Tag: électricité

  • [Entretien] Maître Marie-Julie Conciatori : « Dans l’énergie, l’amiante reste un énorme chantier »

    [Entretien] Maître Marie-Julie Conciatori : « Dans l’énergie, l’amiante reste un énorme chantier »

    Le 18 juin, c’est une enquête de l’inspection du travail qui concernera Enedis. La CGT Énergie dénonce, par voie de justice, l’inertie de l’entrepreneur sur plus de 4 400 postes de distribution d’électricité susceptibles d’exposer les salariés à l’amiante.

    La Marseillaise : Le combat pour
    la reconnaissance du préjudice d’anxiété d’exposition à l’amiante des salariés d’Enedis remonte
    à 2012. Qu’est-ce qui a changé
     ?

    Marie-Julie Conciatori : Cette étape concernait principalement les retraités et un actif. Il y a eu plusieurs étapes procédurales qui ont suivi. Car on obtenait difficilement les justificatifs parce que rien n’était vraiment mis à disposition des agents, rien n’est accessible, il faut investiguer sur tous les points et arriver à collecter les informations. C’est la même procédure mais certaines juridictions ont été plus rapides que d’autres. Sur celles qui sont passées au stade de l’appel et de la cassation, on a gagné des petites victoires, qui cumulées font une belle victoire, puisqu’aujourd’hui on a obtenu la reconnaissance du préjudice d’anxiété ce qui était totalement refusé par la partie adverse depuis le début. Cette fois, on travaille sur la question de la salubrité qui concerne les actifs. C’est une procédure interne au statut mais qui est tue par la direction, rien n’est mis en place.

    Des techniciens sont aujourd’hui encore exposés au risque d’amiante ?

    M.-J.C. : Les électriciens restent concernés par l’exposition à l’amiante et aux substances CMR dans le cadre de leurs missions et interventions aujourd’hui encore. Il y a eu des malades déclarés, des agents décédés et il y a des agents actifs toujours exposés aujourd’hui. Dans une procédure qui concernait principalement les retraités, sur une soixantaine de dossiers, il y a eu 8 décès et 15 malades. Aujourd’hui encore les informations de l’employeur sont insuffisantes et les agents sont donc contraints de travailler alors qu’ils savent qu’ils risquent leur vie.

    L’employeur manque-t-il à ses obligations de prévention,
    de formation
     ?

    M.-J.C. : Il y a des formations qui commencent à être dispensées mais elles sont stéréotypées et généralistes. Elles donnent la connaissance de la dangerosité mais ne sont pas spécifiques ni adaptées à la prestation au travail. Les fiches d’exposition sont une obligation de l’employeur mais elle n’est pas respectée car elles sont toujours délivrées avec du retard et avec des manquements, notamment sur la mesure de l’exposition. Les moyens de protections individuelles et collectives ne sont toujours pas délivrés, ni en nombre suffisant, ni fournies aux agents et il y a un problème de gestion des déchets usés.

    Les sous-traitants d’Enedis sont donc aussi exposés…

    M.-J.C. : Tous sont exposés. Pour exemple sur un chantier où il y a eu un problème important, une équipe est intervenue, a enlevé les plaques et les a jetées dans la voiture. Eux-mêmes ne sont pas informés. C’est un chantier énorme, l’amiante dans l’énergie. Il y a un prestataire qui s’est désengagé. Ils font valoir leurs droits sur les interventions et ce devrait être une alerte mais ça ne semble pas arrêter les donneurs d’ordre. Il y a les entreprises qui sont listées amiante et qui sont reconnues et il y a celles hors liste, c’est un vrai combat. La réalité est une prévention obligatoire et incontournable, mais il y a une inertie par recherche de la rentabilité. Un salarié a expliqué que pour gérer un chantier, il lui fallait à la fois se protéger de l’amiante et de l’électrification. Ces équipements sont très chers.

  • [La région face à l’IA] La préfecture donne son feu vert pour le centre de données à Saint-André

    [La région face à l’IA] La préfecture donne son feu vert pour le centre de données à Saint-André

    La trêve des municipales passées, les chantiers reprennent. À travers un arrêté préfectoral signé le 20 mai et publié vendredi dernier, la préfecture a accordé une double autorisation d’exploitation au groupe Segro pour son projet de data center couplé à une plateforme logistique, sur la zone Actisud, dans le quartier de Saint-André (16e arrondissement de Marseille).

