Tag: église

  • L’ode au silence de Jaume Plensa au Carré Sainte-Anne

    L’ode au silence de Jaume Plensa au Carré Sainte-Anne

    Un an après sa réouverture avec une exposition de l’artiste JR, qui a attiré plus de 300 000 visiteurs, le Carré Sainte-Anne, à Montpellier, accueille tout l’été, jusqu’au 1er novembre, l’exposition « Mirage », de l’artiste catalan Jaume Plensa.

    Figure incontournable de la sculpture monumentale contemporaine dont les œuvres sont présentes dans l’espace public à travers le monde, Jaume Plensa a eu un véritable coup de cœur pour l’écrin de pierre qui l’accueille à Montpellier, ancienne église reconvertie en espace d’art contemporain. « J’y ai perçu un sentiment de spiritualité énorme », confie-t-il dans un entretien avec le commissaire d’exposition Numa Hambursin. « En entrant dans Sainte-Anne, j’ai eu la sensation immédiate que ces œuvres étaient faites pour ce lieu. »

    Baptisée « Les invisibles », l’œuvre principale et monumentale de l’exposition représente deux visages suspendus sculptés dans une maille de fils d’acier. Le doigt sur les lèvres, ils se font face dans un geste universel pour demander le silence. « Ils sont comme des présences fantasmagoriques dans l’espace ouvert, en position de conversation silencieuse », décrit l’artiste. « Ce n’est pas un silence imposé, insiste Jaume Plensa. Mais l’idée qu’il faut retrouver son calme et baisser la voix. C’est un silence qui permet de créer un état d’âme qui nous rend capables d’écouter. (…) Nous sommes dans un moment très particulier pour le monde, la politique et la société. Tout est extrême et violent. Je crois au contraire qu’il faut parler plus profondément au lieu de parler plus fort. J’ai toujours défendu le silence comme une façon de ressentir et de s’exprimer. »

    Poétique, éthérée, offerte aux jeux de lumière des vitraux, qui dessinent les ombres portées de la maille sur le sol,
    « l’installation ne vient pas s’imposer à l’édifice, mais s’y inscrire avec retenue », souligne Numa Hambursin.

    Outre ces « Invisibles » en tête à tête, trois sculptures de bois représentant des visages de femmes travaillés dans d’anciennes poutres d’un bâtiment démoli ainsi que deux gisants d’albâtre, qui évoquent l’histoire de l’architecture religieuse, complètent cette exposition, qui célèbre le silence et la beauté.

    * Entrée libre

  • À Villes-sur-Auzon, un concert de Jean-Louis Aubert pour la restauration du toit de l’église Saint-André

    À Villes-sur-Auzon, un concert de Jean-Louis Aubert pour la restauration du toit de l’église Saint-André

    Ce lundi 25 mai fera date à Villes-sur-Auzon avec le concert donné par Jean-Louis Aubert au bénéfice de la restauration du toit de l’église du village.

    Juste avant le spectacle Jean-Louis Aubert a reçu la presse dans un contact simple. Il a raconté son enfance passée dans ce village où sa famille (parents, grands-parents et arrières-grands-parents) ont vécu. Son père était sous-préfet, son grand-père était communiste et instituteur. Un membre de sa famille a même été moine. C’est dire la diversité, et « le vécu » au sein du village. Il a évoqué son enfance, les chansons dans les champs avec ses collègues, et les bêtises faîtes. Sa mère a été a dernière personne passée à l’église pour la messe de funérailles. Quinze jours après le maire fermait l’église.

    À l’occasion de la conférence de presse, notre journal lui a remis l’article rédigé il y a quelques années à l’occasion de son concert aux carrières du Bruoux à Gargas (près d’Apt) pour l’enregistrement de l’émission de France 2 Le concert unique. Quand Jean-Louis Aubert donne un spectacle, il « va vers les gens », ce qui explique la relation privilégiée qu’il a avec le public. Il a aussi dit avoir été ami avec Patrick Vian (le fils de Boris Vian) qui résidait à Saignon. Il a également précisé que son album RockEclerc avait été enregistré à La Fabrique, studio d’enregistrement à Saint-Rémy-de-Provence.

