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  • [Sénatoriales] Dans le Var, la gauche veut essayer de limiter le RN à un siège

    [Sénatoriales] Dans le Var, la gauche veut essayer de limiter le RN à un siège

    L’état actuel des forces progressistes dans les municipalités varoises ne laisse que peu de place à l’espoir. En 2020, l’ex-socialiste André Guiol avait raflé l’un des quatre sièges (avant de quitter le PS dans la foulée) avec une liste centriste, soutenue par LREM, alors que le reste de la gauche (PCF, Écologistes) s’était dispersé.

    Il ne pourra pas en être de même en septembre, au vu du faible nombre de grands électeurs dont elle disposera. « Même si on aura peut-être une réserve de voix dans le centre-Var et le haut-Var », lance Pierre Daspre, secrétaire départemental du PCF, qui espère également que la maire de Toulon Josée Massi, et d’autres grandes municipalités, « au nom de la démocratie », favoriseront la nomination des délégués de gauche. Tout le monde en convient : il faudra se rassembler, ne serait-ce que pour éviter que le RN (qui pourrait une nouvelle fois s’allier à l’UDR), à l’appétit aiguisé par ses conquêtes aux municipales, et dont la liste sera menée par Franck Giletti, son délégué départemental, ne prenne deux sièges.

    Mais avec quelles modalités ? Chacun prendra le temps de se réunir en famille, avant de commencer à échanger avec les autres formations d’ici le 5 juin. « Il y aura des discussions au niveau national pour désigner la tête de liste », prévoit Pierre Daspre. Pour Jean-Pierre Luquand, responsable des Écologistes varois « peu importe qui ce sera. Il faut l’union autour d’une personnalité qui rassemble ».

    Union jusqu’au

    centre-gauche ?

    Dès lors, pour Jacques Blandin, secrétaire de section du Parti socialiste, ce rassemblement « devrait être le plus large possible ». Jusqu’au centre gauche ? « Je dirais volontiers que nécessité fait loi. Les LR vont récupérer deux sièges. Je ne vois pas comment le RN pourrait ne pas en avoir au moins un. Il faut donc essayer d’en prendre un, avec une liste de barrage, plus large qu’une simple alliance avec le PCF et les Écologistes. »

    S’il souhaite, dans l’idéal, rester dans un « périmètre de gauche », Jean-Pierre Luquand pourrait s’y résoudre lui aussi, « mais à condition d’avoir une place pour la gauche, reconnue, et active dans la campagne ». Dans cette optique anti-RN, se ranger derrière LR serait-il envisageable ? « On n’est pas là que pour faire barrage, on espère gagner », veut croire Jacques Blandin.

    Côté LR, c’est la sortante Françoise Dumont qui mènera la liste, tandis que ses deux confrères Michel Bonnus et Jean Bacci ne se représentent pas. Elle devra faire face à la concurrence d’un futur ex-Républicain, en la personne du conseiller départemental Marc Lauriol. Il partira sans étiquette, mais non sans ambition, sa cote de popularité auprès des élus demeurant importante eu égard à la proximité liée à sa fonction.

    Enfin, au centre, André Guiol passe aussi la main. Jean-Pierre Colin, conseiller régional, ex-colistier de Nathalie Bicais à la Seyne, et un temps candidat aux municipales, tentera de rafler un siège malgré une conjoncture qui ne lui est pas plus favorable qu’à la gauche.

  • La bataille pour les sénatoriales est lancée

    La bataille pour les sénatoriales est lancée

    Les élections sénatoriales ne se dérouleront que le 27 septembre prochain, mais ça s’agite déjà sur l’échiquier politique.

    C’est même le branle-bas de combat à droite et au centre. Après l’annonce de la candidature du président de la Région Sud, Renaud Muselier (Renaissance) pour un siège au Palais du Luxembourg, voilà que c’est la Marseillaise et ministre déléguée à l’Enseignement, Sabrina Roubache, qui envisage d’être candidate. L’information a été révélée par La Tribune Dimanche puis confirmée, ce lundi, par nos confrères de Marsactu.

