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  • Fabien Roussel désigné candidat du PCF à l’élection présidentielle

    Fabien Roussel désigné candidat du PCF à l’élection présidentielle

    Le maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) a confirmé sa candidature à l’Élysée au journal de TF1, dimanche soir, assurant avoir fait « un choix largement réfléchi » et porter « un projet de rupture ».

    « Cela fait des années que je parcours la France. Je suis maire d’une commune du Nord, je connais la France de l’intérieur. Je sais les souffrances et les espérances de changement de nos concitoyens. Mais il faut un vrai changement ! Un changement qui va redonner du pouvoir d’achat, qui va respecter les travailleurs. C’est pour ça que j’ai fait ce choix, avec un programme, un projet de rupture pour notre pays », a souligné Fabien Roussel.

    « Vivre ! C’est ce mot que

    je souhaite porter »

    À 57 ans, celui qui représentait déjà les communistes lors de la présidentielle, en 2022 (2,28% des suffrages), a recueilli 72,06% des voix en faveur de sa candidature dans ce scrutin interne au parti, a indiqué dimanche le PCF, qui chiffre la participation à 24 000 votants.

    Fabien Roussel a évoqué sa feuille de route pour cette campagne présidentielle, avec un mot d’ordre : « Vivre ! C’est ce mot que je souhaite porter. Pouvoir vivre de son travail. Sur cette question, je me distingue. Vivre avec un travail qui paie correctement, qui permet d’élever ses enfants, de faire ses courses. Vivre d’un travail dans lequel on s’épanouit, où l’on peut décider de ses choix. Reconstruire une France qui produit des richesses en respectant la nature, les êtres humains, les salariés. »

    Le candidat, réélu début juillet à la tête du PCF avec 70,1% des voix, a détaillé une stratégie qui s’appuie, notamment, sur un plan climat : « Nous sommes les seuls à avoir un projet avec un plan climat qui donne une trajectoire carbone dans lequel on va doubler la production d’électricité nucléaire, renouvelable, hydraulique et qui va permettre de réindustrialiser la France. Nous proposons de doubler la part de l’industrie dans le PIB : ce sont 2 millions d’emplois à créer. C’est bon pour le travail de chacun, pour nos jeunes, mais aussi bon pour le climat, pour notre souveraineté économique. Nous sommes les seuls à mettre ce projet : le plan climat et la réindustrialisation de la France, avec un travail qui rémunère et qui permet à chacun de vivre dignement. »

    Autre thème abordé par Fabien Roussel, la fraude et l’évasion fiscale : « Aucun candidat n’en parle. Je souhaite mettre ce sujet au cœur de la campagne, au cœur de la République. On devrait tous se rassembler dans ce combat contre la fraude et l’évasion fiscale. Sous Emmanuel Macron, les plus riches qui ont été pris la main dans le pot de confiture peuvent négocier leur amende. C’est inadmissible. Il s’agit d’un privilège de classe que je souhaite abolir et faire en sorte que les fraudeurs passent par la case prison ou par la déchéance des droits civiques ou encore des travaux d’intérêt général. ça leur ferait peut-être du bien d’aller travailler dans les hôpitaux qui manquent de moyens à cause de ces 80 à 100 000 milliards d’euros qu’il manque au budget la France. »

    « Que la gauche redevienne majoritaire »

    Fabien Roussel rejoint de nombreux candidats sur la ligne de départ à gauche, divisée notamment entre Jean-Luc Mélenchon (LFI), Marine Tondelier (Les Écologistes) et les candidats de la primaire du pôle socialiste et démocratique comme Raphaël Glucksmann et Olivier Faure. « Je vais faire un choix dans cette campagne, c’est de ne pas parler des autres, mais mettre en avant mon programme. Le problème de la gauche, ce n’est pas qu’il y ait plusieurs candidats, le problème de la gauche, c’est qu’elle n’est pas majoritaire dans le pays. Ce que je souhaite, c’est pouvoir contribuer à ce qu’elle redevienne majoritaire. Aller convaincre des hommes et des femmes qui ne votent plus ou qui s’égarent dans leur vote. Je ne souhaite m’en prendre à personne à gauche. C’est pour ça que je souhaite porter des propositions qui puissent rassembler », a-t-il martelé.

