Tag: électro

  • [Entretien] Nach : « La musique a été comme une espèce de premier langage »

    [Entretien] Nach : « La musique a été comme une espèce de premier langage »

    La Marseillaise : Comment vous êtes-vous lancée dans la musique ?

    Anna Chedid : J’ai baigné dans la musique depuis mon plus jeune âge, puisque, autour de moi, j’ai beaucoup d’artistes et notamment des musiciens dans la famille. Donc la musique a été comme une espèce de premier langage. Quand j’ai grandi, j’ai fait des études musicales, du chant lyrique, j’ai accompagné des artistes en tant que choriste et claviériste sur des tournées quand j’avais une vingtaine d’années. Finalement, j’ai écrit des chansons et j’ai commencé à sortir mes albums.

    Mon album est sorti en 2015 et depuis, je fais des tournées sous le nom de Nach. Et à côté de ça, je fais aussi de la direction musicale et je suis productrice. J’ai mon propre label, je produis mes projets.

    Avez-vous toujours voulu être musicienne ?

    A.C. : Non. Quand j’étais petite, je voulais être psychologue. J’ai toujours été intéressée par l’émotion et par comment la transmettre et la transformer. Donc le côté psychologique et émotionnel m’a toujours beaucoup plu. Pour moi, il y a tout un aspect thérapeutique dans le fait d’être artiste et de retransmettre des émotions.

    Comment s’est organisée votre venue au festival Au Top ?

    A.C. : Mon nouvel album sort en janvier et la tournée commence en février, donc c’est vraiment un concert qu’on va faire en exclu totale, avant la sortie officielle de ce projet. Je connais un peu Grégory Montel qui a monté le Top Festival avec ses amis à Digne. Il a entendu parler de ce projet électronique, qui est un aspect de ma musique qu’on ne connaît pas encore très bien, et qui allait bien dans ce festival parce qu’il y a une programmation assez électro. Donc il m’a proposé de venir présenter en exclusivité L’Âme électronique là-bas.

    Avez-vous un moment qui vous a particulièrement marquée dans votre carrière ?

    A.C. : Oui, c’est assez récent, c’était le 18 mars 2025. J’ai fait mon premier Olympia, avec Peau Neuve, mon album que j’ai produit toute seule, écrit, composé, réalisé d’une manière très indépendante. Et j’ai réussi, sans être dans une maison de disques, à faire mon premier Olympia. C’était vraiment mon rêve depuis que j’étais toute petite. D’avoir fait cette date, c’était pour moi un moment que je n’oublierai jamais.

    Est-ce que vous avez ressenti, au cours de votre carrière, que vous étiez ramenée à votre famille, vue comme la fille de, la sœur de ?

    A.C. : Oui. Mon père et mes frères Matthieu et Joseph l’ont ressenti aussi. Billie, la fille de Matthieu aussi. On est dans une famille d’artistes à chaque étage, on est nombreux à faire ce métier, à évoluer dans le même milieu artistique, donc c’est normal, on est comparés. Mais, quelque part, c’est plus une richesse. Chacun fait son histoire. On fait partie de la même famille, mais il y a autant de personnes que de carrières et de sensibilités. On ne touche pas exactement les mêmes publics, on n’a pas la même carrière, et on ne fantasme pas forcément sur celle des autres. Chacun est plutôt content. Nos carrières nous ressemblent profondément, donc il n’y a pas forcément de frustration de notre côté. Après, parfois, effectivement, on est attendus au tournant parce qu’on vient de cette famille. Mais bon, aujourd’hui, c’est plus trop une souffrance. Au début, je pense que c’est pour ça que j’ai choisi de ne pas utiliser mon nom de famille comme nom de scène. C’était une manière de m’émanciper un peu et de me dire « tu pourras créer ce que tu veux avec cet avatar ». Cela permet de changer d’identité et de faire de nouvelles expériences.

    Est-ce qu’on vous a déjà accusée d’être une nepo baby ?

    A.C. : Oui, bien sûr. Peut-être que c’est le cas. Je ne me pose pas trop ces questions-là, dans le sens où, pour moi, un artiste, c’est un artiste. Tout le monde est légitime d’être artiste, quel que soit son arbre généalogique. Un artiste qui a des choses à dire et qui a envie de partager des belles choses avec les gens, il trouve son public. Je ne sais pas si c’est plus facile ou plus dur. Je pense qu’on ne peut pas vraiment le quantifier, le savoir. Par contre, il faut rester humble, c’est dur pour tout le monde. Parfois, il y a des miracles pour des gens qui ne viennent pas du tout du milieu. C’est vraiment aléatoire. L’important, c’est d’être honnête, de faire des choses avec le cœur et avec humilité, quelle que soit notre histoire.

