Tag: écologistes

  • Les insoumis défendent un vote de conviction et un front antifasciste

    Les insoumis défendent un vote de conviction et un front antifasciste

    Finalement la tête de liste LFI, Sébastien Delogu, ne s’est pas montré ce jeudi 12 mars pour le dernier point presse avant le premier tour mais ces colistiers ont largement martelé le message : dans cette campagne de niveau « caniveau », « le vote utile, c’est un vote de conviction » et qu’importe les sondages, ce qui compte, c’est le programme.

    « On a tenu tant bien que mal la barre avec nos 380 mesures » estime Hedi Bounouar, son directeur de campagne, dénonçant entre autres le dénigrement envers son candidat, « comparé à un narcotrafiquant », « les diffamations permanentes », une « campagne d’ingérence numérique de l’étranger par un lobby israélien d’extrême droite selon vos confrères du Monde », s’inquiète d’une potentielle triche électorale. Autant de raisons selon lui pour voter « Marseille fière et populaire » car si le RN progresse, « c’est qu’on ne s’attaque pas aux raisons de fond du fascisme, la crise politique, économique et sociale », complète Paola Hartpence, en lice dans les 2-3.

    Et à l’issue du second tour, la stratégie est claire : « Mettre en place les conditions d’un rassemblement » pour bâtir « un front antifasciste » précise Léa Bijaoui, candidate dans les 4-5, où la démocratie « fera le travail », chacun avec ses convictions mais agissant pour l’intérêt commun. « Si nous sommes qualifiés pour le second tour, nous y participerons d’une manière ou d’une autre, soit on se maintient, soit on participe à ce front », détaille Hedi Bounouar.

  • À Marseille, Martine Vassal veut plus que jamais y croire

    À Marseille, Martine Vassal veut plus que jamais y croire

    « Alors tu es venue voir la future maire ? Et noooon, je plaisante on va pas passer… » « Mais si, il faut y croire, qu’est-ce que tu dis ? » Au Florida Palace ce mercredi soir, paré de ballons en forme de cœurs rouges et aux couleurs de Marseille, il y a ceux qui viennent sans illusion et font acte de présence, et ceux qui, dans un dernier sursaut, sont venus soutenir la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal (DVD), alors qu’un dernier sondage la crédite de 13% des suffrages loin derrière les 36% de Benoît Payan (DVG) et les 34% de Franck Allisio (RN). Elle arrive dans une haie d’honneur, Unstoppable de Sia poussé à fond les baffles. Son porte-parole, Romain Simmarano, joue les chauffeurs de salle. « On a construit une équipe, un 111 de départ fier de représenter les Marseillais », martèle-t-il.

    Fabienne Bendayan, numéro 3 sur la liste, fait son hagiographie et Renaud Muselier (Ren.) entre en scène : « C’est bon les campagnes et j’en ai fait des bien pourries. » « Je pensais qu’on allait avoir des débats sur le fond », mais « rien » balance le président de la Région.

    Sur la sécurité, « Allisio nous explique qu’on égorge partout en ville, ce n’est pas vrai et le sortant nous explique que tout va bien… » Sur la culture : « Le sortant, un communiste, est 39e le mec et tout est fermé, pas un mot sur la culture, inquiétant », s’indigne-t-il. Et d’en remettre une louche sur les Jeux olympiques, « je suis macroniste mais j’ai pris des milliards d’euros. Les écoles [par contre] ça a pas marché ».