    Sur cette parcelle de 5 hectares, le géant du foncier logistique prévoit de construire, à l’horizon 2025, un entrepôt sur trois étages pouvant accueillir quelque 20 000 tonnes de marchandises, avec 45 quais de livraison jouxtant un parking silo à proximité immédiate de l’A55. Le centre de données, de son côté, doit s’élever sur cinq étages, avec une emprise au sol de 18 000 m², pour une consommation électrique annuelle de 220 GWh. Soit plus que ce que consomment les habitants d’Arles. Face à la saturation des installations électriques à Marseille, notamment avec le branchement à quai des navires, une nouvelle ligne souterraine doit donc être tirée par le gestionnaire du réseau RTE sur plus de 9 km pour être raccordée au poste de Septèmes-les-Vallons. De quoi repousser la mise en service au moins en 2030.

    Crainte d’îlot de chaleur

    Situé à proximité immédiate d’habitations, ce projet d’ampleur avait suscité une fronde de riverains. À diverses reprises, ils avaient manifesté contre son implantation, la dernière fois à la veille du Coderst (Conseil de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques) qui se tenait le 29 avril. « Ce n’est pas neutre un data center au milieu des habitations et nous avons la double peine avec l’entrepôt logistique », s’inquiète le président du CIQ de l’Estaque, Patrick Robert. « Face aux canicules, le data center va rejeter de la chaleur. Et avec l’entrepôt, plus de 300 camions supplémentaires vont débarquer chez nous ! » Les études de circulation réclamées par les riverains n’ont jamais été transmises, tandis que le gestionnaire du réseau électrique a déjà été autorisé à pénétrer dans les propriétés privées pour réaliser les études nécessaires au raccordement. Malgré ces inquiétudes, après les avis favorables rendus par le commissaire enquêteur le 28 mars 2025, la préfecture juge que « les consultations effectuées n’ont pas mis en évidence la nécessité de faire évoluer le projet initial et les mesures imposées à l’exploitant sont de nature à prévenir les nuisances et les risques présentés par les installations ».

    Les associations contestataires, après s’être réunies lundi, ont déjà contacté des juristes et pensent à attaquer cette décision. « Mais, en dernier recours, c’est la mairie qui décide », pointe Patrick Robert, appelant la municipalité à refuser le permis de construire. « Le permis est déposé et en cours d’instruction », confirme l’adjointe (PS) à l’urbanisme Audrey Gatian, indiquant que la municipalité, pour l’heure, ne s’exprimait pas sur l’opportunité du projet. Lors de la concertation, la maire adjointe (DVG), Samia Ghali, avait dit son opposition au projet « dans les conditions actuellement proposées ». Sollicitée, la société Segro n’a pas donné suite.

  • La ligne très haute tension de Fos en réponse à une forte demande

    La ligne très haute tension de Fos en réponse à une forte demande

    « On est reparti en légère hausse. » Ce jeudi, dans le siège régional de RTE (Réseau de transport d’électricité) à Marseille, Gilles Odone, délégué de RTE en Méditerranée, entend rester « factuel » lors de la présentation du bilan électrique de la région Sud pour l’année passée. « La consommation est de l’ordre de 39,3 TWh [térawattheure, Nldr.], c’est 1,4% de plus qu’en 2024 », campe-t-il. Une consommation à mettre au regard de la production régionale : 17,3 TWh. « On représente un peu moins de 10% de la consommation nationale mais on ne représente que 3,2% de la production nationale », résume Gilles Odone. Lequel rappelle les particularités locales : « La production hydraulique [via les barrages par exemple, Ndlr.] c’est le premier moyen de production de la région (…) environ 40% de l’électricité consommée vient d’en dehors de la région. »

    Un bilan qui amène l’acteur à assurer que « les conditions sont réunies pour accélérer l’électrification ». Comprenez par là, le passage au tout électrique et la décarbonation de l’industrie. Et c’est justement pour ses projections vers l’avenir que l’acteur est attendu au tournant, puisque porteur du projet de construction de ligne très haute tension (THT) de 400 000 volts entre Jonquières (Gard) et Fos-sur-Mer en vue de cette décarbonation. « La ligne THT est aujourd’hui en instruction », élude Gilles Odone, sans rentrer dans les détails. Concrètement, RTE avance un premier chiffre illustrant les exigences à venir : « Les besoins en électricité de l’ensemble de la région sont évalués à environ 4 000 MW [Megawatt, Nldr.] à l’horizon 2030. » Et un autre qui montre aussi l’ampleur des sollicitations : « On a reçu plus de 6 000 MW de demandes de raccordement, c’est l’équivalent de la consommation actuelle de la région. »

