Tag: écriture

  • Les Correspondances de Manosque inaugurées sur fond de débat sur l’IA

    Les Correspondances de Manosque inaugurées sur fond de débat sur l’IA

    Mercredi, au moment de l’inauguration du festival littéraire des Correspondances de Manosque, l’opinion et le public étaient divisés entre choc et doutes concernant les accusations d’utilisation de l’intelligence artificielle visant Thélyson Orélien, auteur invité qui présentera son roman au public lors d’une rencontre ce jeudi. L’écrivain est accusé par un compte X d’avoir écrit cet ouvrage à l’aide de l’intelligence artificielle. Alors que le maire de Manosque Camille Galtier (DVD) évoquait cette polémique dans son discours inaugural mercredi soir, des voix s’exclamaient : « C’est faux ! » dans le public. Après s’être prêté à un exercice littéraire d’imagination du futur de la ville de Manosque et avoir évoqué la libération de l’écrivain Boualem Sansal, l’édile a lancé : « Cette histoire, je ne l’ai pas inventée, je n’ai pas eu besoin de l’intelligence artificielle. A priori, cela pose quelques soucis dans l’attribution des Prix Goncourt de cette année. » « Ce n’est pas totalement étonnant, puisque tout le monde utilise l’intelligence artificielle. Chacun sera à même de préférer l’imagination et la créativité humaine plutôt que l’intelligence d’un ordinateur », a-t-il estimé, interrogé après son discours.

    Le co-directeur du festival, Olivier Chaudenson, s’est lui gardé d’évoquer cette polémique liée à l’usage de l’intelligence artificielle pendant sa prise de parole sur scène. « C’est très difficile, parce que j’ai envie de croire que c’est Thélyson Orélien qui a écrit son livre, et je n’ai aucun moyen d’avoir un avis personnel et technique qui dirait le contraire. Je me mets à sa place : cela doit être quand même terriblement difficile de répondre à des accusations pareilles. Je suis triste qu’il ait à subir cela », a-t-il déclaré à La Marseillaise. « Soit on lui a fait un mauvais procès, et c’est triste et injuste ; soit il y a quelque chose et là ce serait vertigineux, parce que pour la première fois, l’IA aurait réussi à créer un bon texte de littérature lu comme tel par les lecteurs et les professionnels », a-t-il ajouté.

    « La campagne en ligne lancée contre Thélyson Orélien commence à prendre l’allure d’une chasse aux sorcières », s’apparentant à du « harcèlement », a défendu sur Facebook Dorcy Rugamba, metteur en scène qui sera sur scène aux côtés de l’auteur, ce jeudi lors de la rencontre organisée dans le cadre des Correspondances de Manosque.

    Un public « partagé »

    Dans le public, mercredi soir, Jeanne, retraitée venue d’Avignon pour le festival littéraire, se dit « choquée » par ces accusations, alors qu’elle a vu Thélyson Orélien à la Grande Librairie quelques jours auparavant. Selon elle, ces imputations pourraient s’apparenter à du « racisme ». « J’en ai marre d’entendre parler que de ça ! », lance de son côté Brigitte Dauberte, venue assister au festival, interrogée sur ces débats sur l’utilisation de l’intelligence artificielle. « Il ne faut pas que l’on se fasse complètement assister par l’IA, on n’a plus aucun esprit d’analyse », regrette-t-elle.

    Françoise, une animatrice d’ateliers d’écriture, se dit tiraillée par ces questions d’actualité. « J’ai été confrontée à cela : je suis dans des commissions où on me demande si je veux être formée pour apprendre à faire des comptes rendus générés par l’IA. Cela m’indispose beaucoup, cela crée des biais », a confié celle qui organise le Labo de l’édition, qui invite les lycéens à débattre autour de manuscrits dans le cadre des Correspondances. « Je suis très partagée, parce que j’avais entendu beaucoup de bien de cet auteur. »

    L’éditeur avec lequel elle travaille pour organiser ce Labo de l’édition, Benoît Verhille, se pose lui aussi des questions concernant ces accusations, dénonçant « une sale polémique ». « Il y a un vrai questionnement concernant l’utilisation de l’IA dans la création », constate-t-il, évoquant « une campagne de destruction massive » par l’intelligence artificielle dans la musique et le cinéma.

