Tag: Édouard Philippe

  • L’eurodéputé Renaissance Grégory Allione soutient Édouard Philippe

    L’eurodéputé Renaissance Grégory Allione soutient Édouard Philippe

    « Je suis convaincu que la France a besoin d’un leader d’expérience et d’une majorité de gouvernement capable de guider notre pays sur le chemin d’une France forte, souveraine, protectrice et confiante en son avenir », justifie celui qui affirme se reconnaître dans « une ligne de droite républicaine, sociale, exigeante et profondément attachée à l’autorité de l’État » et qui avait rejoint en 2025 le mouvement Populaires fondé par Gérald Darmanin, lequel s’est rallié le 17 août au maire du Havre. Et de former le vœu que ses idées « soient présentes au second tour de l’élection présidentielle et qu’elles puissent l’emporter ».

  • Le Medef invite Roussel et Lisnard à débattre

    Le Medef invite Roussel et Lisnard à débattre

    C’est sur le court Philippe-Chatrier que les deux hommes politiques aux visions radicalement opposées échangeront. Le Medef organise lors de son université d’été, la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF), un débat entre Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français et le très libéral David Lisnard, président de Nouvelle Énergie, maire de Cannes et président de l’Association des maires de France (AMF) sur le thème « le courage de produire » de 12h05 à 12h30. Ils répondront ainsi, en quelques minutes, à cette question centrale et cruciale : « comment redonner à la France l’envie, les moyens et la capacité de produire ? »

    Cette séquence s’inscrit dans une volonté de l’organisation patronale de peser dans la campagne pour l’élection présidentielle de 2027. Dans son discours introductif, le président du Medef Patrick Martin a rappelé, comme un avertissement : « nous sommes nombreux et, dans nos entreprises et autour, on nous écoute, on nous fait confiance plus que jamais dans l’Histoire. N’oublions jamais la puissance de notre collectif avec ses 240 000 entreprises qui emploient 12 millions de salariés, partout en France ». Il insiste : « nos convictions sont libérales (…), nous voulons un programme présidentiel de libertés », a-t-il dit, rejetant « la collusion, la collision des prophètes de malheur » et enjoignant à « faire voler en éclat le carcan qui étouffe notre pays et libérer son énergie et ses ambitions ».

    Pour clôturer son événement, le Medef a invité, toujours sur le court central de Roland-Garros, sept des – très nombreux – candidats déclarés à l’élection présidentielle à répondre aux questions de cinq chefs d’entreprise à partir de 16h45. À savoir : Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Tondelier, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Le Pen. Ces derniers réagiront par ailleurs aux résultats de la consultation lancée par le Medef en association avec Opinion Way.

  • Bernard Cazeneuve voudrait se poser en rassembleur

    Bernard Cazeneuve voudrait se poser en rassembleur

    Une lettre aux Français de 85 pages, des déplacements sur le terrain, des échanges avec la presse mais Bernard Cazeneuve l’assure « je ne suis pas candidat ». Ou du moins, pas encore. Cela dépendra des « circonstances », assure-t-il, disant vouloir « créer les conditions autour des valeurs de la gauche républicaine du rassemblement le plus large possible de tous les Français », fait-il valoir ce samedi matin à Marseille. Et ce, afin de battre le Rassemblement national en 2027.

    Sa candidature, si elle est officialisée, ne sera pas validée par la primaire des Roses à laquelle il ne participera pas. Les dissensions remontent à 2022, lorsque l’ancien Premier ministre fustige l’accord conclut entre le Parti socialiste et la France insoumise pour les élections législatives. Il quitte, dans la foulée, le parti auquel il avait adhéré en 1987 et fonde, un an plus tard, La Convention. Le mouvement réunit socialistes déçus, radicaux de gauche, élus du Modem, des anciens macronistes ou apparentés.

    Soutiens régionaux

    C’est ainsi que sont présents à ses côtés ce samedi le sénateur sortant du Var et ex-socialiste André Guiol, l’ancienne députée varoise macroniste Cécile Muschotti, l’ex-candidat de Génération Écologie pour les départementales de 2021 Christian Monferrini qui est désormais référent local de La Convention. Devant cette réunion de convaincus quai de Rive Neuve, Bernard Cazeneuve fustige les « deux dégagismes d’extrême droite et d’extrême gauche », tel qu’il les nomme, « qui confondent le bruit avec la solution », écrit-il dans sa lettre. Selon lui, se tourner vers l’insoumis Jean-Luc Mélenchon, candidat le mieux placé à gauche dans les sondages est un « vote inutile ». Pour lui, LFI et le RN « ne s’opposent pas comme on le croit, mais se nourrissent l’un de l’autre ».

