Tag: Edgar Grospiron

  • Course contre la montre après la démission de Grospiron

    Course contre la montre après la démission de Grospiron

    Après la démission d’Edgar Grospiron, qui sera choisi pour incarner les Jeux Olympiques 2030 ? En attendant la décision des instances olympiques, c’est son numéro deux, l’ex-préfet Vincent Roberti qui assure l’intérim en tant que directeur général du Comité d’organisation des JO (Cojop).

    Pour remplacer Edgar Grospiron, « il faut la bonne personne » même si « c’est clair qu’on est dans le temps court, il ne faut pas non plus prendre trop de temps », a déclaré Christophe Dubi, directeur exécutif des Jeux Olympiques au sein du CIO. « Il faut quelqu’un avec une autorité naturelle et un charisme personnel », avait mis en avant mardi Renaud Muselier, président (Ren.) de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, faisant état d’un nombre « impressionnant » de candidatures. Ce ne sera « pas obligatoirement un sportif », avait ajouté Amélie Oudéa-Castéra, présidente du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), mais il faudra impérativement « une dimension sportive » et « montagne ». Pour la ministre des Sports Marina Ferrari, « il faut prendre le temps, il ne faut pas s’endormir non plus car il faut quand même que nous ayons une incarnation pour le projet des Jeux ». « On n’a pas de retard, mais pas de marge de manœuvre », a résumé Damien Robert, président de la Solideo, chargé de livrer les ouvrages olympiques.

    « Ne pas perdre de temps supplémentaire »

    « L’important est d’avancer au plus vite pour garantir aux porteurs de projets, sur le terrain, le soutien nécessaire au bon déroulement des chantiers olympiques qui sont, partout ici dans les Hautes-Alpes, sur le point de démarrer, ont réagi conjointement le maire de Briançon Arnaud Murgia, le maire de La Salle-les-Alpes Emeric Salle et la maire de Montgenèvre Muriel Jourdain. Nous souhaitons donc témoigner notre confiance à Vincent Roberti qui est sans aucun doute l’homme de la situation. » C’est avec « une grande tristesse » que les élus ont pris acte des désaccords qui ont mené à la démission d’Edgar Grospiron. « Nous tenons à saluer son action, sa vision de la montagne tout comme l’engagement sans faille qui a été le sien en faveur du projet olympique dans le Briançonnais. » Ils souhaitent par ailleurs que la nomination d’un ou d’une nouvelle présidente intervienne au plus vite « afin de ne pas perdre de temps supplémentaire, car celui-ci nous est compté », ont-ils conclu.

    Agathe Di Lenardo

  • JO 2030 : l’orage de trop pour le président du comité d’organisation Edgar Grospiron

    JO 2030 : l’orage de trop pour le président du comité d’organisation Edgar Grospiron

    Lui-même avait retiré son dossard il y a 16 ans, lorsqu’il avait démissionné de la direction générale de la candidature d’Annecy pour les JO 2018. Cette fois-ci, Edgar Grospiron va être disqualifié par ses pairs. Ce jeudi, à la suite du bureau exécutif du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques (Cojop), à Décines (Rhône), le champion olympique 1992 ne fera plus partie de l’aventure Alpes Françaises 2030.

    Le Cojop est secoué depuis ses débuts par de nombreux désaccords entre ses principaux personnages. Début février 2025, l’ex-biathlète Martin Fourcade avait renoncé au siège de président qui lui était promis. Edgar Grospiron avait donc été nommé 15 jours plus tard. Depuis, l’organisation a connu orage après orage.

    Le CIO arrive à Lyon

    Le 9 décembre 2025, premières démissions. Anne Murac et Arthur Richer, respectivement directrice des opérations et directeur de la communication, claquent la porte en raison de dysfonctionnements trop importants. Numéro 2 de ces JO français, Cyril Linette s’en va deux mois plus tard, en plein milieu des Jeux de Milan. La raison évoquée : « des désaccords insurmontables entre le président, Edgar Grospiron, et le directeur général, Cyril Linette ».

    À la suite d’une clarification de la gouvernance, le calme était progressivement revenu au Cojop. Mais l’élection d’Éric Ciotti à la tête de la Ville de Nice a rebattu les cartes. Exit la Baie des Anges, le pôle glace est transféré intégralement vers la capitale des Gaules, Lyon, suite à des désaccords là aussi profonds avec le nouvel édile. Un camouflet de plus et les tensions ne baisseront plus jusqu’à ce jeudi 10 septembre 2026.