    Il a évoqué ses parents et notamment son père qui avant de mourir lui a confié : « Merci pour tout ce que tu as fait, je crois que j’aurais voulu faire tout ce que tu as fait ! » (un bel hommage). Il a aussi salué sa sœur disparue il y a peu et qui, lors de le visite de Jean-Louis à l’hôpital, lui a dit : « Je suis désolée d’être malade et de te déranger » . Il a salué son autre sœur présente dans le public.

    Il a interprété : « La Bombe humaine », « Alter ego » , une chanson en hommage à Barbara, et un de ses titres , et aussi « Temps à nouveau » , « Juste une illusion » et bien d’autres titres. Rappelons que Jean-Louis Aubert était le 23 Mai au grand concert du Vélodrome à Marseille : « Corsu Mezu, Mezu » . Il a terminé le concert avec « Voilà c’est fini ». Et il s’est écrié : « C’est un bonheur d’être avec vous ! ».

    Les bénéfices du concert seront reversés pour la rénovation de l’église. Un chantier que le maire, Frédéric Rouet, chiffre à 1,5 million d’euros et pour lequel des financements de l’État et de la Région Sud ont été actés. L’édile mise aussi sur le loto du patrimoine et sur les dons de particuliers.

    José VINCENTELLI

    Pour envoyer des dons pour la restauration : site fondation du patrimoine https://www.fondation-patrimoine.org ou association pour la sauvegarde de l’église de ville-sur-Auzon 4, place de la mairie, 8457O Villes-sur-Auzon.

  • L’orgue de la Madeleine à son tour en voie de restauration

    L’orgue de la Madeleine à son tour en voie de restauration

    Sur la place des Prêcheurs, les portes imposantes de l’église de la Madeleine sont toujours fermées. Depuis 2006 « suite à de graves désordres structurels portant atteinte à la stabilité du bâtiment », puis la livraison d’un arrêté de péril, le monument n’ouvre qu’occasionnellement, pour une messe ou un événement culturel. Depuis 2025, une nouvelle cure de jouvence est lancée pour l’église dominicaine. Plusieurs phases de travaux se sont succédées depuis sa fermeture, la dernière ayant eu lieu entre 2019 et 2020. Dans cette nouvelle phase de travaux, concentrée sur la restauration des intérieurs de l’église, le grand orgue de tribune Isnard Moitessier fera lui aussi l’objet d’une longue restauration, minutieuse, et sur plusieurs années. La dernière tranche des travaux devrait prendre fin d’ici mai 2029, selon le marché de travaux public dédié. Pour la petite histoire, l’instrument, classé au titre des monuments historiques pour sa partie buffet (arrêté du 20 septembre 1910) et pour sa partie instrumentale (arrêté du 16 février 1984), avait été a « été livré en 1743 par Jean -Esprit Isnard », facteur d’orgues français.

    Quatre phases de travaux

    « Il s’agit d’une œuvre monumentale, orné de sculptures en bois, qui a conservé une partie de ses jeux d’origine », est-il indiqué dans le document officiel. Niché en fond de l’Église, il mesure plus de neuf mètres de haut, est composé de 249 tuyaux postés, de 14 pièces gravées.

    Cette restauration, d’ampleur, est divisée en diverses phases. En raison des travaux de restauration intérieure, la première étape consistera, toujours selon les termes du marché, de démonter la partie instrumentale de l’orgue d’ici le mois d’octobre 2026. Les buffets eux, resteront sur site. Leur « protection » au vu des poussières causées par les travaux de restauration devra être bouclée d’ici mars 2027. Est ensuite prévue une phase de restauration de ces éléments en atelier. « Cette phase est menée parallèlement avec les travaux intérieurs à l’édifice au cours desquels il ne sera pas possible de réaliser quoique ce soit sur le buffet d’orgue pendant cette période », est-il stipulé. Ce travail sera ensuite suivi du démontage des protections installées sur le buffet, une fois l’église accessible de nouveau, et la « restauration complète du buffet d’orgue ». La quatrième et dernière phase consistera à réassembler l’orgue, puis sa mise en service. Une phase qui s’achèvera d’ici mai 2029.

  • Le CIL de Besse-sur-Isole défend Sœur Mathilde, accusée de ne pas être une religieuse

    Le CIL de Besse-sur-Isole défend Sœur Mathilde, accusée de ne pas être une religieuse

    Le communiqué de Monseigneur Touvet, évêque du Diocèse de Toulon-Fréjus, publié le 17 avril, a de nouveau troublé la tranquillité du village de Besse-sur-Issole, 3 200 habitants. Il y est affirmé que sœur Mathilde des Cœurs Unis (Mathilde Rocoffort de Vinnière de son nom civil) « n’est pas une “religieuse” ».