    « L’accès à la culture ne doit jamais dépendre de l’endroit où l’on habite. Les Correspondances répondent parfaitement à cette ambition », a par ailleurs lancé pendant son discours inaugural Alain Delsaux, conseiller départemental délégué à la culture.

  • Le gratin de la rentrée littéraire fait étape à Manosque

    Le gratin de la rentrée littéraire fait étape à Manosque

    Fondé en 1999, le festival littéraire des Correspondances de Manosque revient investir la ville, à partir de ce mercredi. Le comité de programmation a sélectionné « les meilleurs » parmi les 461 romans qui sortent cette année. Les auteurs sont invités à monter sur scène « pour des rencontres classiques, des lectures, des lectures musicales ou encore des concerts », explique Frédéric Vladyslav, coordinateur du festival.

    « Les Correspondances, au départ, ça a été un des premiers festivals de littérature, là où avant, il n’y avait que des salons, où les éditeurs payent un emplacement pour faire venir dédicacer leurs auteurs. Ici, le principe est différent, c’est vraiment une sélection, ce n’est pas sur inscription. Et on les invite, on les défraie, les rémunère. Depuis, ça s’est fait un peu partout. Maintenant, il y a plein de festivals de littérature », relate le coordinateur. « Précurseur » des festivals littéraires, les Correspondances ont ainsi « accompagné le développement de ce type d’événements ».

    « à chaque fois, les trois quarts des sélectionnés pour le Goncourt, le Médicis, le Femina, sont présents au festival », se réjouit Frédéric Vladyslav. Sur les 50 auteurs invités, neuf publient leur premier roman cette année.

    écritoires à disposition

    Pendant tout le festival, des rencontres avec des auteurs se dérouleront en plein air, sur trois places du centre historique de Manosque. Des apéros littéraires, des lectures à voix haute par des amateurs, sont également proposés tout au long du festival. « Une grande partie participe à un club de lecture qu’on anime tous les mois avec la médiathèque. On propose à toutes les personnes qui le souhaitent de monter sur scène pour lire des extraits de romans du festival, en présence des auteurs. C’est souvent la première fois qu’ils entendent leur texte lu à voix haute en public. Ça donne des choses assez émouvantes », constate Frédéric Vladyslav.

    Le festival essaie de travailler avec des scolaires, notamment au travers du Labo de l’édition, organisé depuis plusieurs années avec des lycéens. « Une maison d’édition indépendante nous confie, en juin, des manuscrits reçus pendant l’année. Une équipe va en débattre publiquement, se mettre à la place d’un éditeur pour une discussion sur scène pendant le festival », explique le coordinateur.

    Le soir, des spectacles musicaux, associant auteurs et musiciens, et des lectures sont proposés au théâtre Jean Le Bleu. Cette année, Arthur H sera par exemple sur scène pour un « concert dessiné » avec Alfred, avec qui il a publié une bande dessinée.

    Pendant le festival, des écritoires conçues par des artistes, perchés dans des arbres ou dans des boîtes aux lettres géantes, sont installées partout dans la ville avec du papier, des enveloppes, des cartes postales et des stylos à disposition pour écrire son courrier.