    S’il dit ce samedi « préférer gouverner avec la gauche », il ratisse large. Quand le nom d’Édouard Philippe est évoqué, l’ancien chef de gouvernement socialiste ne s’offusque pas. « Je ne dis pas qu’il n’y aura pas de rassemblement (…) un compromis c’est toujours un sacrifice », martèle-t-il. En revanche, il se dit totalement opposé au maire Horizons du Havre sur la réforme des retraites, par exemple. Quand ce dernier veut rallonger l’âge départ à 67 ans, Bernard Cazeneuve pousse pour l’allongement de la durée de cotisation. Pour « permettre à ceux qui ont commencé tôt dans les métiers les plus pénibles de partir à la retraite comme jadis », et, pour « ceux qui le souhaitent », comme lui, avocat de profession, « de travailler beaucoup plus longtemps pour assurer le financement ».

  • Des rencontres économiques très politiques

    Des rencontres économiques très politiques

    « Naviguer dans un monde sans repères. » C’est le thème de l’édition 2026 des rencontres économiques d’Aix-en-Provence qui se tient du 2 au 4 juillet. Avec le conflit au Moyen-Orient « qui sera très présent » et au sortir d’un épisode caniculaire historique en France, « la multiplication des tensions, des complexités du monde rend ces Rencontres d’Aix assez exceptionnelles », a estimé Jean-Hervé Lorenzi, président de ce forum organisé par le Cercle des économistes.

    Pourtant la boussole de la plupart des 400 intervenants et 8 000 participants attendus, du patron de Total Énergie, Carrefour, Veolia à celui de Suez, la boussole est claire : celle du profit. Au fil des débats, ce rendez-vous sera l’occasion notamment pour Patrick Martin, président du Medef, de reposer les bases : remettre la pression sur la réforme des retraites en remettant les 60-65 ans au boulot et démonter notre système de protection sociale en allégeant les cotisations patronales, explique-t-il à nos confrères de la Provence ce mardi 30 juin.

    Le monde de la finance ne manquerait évidemment cette sauterie pour rien au monde avec la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, une fidèle, le nouveau gouverneur de la Banque de France Emmanuel Moulin ou le président de l’Eurogroupe et ministre des Finances grec Kyriakos Pierrakakis. Le secteur bancaire et financier sera aussi très présent représenté notamment par Daniel Baal (Crédit Mutuel/CIC), Slawomir Krupa (Société Générale), Thomas Buberl (AXA) ou Nicolas Namias (BPCE).

    En face, les représentants de trois centrales syndicales, Sophie Binet pour la CGT, Caroline Chevé pour la FSU et Frédéric Souillot pour Force ouvrière, tenteront de remettre le concept du droit au travail et de dialogue social au cœur des débats. La première participera à une plénière sur le thème « produire français, gage de souveraineté » face à Patrick Martin, la deuxième interviendra sur « formation et révolution des métiers » et le dernier défendra le rôle des corps intermédiaires… savamment sapé par les quinquennats d’Emmanuel Macron. À moins d’un an de la présidentielle, justement, nombre de personnalités politiques et candidats, déclarés ou non, seront présentes dans ce temple du libéralisme.

    Hollande, Philippe

    et Tondelier de la partie

    On retrouve là le secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal, et son concurrent Édouard Philippe (Horizons), ou Marine Tondelier (Les Écologistes) et Dominique de Villepin, qui ne s’est pas encore déclaré mais regorge néanmoins d’idées sur un potentiel programme économique pour le pays. L’ex-président socialiste François Hollande, l’ex-Première ministre Élisabeth Borne, le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, le vice-président de la Commission européenne, Stéphane Séjourné, ou encore la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, seront également de la partie.

    Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, est lui attendu jeudi, quelques jours avant une réunion ou plutôt « un comité d’alerte » qu’il présidera le 7 juillet, pour faire un point d’étape, avec l’annonce attendue de nouvelles économies, avant la présentation à la mi-juillet des grandes lignes du budget 2027.