    « Même sans Carbon… »

    Cette demande exponentielle s’explique par deux facteurs : « Il y a des besoins diffus, liés à l’électrification du pays : raccordement de bornes électriques, des navires à quai dans les ports, installation de pompes à chaleur… Il y a aussi les industriels, par exemple sur la zone de Fos, qui vont se décarboner, car ils n’ont pas le choix. » Mais la décarbonation sur le pourtour de l’Étang de Berre reste au stade de la lettre d’intention pour l’heure. Et les projets structurants de son électrification sont en suspens, voire pire comme avec l’exemple de l’usine géante de panneaux solaires, Carbon, qui a été abandonnée. « Il n’y en a pas beaucoup qui ont des décisions d’investissements », reconnaît Gilles Odone. Mais pas d’inquiétude du gestionnaire du réseau : « Même sans Carbon, on est au-delà de 6 000 MW de demandes. Nos infrastructures doivent être robustes. » D’autant que géographiquement, c’est bien cette zone qui concentre les besoins à venir : « Sur les 6 000 MW de demandes de raccordement, les deux tiers concernent la zone de Fos-sur-Mer. » Et même dans le pire des scénarios, où l’électrification des industries se ferait a minima, RTE assure qu’un renforcement des infrastructures serait quand même nécessaire : « Il y aura des sujets à résoudre. » Il cite notamment la question de la production hydraulique au regard du changement climatique. Autre argument : Sur les 4 000 MW estimés, environ 20% vient des « besoins diffus » qui sont eux aussi grandissants. En bref : « La structure du réseau très haute tension du Sud-Est n’est plus adaptée à cette hausse des consommations. »

  • Emmanuel Macron veut la ligne très haute tension à Fos d’ici 2029

    Emmanuel Macron veut la ligne très haute tension à Fos d’ici 2029

    La volonté de l’État de voir la ligne aérienne très haute tension (THT) entre Jonquières-Saint-Vincent (Gard) et Fos-sur-Mer se concrétiser n’est plus à prouver. Moins de deux semaines après l’annonce du lancement de l’instruction de la demande de déclaration d’utilité publique (DUP) pour ce projet controversé, Emmanuel Macron a affirmé, lors de la réunion de l’équipe de France de l’électrification : « Cet axe est nécessaire. Nous devons donner un signal clair pour fournir la visibilité aux industriels qui veulent investir et tout mettre en œuvre pour que cette ligne soit en service d’ici 2029 pour faire face aux augmentations de consommation et permettre l’électrification des industries présentes et à venir. »

    Une déclaration saluée par les industriels et entreprises investis dans la démarche « Provence, Fabrique des possibles ». Stéphane Bergamini, délégué général de France Chimie Méditerranée présent lors de cette journée organisée à l’Élysée, se réjouit : « C’est un soutien politique essentiel qui apporte un horizon positif, (…) une véritable trajectoire, une vision du chef de l’État. »

    Tout en plaidant pour une accélération des délais de raccordement, le président de la République a précisé : « Ça ne se fera qu’en bonne concertation et coopération avec les territoires. » Or, du côté du Pays d’Arles, cette ligne de 400 000 volts provoque une levée de boucliers. Le collectif THT 13/30 milite pour une solution plus respectueuse des zones naturelles traversées, semi-enterrée, plus longue et plus coûteuse à mettre en œuvre que le projet porté par RTE.

    Cinquante implantations d’entreprises

    Suite à l’abandon de la giga-usine de photovoltaïque Carbon, dont les besoins étaient estimés à plus de 1,2 TWh d’électricité, l’organisation représentant 36 associations a repris à son compte « l’expression du président de la CCI du Pays d’Arles qui annonçait récemment que “si l’on continue comme cela, nous aurons les pylônes mais pas les industriels” ».

    Isabelle Campagnola-Savon, en charge de l’économie à la Région, balaie : « Carbon n’est pas l’entreprise qui avait besoin d’une capacité importante en électricité, à l’inverse de GravitHy. »

    Stéphane Bergamini abonde : « Carbon n’est pas l’arbre qui cache la forêt. Ce n’était qu’un petit projet dans une myriade de projets qui bénéficient d’un appui collectif. » La préfecture des Bouches-du-Rhône cite notamment en exemple le projet Mistral porté par Marcegaglia, visant à produire plus de 2 millions de tonnes d’acier bas carbone d’ici 2028. Le sidérurgiste a d’ores et déjà passé commande auprès du groupe Danieli pour 450 millions d’euros d’équipements.