  • Actoral questionne les racines et les identités à Marseille

    Actoral questionne les racines et les identités à Marseille

    Depuis un quart de siècle, le festival Actoral fait entrer en collision théâtre, danse, musique, arts plastiques, littérature et cinéma à Marseille. Autant de disciplines qui continuent d’irriguer sa 26e édition, présentée mercredi à la presse dans les nouveaux locaux de l’association et centre culturel qui en est aux manettes, Montévidéo, au 45, rue d’Aubagne. Dotés d’une jauge d’une centaine de places assises, des lieux qui accueilleront certaines propositions de son festival phare comme Pédilove, performance de l’artiste marseillaise John Deneveuve ou encore Khalil Khalil, hommage chorégraphique et autobiographique de Khalil Albatran à « son frère mort en martyr pendant la première intifada palestinienne en 1989 ». Pour Hubert Colas, « la mémoire familiale et des origines », mais aussi « la réaction des artistes face au capitalisme » constituent les traits saillants de cette mouture du festival qu’il dirige.

    Actoral, 26e du nom, s’élancera officiellement le 23 septembre au Théâtre des Calanques avec Synthetic/Artefact. Créée par le chorégraphe Tiran Willemse, un monde futuriste animé par des poupées, qu’elles soient « vaudoues » ou bien « plus occidentales, type Barbie », campe Hubert Colas. Une friction de miniatures pour « réparer ce que l’Europe a fait à l’Afrique. Aujourd’hui, la nouvelle génération d’artistes découvre qu’il y a une censure intérieure, malgré elle, qui s’est établie au fil des années à cause du politique. Ils se disent que l’image de la société qui leur est renvoyée n’est pas conforme à ce qu’ils sont en réalité », souligne-t-il. Adèle Haenel sera ainsi l’une des invités de renom de cette édition, elle qui viendra présenter à la Friche Belle de Mai Voir clair avec Monique Wittig, faisant résonner de manière dramaturgique la pensée de cette pionnière du Mouvement de libération des femmes ayant aussi fait partie des « Gouines rouges ».

    Une île et un bunker

    Parmi ses autres marques de fabrique, Actoral est aussi « un temps fort autour d’artistes qui viennent des arts visuels et vont vers la performance », rappelle Hubert Colas. Parmi ceux-ci, Geneviève Matthieu qui « invoque une île étrange où les repères vacillent par la poésie, l’entraînement physique, musique et chant » dans Danse prophétique à l’île bizarre, au Théâtre des Bernardines. Au Fonds régional d’art contemporain (Frac Paca), Gaëtan Rusquet inondera quant à lui l’espace de ballons de baudruche dans un geste sculptural. Des diversités esthétiques qui ne sauraient faire oublier la prédominance de la question sociale sur nos identités, comme pourra le suggérer Bunker de Marion Siéfert et Matthieu Bareyre. Visible à la Friche Belle de Mai, « l’histoire d’un PDG d’un groupe pétrochimique qui vit enfermé avec sa fille dans un bunker », illustrant « la volonté séparatiste de cette caste désolidarisée du sort commun », estime Hubert Colas.

  • Le breaking est à la fête toute la semaine

    Le breaking est à la fête toute la semaine

    Sept jours de fête autour du breaking et de la culture urbaine avec de nombreux événements au programme dans la région phocéenne. Du 7 au 13 septembre, La Marseillaise enclenche le mode Breaking Cup avec une 5e édition riche en invités, mais pas seulement.

    En point d’orgue se tiendra une compétition de breakdance dans le cadre majestueux de l’opéra de Marseille. La journée de dimanche sera ainsi consacrée à cette discipline qui aura connu un passage éclair dans le monde olympique (inscrite aux JO de Paris 2024, mais pas à ceux de Los Angeles 2028). Des qualifications auront lieu sur le parvis de l’opéra, le matin, avant une entrée sur la scène principale en début d’après-midi. Un jury international sera présent pour déterminer les vainqueurs de la phase finale.