    « On a mis un énorme effort sur deux sujets, l’international, puisque nous avons 55 think tanks qui viennent du monde entier, et sur la jeunesse », avec plusieurs sessions qui lui seront consacrées, précise Jean-Hervé Lorenzi. Une jeunesse dont ce forum économique entend « mettre en lumière les attentes, les fragilités et aspirations », bien conscient qu’il va falloir « intégrer ceux qui seront les acteurs de demain » pour faire perdurer le système… Quelque 250 jeunes lanceront aussi une initiative, « Jeunesse 2027 », avec l’université d’Aix-Marseille, pour élaborer des propositions qu’ils souhaiteraient voir émerger dans le débat de la présidentielle (lire également ci-contre).

    En parallèle, dans la ville, se tiendront plus de 45 événements et ateliers couvrant toute une programmation pédagogique et culturelle (ciné-débats, expositions, représentations théâtrales) dans divers lieux d’Aix. L’objectif affiché : « faire descendre l’économie dans la rue ». En 2025, l’événement avait attiré près de 8 700 participants.

  • La macronie au bord de l’implosion

    La macronie au bord de l’implosion

    Dissolution, démission et présidentielle anticipée… De tout bord, les mots d’ordre ont fusé alors que Sébastien Lecornu tentait mardi de « définir une plateforme d’action et de stabilité pour le pays ». Sans surprise, le premier ministre démissionnaire s’est tourné vers la droite et son socle commun. Gérard Larcher et Yaël Braun-Pivet, présidents du Sénat et de l’Assemblée, Marc Fesneau, représentant François Bayrou, Gabriel Attal et Edouard Philippe ont été les premiers reçus.

    Méthode

    Les discussions ont porté sur « l’adoption d’un budget pour l’État et pour la sécurité sociale » et « l’avenir de la Nouvelle-Calédonie », selon un communiqué de Matignon à midi. « Un échange s’en est suivi sur l’urgence budgétaire et les paramètres d’un compromis possible avec les oppositions », indiquait le texte sans préciser la tonalité des échanges. Entre eux déjà, l’accord n’était pas majeur. Avant le rendez-vous, Marc Fesneau, le patron des députés Modem avait visé Gabriel Attal, très critique, la veille, vis-à-vis d’Emmanuel Macron dont il assure « ne plus comprendre » les décisions. Mardi, sa voix a encore dissoné. Sans aller jusqu’à se mêler à celle de « ceux qui appellent matin, midi et soir à la démission » du Président, il a plaidé une nouvelle méthode intégrant « un négociateur indépendant des partis ». L’idée ? Contourner la polarisation politique d’un Premier ministre désigné par Macron. On en rirait…

    Démission

    Dans la matinée, Edouard Philippe, Premier ministre de 2017 à 2020, a poussé plus loin encore la charge contre la figure tutélaire, en l’appelant le président de la République à « prendre l’initiative » et organiser une élection présidentielle anticipée, après l’adoption du budget. « Ce n’est pas une critique de l’homme, j’ai de l’estime pour lui. Mais face à l’affaissement et cette mise en cause de l’autorité de l’État, il doit prendre une décision à la hauteur », explique le président du parti Horizons, un des composants de la macronie.

    « La dissolution de l’Assemblée ne peut pas être la solution (…) Il faut un projet clair et partagé », justifie Paul Christophe, le patron des députés Horizons. Une « démission programmée » déjà mise sur la table par Hervé Morin, président des Centristes, et portée, la veille, par David Lisnard, le maire (LR) de Cannes.

    Cohabitation

    à rebours du socle commun, Bruno Retailleau, le président des Républicains n’était pas à Matignon le matin. Il a été reçu en tête à tête à 17h, une heure après Laurent Wauquiez, le chef des députés LR qui lui mène une fronde en interne, estimant que la sortie ayant entraîné la démission de Lecornu, a « abîmé l’image » de « stabilité et de responsabilité » du parti.

    Avant de s’y rendre, le ministre de l’Intérieur démissionnaire a planté le décor : « Nous participerons à une condition, que ce soit un gouvernement de cohabitation », a-t-il expliqué chez Europe 1 et CNews, assurant qu’« une page était tournée ». « La condition, c’est que le président ne gouverne plus », pousse son vice-président, François-Xavier Bellamy, écartant la nomination d’un macroniste à Matignon. « Les échanges ont été francs et constructifs » glissait l’entourage de Lecornu après le rendez-vous. Ni « un macroniste », ni « homme de gauche » a confirmé Retailleau au JT de France 2.

