Tag: Elections professionnelles

  • À Avignon, l’intersyndicale espère une « journée noire » mardi

    À Avignon, l’intersyndicale espère une « journée noire » mardi

    Depuis plus de trois ans et les immenses manifestations contre la réforme des retraites, il est rare de retrouver un aussi large front syndical appelant à une journée d’action commune. En l’occurrence ce mardi dans la fonction publique. Dans le Vaucluse, le cortège a rendez-vous à Avignon (10h30) au départ du cours Jean-Jaurès jusqu’au Palais des papes. « On appelle à une journée noire, elle sera réussie si plusieurs services publics sont à l’arrêt, des écoles fermées », campe Laurence de Villèle, secrétaire générale de l’UD CGT 84. Un message délivré ce vendredi lors d’un point presse au sein de l’UD CFDT, en présence de FO, la FSU, Solidaires et l’Unsa.

    Les syndicats réclament une revalorisation des salaires et redoutent que les services publics soient davantage sacrifiés dans le prochain budget d’austérité. « Faire mieux avec moins, je ne sais pas comment on fait », ironise Laurence de Villèle pour qui les services publics sont une sorte de valeur refuge pour tous en ces temps de crises. « Ce n’est pas la dépense publique qu’il faut réduire, c’est l’injustice fiscale qu’il faut combattre », défend la représentante CGT, en faisant allusion aux « 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises en 2023 [selon une commission d’enquête du Sénat] ».

    Des salaires en dessous

    du Smic

    « Qui sont les vrais assistés dans ce pays ? », questionne faussement Alice Raimundo, secrétaire adjointe de la FSU. La prof des écoles dénonce « les cadeaux fiscaux aux plus riches » et plaide notamment pour la taxe Zucman « qui aurait rapporté 20 milliards d’euros et permettrait d’augmenter les salaires de 10% ». L’intersyndicale s’émeut de la paupérisation dans la fonction publique. « Il y a 56 branches qui sont en dessous du Smic avec des indemnités de compensation, rappelle Étienne Raoul, délégué FO 84. Depuis 2000, l’inflation a progressé de 58% quand le point d’indice n’a bougé que de 15,95%. » Exemple criant de cette précarité, les AESH [accompagnant d’élèves en situation de handicap], « qui ont un temps partiel imposé sur la base du Smic », rappelle Étienne Raoul. « Bien souvent ce sont des femmes qui subissent cette discrimination salariale, abonde Pascale Battaglia, trésorière de l’Unsa 84. Avant, c’était le 2e salaire du foyer, aujourd’hui beaucoup de femmes vivent seules et portent leur famille à bout de bras. »

    « L’austérité ne marche pas, si on augmente les salaires c’est, derrière, de l’argent dépensé dans l’économie à l’inverse des cadeaux fiscaux pour rentiers », peste Florent Ponzo, secrétaire CFDT santé. Des décisions qui « conduisent au délabrement du service public, cela pousse les gens hors du champ républicain qui se tournent alors vers le RN, un leurre casé avec le capitalisme », décrypte Laurent Derbès, secrétaire adjoint Solidaires des finances publiques. Une position contre l’extrême droite unanimement partagée, hors FO qui applique une stricte neutralité politique.

  • L’UD CGT du Var lance sa campagne pour les élections professionnelles de la fonction publique

    L’UD CGT du Var lance sa campagne pour les élections professionnelles de la fonction publique

    « Ce n’est plus un eldorado d’être dans la fonction publique. » Le constat établi par Richard Roméo-Giberti, secrétaire générale de l’UD CGT du Var, est presque unanimement partagé au sein des différentes branches du secteur à l’aube d’élections professionnelles qui se tiendront du 3 au 10 décembre. Pour lancer sa campagne, le syndicat avait réuni les responsables syndicaux de la fonction publique du département, pour balayer un paysage dont les perspectives ne cessent de s’obscurcir. « Notre rôle est de montrer ce que devrait être la norme et à quel point on en est éloigné sur tous les points, du statut aux conditions de travail. Depuis 25 ans, on a trop pris l’habitude que les choses se dégradent », pointe Olivier Gérard, secrétaire général CGT Éduc’action du Var.