    Les trois disciplines du breaking seront représentées avec le popping, le breakdance et le hip-hop. Trois catégories, pour les hommes et pour les femmes, donc six gagnants récompensés à l’issue de cette compétition. Le sport ne constitue qu’une facette de l’identité de l’événement, qui va bien au-delà. Tout au long de la semaine, des ateliers et initiations prendront place dans divers lieux de la ville, mais aussi en dehors. La Marseillaise Breaking Cup se lancera ce lundi 7 sur la place du Refuge, en plein cœur du quartier du Panier. Une première animation se tiendra autour du breakdance, sous la houlette du collectif 100% marseillais Original Rockerz et de l’ancien b-boy Mohand Zenasni. En fin d’après-midi, la salle des Rotatives de La Marseillaise accueillera la soirée de lancement, un moment convivial destiné à donner le coup d’envoi de cette édition 2026. Une fin de journée en présence des différents partenaires, avec un point presse au programme et même une démonstration de breakdance par l’association French Keyzz.

    L’événement s’invite

    en dehors de Marseille

    Le 14e arrondissement sera the place to be mardi et mercredi. La Busserine et la Paternelle seront les hôtes de nouveaux ateliers autour du breakdance, évidemment, mais aussi du graffiti et de la pratique de la musique électronique. Par ailleurs, un moment d’échanges autour de l’éducation aux médias est organisé par notre journal. Le même programme est prévu jeudi au Plan d’Aou, dans le 15e, avec la collaboration du centre social Grand Saint-Antoine.

    La Breaking Cup s’exporte également hors de Marseille. La Gavotte-Peyret, à Septèmes-les-Vallons, reçoit également quelques animations, vendredi 11 septembre. Samedi, Port-de-Bouc proposera un programme XXL et d’une grande variété. Pêle-mêle : scène rap, ateliers d’écriture, initiation BMX, projections gratuites de films, prévention addictions, promotion de la paix etc. Un large éventail de choix, tout au long de la journée, puisque le top départ est prévu sur les coups de 10h30.

    Un planning riche, sept jours intenses, afin de célébrer comme il se doit cette 5e année d’existence.

  • Le Frac Sud révèle les rendez vous du festival Actoral

    Le Frac Sud révèle les rendez vous du festival Actoral

    C’est la rentrée des classes, et avec, celle de la cité de l’art contemporain (Frac Sud), qui vient de révéler les rendez-vous attendus en septembre. Au programme, notamment : un partenariat avec le festival Actoral, centré autour des arts et des écritures contemporaines.

    Parmi les rendez-vous notables, celui du 29 septembre pour assister, de 18h à 20h, gratuitement sur réservation, à Hurlevent Carcasse, un récit lu par la comédienne Constance Dollé (Un village français), qui « amplifie le livre [Les hauts de Hurlevent] d’Emily Brontë ». L’ambition : « faire retentir sa puissante modernité », promet le Frac dans son résumé. L’autrice « Claudine Galea [ancienne responsable culture à La Marseillaise, ndlr] plonge dans cette matière, entrelace des voix dans un corps à corps effréné et aiguise à l’os le récit d’amour fusionnel et de haine fatale, décrit le programme. Explorant toutes les formes de domination à l’œuvre, elle révèle le fondement colonial de cette histoire de passion, de mépris de classe et de haine de soi, au sein d’une société victorienne en pleine expansion capitaliste ». Une lecture novatrice d’un ouvrage majeur de la littérature du XIXe siècle, constituant un « texte canonique sur la passion amoureuse, la vengeance et la folie ». En bref, « un roman furieux et cruel ».

    D’autres rendez-vous sont attendus en cette rentrée, notamment les 25 et 26 septembre, de 18h à 20h30, avec la performance de Gaëtan Rusquet dans Back-and-Forth. Un spectacle « sérieusement ludique », qui « cumule différents niveaux de lecture » et où « la lumière devient peau, le geste architecture », nous indique le site du Frac.