    De quoi provoquer des remous dans le camp présidentiel. Renaud Muselier avait déjà jugé cette candidature « inamicale ». Il en rajoute une couche en invitant « le Premier ministre et le Président à s’occuper de cette affaire (…). On va voir qui sera ridicule dans cette histoire ». Autant dire que le groupe vit bien… Et, pour ajouter un peu de piquant, la sénatrice sortante Valérie Boyer (Les Républicains) a également annoncé être candidate à sa réélection dans Valeurs Actuelles, ce lundi. Cette dernière développe, sur le site de Public Sénat cette fois, être « ouverte à tout », dont à un accord avec Renaud Muselier. Lequel a d’ailleurs été élu via une large alliance des formations de la droite et du centre, et pourrait reproduire la manœuvre, ou pas. Il ne ferme d’ailleurs pas la porte à Valérie Boyer : « Pour additionner, il faut discuter. »

    Voilà qui contraste avec ses propos vis-à-vis de Sabrina Roubache. Une chose est sûre, c’est que l’Aixoise Brigitte Devésa (UDI) est aussi « candidate à sa réélection avec Renaud Muselier », confie-t-elle, ce mardi. Plus que ça, elle entend ne pas « descendre en dessous de la 4e place » sur la liste à venir. Et pour cause, il n’y a que huit sièges à se partager et, en 2020, la gauche avait raflé trois sièges, la droite trois, le RN avec Stéphane Ravier (il a quitté le RN depuis) et Jean-Noël Guérini (ex-PS) complétant l’affaire. « Ça se bouscule au portillon », résume le sénateur communiste Jérémy Bacchi. Qui s’inquiète : « Mais la multiplication des listes à droite pourrait favoriser l’extrême droite. »

    À gauche, le PCF plaide pour l’union

    Pour l’heure, les forces de gauche ne prennent pas le même chemin que leurs homologues de droite. « En 2020, on a conduit une liste d’union de la gauche entre communistes, socialistes et écologistes, qui a bien marché en faisant élire trois sénateurs de gauche dans le département », campe Jérémy Bacchi, sénateur communiste élu aux côtés de la socialiste Marie-Arlette Carlotti et de l’écologiste Guy Benarroche en 2020.

    Il note positivement que, depuis ce scrutin, il y a eu « une poussée de la gauche avec une augmentation du nombre d’élus à la faveur d’une union des forces de gauche aux municipales ». Ce qui implique donc une hausse du nombre de grands électeurs et conforte par là même les positions à gauche. « À titre personnel, je pense qu’il faut prolonger cette stratégie d’union qui s’est avérée gagnante pour la séquence sénatoriale. » Mais la prudence est de mise, puisque Jérémy Bacchi attend « les discussions souveraines au sein des communistes pour établir la stratégie et la représentation aux sénatoriales », avec une réunion prévue le 27 mai. En tout cas, on pourrait repartir sur le même trio sortant. Mais quid de Mireille Jouve, qui avait remplacé Jean-Noël Guérini, réélu sénateur en 2020 avant d’être déclaré inéligible par la justice ? « Je poursuis ce que j’ai entrepris depuis des années pour soutenir les communes […], je ne m’interdis rien », glisse-t-elle.

    Nul doute que les discussions sont loin d’être terminées pour ce scrutin.

  • Mobilité, sécurité et logement : les grandes priorités du préfet

    Mobilité, sécurité et logement : les grandes priorités du préfet

    Municipales

    « On sort d’un cycle électoral réussi » se félicite le préfet. « Je ne parle pas des choix politiques qui sont faits, mais de l’organisation et du déroulement. Je laisse les analyses et les commentaires politiques. La participation est décevante pour un cycle municipal qui traditionnellement appelle plus d’électeurs que d’autres élections politiques. Pour les petites communes moins nombreuses, moins peuplées et où il y a plus de proximité, la participation est restée conforme. »

    Sénatoriales

    Le renouvellement des 8 sénateurs est dans 4 mois, le 27 septembre. « On va commencer les réunions préparatoires. Il y aura environ 3 600 grands électeurs dans ce département. La liste sera arrêtée en juin. »

    Carburants

    « Il n’y a pas de pénurie » souligne le préfet, mais un certain nombre de stations ont été en difficulté notamment Total. « Environ 8% des stations ont eu une difficulté de réapprovisionnement sur un carburant, donc il n’y a rien d’inquiétant. » « Sur les conséquences économiques, les batteries d’aides sont là. On s’est mis en veille, en contact et en déploiement des mesures gouvernementales avec les secteurs économiques concernés en début de semaine dernière. » Un point devait être fait hier matin avec la ministre de la Mer pour la totalité des pêcheurs sur la façade Méditerranée. D’évoquer le cas d’un producteur de fraises dont le fournisseur de barquettes en plastique avait multiplié ses prix par trois, sans pouvoir répercuter cette hausse sur le prix final.