    Pour « la titularisation

    des contractuels »

    Principal écueil : celui de la précarité. « Notre secteur est celui qui recueille le plus de fonctionnaires en catégorie C », note Laurence Bazzucchi, animatrice départementale CGT de la fonction publique territoriale. « Ils entrent en dessous du Smic, avec une allocation différentielle pour l’atteindre et être dans la légalité. Ils sont rémunérés sur une partie salariale et sur une partie primes, qui dépend des collectivités. Et toutes n’en versent pas. Le point d’indice est gelé depuis 2010. Il faut 18 ans pour dépasser le Smic. »

    Le nombre de titularisations se veut, qui plus est, toujours plus faible. « On crée de nouveaux établissements, mais sans créer d’emplois, uniquement sur la base du redéploiement, en transférant du personnel. En complément, on prend des contractuels », dénonce Eric Moretti, responsable Var CGT conseiller régional. Et cela, même pour remplacer des titulaires, « ce qui est illégal, un poste de titulaire ne pouvant être remplacé par un poste de contractuel sur le long terme », rappelle Laurence Bazzuchi.

    Un procédé dont les directions des Ehpads publics, « dans lesquels nous devrions tous être fonctionnaires », soutient Eric Roque, cosecrétaire général de l’union syndicale santé action sociale du Var, abusent « avec l’accord de l’ARS. On a en moyenne 50% de contractuels. L’ARS prétend que la bientraitance est son objectif, avec du personnel dont on ne sait pas combien de temps il va rester. Ça nuit à la continuité du soin ». Dans les hôpitaux publics, le manque de personnel conduit à des situations indignes : « Les ASH font les toilettes des patients alors que c’est illégal, les aides-soignants donnent des médicaments sans être formés… Cela les met eux-mêmes en danger vis-à-vis de la loi. »

    « On est sur du nivellement par le bas. Nous revendiquons la titularisation des contractuels », clame Olivier Gérard. « Et des équipes mobiles de titulaires remplaçants pour compléter », ajoute Eric Moretti. « La CGT veut changer ça. Notre plus grande force, c’est qu’on discute entre secteurs, on fait les mêmes constats, c’est pourquoi il faut voter pour nous », conclut Richard Roméo-Giberti, qui a par ailleurs annoncé la venue de Sophie Binet dans le département les 14 et 15 octobre.

  • [Entretien] Julien Rader, CGT : « Il faut aller chercher les gens pour qu’ils se syndiquent »

    [Entretien] Julien Rader, CGT : « Il faut aller chercher les gens pour qu’ils se syndiquent »

    La Marseillaise : Quel bilan faire du précédent mandat ?

    Julien Rader : Le bilan est lourd, en termes d’activité. Au niveau politique, j’ai commencé le mandat avec la mobilisation contre la réforme des retraites, où il y a eu une forte mobilisation sur Béziers : on n’avait jamais vu ça depuis 68. Il y a eu aussi la fameuse manifestation d’avril 2024 contre l’extrême droite, avec Sophie Binet [secrétaire générale de la CGT, Ndlr.]. Nous avons essayé de pousser la gauche à se rassembler. Puis il y a eu les élections, la dissolution, le refus de Macron de nommer un gouvernement de gauche et depuis, l’instabilité gouvernementale. Cette instabilité totale a tendance à épuiser nos militants : autant d’activités politiques fait que l’activité syndicale s’en trouve forcément touchée.

    Sur le Biterrois, on continue la lutte syndicale pure dans les entreprises, par exemple en 2023 avec la RATP Dev [ex-Vectalia, Ndlr.] où on gagne les élections, après 25 ans de règne de l’Unsa. Ils décident ensuite de se mettre en grève pour obtenir une augmentation de salaire, ils prennent 4%. Plus récemment, les salariés de Nephrocare se sont mobilisés et oont obtenu 11 revendications sur 12, après quelques jours de grève.

    Comment s’est déroulé
    le congrès
     ?

    J.R. : Il y a eu des candidatures supplémentaires pour la commission exécutive, notamment des copains d’EDF. La commission exécutive est maintenant composée de 41 membres. J’ai été réélu secrétaire général à 100% par la commission. Notre bureau, élu lui aussi par la commission, s’étoffe un petit peu plus. On s’élargit pour être plus efficace, notamment en termes d’organisation, c’est ce qui nous a un peu manqué durant ces trois ans. Il y avait beaucoup d’élections, pour ça il faut qu’on soit organisé dans toutes les boîtes et pour répondre aux demandes des salariés. Et surtout pour qu’ils sachent qu’ils ont le droit à des élections. Dans beaucoup d’entreprises du Biterrois, aucune élection n’est organisée, il n’y a pas de délégués du personnel, du CSE. On l’observe dans les TPE/PME mais aussi dans d’autres boites où le patronat dit aux salariés : « Si vous nous mettez les organisations syndicales et notamment la CGT dans les pattes, je vous vire. » Ils font peur aux salariés qui du coup ne se présentent pas pour ne pas perdre leur boulot.

    Néanmoins la CGT gagne des adhérents, est-ce le signe d’un regain syndical ?