    Dates de la tournée à venir sur instagram.com/nachmusicofficiel

  • [C’est l’été] De la musique électronique au théâtre antique d’Orange

    [C’est l’été] De la musique électronique au théâtre antique d’Orange

    C’est la huitième année que le Positiv Festival investit le Théâtre antique d’Orange. Début août, se sont produits Kool and the Gang et Fatal Bazooka. Ce week-end du 15 août, des DJ français et internationaux viendront jouer sur la scène vieille de 2 000 ans.

    Sur trois jours douze artistes se produiront. Boris Brejcha, connu à l’international, sera sur scène vendredi. Le DJ allemand, célèbre pour porter des masques après avoir été brûlé au visage lors d’un accident, est créateur de son propre genre, la « high-tech minimal ». Le même soir jouera Nicolas Cuer, originaire d’Arles, connu pour sa techno hypnotique. Il est également fondateur et directeur artistique du Positiv Festival.

    Des concerts

    jusqu’à fin août

    Samedi soir, Charlotte de Witte sera sur scène. Star mondiale de la techno contemporaine, présente sur les plus grandes scènes, elle a sorti son dernier EP fin avril. Le lendemain, dimanche, c’est Fisher qui prendra le relais. Réputé pour son énergie débordante et son humour, le DJ australien partagera avec le public sa musique house.

    Le festival fait aussi de la place aux artistes émergents avec Venga. DJ et productrice française de tech house, elle mixe de manière permanente au R2 à Marseille. Toujours dans l’univers électro, le 22 août, le DJ Apashe viendra jouer avec une formation symphonique. Le mois se terminera en beauté à Orange, avec, le samedi 29 août, Macklemore, artiste majeur de la scène rap internationale.

    Avec plus de 40 000 spectateurs attendus, le festival ouvre ses portes à 18h, ce vendredi.

    Gabrielle Cartellier

  • L’organisation du Delta festival placée en liquidation judiciaire

    L’organisation du Delta festival placée en liquidation judiciaire

    Douze ans après sa création sur les plages du Prado, l’organisation du Delta Festival a annoncé dans un communiqué que le tribunal avait prononcé ce vendredi la liquidation judiciaire de la SAS Delta Agency, société organisatrice de ce qui est devenu l’un des plus importants festivals de musiques actuelles du sud de la France.

    Fondé en 2014 par les Marseillais Matthieu Predal et Olivier Ledot, alors étudiants, le Delta Festival s’est progressivement imposé dans le paysage culturel national. Électro, rap, pop et musiques actuelles s’y sont succédé au fil des éditions avec des artistes comme DJ Snake, David Guetta, Martin Garrix, Damso, Soprano ou Angèle et jusqu’à 150 000 festivaliers. Même si la billetterie au rabais des dernières semaines (un pass acheté pour un pass offert) ne laissait rien présager de bon, cette liquidation intervient après une année 2026 mouvementée.

    À quelques jours de l’édition 2026, une série de témoignages de femmes accusant Olivier Ledot, cofondateur et président du festival, de violences sexuelles présumées ont entraîné le retrait de plusieurs collectifs partenaires et la déprogrammation d’artistes. Après la mise en retrait d’Olivier Ledot et l’ouverture d’une enquête indépendante, le festival s’était maintenu du 23 au 26 juillet.

    Situation économique impossible à surmonter

    Dans un message intitulé « On voulait vous écrire une dernière fois », l’équipe rappelle les difficultés accumulées ces dernières années : « Les annulations liées au Covid en 2020, la tempête de 2023, les inondations exceptionnelles de 2024, le mistral de 2025, puis des grêlons de la taille de balles de tennis le samedi 25 juillet 2026. Nous avons tout affronté, tout encaissé, sans jamais rien lâcher », écrit-elle. Mais selon l’organisation, « l’ampleur nationale » de l’affaire Ledot, les annulations d’artistes et de la journée du samedi « journée de plus forte affluence » ont mené à « une situation économique devenue impossible à surmonter ».