    Dissolution

    « Un Premier ministre de gauche serait extrêmement minoritaire à l’Assemblée », juge de son côté Aurore Bergé, la porte-parole démissionnaire du gouvernement alors que le PS sera reçu à Matignon ce matin. Mais « est-ce que ce bloc du centre et de la droite (…) est capable de réussir à continuer à s’entendre ? », questionne-t-elle aussi, lucide.

    Alors que son entourage indiquait le matin qu’il « prendra ses responsabilités » en cas d’échec de Lecornu, Emmanuel Macron a reçu dans l’après-midi Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher, entretenant l’hypothèse d’une dissolution. La Constitution prévoit en effet que le chef de l’État consulte les présidents des deux chambres avant de dissoudre la représentation nationale…

    Retraite : une suspension de la réforme envisagée

    La ministre démissionnaire de l’Éducation et ancienne Première ministre Elisabeth Borne s’est dite mardi ouverte à une « suspension » de la très impopulaire réforme des retraites qu’elle avait fait adopter en 2023, dans une interview au Parisien. Affirmant qu’il « faut savoir écouter et bouger », elle a ajouté qu’il ne fallait pas en faire « un totem ». « La suspension de la réforme des retraites, c’était impossible il y a quelques jours encore, aujourd’hui ça devient possible », a confirmé Raphaël Glucksmann de Place publique au sortir de son entretien avec Sébastien Lecornu mardi soir, assurant que le Premier ministre démissionnaire avait « ouvert la porte » mais que cela demandait à être « précisé ».

    Cette « volte-face est un aveu : la réforme des retraites est un échec », a immédiatement réagi la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet. « Même Elisabeth Borne qui avait porté cette réforme ouvre aujourd’hui la voie à une suspension », a-t-elle affirmé dans une déclaration écrite envoyée à l’AFP, « Le chef de l’État ne peut plus se permettre de faire la sourde oreille ». « Le Président de la République doit maintenant choisir, a intimé Sophie Binet. S’il veut renouer avec toute forme de légitimité, il doit entendre, écouter, abroger. Cette réforme est rejetée par plus de 80% des Français, elle a mobilisé des millions dans la rue : elle ne peut survivre ».

    Bardella « prêt à tendre la main »

    Le parti d’extrême droite qui a décliné l’invitation de Lecornu, a multiplié mardi les demandes de dissolution. Persuadé que le « barrage républicain » de 2024 « est en train de prendre l’eau », Jordan Bardella, le président du RN, « probable » candidat, estime que son parti peut l’emporter lors « de potentielles élections », mais se dit quand même prêt à « tendre la main aux Républicains » ne souhaitant pas « se fondre dans le macronisme », pour « former une majorité si besoin ». « Une main pour nous étouffer » a réagi, Daniel Fasquelle, le vice-président des Républicains. Ch. C.

  • Point de non-retour

    Point de non-retour

    Ambiance fin de règne. Le premier coup – et le plus dur – a été porté lundi soir par Gabriel Attal, président du parti présidentiel et du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale. Confiant ne « plus comprendre » les décisions du chef de l’État, il a déploré son entêtement dans la méthode.

    Il n’a pas fallu longtemps pour qu’un autre ancien Premier ministre, Édouard Philippe, viole le dernier tabou macroniste en appelant de ses vœux une présidentielle anticipée après le vote du budget.

    Élisabeth Borne, également ancienne hôte de Matignon, s’est quant à elle déclarée ouverte, au nom de la « stabilité » du pays, à la suspension de la réforme des retraites qu’elle avait imposée à coups de 49.3…

    Rassemblement

    « Un aveu : la réforme des retraites est un échec », a commenté la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet.

    Emmanuel Macron lâché par les siens, face à un bilan en forme de champ de ruine, a-t-il conscience que la France avait atteint un point de non-retour ?

    S’il s’avère incapable de nommer un Premier ministre de gauche ou, pire, si la gauche se révèle incapable de proposer un compromis fondé sur la justice sociale au pays, alors il faudra en revenir aux urnes.

    Mais rien ne permet d’assurer que de nouvelles législatives conduiraient à une situation sensiblement différente d’aujourd’hui.

    L’extrême droite, haineuse et revancharde, bien que déconsidérée par les affaires, croit dur comme fer en ses chances.

    Il y a urgence à lui opposer un rassemblement pour la démocratie et le progrès social.

