusqu’à La Ciotat. Les bénévoles qui œuvrent sur la communauté viennent avec leur propre voiture, ce n’est pas possible que cela leur coûte de l’argent.
Envisagez-vous de ne plus sortir, si les prix continuent de grimper ?
H. K.-T. : Cette solution est complètement inenvisageable, ça serait la mort assurée d’Emmaüs. Pour fonctionner, nous avons besoin de dons et de les vendre pour faire vivre notre communauté et les gens qui y travaillent. Nous ne bénéficions pas de subventions publiques pour l’accueil des compagnons, ni de dons pécuniaires de particuliers.
Avez-vous chiffré le coût des déplacements ?
H. K.-T. : Là, tout de suite, je ne sais pas précisément. Mais je me souviens qu’en 2022, on avait pris 40% d’augmentation sur le gazole. Et là, j’entends ce [lundi] matin, que les prix ont atteint un nouveau record dimanche. Autour de 2,41 euros le litre ?! Ce n’est pas tenable. On ne peut pas rester les bras croisés.
Pensez-vous à des alternatives ?
H. K.-T. : On doit trouver des solutions, nous devons nous adapter. Nous avons trois camions thermiques, pourquoi pas acquérir un camion électrique ? À Marseille, Emmaüs Pointe Rouge l’avait fait pour ses petits-déjeuners.
Mais pour ça, il nous faut des aides… Ben, je lance un appel !
![[Entretien] Hami Kahia-Tani, Emmaüs : « Ce n’est pas tenable, on doit trouver des solutions »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/09/95141e70b686ce3b43331a3e14cdff39.jpg)