    Arrivée à Besse-sur-Issole en 2020, elle prononce des vœux de chasteté, de pauvreté et d’obéissance, le 2 février de cette année, en présence de l’évêque de l’époque, Mgr Rey. Des vœux privés, qui, selon Mgr Touvet « ne donnent droit ni au titre de religieuse, ni au port d’un habit religieux ».

    Gonfaron,

    point de discorde ?

    Pourtant, l’actuel évêque envisageait de lui confier une mission à Gonfaron, en 2025, mission qu’elle aurait refusée. L’évêque aurait alors estimé qu’elle ne pouvait être considérée comme religieuse et ne pouvait donc pas assurer de fonction religieuse. « C’est faux, elle avait accepté, mais ne pouvant payer trois mois de loyer d’avance pour son logement, elle a dû se raviser », rétorque François Paz, président d’un Comité d’intérêt local (CIL) laïc créé la même année, pour soutenir sœur Mathilde, « une personne qui mène une vie de religieuse tout en étant très utile et aimée ». Fort de 600 adhérents, le CIL l’a d’ailleurs missionnée pour s’occuper d’enfants, « sans dispenser de formation religieuse », précise-t-il.

    Après cet épisode, en octobre, le curé de la paroisse, l’abbé Bonfils, refuse de célébrer une messe en l’honneur de l’anniversaire de ses vœux. Conséquence du différend de Gonfaron ? « Je pense que cette situation a commencé avant, on voulait se débarrasser d’elle pour une raison que j’ignore », estime François Paz. Après les élections municipales, un nouvel épisode survient. Selon le président du CIL, sœur Mathilde est accusée « d’avoir fait perdre le maire sortant » et serait devenue la cible d’insultes, ce qui la pousse à déposer plainte. Dans le cadre de l’enquête, l’abbé Bonfils ainsi qu’un prêtre d’un village voisin sont convoqués par la gendarmerie, « sous prétexte qu’ils refuseraient de la considérer comme une religieuse », écrit Mgr Touvet. « Il ne prend pas en compte les mesquineries qu’elle a subies », juge le président du CIL. Tous deux disent vouloir le « retour du calme » au sein du village. « C’est notre ligne directrice et pour cela, il faut du dialogue », conclut François Paz.

  • En Espagne, les affaires font tanguer le gouvernement

    En Espagne, les affaires font tanguer le gouvernement

    Le gouvernement de Pedro Sanchez traverse de nouvelles turbulences qui secouent la vie politique, avec les derniers actes de corruption, de harcèlement et d’abus sexuels présumés commis par des responsables du PSOE. El Pais titrait dimanche à la Une : « Le gouvernement vit ses heures les plus critiques. » Les révélations sur la corruption de certains cadres du Parti socialiste, les cas de harcèlement sexuel dans les sphères dirigeantes de ce parti mis au grand jour par le journal en ligne Eldiario, et des détentions provisoires, fragilisent encore davantage le gouvernement de gauche. Un « tsunami politique » comme le disent des commentateurs, dont la droite et l’extrême droite espèrent tirer profit.

    Le Parti populaire (PP) attend avec impatience les résultats des élections régionales anticipées qui vont se dérouler en Extrémadure le 21 décembre. La droite et l’extrême droite (Vox) gouvernaient cette région ensemble jusqu’à la mise en retrait de Vox qui a eu pour conséquence la convocation de nouvelles élections. Le PP espère une réélection et une forte progression qui le conforterait dans sa volonté de faire chuter le gouvernement. Souvent en alliance avec Vox, il détient déjà la majorité des régions en Espagne. Le leader du PP, Alberto Nuñez Feijoo, en campagne électorale, samedi, n’a pas manqué de cibler Pedro Sanchez, qu’il accuse de donner des « leçons sur le féminisme alors qu’il cache un troupeau de machistes et de corrompus ».

    Du côté des partenaires au gouvernement, Yolanda Diaz, 2e vice-présidente, communiste et membre de la coalition Sumar a estimé, samedi, qu’il devient nécessaire de remanier en profondeur l’équipe gouvernementale.