    « Aujourd’hui, notre territoire est en train d’opérer sa mue, poursuit le délégué général de France Chimie Méditerranée. Nos besoins en électricité sont forts : on a plus de 50 projets d’implantations pour plus de 20 milliards d’investissements, avec 60 000 emplois directs et indirects à la clé à l’échelle de la région. L’industrie existante a aussi des besoins. Si je parle de la filière chimie, on est dans une trajectoire de décarbonation très forte avec des projets électro-intensifs comme Ineos à Lavéra qui va basculer vers de nouveaux procédés. »

    Les besoins de puissance électrique liés à la réindustrialisation de la zone Fos-Berre et à sa décarbonation, consolidés par RTE, s’élèvent à 5 à 6 GW de puissance complémentaire (à comparer aux pointes d’appel de puissance de l’ensemble de la Région estimées entre 5 et 8 GW).

  • Les États-Unis lorgnent sur Cuba, asphyxiée

    Les États-Unis lorgnent sur Cuba, asphyxiée

    Le président cubain, Miguel Diaz-Canel, a dénoncé ce samedi 2 mai le « niveau dangereux » des menaces d’agression militaire de Donald Trump, se disant prêt à la riposte. Une énième escalade. Alors que l’embargo américain est en vigueur depuis 1962, qu’une crise économique profonde touche l’île et ses 9,6 millions d’habitants, que le renforcement des sanctions américaines sous le premier mandat Trump (2017-2021) a aggravé la situation, le président américain avait de nouveau serré la vis en janvier, n’autorisant depuis l’arrivée que d’un seul pétrolier russe. Et depuis l’intervention des États-Unis au Venezuela, principal allié de Cuba, l’économie de l’île a été encore plus durement touchée, privée du carburant nécessaire pour produire son électricité.

    Dans son allocution ce 1er mai depuis la Floride, le président américain menace de « prendre le contrôle » de Cuba, suggérant qu’un porte-avions américain pourrait s’y arrêter « sur le chemin du retour d’Iran ». Les nouvelles sanctions américaines, qui figurent dans un décret présidentiel, ciblent notamment les banques étrangères qui collaborent avec le gouvernement cubain, et imposent des restrictions en matière d’immigration. Dans ce décret, Trump impose des sanctions à l’encontre de personnalités et entités impliquées dans les secteurs de l’énergie, des mines et contre toute personne reconnue coupable de « violations graves des droits de l’homme ».

    « Ces actions témoignent d’une intention de réimposer, une fois de plus, une punition collective au peuple cubain » s’est insurgé le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodriguez. Miguel Diaz-Canel a appelé la communauté internationale à « en prendre note » et à décider « aux côtés du peuple des États-Unis » s’il sera permis qu’« un acte criminel aussi radical soit commis ». Selon le chef de l’État cubain, une intervention militaire américaine viserait avant tout à « satisfaire » les intérêts de la communauté d’exilés cubains installés en Floride, « un groupe restreint mais riche et influent, animé par un désir de revanche et de domination ». Ce dernier a participé au défilé dénonçant ces menaces devant l’ambassade des États-Unis à La Havane, aux côtés du dirigeant révolutionnaire Raul Castro, 94 ans.

    De terribles conséquences

    Il peut compter sur le soutien du Mexique, du Brésil et de l’Espagne qui dans une déclaration commune le 18 avril, faisaient part de leur « énorme préoccupation pour la grave crise humanitaire que traverse le peuple cubain » et demandaient « que soient adoptées les mesures nécessaires pour soulager cette situation et que soient évitées les actions qui aggraveraient les conditions de vie de la population, ou celles qui sont contraires au Droit international ». Trois jours avant, la Chine avait réaffirmé qu’elle soutiendrait « résolument » La Havane par la voix d’un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Guo Jiakun.

    En France, Emmanuel Macron brille par son silence. Alors que se montent des opérations de solidarité comme celle commune de plusieurs associations depuis Marseille (lire par ailleurs), le PCF a opté pour l’envoi de conteneurs dans le cadre d’une campagne de collecte de médicaments et matériel médical. Le pays « aux meilleurs médecins du monde » rappelle le parti, se retrouve privé de paracétamol ou de médicaments contre les cancers infantiles. Selon le PCF, en un an, « le blocus aurait causé des dommages économiques conséquents estimés par les autorités à près de 5 milliards de dollars ». Avec des impacts forts dans plusieurs secteurs d’activité, pointe le parti : « un milliard de dollars de manque à gagner dans le tourisme, 3 milliards de préjudices pour le commerce extérieur, 467 millions pour l’industrie, 273 pour l’agriculture, 75,5 pour l’Éducation, 202 pour les transports, 143 pour les biotechnologies et l’industrie pharmaceutique (pourtant en pointe contre le Covid-19)… »

    Le groupe d’amitié France-Cuba à l’Assemblée nationale a aussi mis en place un pont aérien. « J’ai négocié avec la direction d’Air France pour envoyer à peu près 20 m3 de médicaments et de matériel médical » indiquait dans nos colonnes le 31 mars, André Chassaigne, son ex-président.