    J.R. : Sur le département, on est plus de 10 000 syndiqués. On ne fait que progresser. C’est forcément en lien avec les positions qu’on a prises quand beaucoup disaient que les syndicats ne doivent pas faire de politique, etc. On a perdu des cartes, mais on en a plus gagné qu’on en a perdu par rapport à nos positions politiques, notamment contre l’extrême droite. De toute façon, en termes de syndicalisation, on est encore bas et qu’il faut aller chercher des gens pour qu’ils se syndiquent.

    C’est un axe à développer sur ce nouveau mandat ?

    J.R. : Énormément. D’une part, il faut qu’on progresse aux élections de la fonction publique, les trois versants de la fonction publique, la Région, le Département et les mairies, notamment celles d’extrême droite. Par exemple à Béziers, il faut vraiment qu’on arrive à progresser. À Agde, il y a zéro syndiqué CGT et je n’ai pas vu les autres syndicats lever le petit doigt, faire des vagues alors que le RN vient de prendre la mairie. Parce que le premier rempart à l’extrême droite, c’est la CGT. Quand ils sont au pouvoir, on sait à qui ils essaient de couper la tête.

    Le combat contre l’extrême droite sera toujours au cœur de l’action de la CGT ?

    J.R. : Oui, on va évidemment continuer le travail là-dessus. Parce qu’on doit faire campagne contre elle pour la présidentielle mais aussi pour les élections professionnelles. Et si on veut imposer nos thèmes, notamment le premier thème des Français, à savoir le pouvoir d’achat et les salaires, il faut qu’on porte ces projets-là. Si on leur laisse imposer leurs thèmes sécuritaires et d’immigration, ça ne nous fera pas avoir plus de salaires, etc. Les élections et le nombre de délégués permettent justement d’aboutir à toutes ces revendications. Ces élections professionnelles vont aussi compter dans la campagne électorale présidentielle.

  • « Ce que nous voulons en 2026 » en Occitanie

    « Ce que nous voulons en 2026 » en Occitanie

    Marie Dufresne, secrétaire de l’Union départementale CGT 30

    « Lutter contre la répression syndicale et l’extrême droite »

    Pour Marie Dufresne, secrétaire de l’Union départementale CGT du Gard, 2026 s’inscrira dans la continuité d’un syndicalisme de combat. « Pour l’année 2026, nous continuerons de revendiquer de meilleures conditions de travail et salaires pour les travailleurs et les travailleuses, et de les soutenir dans leurs luttes. » Dans un contexte inflationniste et marqué par la dégradation des droits sociaux, la CGT garde une ligne claire : accompagner les salariés sur le terrain, dans les entreprises comme dans les services publics.

    Autre axe majeur : la défense des libertés syndicales. « Nous nous mobiliserons contre la répression syndicale et en soutien à notre secrétaire générale Sophie Binet attaquée pour injure publique. »

    Une affaire vécue comme un symbole, souligne-t-elle. L’UD CGT du Gard se mobilisera aussi dans la campagne des élections professionnelles.

    Former les syndiqués

    La formation restera également au cœur de l’activité syndicale : « Comme chaque année, nous proposons des formations syndicales pour former les syndiqués sur leurs mandats et sur les propositions CGT pour une nouvelle société. » Un travail qui s’accompagne d’un combat idéologique : « Nous formons aussi pour lutter contre les idées d’extrême droite. » En 2026, la CGT du Gard entend donc poursuivre son rôle d’organisation de classe : agir, soutenir et mobiliser, comme réaffirme sa secrétaire départementale, décidée à ne laisser personne seul face aux pressions patronales et aux reculs sociaux.

    Axel Jolidon

    Fabien Bon, porte-parole du Scum, le Syndicat de combat universitaire de Montpellier

    « Un mouvement social pour en finir avec la précarité étudiante »

    S’il tire un bilan particulièrement négatif de l’année 2025, le Syndicat de combat universitaire de Montpellier (Scum) reste confiant et déterminé à continuer sa mobilisation en faveur du niveau de vie des étudiants.

    « Sur l’année scolaire 2024-2025, nous avons distribué 15 000 colis alimentaires aux étudiants, dénombre Fabien Bon, élu au conseil d’administration du Scum et porte-parole. Et ça ne suffit pas. La demande est tellement forte qu’on a dû ouvrir une épicerie solidaire sur le campus universitaire de Béziers. »

    Plus de logements étudiants

    Pour 2026, le syndicat aspire à la formation d’un « mouvement social déterminé et puissant ». Manque de places en master, secteur du logement en tension, frais d’inscription en augmentation pour les étudiants internationaux ou encore système de calcul des bourses jugé « infantilisant » et « injuste » , le Scum espère faire « reculer le gouvernement sur ses réformes qui précarisent les étudiants ». « Le logement est un problème central. En 2026, nous allons solliciter les candidats aux élections municipales pour qu’ils s’engagent à fournir du foncier à bas prix pour la construction de logements étudiants. Les pénuries, les loyers exorbitants, les appartements insalubres ou les propositions indécentes faites à des jeunes femmes en échange d’un logement, ce n’est plus possible. »

    Le Scum espère que plus aucun étudiant ne devra vivre en dessous du seuil de pauvreté. « On ne veut plus les voir attendre dans le froid pour quelques boîtes de conserve. »

    L.B.