    Un président intérimaire devra inévitablement être désigné avant de trouver un successeur à Edgar Grospiron. Le prochain rendez-vous pour le Cojop se fera donc sans l’ex-champion de ski de bosses. La commission de coordination du CIO débarque à Lyon entre le 14 et le 16 septembre pour inspecter les futures patinoires olympiques. Une visite en présence de son président, Pierre-Olivier Beckers, et de Christophe Dubi, directeur des Jeux au Comité international olympique. Pour apaiser légèrement les tensions avec un CIO qui pourrait perdre patience.

  • Le monde économique se mobilise pour les JO 2030

    Le monde économique se mobilise pour les JO 2030

    « L’aventure des Jeux olympiques commence maintenant. » Damien Robert, le directeur général exécutif de la Solideo (Société de livraison des ouvrages olympiques), sonne « la mobilisation générale des entreprises du territoire », ce mercredi devant des centaines d’acteurs économiques réunis au Palais de la Bourse à Marseille.

    Une réunion pas anodine puisqu’elle marque le début du branle-bas de combat autour des marchés publics et autres appels d’offres et à manifestation d’intérêts en vue de la livraison des différents sites. « C’est quelque chose qu’on ne voit pas vraiment mais c’est très important : faire en sorte que tout ce qui est programmé, financé, voté, puisse servir à l’ensemble de la région, faire du travail pour nos entreprises, de la plus petite à la plus grande », résume Renaud Muselier, le président (Ren.) de la Région Sud. Avec une « quarantaine d’ouvrages pour une vingtaine de maîtres d’ouvrage, répartis sur quatre sites », le tout à « réaliser dans un temps réduit », autant dire que les enjeux sont grands. Et certains risquent d’être ardus comme l’exploitation du Fort de Briançon, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, en vue de devenir un village olympique.

    « Plus d’un milliard en marchés publics »

    « On entre dans une phase de planification qui doit déterminer qui fait quoi et à quel moment. Pour ça, on pose la première pierre avec la stratégie économique aujourd’hui », abonde Edgar Grospiron, le président du Comité d’organisation des Jeux (Cojop).

    Concrètement, cela passe, par exemple, par le lancement d’une plateforme commune entre les deux structures, Cojop et Solideo, « Marchés 2030 » qui « centralisera l’ensemble des marchés publics liés aux Jeux ». L’objectif est clair « faciliter l’accès à des entreprises aux opportunités économiques » en donnant des informations clés : calendrier, visibilité… Une réponse à la législation autour des marchés publics qui ne permet évidemment pas de « préférence régionale ». Il faut aussi compter sur une « cartographie des achats du Cojop » et une flopée de dispositifs de soutien aux entreprises locales. Avec un gros magot à se partager : 1,4 milliard d’euros d’achat pour le Cojop, 1,4 milliard d’euros d’investissement pour la Solideo dont 800 millions d’argent public… On parle donc de « plus d’un milliard en marchés publics directs ». Et le Cojop espère faire en sorte que les TPE/PME locales raflent 50% des marchés.

    L’épine niçoise

    Reste qu’au-delà des considérations techniques, les organisateurs font face à plusieurs écueils très concrets. Outre les errances largement documentées à la direction du Cojop, c’est l’élection d’Éric Ciotti (UDR) à Nice, qui doit accueillir les épreuves de glace avec une nouvelle patinoire et un village olympique, qui pose maintenant problème, d’autant qu’il n’est pas vraiment en odeur de sainteté auprès de Renaud Muselier. Le premier a affirmé que « le projet actuel est trop cher et mal pensé », quand le deuxième menace d’un « plan B », en réaction aux atermoiements niçois. Sur son fameux plan B, le président de Région n’a pas donné de précisions. Mais explique : « J’ai eu monsieur Ciotti lundi au téléphone […] nous avons la nécessité de prendre une décision définitive avant fin avril. »

    En passant, Renaud Muselier en profite pour tacler le président du Medef Sud, Stéphane Benhamou qui s’était ému, la veille, que la plateforme mise en place par l’organisation patronale pour Paris 2024 ne soit pas reprise pour les Alpes 2030. Et qui avait loué l’élection d’Éric Ciotti (lire notre article du 25/03). « C’est pas lui qui nous pilote ! Il explique être content des résultats des élections municipales dans les métropoles de la Région mais il a oublié que l’un des élus est catégorisé comme extrême droite par la préfecture [Éric Ciotti, Ndlr]. Depuis le départ, on a quelques difficultés avec monsieur Benhamou », critique Renaud Muselier. Ambiance.