    À SAVOIR

    Un premier train de restrictions sous Trump I

    Après un bref espoir d’assouplissement et de normalisation des relations sous Barack Obama, Donald Trump a, dès son premier mandat, balayé ces timides avancées d’un revers de main. Plus de 240 restrictions sont imposées en 4 ans, comme sur le tourisme vers l’île et sur les transactions avec les entités liées à l’armée. Cuba est également placée sur la liste des pays soutenant le terrorisme. Le Covid-19 va accélérer la crise avec une cinquantaine d’autres mesures.

    Le Droit international bafoué

    Quelque 165 pays ont voté la levée des sanctions touchant Cuba sur les 193 que comptent les Nations unies, lors de l’Assemblée générale annuelle du 29 octobre 2025. Comme chaque année depuis 1992, date de la première résolution présentée par Cuba, les États-Unis et Israël s’y opposent. Cette fois-ci, l’Argentine, la Hongrie, le Paraguay, la Macédoine du Nord et l’Ukraine leur emboîtent le pas.

    1

    repas par jour. C’est le quotidien d’une majorité de Cubains. Une boîte d’œufs coûte l’équivalent d’un mois de salaire minimum, atteignant les 3 000 pesos. L’ONU a alerté en janvier sur le risque d’un « effondrement humanitaire » en raison des coupures d’électricité, de difficultés d’accès à l’eau, aux soins et à l’alimentation.

    60%

    de la population cubaine dépend de la diaspora. Depuis 2021, 2 millions de personnes supplémentaires se sont exilées sur 9,6 millions de Cubains, choisissant l’Amérique et, depuis le second mandat de Trump, l’Europe. Les exilés doivent ruser pour envoyer des subsides à leurs familles optant pour des colis de biens de première nécessité.

  • Énergie solaire collective : à Vitrolles, la boucle nord entre en service

    Énergie solaire collective : à Vitrolles, la boucle nord entre en service

    C’est l’aboutissement de longs mois de travaux. Début mai, la communauté d’énergie vitrollaise franchira une étape décisive : quatorze sites municipaux ainsi que des acteurs privés de proximité seront alimentés en électricité grâce aux panneaux solaires implantés sur les équipements publics de la boucle nord.

    Dans ce secteur, certains groupes scolaires sont déjà bénéficiaires de cette énergie locale et durable depuis peu : 70% des besoins de l’école Martine-Morin sont couverts par sa propre toiture, idem pour 65% de ceux de la crèche Renoir. Du côté de l’hôtel de ville, la solarisation couvre environ 30% de la consommation annuelle électrique du bâtiment.

    Dès ce printemps, le surplus produit sera donc partagé avec des acteurs du territoire situés à proximité, marquant le lancement de l’opération d’autoconsommation collective de la ville. Les boucles du centre et du sud-est de la commune suivront et seront mises en service pendant l’été, celle du sud-ouest sera quant à elle opérationnelle au printemps 2027.

    À l’abri des fluctuations

    du marché

    C’est en mars 2025 que la Ville avait signé une concession de 30 ans avec le groupement SerenySun-Watteos pour déployer une communauté d’énergie de grande envergure et produire de l’énergie de façon durable et locale grâce à l’installation de centrales photovoltaïques d’une capacité de 6 MWc. Une première, là où la plupart des initiatives existantes affichaient jusqu’alors une puissance inférieure à 1 MWc.

    À terme, près de 8 GW/h d’électricité renouvelable seront générés chaque année, soit l’équivalent de la consommation électrique (hors chauffage) de plus de 2 000 foyers. Répartie sur 25 sites municipaux pour plus de 26 000 m² de surface solarisée en toitures, ombrières de parking et bassins, cette production permettra de couvrir 29% des besoins de la commune tout en valorisant 90% de l’énergie produite directement sur le territoire. « Pour le moment, sept sites sont équipés », précise le conseiller municipal délégué à la transition énergétique Fouad Benihya (EELV).