    La liquidation a des conséquences sociales importantes. « 23 personnes vont être licenciées pour motif économique », précise le communiqué. L’organisation rappelle aussi que chaque édition faisait travailler des centaines de techniciens, intermittents, agents de sécurité, restaurateurs, fournisseurs et associations…

    Les créanciers, y compris les festivaliers concernés par l’annulation du 25 juillet, disposent désormais de deux mois pour déclarer leur créance. Pour autant, la page n’est peut-être pas totalement tournée. Une reprise reste juridiquement possible et pourrait faire revivre une marque devenue emblématique de l’été marseillais.

  • Vague de déprogrammations au Delta Festival

    Vague de déprogrammations au Delta Festival

    Acid Arab, Trinix, le DJ Mosimann… des dizaines d’artistes de la scène électronique et associations annulent leur venue au Delta Festival deux jours avant le début de l’événement. En cause, une enquête de Marsactu, publiée vendredi, dévoilant que le président et cofondateur du Delta Festival, Olivier Ledot, est accusé de violences sexuelles par des salariées, bénévoles ou stagiaires qui travaillent, ou qui ont travaillé pour le festival. Aucune plainte n’a cependant encore été enregistrée par le Parquet de Marseille.

    Le collectif marseillais de musique house Say Less a été le premier à se retirer du festival en annonçant leur déprogrammation dans une story Instagram : « Cette décision fait suite à des informations portées à notre connaissance, auxquelles nous ne pouvons pas nous associer. »

    De son côté, Olivier Ledot s’est retiré de la direction de l’événement. Présumé innocent, il nie les faits qui lui sont reprochés. « Je mesure la gravité de ces sujets et je respecte le droit de chacun à être entendu. Je conteste toutefois formellement avoir exercé une quelconque violence sexuelle, une contrainte ou adopté un comportement non consenti », s’est exprimé le président du festival, dans un droit de réponse publié par ICI Provence. Sur son compte Instagram, le festival déclare avoir lancé « une enquête interne indépendante ».

    Le Delta Festival a annoncé, dans un communiqué publié mardi après-midi, se maintenir. Avant la crise, 150 000 personnes étaient attendues pendant trois jours, avec six scènes et quelque 200 artistes invités.

  • [Entretien] Ezra Collective : « Le jazz a toujours été un genre fondé sur la collaboration »

    [Entretien] Ezra Collective : « Le jazz a toujours été un genre fondé sur la collaboration »

    Ezra Collective est aujourd’hui l’un des ensembles les plus populaires et influents de sa génération. Figure de proue du renouveau du jazz britannique, le quintet londonien poursuit une ascension fulgurante depuis sa victoire au Mercury Prize en 2023, couronnée par son sacre comme « Groupe de l’année » aux Brit Awards, porté par le succès de son dernier album, Dance, No One’s Watching.

    La Marseillaise : Comment définiriez-vous votre approche du jazz ?

    TJ Koleoso : Quand je suis arrivé au club de jeunes [Tomorrow’s Warriors], où nous avons appris le jazz, j’avais toujours eu l’impression que cette musique n’était pas faite pour des gens comme moi. C’est une question de découverte. Il suffit qu’on vous fasse écouter cette musique, qu’on vous la présente. C’est cette introduction qui vous permet ensuite d’en tomber amoureux. Le jazz a toujours été un genre fondé sur la collaboration et l’improvisation, à travers toutes sortes d’autres musiques. Il y a toujours ce dialogue qui doit exister entre les instruments. Et c’est cette philosophie que nous avons intégrée à notre musique.

    Cette année marque les dix ans de Chapter 7. Comment avez-vous évolué depuis, dans quelle direction vous tournez-vous à présent ?

    TJ.K. : En une phrase, nous sommes le même groupe avec un sens des responsabilités beaucoup plus important. Aujourd’hui, quand nous jouons ou que nous prenons des décisions, nous ne pensons plus seulement à nous. Nous réfléchissons à ce que cela représente pour un public plus large, mais aussi pour toutes les personnes autour de nous qui souhaitent évoluer dans le monde de la musique. Même au-delà. Nous partons en tournée avec toute une équipe. Il y a une responsabilité de continuer à bien jouer et à faire de bons concerts parce qu’il y a des gens qui en dépendent financièrement.

    Avec trois albums et trois EP à votre actif, est-ce que vous savez déjà à quoi ressemblera la setlist au MJ5C ?