    « Changement profond »

    « À Sumar, nous sommes clairs : le gouvernement a besoin d’un changement profond et courageux. Il ne suffit pas de retouches cosmétiques ni de gestes symboliques » a-t-elle déclaré lors d’un entretien sur la Sexta. Yolanda Diaz demande au président du gouvernement, Pedro Sánchez, « de prendre des mesures et au PSOE de faire face à sa responsabilité et d’agir (…) je veux envoyer toute mon amitié et solidarité aux femmes socialistes et féministes (…) la seule façon est d’agir sans ambiguïté et de remanier le gouvernement, pour continuer des politiques sociales et faire progresser le droit… »

    Les autres partenaires demandent aussi au président Pedro Sanchez qu’il comparaisse devant les députés comme le Parti National Basque (PNV) ou encore Esquerra Republicana Catalana (ERC) afin d’apporter des explications. Pedro Sanchez, qui semblait rester droit dans ses bottes « un capitaine ne quitte pas le navire en pleine tempête » avait-il déclaré lors de précédentes affaires de corruption, vient de trouver l’occasion de reprendre la main. L’interview ce dimanche dans le journal La Vanguardia du président de la conférence épiscopale espagnole ouvre un autre front, Luis Argüello connu pour sa proximité avec l’extrême droite profite de cette crise politique pour réclamer soit une motion de censure, soit des élections anticipées.

    « Il y a une autre option, celle de respecter le résultat électoral, même si vous êtes nostalgique de l’époque où les évêques interféraient dans la politique. Celle-ci est terminée depuis que la démocratie a été instaurée dans ce pays » a rétorqué Pedro Sanchez ce dimanche en meeting électoral à Caceres. À suivre donc, mais les joutes verbales ne suffiront pas à apaiser la colère et l’inquiétude dans l’électorat de gauche, tant que des actes concrets ne viendront pas clore cet épisode qui met à mal les progrès sociaux déjà accomplis par le gouvernement et ceux à venir.

  • [Entretien] Pierre Ouzoulias : « La loi de 1905 est menacée par des forces réactionnaires »

    [Entretien] Pierre Ouzoulias : « La loi de 1905 est menacée par des forces réactionnaires »

    La Marseillaise : La laïcité est-elle menacée aujourd’hui ?

    Pierre Ouzoulias : Profondément. Il faut se replonger dans le contexte de 1905. On dit aujourd’hui que c’est une loi qui permet la liberté de conscience, de culte, etc. C’est aussi une loi qui permet de libérer les esprits du dogme religieux qui pèse sur eux. Dans les discours et surtout les articles de Jean Jaurès, il explique qu’on ne peut pas libérer le prolétariat s’il reste complètement enchaîné dans ses traditions. Pour lui, l’émancipation devait concerner toute la sphère sociale, à la fois le domaine économique mais aussi intellectuel avec la religion. On voit bien qu’en ce moment, montent chez les musulmans et les catholiques, partout, des pensées politiques qui utilisent la religion pour faire avancer une forme de néo-conservatisme, ayant pour conséquence le recul des libertés individuelles, des femmes surtout et la promotion d’un ordre social conservateur. Finalement, je trouve que 120 ans après, la situation que nous vivons n’est pas aussi éloignée que ça de celle de 1905.

    Cette notion est instrumentalisée ?

    P.O. : C’est un principe qui n’est plus compris, utilisé par les uns et les autres, à gauche comme à droite, avec des objectifs qui n’ont pas été ceux de 1905. Cette loi arrive très peu de temps après l’affaire Dreyfus, qui a été le moment paroxysmique où l’armée et l’Église se sont entendues pour faire avancer une vision très nationaliste de la Nation et antisémite. C’est l’époque où on explique que les juifs ne seront jamais de bons Français, qu’ils sont des Français de papier. On retrouve parfois aujourd’hui, dans la façon dont les Français de confession musulmane sont montrés du doigt, quelque chose de similaire. En 1905, c’est au contraire le moment où la République affirme que tous les Français sont des citoyens de plein exercice, indépendamment de leur origine, de leur couleur de peau, de leur confession ou de leur non-confession. La loi de 1905 donne sa pleine puissance au projet républicain d’émancipation du citoyen. Elle est, à ce titre, tout à fait d’actualité car on sent monter des forces réactionnaires avec le développement d’un islam politique très inspiré de ce qui se passe au Proche-Orient, notamment de la pensée religieuse du wahhabisme ou du Qatar, avec des éléments profondément rétrogrades et conservateurs. De la même façon, il y a une forme de catholicisme identitaire comparable à celui de Trump, qu’utilisent tous les moyens de Bolloré et de Stérin, qui est profondément conservateur et anti-républicain. Par rapport à ces deux mouvements la loi de 1905 est menacée, et donc, essentielle.