    Si le bénéfice financier (estimé à 40 000 euros par an) peut ne pas paraître énorme, l’intérêt est surtout de « se mettre à l’abri des fluctuations du marché et de diminuer notre impact énergétique », détaille l’élu.

    Donald François, président de SerenySun, estime que « ce type de projet illustre une évolution concrète de notre modèle : une énergie plus locale, mieux répartie et plus accessible, au bénéfice des collectivités, des habitants et des entreprises ».

    Une réunion publique est organisée mardi 28 avril à 18h à la Maison de quartier du Roucas pour « faire point d’avancement de ce projet et expliquer aux habitants comment participer, que ce soit pour installer des panneaux chez soi ou s’alimenter », précise Fouad Benihya.

  • Un premier petit réacteur nucléaire dans le Gard

    Un premier petit réacteur nucléaire dans le Gard

    La modernisation du parc nucléaire français passe par le Gard rhodanien. En effet, face à la nécessité de poursuivre l’électrification de l’industrie et des transports dans l’Hexagone et de sécuriser la production d’électricité bas carbone, le gouvernement a lancé le programme France 2030. Celui-ci s’appuie sur la construction de six réacteurs EPR2 (8 autres sont à l’étude) qui produisent en moyenne 1 600 mégawatts, le renforcement du cycle du combustible à La Hague mais aussi la création de onze « réacteurs nucléaires innovants ».

    L’idée est ainsi de déployer des petits réacteurs modulaires (PRM). Plus compacts, moins coûteux, pouvant être construits en série et donc plus rapidement déployables, ces réacteurs peuvent tout de même produire jusqu’à 300 MWe. C’est dans ce cadre que le site de Marcoule situé à Chusclan à côté de Bagnols-sur-Cèze, haut lieu du nucléaire français depuis les années 1950, a été choisi pour accueillir l’un de ces réacteurs nouvelle génération.

    C’est la société aixoise Hexana qui l’a annoncé dans un communiqué même si l’implantation d’un PRM dans le Gard était évoquée depuis deux ans. « La société Hexana, start-up essaimée du CEA, lauréate France 2030 du concours « Réacteurs Nucléaires Innovants », se lance dans les études d’implantation de sa 1ère plateforme SMR au sein de l’écosystème industriel de la Communauté d’Agglomération du Gard rhodanien en région Occitanie », a ainsi écrit l’entreprise dans un communiqué.

    Deuxième site industriel d’Occitanie

    Pour justifier son choix, Hexana met en avant la spécificité du site de Marcoule, résultat de la « combinaison idéale entre soutien par des collectivités locales motivées, opportunité foncière, expertises nucléaires du CEA et remarquable tissu industriel ». Pour l’Agglomération labellisée « Territoires d’Industrie », ce projet devrait s’accompagner de nombreux nouveaux emplois. En effet, Hexana compte 70 salariés à Aix-en-Provence et à Paris mais a prévu de créer « un nouvel établissement dans le bassin économique de Bagnols-sur-Cèze » qui « accueillera l’équipe en charge du projet d’implantation de la tête de série industrielle de sa plateforme SMR ». La phase d’industrialisation de son réacteur est déjà prévue courant 2026.

    « Nous allons accompagner ce projet », promet Christophe Serre, le nouveau président de l’Agglomération du Gard rhodanien. « Ici le nucléaire fait travailler énormément de familles et il faut penser à l’avenir. Marcoule est une très belle plateforme de compétences technologiques et intellectuelles qui permet de faire rayonner le territoire. Il faut que le Gard rhodanien reste le deuxième territoire en termes d’industries et d’industries décarbonées ».

  • Des bateaux de croisière de plus en plus branchés

    Des bateaux de croisière de plus en plus branchés

    Une « première en France » s’est félicité ce samedi 11 avril le ministre des Transports, Philippe Tabarot, venu sur le Grand Port maritime de Marseille (GPMM) inaugurer le branchement électrique à quai des bateaux de croisière. Déployée dans le cadre du dispositif « Connexion électrique des navires à quai, Escale zéro fumée », cette technologie permet de connecter en simultané trois navires, dont les besoins peuvent atteindre les 16 mégawatts chacun, soit la consommation d’une ville de 13 000 habitants, et de couper les moteurs durant l’escale. De quoi améliorer la qualité de l’air quand le maritime représente « 37% des émissions d’oxyde d’azote » a rappelé en préambule Dominique Robin, directeur de l’association de surveillance de qualité de l’air, AtmoSud.