  • Le PCF adopte sa feuille de route pour la présidentielle

    Le PCF adopte sa feuille de route pour la présidentielle

    Ordre du jour chargé pour la direction communiste ce week-end : débat sur la situation politique, célébration des 90 ans du Front populaire, définition de déroulement du congrès qui aura lieu à Lille du 3 au 5 juillet, processus de choix pour la présidentielle, vote d’un cahier thématique sur la paix et adoption du budget du parti.

    Après l’adoption d’une résolution « Pour la paix et une vie digne, refusons de payer la crise capitaliste et préparons l’avenir ! » (90 pour, 2 contre et 6 abstentions), c’est la préparation du congrès et de l’échéance présidentielle qui a le plus animé les débats.

    Pour mettre en œuvre les décisions qui seront prises lors du congrès national, qui se tiendra à Lille du 3 au 5 juillet, le conseil national a décidé que les délégués se réuniraient en conférence nationale, à son issue, afin de définir le bulletin de vote qui sera soumis aux adhérents pour qu’ils tranchent le positionnement du PCF pour la présidentielle, lors d’un vote organisé du 3 au 6 septembre.

    « Le projet doit nous guider plus que le casting »

    Un calendrier approuvé par 63 voix pour, 9 contre, 8 abstentions, critiqué par plusieurs membres du conseil national. « C’est speedy-gonzales, c’est un passage en force », considère ainsi Jean-Noël Aqua (Paris). « Le calendrier est trop court pour que la majorité des communistes prenne la décision », pour Émilie Lecroq (Seine-Saint-Denis). « Le congrès ne doit pas ressembler à celui de Marseille qui était un grand meeting », ajoute Denis Öztorun (Val-de-Marne). Frédéric Boccara défend l’idée d’une conférence nationale « à l’automne ».

    Sur le fond, Saliha Boussedra (Gard) juge qu’une candidature communiste serait « incompréhensible au lieu de travailler à la constitution d’un bloc de gauche », en soulignant le risque d’une victoire de l’extrême droite.

    D’autres, au contraire, relèvent le niveau très bas de la gauche qui se situe autour des 30% dans le pays et la nécessité de candidatures qui mobilisent et contestent à l’extrême droite son hégémonie dans les catégories populaires. Bora Yilmaz (Meurthe-et-Moselle) appelle à « faire reculer l’extrême droite avec une candidature communiste » et alerte sur l’importance du calendrier pour éviter un choix par défaut « comme en 2017 ». Esteban Evrard (Pas-de-Calais) estime que « les communistes veulent partir à la bataille ». Pour Clara Gimenez (Hérault), la présidentielle est un moment-clé pour « faire découvrir notre projet de société », quant à Nicolas Cossange (Hérault), il insiste : « Il n’y a que Fabien Roussel qui puisse être notre candidat et donc notre porte-parole. »

    Avant eux, le secrétaire national du PCF s’est exprimé : « J’ai lu les trois textes alternatifs qui viendront certainement enrichir la base commune et nos débats. N’en ayons pas peur, le débat est salutaire, utile », a-t-il affirmé, appelant à projeter le PCF dans les « 15 à 20 prochaines années, pour qu’il soit une force politique forte, révolutionnaire, solide, unie ».

    Il s’est déclaré « disponible » pour porter le projet communiste devant les Français lors de l’élection présidentielle. « Je suis prêt, si les communistes en décident, à y mettre toute mon énergie », a-t-il indiqué. Pour lui, « le pire serait de ne pas choisir » et « le projet doit nous guider plus que le casting ».

    CALENDRIER

    6 et 7 juin : vote des adhérents pour choisir la base commune de discussion du congrès.

    13 et 14 juin : congrès de section.

    20 et 21 juin : congrès départementaux.

    3, 4 et 5 juillet : congrès national à Lille avec réunion en conférence nationale le 5 afin de définir les différentes options soumises aux communistes pour la présidentielle.

    3 au 6 septembre : vote des adhérents sur le choix pour la présidentielle.