    Muselier fait le show

    Il réaffirme son soutien. « Comme vous j’ai vécu de mauvais sondages et j’ai gagné », assure-t-il. Et c’est aussi la faute au contexte international : « Après les vacances, on a eu la guerre. » Un peu de machisme au passage, « je crois dans la douceur féminine » et il promet : « On va y aller jusqu’au bout, le [RN] ne peut pas gagner. Le RPR c’est mon grand-père, c’est pas Jean-Marie Le Pen ni ses héritiers. »

    « Martine » arrive au micro et hurle : « Bonsoir Marseille ! » Pour elle, « c’est normal que ce soit difficile, Marseille n’est pas une ville qui se cueille comme ça, il faut aller la chercher ». Elle s’enthousiasme de cette union qu’« avec Renaud nous avons réussi à bâtir, des écologistes raisonnables à la droite affirmée ». De quoi proposer « un programme, solide, concret », et dépasser « les crises qui sont devant nous ». Elle se montre évidemment confiante : « Je ne lâche jamais rien mais grâce à vous je ne vais lâcher encore moins que rien. »

    Elle revient sur une campagne « violente » où « certains ont préféré la caricature au débat, faisaient beaucoup de bruit ». Sa priorité reste la sécurité qui « manque dans la 2e ville de France » et promet un « choc d’autorité ». Sur la propreté, « la Métropole peut mieux faire, je suis d’accord, reconnaît-elle, mais pas toute seule », ailleurs « les maires mettent des amendes sur l’incivilité ». La mobilité fait aussi partie de son « ADN » et d’assurer qu’elle va continuer à développer les transports, de prendre l’engagement de baisser la taxe foncière, de développer le logement. Elle étrille en long et en large le bilan du maire sortant et martèle : « Une élection n’est jamais jouée d’avance. » Avant de conclure par un « Marseille je t’aime » vibrant. Le 15 mars, on saura si la réciproque est vraie…

  • [Entretien] Karim Ghendouf : « Airbnb sans régulation est un fléau pour La Ciotat »

    [Entretien] Karim Ghendouf : « Airbnb sans régulation est un fléau pour La Ciotat »

    La Marseillaise : Quelles sont vos perspectives dans cette dernière ligne droite ?

    Karim Ghendouf : On va consacrer notre semaine à aller à la rencontre des habitants sur les marchés, dans les grands quartiers de la ville et à la sortie des écoles. Ce lundi, on va distribuer notre programme dans les quartiers de l’Abeille et des Matagots. On incarne le vote utile à gauche dès le premier tour. Parce qu’on a le risque que la gauche ne soit pas au second tour. L’extrême droite, aujourd’hui, est dans la rue à La Ciotat et ils sont très mobilisés. Nos propositions sont des oppositions à la droite et à l’extrême droite. L’objectif, cette semaine est d’informer sur toutes les propositions qu’on formule, aller à la rencontre des habitants et échanger avec eux. Vendredi, on aura un temps fort avec un grand pot de fin de campagne à notre siège.

    Quel bilan dressez-vous d’ores et déjà de ces rencontres avec les habitants et de la campagne ?

    K.G. : Ça s’est bien déroulé. On a fait notre grand meeting la semaine dernière, dévoilant notre programme et la liste. On a fait plusieurs quartiers de la ville et on a un très bon accueil auprès des habitants sur leurs lieux de vie et de travail. Notre liste reflète la diversité sociale de notre commune et des quartiers. C’est une fierté d’avoir réussi à unir les forces de gauche. C’est un travail qu’on a entamé avec conviction et humilité. Ça a été compliqué par moments de convaincre de former une grande union, mais on a réussi. Nous avons reçu le soutien de L’Après et même de Place publique ce matin. Donc on continue notre dynamique de rassemblement des forces citoyennes, écologistes et de gauche à l’échelle du département et de notre commune.

    À travers vos mesures phares, vous voulez donner un nouveau cap de gauche à la ville, en la changeant en profondeur ?