    Ligne THT des bassins ouest du GPMM

    Suspense. « On est dans une phase très imminente de communication de l’État sur ce dossier d’importance nationale et européenne. »

    Sécurité

    Le préfet met en avant de bons résultats avec, au premier trimestre, une baisse des cambriolages et des violences crapuleuses mais une hausse en zone police de 2,51% des violences intrafamiliales et de 3,62% en violences conjugales dans le département. Les violences sexuelles baissent de 2%. Le recours à la violence dans les rapports humains continue d’augmenter. « On a un recul de la capacité à prendre en compte la santé mentale. Le nombre de psychiatres et de psychologues en ville a beaucoup baissé. Sur l’agression d’un infirmier de l’hôpital psychiatrique Édouard-Toulouse, j’ai demandé à comprendre. L’ARS a déclenché des vérifications pour comprendre comment un patient au passé extrêmement violent a pu se retrouver en possession d’un couteau. »

    Narcotrafic

    « Ma stratégie reste fondée sur le maximum de présence de terrain, pour être le plus visible possible et utiliser tous les outils à disposition », pose le préfet. « On porte des coups sur les cartels et ce n’est pas fini. » Les saisies judiciaires depuis le début de l’année atteignent les 100 millions d’euros en comptant avec l’opération du Marché du Soleil.

    Logement

    C’est la « priorité absolue » qui exige de consacrer beaucoup de moyens à la production. Sur la lutte contre l’insalubrité, « on commence à taper, à monter sur des astreintes financières ». Le volume d’insalubrité constaté est important. « Dans le département, la moitié de l’habitat doit être rénovée. Cela demande du temps et c’est tous ensemble qu’il faut le gérer sur le temps et avec soin. »

    Relogement

    Les victimes d’habitat insalubre dans le parc social ne sont pas prioritaires en réattribution de logement, déplore le préfet. « Un vide juridique que je déplore à titre personnel. »

    Réquisitions

    Avec 57 000 logements vides à Marseille quid de la réquisition ? « Je ne pense pas que ce soit une solution. Il faut repartir sur une production et la remise à niveau de logement. C’est presque 200 millions d’euros qui ont été mis dans la remise en état de logements anciens dans le centre-ville de Marseille depuis les événements de la rue d’Aubagne. »

    Logements sociaux

    Avec 116 000 demandes de logements sociaux fin 2025, la situation se tend. « Le taux de rotation de 4% est faible. Peu de gens quittent le parc social pour beaucoup qui demandent à y entrer avec une production qui de 11 000 est descendue à 9 000. Il faut remettre de la tonicité sur la production tout en rénovant un parc ancien. » Le préfet a publié les arrêtés de pénalités à l’encontre de communes carencées dont « certaines ont fait le choix cynique local de préférer payer » (lire page 6).

    EPF Paca

    L’État a relancé un appel à candidatures pour le recrutement du directeur de l’Établissement public foncier Paca. « La directrice actuelle a donné entière satisfaction mais après 12 ans passés, on peut considérer que sur un poste d’État il faut passer la main. On a plein de candidats. Un certain nombre seront auditionnés. » La désignation est attendue pour cet été.

    Cité judiciaire

    L’État a tranché sur l’engagement d’études de faisabilité dans le quartier d’Arenc en signant avec les collectivités une convention de cofinancement des études de l’ordre de 10 millions d’euros soit 750 000 euros par collectivité. « C’est un projet majeur qu’il faut faire vite. Une justice moderne passe aussi par des bâtiments dignes. C’est un besoin impératif, car on ne peut pas laisser la justice fonctionner dans des conditions dégradées. Les études vont prendre du temps, une bonne année, et il faudra ensuite une décision politique centrale. »

    Marseille en Grand

    Pas de changement en vue. « Les projets sont préfinancés et préétudiés. L’enjeu de la mobilité et des transports en commun est vital à l’échelle de la 2e métropole de France » insiste le préfet qui consent qu’il puisse y avoir « quelques modifications sur des tracés ». Quid du tramway des Catalans ? « Je suis ouvert à toute discussion pour améliorer et faire vivre les projets pour une meilleure acceptabilité. Sur les mobilités, l’État sera au rendez-vous et ne lâchera pas le morceau. »

    Spem

    Le préfet a demandé et obtenu de la Spem (Société publique des écoles marseillaises) « une présentation de la totalité de leur process de sécurisation des marchés publics. Mes deux services experts m’ont répondu que cette présentation était conforme à leurs attentes. Donc il n’y a pas de difficultés à poursuivre notre travail avec eux ». Cet audit fait suite à la polémique sur un signalement effectué par son prédécesseur, Georges-François Leclerc, au parquet sur l’achat de préfabriqués sans mise en concurrence.