    TJ.K. : Non, mais il y aura un mélange de chansons qu’on a déjà jouées de nombreuses fois et d’autres qu’on n’a encore jamais interprétées sur scène. On a notamment hâte de se plonger dans une bonne partie du nouveau répertoire cet été.

    Votre nouvel album sort en septembre, quelle en était l’inspiration ?

    TJ.K. : Le nouvel album s’intitule Here Because of Hope, et il s’articule autour du chemin qui mène de la douleur à la joie. Historiquement, on a toujours beaucoup parlé de la joie en tant que groupe, avec cette idée que la joie est davantage une manière de voir les choses qu’une simple émotion. Je pense que l’espoir est ce qui vient combler l’espace entre la douleur et la joie. Voilà le socle philosophique de cet album. Musicalement, ce qui en ressort est un album beaucoup plus vulnérable, plus réfléchi et peut-être plus émotionnel qui traverse différents genres musicaux comme Ezra à l’habitude de le faire.

    Le premier single est sorti. Une collaboration avec Pa Salieu.

    Ife Ogunjobi : Ce qui est intéressant chez lui, c’est sa polyvalence. Ce n’est pas un rappeur cliché. Il est capable d’évoluer dans plein de registres différents et il puise dans énormément d’influences. Pour un groupe comme le nôtre, qui ne vient pas du rap au sens traditionnel mais qui cherche à le mêler à l’afrobeats, au jazz et à d’autres styles, c’était la collaboration idéale.

    Interview traduite de l’anglais. Concert le 9 juillet, au Parc Aurélien Fabre. De 15 à 40 euros.

  • « Faire du sport la journée et la fête le soir » : l’Outdoormix est de retour

    « Faire du sport la journée et la fête le soir » : l’Outdoormix est de retour

    « Notre slogan, c’est “Ride and Party”, faire du sport la journée et faire la fête le soir. Pour nous c’est l’esprit haut-alpin. Je pense qu’on est une grande famille avant tout. » Voilà, décrit en quelques motspar Germain Gasdon, de l’équipe organisatrice, l’esprit de l’Outdoomix festival.

    De retour à Embrun, du vendredi 22 mai au lundi 25, l’événement allie le sport de haut niveau la journée, et des concerts avec des têtes d’affiche nationales et des groupes le soir. Côté sport, les disciplines présentes en compétition et démonstration ne manquent pas : VTT (sauts et parcours de dirt), wingfoil, kite, pumpfoil, parapente, yoga, stand up paddle, kayak, escalade, slackline, BMX, pumptrack, longboard et handisport. « Chaque sport représenté en compétition donnera lieu à une initiation accessible au public, pour découvrir, à niveau débutant », explique Germain Gasdon, de la direction du festival.

    Têtes d’affiche et artistes locaux

    Côté musique, l’Outdooxmix, connu pour sa programmation électro, se partage entre une scène principale et une scène qui met à l’honneur des DJ haut-alpins, comme les collectifs des Louves du groove et DarkSide Events. Sur la grande scène, le vendredi, se produiront Arsene and the Crooks, Fatoumata Diawara, Etienne de Crecy et Synapson.

    Le samedi verra Tairo, F.U.R, La Pti’te Fumée et Acid Arab. Le dimanche, la scène principale accueillera Luiza, Matmatah et Gonzi. Le village du festival et les compétitions sportives sont en accès libres. Les prix des concerts, de 19h30 à 3h, commencent à 28 euros (tarif évolutif).

  • « Ma musique est très mélangée. C’est le fruit de mon époque »

    « Ma musique est très mélangée. C’est le fruit de mon époque »

    La Marseillaise : Vous êtes d’origine marocaine, né en Espagne et vous avez grandi en France. Qu’est-ce que ça vous apporte au niveau musical
    et personnel ?

    Ino Casablanca : J’ai commencé à produire et composer vers mes 17-18 ans et je rappais timidement dans mon coin. Je ne me rendais pas compte à quel point ça a influencé ma personnalité. J’ai une certaine ouverture qui me semblait aller de soi, mais en réalité, pas tant que ça. Parler plusieurs langues ouvre des manières de réfléchir et musicalement, ça m’a confronté à différents environnements et cultures. Cela a nourri ma musique de manière naturelle. Je n’aurais jamais été celui que je suis sans ce parcours.

    Comment définissez-vous
    votre musique ?