    K.G. : On veut un nouveau cap pour La Ciotat. Concrètement, le logement est notre priorité numéro 1. On a plusieurs objectifs. Le premier est d’atteindre 30% de logements sociaux à l’issue de notre mandat. On aura une attention particulière pour les plus modestes. Le second est la régulation des Airbnb, en passant de 120 jours de location à 90 jours maximum et en se donnant les moyens d’y parvenir en renforçant les contrôles sur les déclarations. Il faut savoir que Monsieur Doriol a refusé la limitation de 120 jours à 90 jours en expliquant qu’il n’y avait pas de problème d’Airbnb sur la ville. On a lancé une pétition l’année dernière, on a fait des questions écrites, il est resté sourd à notre demande en considérant qu’il n’y avait pas de problème.

    Notre priorité numéro 2, c’est l’école. On souhaite construire une école à l’Est de la ville, là où l’urbanisation a été très importante. Plus de 750 logements ont été construits dans ces quartiers, mais il n’y a aucune infrastructure publique. Ça a saturé les écoles de trois grands quartiers de la ville : l’Abeille, Saint-Jean et les Séveriers. Résultat : on surcharge les écoles qui sont plus loin, les parents amènent leurs enfants en voiture, donc ça sature la circulation le matin et à la sortie d’école. C’est un non-sens. D’un point de vue du budget, on veut donner des moyens importants à l’école, sur la rénovation et la prise en compte des aspects climatiques puisqu’on a des écoles qui ferment l’été à cause de la chaleur dans les salles de classe… Aussi, on veut revenir à la gratuité des animations sur le temps périscolaire entre 11h30 et 13h30 et redonner des moyens pour les fournitures scolaires.

    Que faire face à la gentrification de la ville et à la flambée des prix de l’immobilier ?

    K.G. : La libéralisation du permis de construire est le grand responsable. C’est la non-maîtrise de l’urbanisme qui a conduit à cela. Le coût du foncier a exclu une grande partie des Ciotadens. Les gens ne peuvent plus vivre dans la ville et partent dans les communes voisines. La Ciotat est devenue la ville la plus chère en termes de logement et de coût du foncier du département. C’est dramatique. La conséquence d’une politique d’urbanisation sans contrôle. Il faut construire, mais maîtriser. Sans régulation, Airbnb est un fléau pour la ville. Ça retire énormément de logements accessibles pour les habitants. Aujourd’hui, on a une population qui se gentrifie et vieillit. Selon l’Insee, nos jeunes ne peuvent pas se loger, donc partent de notre commune.

    Ça accélère le vieillissement de la population et ça a des conséquences directes sur un certain nombre de services publics, comme les écoles. On est confronté à des fermetures de classes et, à terme, d’écoles sur le centre-ville. C’est un péril. On n’est pas encore à une vitrine touristique totale, mais il y a une tendance forte à ce risque. C’est pour ça qu’on doit agir. La loi nous donne des outils : nous sommes une commune en zone tendue. On doit absolument réguler. Ça contribue à maîtriser le coût des prix de location et du foncier.

    Il faut maintenir une population jeune et une population qui travaille. Beaucoup, aujourd’hui, travaillent sur la commune mais ne peuvent pas s’y loger. J’en ai discuté avec l’Union Pour les Entreprise 13, qui partage ce constat. 95% des gens que je reçois en rendez-vous ont une demande de logement ou une famille qui s’agrandit.

  • À Hyères, le tombolo symbole de l’union de la gauche

    À Hyères, le tombolo symbole de l’union de la gauche

    Pour sa première campagne municipale, Caroline Moulin peut compter sur le soutien d’une gauche varoise qui a tenté l’union tant que faire se pouvait. « On a cravaché pour rassembler », affirme Jean-Pierre Luquand, coanimateur des Écologistes du Var et candidat à Solliès-Pont. Car à onze jours des municipales, c’est une autre échéance électorale qui imprègne les esprits : « On veut une issue autre aux présidentielles que le pire qui peut arriver. On a besoin d’union, de se connaître, créer des solidarités. Et même si on n’est pas d’accord sur tout, certains enjeux dépassent nos différences. »