    Quel rôle joue l’éducation ?

    P.O. : Il est fondamental. La loi de 1905 arrive après les grandes lois de Jules Ferry sur l’école publique, laïque et obligatoire. Le principe est le même : émanciper les esprits, donner une éducation qui permette à chacun et à chacune de se faire sa libre opinion sur tous les sujets qui le concerne, y compris la religion. La loi de 1905 permet la critique de la religion. Il n’y a pas de blasphème en France et c’est quelque chose de fondamental. On voit bien en relisant Jaurès qu’en 1905, il avait l’ambition de libérer l’Église contre elle-même, ayant conscience que les forces progressistes qui visaient à plus d’égalité sociale entre les individus étaient sous la domination d’un épiscopat extrêmement rétrograde. Aujourd’hui, c’est la même chose. Il y a dans le catholicisme, l’islam et le judaïsme des voies progressistes, modernistes, qui sont critiques par rapport à un certain nombre de pratiques religieuses.

    Quel est le cadre législatif à rebâtir autour de cette loi ?

    P.O. : La loi de 1905 n’est pas allée jusqu’au bout de ce qu’elle devait réaliser. Un certain nombre de territoires qui étaient à l’époque des colonies n’ont pas eu le droit à son application. Je pense notamment à la Guyane, à Saint-Pierre-et-Miquelon. Le concordat d’Alsace-Moselle est une incongruité, une espèce de fossile qui n’a plus de sens. La première chose, ça serait qu’elle puisse s’appliquer partout, dans les territoires ultramarins et métropolitains. Nous devons trouver une façon pour que le principe de laïcité soit plus affirmé, plus précisé dans la Constitution, donc à un niveau supérieur de celui de la loi.

  • Un festival pour briser idées reçues et fake news en région Occitanie

    Un festival pour briser idées reçues et fake news en région Occitanie

    Des tables rondes, des débats, conférences, remises de prix, documentaires, pièces de théâtre et même des matchs de rugby… ! A l’occasion des 120 ans de la loi de séparation des Églises et de l’État, le conseil régional de la laïcité et des valeurs républicaines organise, dans les villes de la région, un festival de la laïcité, du 3 au 9 décembre.

    En présence d’experts, d’associations, de syndicats et de jeunes, les 120 événements* se veulent autant de moments à la fois festifs, vivants et instructifs à rebours de l’image rigide donnée par certains à cette valeur fondamentale de la République française. « Plus que jamais au moment où se développent les fake news via les intégristes et les populistes, la laïcité est une nécessité en démocratie », insiste Carole Delga (PS). La présidente de Région déplore que par « méconnaissance ou incompréhension », la laïcité soit devenue pour certains synonyme de « terreau d’exclusion », alors qu’elle permet au contraire tout l’inverse. « Elle nous permet de vivre ensemble dans la République dans le respect des valeurs et des convictions de chacun. Ce n’est pas un combat contre mais une force bienveillante du commun : la République française », dit-elle par opposition aux 50 ans de la mort de Franco.

    Face à la religion musulmane qui se sent ostracisée, l’élue socialiste l’assure : « La laïcité permet de croire ou de ne pas croire, c’est la liberté de conscience, la capacité à choisir son destin. Il n’y a pas d’excommunication des religions. Il n’y a pas de religion d’État dans notre pays. La loi est toujours supérieure à la foi ».

    Parce que les populations migrent de plus en plus, Henri Peña-Ruiz, évoquant l’assassinat d’une jeune Iranienne (Mahsa Amini) pour « une mèche de cheveu qui dépassait », insiste sur ce bien précieux pour l’avenir. « La laïcité permet le vivre ensemble, l’égalité de droit des convictions spirituelles et l’orientation de la puissance publique vers l’intérêt général ». Et le parrain du conseil régional de la laïcité de conclure à l’attention des jeunes qui doutent : « Dans un pays laïque, il y a de la place pour tout le monde ».