    Halte soins addictions

    La création repoussée de cette structure d’accueil fait toujours débat et c’est un bus qui va au contact des consommateurs de drogues dures. « Il a repris ses activités avec un lieu de déploiement inadapté qui sera déplacé en mai, rue de Blidah (3e) près de l’église », annonce le préfet. Sur la Halte soins, « l’ARS est prête à accompagner sur une expérimentation. D’un point de vue social, j’en vois l’utilité, mais je redis que ce n’est pas moi qui irais chercher un site. C’est un sujet compliqué, essentiellement médical. Il faut gérer les voisins. Je ne veux pas de point de fixation autour de la gare Saint-Charles. L’accompagnement à l’hôpital ne pose pas de difficultés ».

  • Hyères unie à gauche veut « poursuivre le combat »

    Hyères unie à gauche veut « poursuivre le combat »

    Avec 7,86% des voix et aucun siège glané au conseil municipal, Hyères unie à gauche n’a pas obtenu les résultats escomptés. Qu’importe : sa tête de liste Caroline Moulin (Les Écologistes) veut capitaliser sur cette première campagne, pour « poursuivre ce combat. Nous ne lâcherons rien », promet-elle.

    Pour la liste progressiste, le contexte particulier de ce scrutin, marqué par « la volonté de tourner la page Giran, a favorisé Véronique Bernardini. Les autres candidats ont fait les frais du vote utile : Jean-Michel Eynard-Tomatis perd 744 voix entre les deux tours et Nicolas Massuco 273. Quant à Jean-Pierre Giran, malgré sa fusion avec François Cornileau, il ne parvient pas à conserver le total des voix de leurs deux listes du premier tour », commente-t-elle, a posteriori.

    « Redonner goût à l’engagement citoyen »

    Si Hyères unie à gauche « salue l’élection d’une femme à la tête de la troisième ville du Var », des réserves persistent : « Ce sont toujours les mêmes responsables, d’une liste à l’autre, qui portent depuis des décennies les mêmes politiques. La véritable rupture était portée par notre liste, autour de priorités claires : santé, environnement, culture, logement, démocratie et services publics. »

    Par ailleurs, l’élection de la nouvelle maire par seulement « 28% des électeurs inscrits », couplée aux plus de 41% d’abstention, « confirme une crise démocratique profonde. Redonner goût à l’engagement citoyen sera un enjeu majeur », ambitionnent les progressistes, qui lancent un appel à « celles et ceux qui refusent les mêmes politiques à nous rejoindre. Rien ne changera sans engagement collectif. C’est ensemble que nous construirons une alternative crédible, durable et clairement ancrée à gauche pour Hyères ».

  • [Maj] À Marseille, Sophie Camard mise sur le « trait d’union » dans le 1er secteur

    [Maj] À Marseille, Sophie Camard mise sur le « trait d’union » dans le 1er secteur

    Avec 19 des 25 sièges du conseil d’arrondissements occupés par des élus du Printemps marseillais (PM), la séance d’installation ne laissait guère de place au suspense, dimanche. C’est donc bien Sophie Camard (GRS), candidate à sa réélection à la tête des 1-7, qui a été élue maire du secteur, avec 19 voix.

    « Dans mon discours d’investiture que j’ai retrouvé, prononcé le 12 juillet 2020, j’avais dit les mots suivants : “Je serai maire pour ceux qui ont voté, mais aussi pour ceux qui n’ont pas voté, parce que je voudrais les convaincre que la démocratie en vaut la peine”. Je n’en changerai pas une virgule », a-t-elle déclaré, émue. Au cœur de son propos : la volonté de constituer un trait d’union entre les 1er et 7e arrondissements : « Le premier secteur est à l’image des grandes inégalités de notre peuple. Cette situation justifie le débat politique. Mais pas de fractionner notre société. 6 678 voix dans le 1er, 7 451 dans le 7e. Un résultat très équilibré. Je prends ce message des électeurs comme un trait d’union pacifique et rassembleur. » Sur l’ensemble du secteur, Sophie Camard avait obtenu 47,45% des suffrages au second tour. Les neuf adjoints de la liste « Pour Marseille », exclusivement composée de représentants du Printemps marseillais , ont également été élus avec 19 voix, contre cinq votes nuls et un vote blanc.

    Six élus d’opposition

    Deux autres candidates briguaient la tête de la mairie de secteur, ce dimanche : Clémence Parodi (RN) et Charlotte Deweerdt (LFI). L’élue d’extrême droite a obtenu trois voix, total correspondant aux trois sièges remportés après avoir obtenu 25,38% au second tour. La candidate insoumise n’a recueilli que deux voix : les 18,02% obtenus par sa liste ne lui avaient en effet permis d’obtenir que deux sièges, le sien et celui de son colistier Aurélien Bourneuf (LFI). Pour rappel, Sébastien Barles (ex-EELV) a démissionné de son mandat de conseiller.