    Si « la trajectoire baisse depuis 15 ans, de 7 ou 10%, on a besoin d’accélérer », estime-t-il. Se basant sur une étude « récente » de la Ville de Marseille, il indique que « près de 780 personnes décèdent de façon prématurée en lien avec la pollution ». Mais pour Hervé Martel, président du directoire du GPMM, c’est une « étape majeure » qui a été franchie. Mieux, de l’avance a été prise sur la réglementation européenne qui impose que 90% des escales de navires de passagers et de porte-conteneurs utilisent l’électricité à l’horizon 2030.

    200 millions investis

    Et de citer une autre étude, du Pôle mer Méditerranée, selon laquelle le branchement des navires permet de réduire de 80% les émissions d’oxyde de soufre, de 75% les oxydes d’azote, et de 60% les particules fines. Dans un contexte de guerre au Proche et au Moyen-Orient, il s’agit aussi de réduire la facture énergétique, de se détacher des énergies fossiles pour renforcer sa souveraineté dans un secteur stratégique pour l’économie mondiale précise Philippe Tabarot. « L’État a investi plus de 50 millions d’euros, soit près de la moitié des investissements publics de ce projet » de 200 millions d’euros a-t-il détaillé.

    Côté croisiéristes, on se félicite de l’usage de cette électricité « verte » pour « se consacrer à toute la chaîne de valeurs entre le départ et l’arrivée du bateau », résume Jacques Hardelay, président de l’association Marseille-Provence croisière. Et de défendre l’impact économique « important » sur la Ville, « 57 euros par personne et par jour dépensés » par les passagers en transit avance-t-il, et aussi sur les entreprises, entre taxis et avitaillement. Parmi les représentants des collectivités, le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.), bombe le torse rappelant sa capacité à aller chercher les financements européens. Plus nuancé, Laurent Lhardit, député PS des Bouches-du-Rhône et conseiller municipal, évoque, au nom du maire de Marseille, la volonté de maîtriser un tourisme que la Ville souhaite « durable » et « bien loin d’une massification qui devra être régulée ». Le nombre de croisiéristes accueillis par le port de Marseille étant passé de 62 000 en 1996 à… 3 millions prévus cette année.

  • Des bateaux de croisière de plus en plus branchés

    Des bateaux de croisière de plus en plus branchés

    Une « première en France » s’est félicité ce samedi 11 avril le ministre des Transports, Philippe Tabarot, venu sur le Grand Port maritime de Marseille (GPMM) inaugurer le branchement électrique à quai des bateaux de croisière. Déployée dans le cadre du dispositif « Connexion électrique des navires à quai, Escale zéro fumée », cette technologie permet de connecter en simultané trois navires, dont les besoins peuvent atteindre les 16 mégawatts chacun, soit la consommation d’une ville de 13 000 habitants, et de couper les moteurs durant l’escale. De quoi améliorer la qualité de l’air quand le maritime représente « 37% des émissions d’oxyde d’azote » a rappelé en préambule Dominique Robin, directeur de l’association de surveillance de qualité de l’air, AtmoSud.

    Si « la trajectoire baisse depuis 15 ans, de 7 ou 10%, on a besoin d’accélérer », estime-t-il. Se basant sur une étude « récente » de la Ville de Marseille, il indique que « près de 780 personnes décèdent de façon prématurée en lien avec la pollution ». Mais pour Hervé Martel, président du directoire du GPMM, c’est une « étape majeure » qui a été franchie. Mieux, de l’avance a été prise sur la réglementation européenne qui impose que 90% des escales de navires de passagers et de porte-conteneurs utilisent l’électricité à l’horizon 2030.

    200 millions investis

    Et de citer une autre étude, du Pôle mer Méditerranée, selon laquelle le branchement des navires permet de réduire de 80% les émissions d’oxyde de soufre, de 75% les oxydes d’azote, et de 60% les particules fines. Dans un contexte de guerre au Proche et au Moyen-Orient, il s’agit aussi de réduire la facture énergétique, de se détacher des énergies fossiles pour renforcer sa souveraineté dans un secteur stratégique pour l’économie mondiale précise Philippe Tabarot. « L’État a investi plus de 50 millions d’euros, soit près de la moitié des investissements publics de ce projet » de 200 millions d’euros a-t-il détaillé.