    Les poètes Roxana Hashemi et Laura Vazquez

    Toujours le 26, mais de 16h à 18h, une projection de Randa Maroufi, de L’MINA, est attendue dans les locaux du Frac, suivie d’une discussion avec la réalisatrice. L’MINA propose une reconstitution du travail actuel dans les puits de Jereda, ville minière au Maroc où l’exploitation du charbon, bien qu’officiellement arrêtée en 2001, se poursuit de manière informelle jusqu’à aujourd’hui. Le décor a été conçu en collaboration avec les habitants de la ville, mis en scène dans leur propre rôle. Enfin, le 29 septembre encore, en parallèle d’Hurlevent Carcasse, Antoine Volodine, principale signature et porte-parole du post-exotisme, qu’il définit lui-même comme « un objet poétique marginal et rien d’autre », est de passage pour une soirée « exceptionnelle », de 19h30 à 21h. Les échanges se structureront autour de Retour au goudron. Dernière livraison, l’un des 11 livres publiés chez 11 éditeurs différents, qui composent le 49e et dernier volume du mouvement, mettant un terme à une aventure littéraire entamée en 1985. Grand temps fort, les 15 et 17 septembre, de 18h à 22h, avec la performance Quoi qu’on vous dise, n’y croyez pas proposée par les poètes Roxana Hashemi et Laura Vazquez.

  • [C’est l’été] Au frais à la médiathèque Louis Aragon de Martigues

    [C’est l’été] Au frais à la médiathèque Louis Aragon de Martigues

    Tous les espaces climatisés sont ouverts du mardi au vendredi de 10h à 18h30 et le samedi de 10h à 17h jusqu’au 29 août. Diverses animations sont proposées durant le mois, comme l’atelier d’écriture collectif du mardi 11 août à 14h dédié aux adultes, la peinture sur cailloux accessible dès 5 ans mercredi 12 août à 15h15 et la soirée jeux vidéo et de société en famille du vendredi 28 à 18h. Les inscriptions se font au 04.42.80.27.97.

  • [C’est l’été] L’herbier de Daudet à Fontvieille

    [C’est l’été] L’herbier de Daudet à Fontvieille

    Après une découverte de l’histoire de Daudet au château de Montauban, chacun réalise un petit herbier littéraire avec des plantes, des dessins et de l’écriture.

    Mercredi 5 août de 10h30 à midi.

    4 euros par enfant.

  • Quand l’écriture rapproche les mondes au cœur d’un festival à Marseille

    Quand l’écriture rapproche les mondes au cœur d’un festival à Marseille

    Une douce musique de flûte accompagne la lecture d’un livre pour enfants. L’atelier intitulé « Des livres et des bébés », organisé à la médiathèque Salim-Hatubou (15e), ce mardi, a lancé l’inauguration de la 4e édition du festival « Mots d’ici, mots d’ailleurs ». Des ateliers gratuits d’écriture et de création manuelle sont également proposés, durant les dix jours du festival, aux habitants des 15-16.

    Jennyfer, maman d’une petite fille de 10 mois, assiste à la séance de lecture. « La directrice de la crèche du Plan d’Aou est très investie et nous a encouragés à participer aux activités. L’initiation aux mots dès le plus jeune âge est primordiale », partage-t-elle. Elle ajoute : « Comme d’autres structures, la médiathèque est très dynamique, les jeunes du quartier viennent souvent. »

    Une dynamique

    collective locale

    Un cadre structurant également salué par Lola Burette, référente lecture et coorganisatrice du festival au sein de la Ligue 13 : « Sur les 15-16, il y a deux bibliothèques très structurantes et des centaines d’associations, des centres sociaux et des habitants très actifs. »

    Le projet est né d’une organisation conjointe menée par les Cités éducatives et la Ligue de l’enseignement, un « temps fort pour relier les écoles, les bibliothèques, les collèges, les centres sociaux et tous les acteurs éducatifs territoriaux ».

