Tag: Emmanuel Grieu

  • Le sénateur Laurent Burgoa courtise la ruralité

    Le sénateur Laurent Burgoa courtise la ruralité

    Porté par des sénateurs de tous bords, le rapport sur le développement durable des territoires ruraux dont les propositions ont été rendues publiques, sort au meilleur des moments pour les parlementaires. Fin tacticien, Laurent Burgoa, qui a participé à son élaboration, sait bien qu’en rendant ce rapport à quelques semaines des élections sénatoriales, cela lui permettra de séduire des élus d’un territoire majoritairement rural.

    Pour autant, les propositions émises sont largement inspirées d’un travail de concertation avec les acteurs du territoire et notamment avec l’Association des maires ruraux (AMR). De quoi rassurer des élus toujours confrontés au manque de moyens et au désengagement de l’État. Pour réaliser ce rapport, les quatre sénateurs ont en effet « mené des auditions au Sénat, organisé un colloque ainsi qu’un regards croisés sur le sujet des mobilités dans les territoires avec le Cerema [Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement, Ndlr.] et le CNRS et réalisé une consultation en ligne des élus locaux qui a recueilli 2 372 réponses ».

    L’objectif était ainsi de faire émerger des propositions pour allier le développement économique de ces territoires en souffrance et le respect de l’environnement alors que les effets du dérèglement climatique se font de plus en plus sentir. « Nous avons formulé des recommandations et mis en avant des exemples inspirants à l’attention des collectivités territoriales », explique Laurent Burgoa.

    « Besoin de planification »

    Ainsi, la Chambre haute propose par exemple la création d’un « répertoire national des bonnes pratiques de développement durable des territoires » pour mettre en avant les exemples de projets réussis ou encore la mise en place du « 1% ingénierie », qui permettrait de prélever 1% sur l’enveloppe de l’État dédiée aux investissements des collectivités. Le Sénat demande aussi un renforcement du pouvoir de dérogation des préfets pour faire face à la complexité des normes. « Les sénateurs ont repris beaucoup d’idées du grand atelier de la transition écologique organisé par l’AMR donc c’est plutôt bien », précise Emmanuel Grieu (Debout!), maire de Mandagout et membre du bureau de l’AMR 30.

    L’élu gardois met toutefois en garde contre une trop grande dérégulation. « Les normes sont très parisiennes et il y a une nécessité de les adapter aux territoires. Je me bats par exemple pour faire reconnaître la spécificité cévenole dans la gestion de l’eau, qui n’a rien à voir avec celle du nord de la Loire. Il y a donc des modulations à faire mais il faut quand même des règles pour ne pas laisser faire n’importe quoi », tempère Emmanuel Grieu.

    Le maire de Mandagout salue aussi le volet « planification » abordé dans ce rapport même s’il juge que la feuille de route ne va pas assez loin : « Il y a un vrai besoin de planification. Ce n’est pas propre à la ruralité, mais il y a des politiques publiques mises en place qui sont des réflexions à court terme. Je ne suis pas sûr que ce rapport règle vraiment ça. Il faut arrêter avec les appels à manifestation d’intérêt, il faut briser ce carcan des missions de 18 mois, d’appels à projets, parce que la transition doit être systémique. »

    Au cœur de la campagne sénatoriale, le développement de la ruralité dans le respect de l’environnement ne semble pas une priorité de la campagne présidentielle. Pourtant, avec 88% des communes françaises dans la ruralité, ce sujet devrait animer tous les programmes des candidats à l’Élysée.

  • L’inquiétude grandit autour de la maternité

    L’inquiétude grandit autour de la maternité

    Lorsque la maternité de la clinique Saint-Louis a été suspendue en décembre 2022, tous craignaient qu’elle ne voit plus jamais le jour. Trois ans et demi plus tard, l’inquiétude n’est pas dissipée. Bien au contraire. « On constate qu’il n’y a pas de recherche active de la part de la direction de la clinique pour recruter du personnel alors que cette fermeture représente beaucoup de stress pour les familles. Nous constatons qu’il y a eu beaucoup plus d’accouchements d’urgence et de refus de soins. C’est aussi un gros problème pour les IVG non médicamenteuses », souligne Isabelle Boisson, membre du Collectif Maternité à défendre.

    Le Collectif a ainsi souhaité remettre la pression sur la direction de la clinique Saint-Louis qui « nous a déjà dit que la gestion de la maternité ne les intéressait pas ». Les travaux du nouveau bâtiment dans lequel est prévu un service maternité, ont pourtant débuté en octobre 2025 et devraient se terminer fin 2027. D’ici là, le Collectif espère donc qu’une équipe sera recrutée pour rouvrir la maternité. « Depuis que le chantier a débuté, nous n’avons aucune information de la part de la direction. Nous avons donc décidé de lancer notre propre annonce pour recruter du personnel et nous allons aussi contacter les organismes de formation partout en France », ajoute Priscilla Manzanares.