  • Peintures et mobilier de la Madeleine vers la restauration

    Peintures et mobilier de la Madeleine vers la restauration

    Après près de vingt ans de fermeture et plusieurs chantiers structurels, la Ville enclenche une nouvelle étape dans la renaissance de l’église Sainte Marie-Madeleine dite « la Madeleine », dont la façade donne sur la place des Prêcheurs. Fermée depuis 2006 en raison de « graves désordres structurels portant atteinte à la stabilité du bâtiment », ce bout de patrimoine a fait l’objet de plusieurs campagnes de confortement depuis 2008 et de restauration depuis 2012. Alors que la restauration de l’édifice se poursuit dans un autre marché (attribué au groupement Fabrica Traceorum), la Ville lance une maîtrise d’œuvre spécifiquement dédiée aux éléments artistiques et décoratifs intérieurs.

    Cette nouvelle opération doit mobiliser une équipe pluridisciplinaire pilotée par un architecte du patrimoine. Pour cause, le chantier s’attache désormais aux décors peints à des « époques variées », aux objets et aux boiseries qui composent l’intérieur de cette église, d’ailleurs classée Monument historique en 1988. Il concerne le baptistère et sa cuve, la chaire en pierre, les autels des bas-côtés et du transept, les ex-voto en marbre, les statues de Saint Jacques et Saint André, le groupe sculpté de Marie-Madeleine dans le chœur, mais aussi les murs et plafonds de la sacristie et le décor peint du chœur, (de Jean-Claude Cundier et décor XIXe de Labarrière).

    Cas particulier

    pour la sacristie

    À ces derniers s’ajoutent les stalles du chœur, la chapelle Sainte-Geneviève et l’ensemble des décors peints des chapelles Matheron, du Roi et Peiresc, et les boiseries de la sacristie, qui s’avère, d’ailleurs, présenter un cas particulier. Des « sondages stratigraphiques » menés en octobre 2025 dans la sacristie ont complété le diagnostic général réalisé en 2021 et révélé neuf états décoratifs sur les élévations, « dont deux sont vraisemblablement médiévaux », indique le marché de maîtrise d’œuvre. Le faux plafond, sondé lui aussi, a permis de découvrir un plafond à faux caissons peints qui semble s’articuler avec ces états médiévaux, mais « nous ignorons actuellement l’état structurel et sanitaire de ce plafond, qu’il conviendra de déterminer », précise le document.

    À cela s’ajoute une contrainte logistique et juridique : la pièce située au-dessus de la sacristie appartient au ministère de la Justice, les travaux devront donc être menés en tenant compte de cet espace voisin.

    Les travaux pourraient, débuter début janvier 2026 et il faudra quatre ans pour que l’ensemble de cette tranche soit effectuée. La date « prévisionnelle » de fin des prestations est quant à elle estimée à janvier 2030. Une enveloppe de 2 000 000 euros (hors taxe) a été allouée pour les « missions de base » de l’ouvrage.

  • [Chefs-d’œuvre dans Marseille] À l’église des Chartreux, Loin de la Peste, la Marie-Madeleine des Chartreux regarde le Ciel

    [Chefs-d’œuvre dans Marseille] À l’église des Chartreux, Loin de la Peste, la Marie-Madeleine des Chartreux regarde le Ciel

    Depuis leur sortie d’oubli pendant l’exposition de La peinture en Provence au XVII° siècle, conduite en 1976 au musée des Beaux-Arts de Longchamp par Henri Wytenhove (1946-1988), les deux très impressionnants formats exécutés par Michel Serre à propos de la Peste de Marseille de 1720, les cadavres lentement délivrés de leurs paroxysmes grâce aux efforts des galériens, la grande allée du Cours (317 x 440 cm) et la Vue de l’Hôtel de Ville (306 x 277 cm) sont incontournables. En revanche, en dépit de la relative accessibilité des tableaux conservés dans les églises et les musées de Marseille et d’Aix-en-Provence et de la monographie de Marie-Claude Homet, Michel Serre et la peinture baroque (Edisud, 1987), la survie d’une centaine de toiles de ce peintre originaire de Tarragone est insuffisamment connue.