    I.C. : Franchement c’est très difficile, ma musique pourrait se décomposer en mille qualifications. Rien que le fait que je chante et rappe, les gens sont perdus, alors que moi ça ne me paraît pas bizarre ou incompatible. Au niveau des genres, c’est très mélangé. Ma musique est le fruit de mon époque.

    Vous avez été nommé dans la catégorie révélation masculine aux Victoires de la Musique en février. Comment vivez-vous cette ascension fulgurante ?

    I.C. : C’est assez fatigant : la tournée, défendre son projet, cultiver son inspiration… Tu peux te perdre au milieu de cette ascension si tu n’arrives pas à te jauger. Il faut donc prendre du recul et chaque semaine, je me pose de nouvelles questions. Je n’ai pas le temps de me poser et de me rendre compte de ce que tout cela représente vraiment.

    Est-ce que vous vous attendiez à ce que votre musique soit autant fédératrice ?

    I.C. : Non pas du tout, tant que je n’en avais pas la preuve, je ne m’en rendais pas compte. Ça me touche beaucoup. Je pense que c’est juste dans ma personnalité. Dans la vie de tous les jours, je rassemble des personnes qui n’ont a priori rien à voir, selon les gens qui nous divisent. Mais j’ai envie de prouver que c’est des conneries et que ces divisions n’ont pas lieu d’être.

    Votre première tournée a débuté à Marseille au Makeda en octobre, c’était comment ?

    I.C. : C’était l’un des meilleurs publics. Exceptionnel ! Un public très chaleureux et souriant. Dans toutes les villes où je vais c’est comme ça, mais j’ai senti un truc spécial à Marseille.

    Vous avez participé à un concert en soutien pour la Palestine en décembre dernier. Pourquoi cet engagement vous tient-il à cœur ?

    I.C. : Pour moi, c’est absolument normal, au-delà d’être important. Qu’est-ce que j’aurais pensé de moi si je n’y étais pas allé ? Il n’y a pas de question à se poser, et que ce soit pour la Palestine ou pour n’importe quel peuple opprimé, qui se fait voler son territoire ou à qui on enlève la dignité humaine. Avant d’être artiste, j’étais déjà comme ça. J’aurais juste fait avec les moyens du bord.

    Comment vous positionnez-vous par rapport au contexte politique en France ?

    I.C. : C’est déplorable de céder à la haine et à la facilité de rejeter la faute sur l’autre. Des responsables politiques ont intérêt à se déresponsabiliser des soucis qu’ils causent. C’est inquiétant, mais en même temps, j’ai assez confiance en notre génération. C’est peut-être un peu naïf de ma part… certainement d’ailleurs. Ceux qui ont le pouvoir et la main sur les grands médias orientent la pensée des gens comme ils le souhaitent. Il n’y a plus de place pour l’esprit critique, le libre arbitre. Le curseur de ce qui est extrême ou pas est du coup déplacé. Pour la société, politiquement, c’est dangereux.

  • Une belle édition et une polémique pour le Delta

    Une belle édition et une polémique pour le Delta

    Ce dimanche, les plages du Prado ont vibré une dernière fois au rythme du Delta Festival, qui a réuni des dizaines de milliers de festivaliers sur cinq jours. Pour cette 11e édition, la diversité musicale était de mise du reggae engagé avec Danakil, aux beats électros de Kavinsky, en passant par le rap marseillais de Zamdane et les sets envoûtants de Nina Kraviz et Tars.

    S’il n’a pas été durement impacté par la météo, le Delta festival s’est payé cette année une polémique en confiant une partie de l’organisation du Monde des possibles, un espace où la jeunesse présente au festival « peut s’informer, s’engager, et agir concrètement », au média Le Crayon, financé par le milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin.

    « Toutes nos conférences, y compris celles animées par le média Le Crayon, répondent à un cahier des charges fondé sur les valeurs du Forum : pas d’extrême droite, pas de xénophobie, mais la promotion du partage, du vivre-ensemble et du débat démocratique », s’est défendue l’organisation interpellée sur les réseaux sociaux par le sociologue marseillais Kévin Vacher.

    L’interpellation du militant du collectif du 5 novembre a suscité la réaction d’élus de gauche de la municipalité, partenaire du festival. « En effet il n’y a pas de place pour ces idées. Merci pour l’info », a réagi le maire (DVG), Benoît Payan, tandis qu’Hervé Menchon, adjoint en charge du littoral pressait le Delta festival de s’expliquer, arguant : « Le monde de Stérin n’est pas possible… »