    Argent public

    Pour ce point presse, seuls deux élus avaient fait le déplacement : le maire de Colognac Rémy Menviel et celui de Mandagout, Emmanuel Grieu. Ce dernier a aussi souhaité alerter sur le gaspillage d’argent public puisque la direction de la clinique a touché 11 millions d’euros de l’ARS pour construire une nouvelle maternité dont l’ouverture est très loin d’être assurée.

    Lassés par ces années de combat, les élus du territoire, qui soutiennent pourtant majoritairement le travail du collectif, ne semblent plus à l’offensive sur ce sujet pourtant essentiel pour l’attractivité du territoire. En 2020, 77% des accouchements des quatre communautés de communes concernées avaient pourtant été réalisés à Ganges. Le Collectif a donc entrepris un nouveau travail : alerter tous les nouveaux élus après les élections municipales. Mais Emmanuel Grieu souhaite aller encore plus loin : « Nous pourrions organiser un week-end pour faire découvrir le territoire et les nouvelles infrastructures aux soignants. On l’a déjà fait pour les médecins mais pour cela, il faut que les élus du territoire se mobilisent. »

  • Le service postal recule au détriment de la population

    Le service postal recule au détriment de la population

    Beausoleil à Nîmes, Tamaris à Alès, Bouisson-Bertrand et Sarrail à Montpellier. Les bureaux de poste disparaissent les uns après les autres ces dernières années. Un coup dur pour les populations, qui voient par la même occasion un distributeur de billets et/ou un bureau de banque fermer. Depuis plusieurs années, la direction de La Poste assume cette politique en la justifiant par une baisse de l’envoi de courrier.

    « On ne peut pas nier que le courrier diminue, mais par contre le nombre de colis à distribuer, lui, augmente fortement. Il y a des livreurs privés mais beaucoup délèguent à La Poste surtout dans des coins reculés où ce n’est pas rentable pour eux », explique un postier. La ruralité n’est en effet pas épargnée par la diminution du service postal. C’est par exemple le cas à Mandagout, dans les Cévennes gardoises, où le maire Emmanuel Grieu vient d’alerter la sous-préfète du Vigan, Anne Levasseur, sur les changements opérés par La Poste. « Nous avons lancé une pétition qui a recueilli une centaine de signatures », explique l’édile. « Nous voulons que le service s’améliore donc on va en parler à la sous-préfète qui est référente poste pour le département, parce que la direction de La Poste n’est jamais joignable. Nous voulons recevoir notre courrier. Il n’est parfois pas livré, ou avec du retard, ou chez le voisin. Les facteurs changent tout le temps sauf que chez nous, il y a 36 hameaux et si on ne connaît pas, on est en difficulté. »

    Un postier ayant plus de quinze ans d’ancienneté et souhaitant rester anonyme, confirme : « Tous les deux ans, il y a une réorganisation et on nous rajoute toujours du travail. Sauf qu’on nous a dit qu’on ne pouvait plus faire d’heures supplémentaires. Moi, on m’a allongé ma tournée de l’équivalent de deux heures de charge supplémentaire alors que j’étais déjà en difficulté. La direction me dit que c’est possible, qu’elle a fait ses calculs et que ça passe. Je ne sais pas comment ils font leurs calculs, on essaie de leur expliquer que ce n’est pas possible mais ils ne veulent rien entendre. J’ai signalé tous les jours que je ne pouvais distribuer que l’urgent et les colis. Et même malgré ça, je ramenais des colis et le courrier restait dans le bureau pendant des semaines. »

    Pissevin en sursis, Estanove aussi

    La mobilisation s’organise aussi dans les capitales héraultaises et gardoises. À Nîmes, c’est le bureau de poste dans le quartier Pissevin qui a cristallisé la fronde depuis la fin mai, lorsque la direction de La Poste a informé le maire qu’elle allait fermer le bureau suite aux plaintes des agents obligés de travailler dans des locaux insalubres. Grâce à la mobilisation de la nouvelle municipalité et du préfet du Gard Jérôme Bonet, une solution transitoire a été trouvée. Le bureau restera ouvert au moins tout le mois de juin. En effet, il sera accessible quatre matinées par semaine (lundi, mardi, jeudi et vendredi), en espérant que de nouveaux locaux soient trouvés d’ici là.

    « Nous cherchons à pérenniser le bureau dans le cadre de la rénovation urbaine avec un nouveau site pour accueillir la poste  », indique le cabinet du maire Vincent Bouget, qui appelle la population à poursuivre la contestation. Le centre social des Mille Couleurs a également lancé une pétition pour mobiliser les habitants du quartier.

    À Montpellier, dans le quartier d’Estanove, le bureau de poste garde aussi ses portes closes depuis le 12 novembre. Officiellement, il est fermé pour travaux suite à des dégâts des eaux. Mais la population craint que cette fermeture ne soit définitive. Elle a donc aussi lancé une pétition, qui a récolté plus de 400 signatures. Le 27 mai, elle s’est également rassemblée devant la mairie de Montpellier pour faire entendre son mécontentement et son inquiétude. Un nouveau rassemblement est prévu le samedi 13 juin devant le bureau d’Estanove, même si la direction a promis, suite à la première manifestation, qu’il serait rouvert progressivement à partir de la deuxième quinzaine de juin.