    Au terme d’une formation dans un couvent de Chartreux catalans et d’un séjour de cinq ans en Italie, Serre avait 17 ans lorsqu’il résolut de s’établir à Marseille en 1675. L’abondance de sa production et sa virtuosité lui permirent de s’imposer sur le marché local : il composait pour la clientèle privée des décors plafonnant et des portraits, pour les congrégations des épisodes de l’Ancien et du Nouveau Testament. En 1696 l’une de ses performances fut l’achèvement en 40 jours d’un mega-tableau qu’on découvre derrière le maître-autel de l’église des Chartreux. Des nuées d’anges musiciens répandent des parfums, jouent de l’orgue, soutiennent Marie-Madeleine au milieu des nuages. Conformément aux récits de la tradition, elle quitte l’inconfort de sa grotte, exprime sa gratitude, monte jusqu’au mitan du ciel. Les dimensions de la toile sont maximales : sans l’ajout du cadre en marbre veiné de jaune, huit mètres en hauteur, 550 centimètres de largeur.

    Voici dix ans, le ravissement de la Sainte s’assombrissait, les misères et les craquelures se multipliaient. Lundi 27 octobre 18 h, Salle de Ventes Falque, 5 rue Victor Cordouan, en écho avec la parution aux éditions Images Plurielles d’un ouvrage collectif consacré à Notre Dame des Chartreux dirigé par Jean-Robert Cain, Jean-Noël Bret présentera une conférence de Régis Bertrand et d’Elisabeth Mognetti à propos de l’histoire et de la restauration du tableau de Michel Serre.

    Église des Chartreux ouverte en semaine de 9h 30 / 12h, 16h30 /19h

  • [Entretien] Magali Menut : « Rompre le silence, c’est mettre un équilibre en péril »

    [Entretien] Magali Menut : « Rompre le silence, c’est mettre un équilibre en péril »

    La Marseillaise : Au vu des affaires dont elle a souffert, quelle a été la prise de conscience de l’Église ?

    Magali Menut : Ça a débuté avec le rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase), en 2019. À partir de là, l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr) a été créée, dédiée aux mineurs. Une somme est proposée à la victime, ainsi que d’autres démarches de réparation (rencontre avec l’évêque, lettre de reconnaissance…). Il y a aussi la Commission reconnaissance et réparation (CRR), qui travaille avec les congrégations, mais toutes ne sont pas tenues d’en faire partie. Le celebret numérique [sorte de carte d’identité pour prêtre, Ndlr] a aussi vu le jour. Il est relié à un registre et un prêtre condamné en justice, ou restreint pour certains motifs, peut être reconnu à l’aide d’un QR code. Il y a aussi le tribunal pénal canonique national (TPCN), créé en 2022, pour délocaliser et éviter des conflits d’intérêts. Enfin, les évêques et les parquets ont signé plus de 80 protocoles. Ça permet au procureur de se saisir rapidement d’un dossier lié à l’Église.

    Comment expliquer les mécanismes du silence dans l’Église ?

    M.M. : Ce n’est pas le fait d’un groupe particulier, mais d’une société entière qui a fermé les yeux sur ces horreurs. L’Église est dans un temps de la société. Le mouvement « MeToo » a devancé les scandales, mais a aussi permis de s’y préparer. On est toujours à un moment T de l’histoire et le silence n’était pas que dans l’Église, mais dans la société dans son ensemble. Un enfant qui parlait n’était écouté dans aucune sphère. Ensuite, l’Église, comme les familles croyantes, pensait à tort que les enfants ne comprenaient pas ce qu’il se passait et oubliaient, notamment en ce qui concerne des actes qui les dépassent. Et puis la paix sociale était plus importante que la parole de l’enfant. Des personnes craignaient que le fait de parler les pénalise socialement, que le diocèse ferme leur commerce, par exemple.

    Pourquoi est-il si difficile de parler pour les victimes ?

    M.M. : Il y a l’amnésie traumatique, un mécanisme de survie, qui implique que la personne ne sait pas ce qu’il se passe en elle, mais le ressent. Un jour, elle sort de cette amnésie pour entrer dans la mémoire traumatique. Elle vit alors avec des souvenirs fragmentés, des réminiscences, jour et nuit. Elle revit le viol ou l’agression à l’identique. Nombre de personnes restent dans l’amnésie traumatique. Rompre le silence, c’est mettre en péril un équilibre difficile à trouver. On ne veut pas briser l’innocence des enfants, culpabiliser son entourage, donc on ne parle pas. Et puis, il y a le transfert de culpabilité. La victime a honte vis-à-vis de sa famille, de ses valeurs. Certains pensent qu’ils sont maudits de Dieu. C’est monstrueux, car ils se retrouvent privés de l’accès à leur foi. Notre travail est de leur permettre de retrouver leur place dans l’Église et dans la société.