  • Sébastien Lecornu consulte à défaut de pouvoir gouverner

    Sébastien Lecornu consulte à défaut de pouvoir gouverner

    Un premier ministre défait devant l’Assemblée nationale, François Bayrou, a donc passé les clés de Matignon à un de ses ministres démissionnaires, Sébastien Lecornu, mercredi. L’ex-ministre des Armées, macroniste de la première heure, avait été nommé la veille par Emmanuel Macron, retranché à l’Élysée.

    « L’instabilité politique commande à l’humilité et à la sobriété », a déclaré, faussement modeste, le nouveau Premier ministre, lors de la passation entre ces deux soutiens historiques du locataire de l’Élysée, au cours d’une prise de parole de trois minutes. Un signe de fébrilité ? Au même moment, des manifestations se déroulaient sur tout le territoire dans le cadre du mouvement « Bloquons-tout » contre la politique antisociale d’Emmanuel Macron.

    « On va y arriver, il n’y a pas de chemin impossible », a ajouté Sébastien Lecornu, conscient de ne pas disposer, comme son prédécesseur, de majorité à l’Assemblée nationale.

    « Des ruptures sur le fond »

    Sans développer sa pensée, il a annoncé « des ruptures sur le fond » et des changements « dans la manière de travailler avec nos oppositions ». Il a aussi dit vouloir s’attaquer « au décalage entre la vie politique du pays et la vie réelle » qui devient « préoccupant ». Mais il n’a pas eu un mot pour le mouvement social en cours ni évoqué le prochain budget, dont les grandes lignes ont été dévoilées le 15 juillet par François Bayrou, avec 44 milliards de coupes budgétaires. C’est sur la base de cette cure d’austérité que le président du Modem a chuté, le 8 septembre, en engageant sa responsabilité devant les députés.

    Le premier geste politique du 5e Premier ministre de ce second quinquennat a été de débuter par des tractations avec ses soutiens, issus d’un « socle commun » de plus en plus fragilisé. Il a ainsi reçu, mercredi après-midi, Gabriel Attal, secrétaire général du parti Renaissance et président du groupe des députés Ensemble pour la République. En dépit de ses rancœurs envers le chef de l’État, qui l’avait débarqué sans ménagement de Matignon en décidant de dissoudre l’Assemblée nationale, le 9 juin 2024, Attal a assuré le Premier ministre, dès sa nomination, de son entier soutien : « Il est essentiel que les forces politiques se mettent autour de la table pour donner un budget à la France, assurer une stabilité pour les 18 prochains mois et garantir le respect de l’ordre dans notre pays. »

    Ont suivi dans le bureau de Matignon, Bruno Retailleau, président du parti Les Républicains, ministre de l’Intérieur démissionnaire, et Laurent Wauquiez, président du groupe LR à l’Assemblée nationale. Deux hommes qui représentent un parti dont la moitié des députés a refusé la confiance à Bayrou. Retailleau, qui tient à rester place Bauveau, sort affaibli de cette fronde des députés de droite.

    Dans la foulée, le nouveau Premier ministre a aussi déroulé le tapis rouge à un ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron, Édouard Philippe, aujourd’hui président du parti Horizons et dont les ambitions présidentielles sont limpides. « Sébastien Lecornu me paraît avoir les qualités pour essayer d’amener autour de la table des gens qui ne feront pas exactement ce qu’ils souhaitent, mais qui pourront s’entendre pour éviter que la France aille plus mal. » a-t-il déclaré, le 9 septembre, sur TF1. Sur le fond, la politique pro-riches n’est remise en cause par aucune des formations du socle commun.

    Les gauches prêtes

    à censurer

    Pour ne pas immédiatement sauter, Sébastien Lecornu va devoir composer avec les gauches et notamment le PS. Il recevra les représentants des partis et des groupes de gauche (pour l’heure la FI ne serait pas invitée) dans les prochains jours. Si c’est pour nous dire que “tout change pour que rien ne change”, nous censurerons », prévient le premier secrétaire du PS, Olivier Faure. Pour arracher la passivité des socialistes, Lecornu fera-t-il des concessions ? Le choix d’Emmanuel Macron de le nommer à Matignon ne semble pas le suggérer. Quant à l’extrême droite, Jordan Bardella dit attendre « une rupture » et n’agite pas de censure a priori, mais avance l’obsession de son parti en demandant le durcissement de la politique migratoire.

    Les syndicats seront aussi reçus. Ils comptent s’appuyer sur le mouvement social, amorcé ce mercredi et qui se poursuivra le 18 septembre, pour exiger la justice sociale pour tous et la fin de l’austérité.