    Le festival répond à l’un des axes de travail principaux de la Cité éducative des quartiers Nord : « Favoriser la lecture et l’écriture », en réponse à « un besoin territorial lié aux lacunes en écriture et en lecture », explique Daniel Duthoit, animateur territorial des Cités éducatives.

    Dans le hall de la médiathèque, les travaux des enfants sont exposés, autour du thème « Croisons nos mondes », écho aux parcours multiculturels et multilinguistiques des familles du quartier. On peut notamment y lire le récit intime d’Eleyjah, 14 ans : « Je ne suis presque jamais sorti de mon quartier. Pour moi, Marseille… c’est juste un nom qu’on entend partout. »

  • [Disparition] Jean-Marie Gleize, poésie interrompue

    [Disparition] Jean-Marie Gleize, poésie interrompue

    Ses passions, ses rejets et sa ligne de conduite étaient évidents : Jean-Marie Gleize écartait le manque d’élégance et les niaiseries. Il aimait l’exactitude et le dépouillement, « les bruits neufs » de Rimbaud, « les toits pointus de tuiles rouges » de Stendhal, « les découpures du vert sombre » du crapaud de Corbière. Francis Ponge pour lequel il dirigea des colloques ainsi qu’un Cahier de l’Herne était à ses yeux la meilleure leçon pour se délivrer du lyrisme et du « magma analogique brut ». Sa plus vive préférence parmi ses contemporains, c’était le calme ou bien le très véhément Denis Roche qui pour sa part détestait « les trompettes de la solennité ».

    Né à Paris en 1946, élève de l’École normale supérieure, il avait assez vite rencontré Ponge. Mai et juin 1968, la mort du militant Gilles Tautin étaient pour lui des dates cruciales. Raymond Jean avait voulu qu’il obtienne un poste à la Faculté des Lettres d’Aix. En 1990, il publie au Seuil un premier livre Léman, entame la création et le maintien de la revue Nioques, le numéro 34 qui réunira six russophones paraîtra en mai.

    Il rêvait que ses livres soient « une poignée d’œillets jetés dans un trou » : une video du site du CIPM décrit le processus de ses ouvrages. Mixtes de phrases tendues et de documents, ses textes les plus commentés sont Chien noir des proses et Tarnac. Hasard objectif intriguant, Tarnac est un hameau du plateau de Millevaches où Gleize a passé les étés de son enfance et conserve une maison : ce fut le lieu de repli d’une communauté de jeunes anarchistes dont l’un des membres, Julien Coupat, auteur chez Hazan de L’Insurrection qui vient fut suspecté par la police d’attentats terroristes.

    Une connaissance acérée de la modernité, des amitiés scellées avec Lucot, Tarting, Albiach et Royet-Journoud, ses recherches coordonnées de 1999 à 2009 au Centre d’études poétiques de Lyon ont fait de lui l’un des meilleurs interprètes de la poésie contemporaine. En font foi deux essais Poésie et Littéralité (Seuil) et Sorties (Questions théoriques).

    Un grand critique

    Ses cours et séminaires d’Aix suscitèrent d’intenses curiosités, déclenchèrent des changements de paradigmes. En témoignent des gens du Sud, l’écrivain Olivier Domerg, le typographe Eric Pesty, le coresponsable d’Opera Mundi, Eric Giraud. Un moment éditée par Laurent Cauwet/ Al Dante longtemps basé en bordure de La Plaine, la revue Nioques accueillit des personnes de Marseille et Digne, Florence Pazzotu, Nathalie Quintane, Sarah Kéryna, Guillaume Fayard et Michaël Battala. Des numéros présentent les travaux du peintre Patrick Sainton : sa prochaine exposition, Galerie Territoires partagés, 14 stations d’un chemin de croix seront accompagnées par des phrases de Gleize.

    Depuis le milieu des années 1990 Jean-Marie Gleize vivait à Volx près de Manosque. Il est décédé jeudi 12 mars, le journal adresse ses condoléances à son épouse Joëlle et à son fils Aurélien.