    Côté croisiéristes, on se félicite de l’usage de cette électricité « verte » pour « se consacrer à toute la chaîne de valeurs entre le départ et l’arrivée du bateau », résume Jacques Hardelay, président de l’association Marseille-Provence croisière. Et de défendre l’impact économique « important » sur la Ville, « 57 euros par personne et par jour dépensés » par les passagers en transit avance-t-il, et aussi sur les entreprises, entre taxis et avitaillement. Parmi les représentants des collectivités, le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.), bombe le torse rappelant sa capacité à aller chercher les financements européens. Plus nuancé, Laurent Lhardit, député PS des Bouches-du-Rhône et conseiller municipal, évoque, au nom du maire de Marseille, la volonté de maîtriser un tourisme que la Ville souhaite « durable » et « bien loin d’une massification qui devra être régulée ». Le nombre de croisiéristes accueillis par le port de Marseille étant passé de 62 000 en 1996 à… 3 millions prévus cette année.

  • Hydrogène, fret : le port de Sète se modernise

    Hydrogène, fret : le port de Sète se modernise

    Sète est une île singulière mais son port (maritime, pêche, plaisance), est loin d’être isolé. 18 ans après en avoir acquis la gestion auprès de l’État, la Région Occitanie poursuit la modernisation et la décarbonation du plus grand port d’Occitanie.

    Depuis l’arrivée de Carole Delga (PS) à la tête de la Région en 2016, pas moins de 600 millions d’euros ont déjà été investis avec les partenaires privés (290 ME). Ils ont déjà permis la réfection des quais (H, Mailhol), la rénovation du môle Masselin, la modernisation de la Criée ou la réhabilitation du canal du Rhône à Sète. Résultat : un trafic doublé (6 millions de tonnes de marchandises), un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros et plus de 2 300 emplois au lieu de 1 500 en 2015.

    À en croire la présidente de Région, qui prévoit de réinjecter 150 millions d’euros dans les ports d’ici 2030 et créer 200 emplois directs, ce n’est que le début. Avec la livraison de l’usine de transformation d’hydrogène vert et l’éolien flottant à Port-la-Nouvelle (Aude), le développement du port de Sète-Frontignan forme un binôme qui s’inscrit dans une « stratégie portuaire globale cohérente » qui doit participer à l’objectif que l’Occitanie devienne la première région d’Europe à énergie positive d’ici 2050. « La transition énergétique n’est pas une contrainte mais une opportunité pour inventer le port de demain et réindustrialiser notre pays », abonde Philippe Malagola, président du port.

    Le 25 novembre, la triple inauguration a été célébrée comme un tournant. D’abord Sète s’est dotée d’une drague Hydromer capable de nettoyer les ports et petits bassins de plaisance jusqu’à 36 mètres de profondeur. Construit à Concarneau, le navire de 70 mètres de long peut transporter jusqu’à 1 500 m3 de sédiments. En service depuis un an déjà, la drague a récupéré 440 000 m3. Il s’agit d’une « drague hybride à hydrogène au top des normes environnementales », se félicite le capitaine David Lenoble. Pour amortir son coût essentiellement financé par la Région (26,75 millions d’euros sur 30), la drague sera louée 3 mois de l’année à d’autres ports de la façade méditerranéenne.

    22 500 camions de moins

    Dès l’été 2026, un dispositif hydrogène (produit à Port-la-Nouvelle) sera implémenté à la drague, d’où « une réduction de 25% des émissions de gaz à effets de serre », se réjouit Carole Delga. Un outil complémentaire de l’électrification des quais H, G et du môle Masselin (7 millions d’euros). En attendant d’équiper le quai d’Alger pour raccorder les navires de croisière, ce sont déjà 4 800 tonnes de CO2 évitées chaque année, soit l’équivalent des émissions de 1 800 foyers. « L’électrification des quais sera obligatoire en 2030, on a 5 ans d’avance », insiste Carole Delga.

    Enfin, le port de Sète-Frontignan s’est doté pour 19,4 millions d’euros d’un nouveau terminal ferroviaire. Grâce à la technologie française Modalohr, le chargement horizontal permet de se passer de grues. Autant de gain de temps et de coûts. Gérée par VIIA, l’infrastructure permettra de transporter 22 500 semi-remorques entre Sète et Calais au lieu de 15 000 jusqu’ici (objectif à terme : 40 000/an). Un report modal vers le fret ferroviaire qui, là encore, limitera les camions sur les routes et éliminera 30 000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Un dispositif innovant qu’est venu saluer le nouveau patron de la SNCF, Jean Castex. L’occasion pour l’ancien Premier ministre de rappeler qu’en 2020, il avait accordé dans son plan de relance « des crédits » sur les mobilités, « en particulier le fret ».