    Romain Simmarano (DVD), qui portait pour le secteur la liste « Marseille je t’aime » de Martine Vassal (DVD), est le seul élu de la droite traditionnelle au sein de ce conseil d’arrondissements. Il avait obtenu 9,15% des suffrages au second tour.

    Les adjoints

    Julien Soret, 1er adjoint ; Leïla Becard, 2e adjointe ; Christian Pellicani, 3e adjoint ; Monique Rolbert, 4e adjointe ; Karim Boussalem, 5e adjoint ; Virginie Roche, 6e adjointe ; Frédéric Guilledoux, 7e adjoint ; Romane Massip, 8e adjointe ; Aurélien Lecour, 9e adjoint.

  • Un conseil municipal renouvelé de moitié à Montpellier

    Un conseil municipal renouvelé de moitié à Montpellier

    Il y a ceux qui siégeaient depuis longtemps (Philippe Saurel, Max Lévita, Jacques Domergue, Mustapha Majdoul…) et qu’on ne verra plus. Et il y a ceux qui vont connaître leur baptême du feu.

    Si les électeurs montpelliérains ont joué la continuité avec Michaël Delafosse, le conseil municipal va changer de visages. Sur les 69 nouveaux élus qui siégeront pendant au moins 6 ans (probablement 7), 33 vont faire leurs premiers pas. 22 sont issus de la liste Delafosse, 7 de chez Oziol et 4 de la liste Altrad.

    Dans la majorité municipale, on connaissait déjà Muriel Ressiguier pour avoir été députée LFI avant de se fâcher avec Jean-Luc Mélenchon. À ses côtés, siégeront le doyen de la fac de droit Guylain Clamour, la médecin biologiste Tal Anahory, l’ancienne candidate PS aux législatives Fatima Bellaredj, l’ex-Verte Jacqueline Markovic (Place Publique) ou Stéphane Hernandez, voix de la communauté gitane. On peut ajouter la jeune Émilie Biondi (PRG), la militante du collectif de la 5e ligne Éliane Urtado ou l’écolo Grégoire Delforge. À noter que Jean-Louis Gély, l’ex-adjoint d’Hélène Mandroux ainsi que la directrice de la SPA, Annie Benezech, font leur retour. Et que Serge Guiseppin était jusqu’ici élu dans l’opposition.

    Côté LFI, seule Alenka Doulain siégeait déjà. Font leur entrée : Nathalie Oziol, Antoine Bertrand, l’ex-chef de cabinet de René Revol, l’ex-écolo Julia Mignacca, l’enfant de Saint-Martin Rhany Slimane, Livia Jampy, suppléante du député Sylvain Carrière, Kamel Moufid et Nicolas Hillaire. Enfin, chez Mohed Altrad, vont faire leurs gammes Marie-France Boisbault, Lilit Aghajanyan, David Nocca et Jérémy Orzechowski. Stéphanie Jannin et Patricia Mirallès étaient jusque-là élues sur la liste de Philippe Saurel.

  • Loïc Gachon sauve sa mairie, malgré un haut score du RN

    Loïc Gachon sauve sa mairie, malgré un haut score du RN

    « C’est serré. » Ces deux mots ont résonné pendant les trois longues heures qu’a duré le dépouillement dans la maison des associations, où des Vitrollais se sont retrouvés pour découvrir les résultats. À 20h45, les résultats tombent enfin : la liste d’union de la gauche, menée par Loïc Gachon, maire sortant, arrive en tête avec 46,67%. C’est un soulagement pour une grande partie de la salle qui ne peut s’empêcher d’applaudir à tout rompre.

    Une victoire qui ne reste cependant pas large, avec seulement quelques points d’écart avec le candidat du Rassemblement national, Fabien Bravi, qui récolte 42,67%. À son annonce, les quelques applaudissements du fond de la salle sont rapidement couverts par les huées et les sifflements du reste de la salle. Une très courte victoire pour le maire réélu, Loïc Gachon. « Vitrolles a une nouvelle fois résisté, mais le Rassemblement national se consolide et s’installe, à Vitrolles et dans toute la France. C’est pour ça qu’il faut aller à la conquête de ces gens-là [qui votent RN]. Dès la semaine prochaine on va travailler en direction de ces quartiers qui se sentent marginalisés ou oubliés. »

    « C’est inquiétant »

    Si ces résultats sont un soulagement pour une grande partie de l’assemblée, les habitants ne sont pourtant pas sereins. Pour Kenzi et Younes qui, à 18 ans, votaient pour la première fois, les scores de ce second tour sont « inquiétants, dans une ville comme Vitrolles qui est cosmopolite. Donc on a essayé de mobiliser autour de nous, pour la continuité de [Loïc] Gachon, que l’on a toujours connu, et surtout pour faire barrage ». Une dizaine de leurs amis étaient d’ailleurs également présents pour applaudir la victoire de la gauche sur l’extrême droite.