    Magali Boisset, éleveuse de poules pondeuses et présidente du Civam bio 34

    « Il faut avoir plus de petits producteurs qui s’installent »

    Éleveuse de poules pondeuses à Vacquières, Magali Boisset espère de cette nouvelle année « avoir plus de jours de repos. Parce qu’il ne faut pas oublier que l’élevage c’est 7 jours sur 7, c’est un métier passion mais qui est épuisant parce qu’il n’y a pas de vacances, il n’y a pas de week-end. » Pour ce faire, celle qui est aussi la présidente du Civam bio (Centre d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural bio) de l’Hérault plaide pour « qu’il y ait plus de petits producteurs qui s’installent notamment en poule pondeuse par exemple, ou en production de volailles de chair afin de finaliser la structuration de la filière ». Ce qui permettrait -en plus d’avoir une alimentation de meilleure qualité car bio et locale- d’avoir des remplaçants qui tourneraient dans différents élevages.

    L’agriculture ne doit pas être abandonnée par l’État

    Et ainsi de militer pour la prolongation et la revalorisation du crédit d’impôt bio. « Il y a eu une diminution des aides pour l’agriculture biologique, notamment les aides de la PAC. Or, aujourd’hui, ce crédit d’impôt bio bénéficie à peu près à la moitié des agriculteurs en bio en France. Ce serait un signe fort de l’engagement de l’État », soutient Magali Boisset. Et il n’y a pas que l’agriculture bio qui a besoin d’être soutenue par les pouvoirs publics en ces temps difficiles. « J’ai une pensée pour les éleveurs bovins avec un espoir pour 2026 d’une vaccination générale et un soutien financier et psychologique auprès des éleveurs en difficulté. On est vraiment solidaire parce que se faire abattre tout son troupeau c’est vraiment dur à vivre économiquement et psychologiquement. Ce n’est pas parce qu’un animal est destiné à produire de la viande que l’éleveur n’est pas attaché à la bonne santé de son troupeau et de ses bêtes », insiste la présidente du Civam bio 34.

    L.D.

    Patrick Fustier, président du collectif « Sauvons le Nîmes Olympique »

    « Il y a enfin une vraie perspective d’éclaircie au Nîmes Olympique »

    Pour Patrick Fustier, président du collectif Sauvons le Nîmes Olympique, 2026 doit marquer un tournant. « Sportivement, on espère que le club va remonter en National. C’est le vœu de tous les supporters. Le Nîmes Olympique n’a rien à faire en National 2. » Le collectif veut aussi contribuer à mobiliser : « Continuer à fédérer les supporters pour qu’ils viennent au stade, c’est l’objectif. »

    Mais le chantier est aussi structurel. « On attend le départ définitif de Rani Assaf », explique-t-il, en espérant la rétrocession « du stade des Antonins, de la Bastide et de la marque Nîmes Olympique ». Les terrains d’entraînement sont à remettre à niveau : « Deux sont morts et occasionnent des blessures. » Un audit de la FFF a confirmé l’ampleur des travaux nécessaires, « et il va y avoir beaucoup d’argent à mettre ». Une étape indispensable pour espérer retrouver un centre de formation agréé.

    « Rejouer en Ligue 2 et aux Costières »

    Un autre enjeu majeur tournera autour des élections municipales. « Nous allons rencontrer tous les candidats à la mairie. On veut rendre publique leur position sur la rénovation des Costières et le retour du club dans son stade historique. » Le collectif prépare un questionnaire précis « pour que chacun dise clairement ce qu’il veut faire ». Et de regretter « l’opacité » de certains élus : « Ce n’est pas normal que des rapports sur le coût des travaux ne soient pas rendus publics. »

    Reste l’espoir, enfin. « C’est la première année depuis longtemps où il y a une vraie perspective. L’an dernier, on serrait les fesses pour ne pas descendre. Aujourd’hui, il y a un cap sportif et un cap sur les structures, même s’il reste des embûches. » Pour lui, la mission du collectif prendra vraiment fin « le jour où le Nîmes Olympique rejouera en Ligue 2… et aux Costières ».

    A.J.