    Pour Cécile, vitrollaise qui a connu sa ville dirigée par le Front national de 1997 à 2002, ces résultats présagent de la présidentielle de 2027 : « Je vois ces idées monter dans la société, affirme la quadragénaire. Je suis dans une association qui m’amène à discuter avec beaucoup de gens. Même certains qui partageaient mes valeurs ont changé de camps », se désole-t-elle.

    Des scores serrés et élevés pour les deux listes d’union de la gauche et de l’extrême droite, alors que le troisième candidat, Philip Farrugia qui obtient 10,55%, contre 11,53% au premier tour. Une baisse qui pourrait s’expliquer par un désengagement de ses électeurs ou des votes utiles, que ce soit pour l’extrême droite, en opposition au maire sortant, ou pour l’union de gauche pour faire barrage. Un second tour qui a d’ailleurs mobilisé un peu plus que le premier, passant de 52,75% de votants à 53,2%. Mais l’abstention reste, ici aussi, le premier parti.

  • À Arles, un duel opposant de Carolis à Koukas au cœur d’une quadrangulaire

    À Arles, un duel opposant de Carolis à Koukas au cœur d’une quadrangulaire

    À Arles, le second tour a beau prendre la forme d’une quadrangulaire, il sera plutôt de l’ordre du duel. D’un côté, le maire sortant Patrick de Carolis (Horizons), arrivé en tête au premier tour avec 34,09 %. De l’autre, le candidat de l’Union pour Arles, Nicolas Koukas (PCF), qui a su fédérer neuf partis autour de lui après avoir été désigné par une démarche citoyenne. Il a obtenu 25,38 % des suffrages dimanche.

    L’ancien adjoint Jean-Michel Jalabert (DVD), qui a choisi de présenter une liste dissidente, et l’agriculteur investi tardivement par le Rassemblement national Rémy Benson complètent le podium, avec des scores respectifs de 13,69 % et
    16,37 %. Dimanche soir, à l’annonce des résultats, Patrick de Carolis s’inquiétait déjà d’un « éparpillement des voix » qui pourrait provoquer « le retour des communistes à la tête de la ville » et avait appelé son ancien élu à retirer sa candidature.

    Jean-Michel Jalabert sur la ligne de départ

    Le concerné avait directement annoncé qu’il serait sur la ligne de départ au second tour, renvoyant la responsabilité à son ancien patron et tout en le taclant son score : « 88% des maires sortants ont été réélus dès le premier tour, c’est un désaveu de la population parce qu’une majorité ne veut pas continuer dans cette voie-là. »

    Sur ses réseaux sociaux, Patrick de Carolis a réagi : « Jean-Michel Jalabert choisit la politique du pire, préférant risquer de sacrifier l’avenir d’Arles sur l’autel de ses rancœurs. Je déplore ce choix irresponsable. Il choisit de prendre le risque de servir de marchepied au retour du parti communiste et de l’extrême gauche à la tête de notre ville. »

    Report de voix et soutien des Écologistes

    De son côté, Nicolas Koukas devrait pouvoir compter sur le report de voix de l’électorat d’Anne Testut, qui menait une liste Lutte ouvrière (0,65%) et de Jecilla Regad. La tête de liste LFI rejointe par les Écologistes, qui a obtenu 9,81% des suffrages au premier tour, a néanmoins refusé de donner de consigne de vote, déclarant dimanche : « Nos électeurs sont intelligents (…). Ils savent qui sont nos ennemis et pour qui ne pas voter. »

    Dès mardi, le sénateur écologiste des Bouches-du-Rhône Guy Benarroche était quant à lui sorti du silence, appelant « à se mobiliser massivement en faveur de Nicolas Koukas lors du second tour », prenant acte du résultat de Jecilla Regad. « Si les trajectoires évoluent, notre objectif demeure inchangé : mettre fin à la gestion actuelle de la ville, écrit le parlementaire. Lorsque l’essentiel est en jeu – l’avenir écologique, social et démocratique d’un territoire – le rassemblement devient une nécessité. (…) Nous dénonçons une méthode de gouvernance marquée par un manque de concertation et des orientations qui accentuent la gentrification, au détriment de l’équilibre social des quartiers. »

    Pour mettre fin au « système de Carolis », Nicolas Koukas invoque la participation des citoyens. « Les résultats se joueront à quelques centaines de voix près », annonce-t-il, alors que l’abstention a atteint 43,65% au premier tour. « L’unité fait notre force, et demain, elle fera la victoire et la réussite collective d’Arles. Il est grand temps de rendre Arles aux Arlésiennes et aux Arlésiens. »

  • À Martigues, la gauche en bonne posture

    À Martigues, la gauche en bonne posture

    C’est une triangulaire qui se présente aux électeurs martégaux dimanche 22 mars. Le maire sortant Gaby Charroux (PCF), meneur d’une liste d’union de la gauche et citoyenne (Pour Martigues !) est arrivé en tête du 1er tour à Martigues avec 35,71% des voix, talonné par le député RN Emmanuel Fouquart, à 28%, suivi de Jean-Luc Di Maria (LR) et sa liste (DVD) Un avenir pour Martigues.

    Dès l’annonce des résultats, l’élément perçu par les différents candidats comme décisif à l’approche du second tour est celui de l’abstention, avec 42,41% des inscrits qui ne se sont pas allés voter. « Depuis lundi matin, on est en contact avec tous ceux qui n’ont pas voté pour leur demander de cette fois ne pas oublier […] » évoquait Gaby Charroux dans son entretien avec La Marseillaise du 19/03. Le candidat de droite Jean-Luc Di Maria en a tiré la conclusion qu’« une grande partie des électeurs ne croient plus en la politique telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui » dans sa vidéo de mardi justifiant son maintien au second tour.

    Outre l’abstention, la mobilisation des électeurs des listes éliminées est également au centre du jeu. Particulièrement pour ceux du Collectif citoyen martégal qui a réalisé un score de 7,90 %, et d’une partie de ceux d’Anne-Marie Sudry (GRS), qui était alliée à Thierry Boissin, candidat d’Emmanuel Macron aux législatives de 2022.

    La clé du report de voix favorable

    Le report de voix pourrait être favorable au candidat en tête du classement, même en considérant une marge d’erreur. Les 1 603 voix du Collectif citoyen martégal pourraient ainsi compléter les 7 249 voix de Gaby Charroux au premier tour, pour atteindre les 8 883 voix que le candidat de la gauche avait récolté au 1er tour en 2020, en pleine période covid. Les abstentionnistes compteront pour approcher le plus haut score de quelque 12 911 voix atteint au second tour des municipales de 2014, marqué par une abstention de 33%. Du reste, cette année-là, le RN et Jean-Luc Di Maria avaient réalisé des résultats similaires à ceux du premier tour en 2026. En 2014, au second tour, le RN comptait 5 073 voix, contre 4 076 pour J.-L. Di Maria, à comparer aux 5 684 (RN) et 5 144 (J-L D.M) respectivement récoltés au 1er tour de 2026.

    L’élément de bascule recherché est celui de l’électorat progressiste en recherche d’unité de son offre, traditionnellement plus mobilisateur au second tour. Pour rappel, lors des élections législatives de 2024, les plus récentes, le candidat du Nouveau Front populaire Pierre Dharréville (PCF) offrait une spectaculaire poussée au second tour à Martigues, passant de 8 600 voix à 11 065, soit à opposer aux 10 243 voix d’Emmanuel Fouquart (RN) qui ne récoltait que 1 037 de plus au second tour.

    Un large soutien à gauche

    Le maire sortant dispose d’autres atouts. Comme l’unanimité des soutiens à gauche avec le PCF, PS, EELV (au départ partie prenante du Collectif Citoyen), L’après, Debout !, Place Publique, Génération Écologie. Unanimité sauf la France insoumise, dont le communiqué du 19 mars indique que « l’époque n’est plus à donner des consignes de votes », mais que « pas une voix ne doit aller au RN, aucun bulletin ne doit se porter sur les listes qui propagent le rejet de l’autre et le recul social ». Du reste, le monde syndical s’est clairement positionné avec le soutien de l’Union locale CGT et des syndicats des agents territoriaux de la Ville et du complexe pétrochimique de Lavéra. «  Quand Kem One ou Total étaient menacés, c’est Gaby Charroux qui était là en dehors des élections » rappelait Daniel Bretonès de l’UL CGT mardi. Un élu allié des luttes, particulièrement pour l’hôpital de Martigues : « Sans lui pas de rendez-vous en préfecture, ni d’interpellation à l’ARS » souligne le syndicaliste. La triangulaire révèle, au fond, un duel entre deux mondes.

  • [Entretien] Gaby Charroux : « Le RN, c’est l’opposé de ce que nous prônons »

    [Entretien] Gaby Charroux : « Le RN, c’est l’opposé de ce que nous prônons »

    La Marseillaise : Vous êtes arrivé en tête pour le premier tour, comment abordez-vous le second ?

    Gaby Charroux : Avec confiance et satisfaction parce que les scores ont été ceux qu’on connaît. Les trois listes représentant les trois candidats là, qui restent, nous placent en tête avec huit points d’avance sur le Rassemblement national, et près de 11 sur le candidat de la droite. C’est bien, chacun joue son jeu et son rôle. Et nous avons le soutien d’une grande partie de la gauche, le sénateur Guy Benarroche (EELV) sera là demain [ce soir, Ndlr].

    Reste une menace de l’extrême droite particulièrement forte…

    G.C. : Bien sûr, c’est une menace parce que le Rassemblement national, c’est l’opposé de ce que nous prônons. C’est un programme dont on sait combien les Martégales et les Martégaux souffriraient si par malheur ils étaient au pouvoir. Leur programme est très clair, très simple : les services publics pour eux, c’est l’ennemi. L’argent, il faudra qu’ils le trouvent, il sera pris aux associations, au personnel municipal, donc aux services publics.

    En clair, tout l’inverse de ce que vous avez bâti au cours de vos précédents mandats ?

    G.C. : Oui, c’est ce que l’on appelle nous « le bouclier martégal », avec des tarifs gratuits ou les plus bas possibles, par exemple pour la restauration scolaire, mais aussi des impôts fonciers parmi les plus bas de tout le département, des services qui permettent l’accès à la culture, au sport, aux solidarités, les meilleurs possibles. La première chose qu’il ait faite, Monsieur Fouquart, lorsqu’il a été élu député, c’est qu’il a abandonné Martigues. Il avait déjà quitté le conseil municipal pour garder son poste de conseiller régional parce que là-bas il y a une rémunération et ici il n’y en avait pas, évidemment. Et il dit que là-bas il a défendu les intérêts de la ville. C’est faux et archifaux ! Année après année, les seules aides qu’on ait de la Région, c’est les 180 000 euros pour louer… enfin on ne va pas dire louer s’agissant d’une collectivité, mais pour faire utiliser par les lycéens des trois lycées de Martigues, lycées dont la Région possède au passage la compétence, nos gymnases municipaux. À l’Assemblée nationale, il a voté avec son groupe la diminution de 5 milliards d’euros pour les collectivités, ce qui fait pour Martigues 5 à 7 millions en moins.

    Le maintien de la droite est-il pour vous une bonne nouvelle ?

    G.C. : Oui, c’est l’opposant historique, on le connaît. Il a quand même voté 65% de nos délibérations dans les six dernières années, ce qui contribuait à faire un vote à l’unanimité. C’est dire qu’il considère que les choses se passent bien ici, en approuvant aux deux tiers notre travail. Le même qui dit aujourd’hui d’ailleurs dans La Provence, encore ce matin : « Ils ont détruit la ville »…

    À Martigues avec 42,41%, le taux d’abstention reste dans la moyenne nationale mais élevé. Comment comptez-vous aller à la pêche aux abstentionnistes ?

    G.C. : Depuis lundi matin, on est en contact avec tous ceux qui n’ont pas voté pour leur demander de cette fois ne pas oublier. C’est ce qu’ils nous disent parfois, « Ah ben on a oublié. » On nous dit aussi « Non, on ne veut pas », soyons clairs. On espère être encore plus efficaces dans ce domaine-là. On a continué notre travail avec les dizaines et dizaines de militants ici, avec le porte-à-porte, le boîtage et la rencontre. Là cet après-midi, dans deux quartiers, on met un petit barnum, et puis les gens peuvent venir à notre rencontre et nous, on va à la leur et on distribue nos derniers documents, notre profession de foi, et surtout au dos de cette profession de foi, on a noté ce qui était en jeu et les pertes qui pouvaient arriver.

    Quel message principal souhaitez-vous faire passer ce soir ?

    G.C. : Il faut que les électeurs, ouvrent les yeux sur ce qui est fait et ce qui est mis à leur disposition dans cette ville. Bien sûr, on peut faire autrement encore, on peut faire plus dans un certain nombre de secteurs, mais l’essentiel est déjà en place et il faut qu’ils mesurent ce qu’ils risquent de perdre demain, de solidarité, de bien-vivre ensemble ici et de réponse à leurs désirs d’épanouissement pour leur famille et leurs enfants.

    Meeting ce jeudi 19 mars à 18h au gymnase des Salins, chemin de Paradis.