    En marge de son meeting de présentation de ses colistiers, et pour symboliser la représentativité des forces à ses côtés (PCF, LFI, REV, l’Après, Debout !, Génération.s), la tête de liste écologiste de Hyères, unie à gauche, était ainsi entourée de candidats des villes voisines qui, comme Jean-Pierre Luquand, ont répondu à l’appel donné sur la plage de l’Almanarre, un lieu qui n’a pas été choisi au hasard. « Ce site est emblématique avec ce tombolo ouest, ce bras de terre qui rejoint Giens, menacé par le dérèglement climatique », appuie Caroline Moulin. « On ne peut pas éternellement sauvegarder quelque chose sans étudier la faisabilité technique. »

    Des désaccords, mais un process démocratique

    Pour trouver des solutions, cette professeure de biologie promet des études et un référendum citoyen « pour savoir ce qu’on fait de cet élément difficile à entretenir, qui sert de desserte à la route de la Capte, via la route du Sel, et est saturé de voitures en été. » Et si les associations écologistes, du côté desquelles elle semble pencher, veulent en faire « un lieu réservé aux cyclistes et aux piétons » plutôt que créer « la digue en béton immergée proposée par le maire actuel », elle reconnaît que ses colistiers « ne sont pas tous d’accord entre eux », y compris sur les autres aspects liés à la préservation du tombolo (activités, biodiversité…).

    « Et le fait qu’il n’y ait pas d’accord est rassurant », veut croire Cyrielle Chatelain, présidente du groupe Écologiste et social à l’Assemblée nationale, présente à Hyères pour soutenir la candidate. « On est sur une liste de citoyens qui se mobilisent, qui peuvent avoir des avis différents mais proposent une méthode : plutôt qu’arriver avec une idéologie à appliquer coûte que coûte, ils ont l’écoute, la consultation, qui va se baser sur des faits et études scientifiques, puis la délibération. C’est un changement de méthode avant d’imposer des solutions. » Avec la démocratie comme juge de paix.

  • La Ciotat nous rassemble est en ordre de bataille

    La Ciotat nous rassemble est en ordre de bataille

    « Notre liste est diverse, compétente et ancrée dans la vie réelle », amorce, salle Saint-Marceaux, Delphine Rochette, une colistière. Devant un auditoire de plus de 180 personnes, elle précise : « Aujourd’hui, 56% de notre liste est composée de non encartés. » Secrétaire de section PCF de La Ciotat et 5e sur la liste, après Karim Ghendouf (PCF) tête de liste, Mariann Chrétien ou Jérôme Assier (PS), Sébastien Madau souligne que, sur les 39 noms de LCNR, 19 sont nouveaux, et 20 « étaient déjà là ».

    La liste est le résultat de l’union du « PCF, du PS, des Écologistes, de Génération.s, de Debout et de la Gauche républicaine et socialiste », rappelle pour sa part Karim Ghendouf.

    Retour d’un cinéma

    Prenant la parole à la fin, la tête de liste a évoqué la méthode d’élaboration du projet municipal de LCNR : « La coconstruction. Elle s’appuie également sur une expertise solide des dossiers, forgée par de longues années de travail dans l’opposition. » LCNR tient à la démocratie locale et « nous consulterons les Ciotadens sur les grands sujets avec les référendums d’initiative locale ».

    Karim Ghendouf a poursuivi : « Nos priorités sont claires : loger les Ciotadens, alors qu’une personne sur deux est éligible au logement social à La Ciotat. Mais aussi investir dans nos écoles. Favoriser les mobilités douces. Avoir un réseau de bus plus propres, avec une plus grande fréquence. » Il a également promis « d’identifier un terrain » pour une aire destinée aux gens du voyage. Le communiste soutient le retour en gestion publique de certaines missions communales déléguées au privé. « Ce n’est pas de l’idéologie : c’est du bon sens », a-t-il appuyé.

    En matière de culture, un des projets de la liste est de créer, dans l’ancien cinéma Lumière fermé en 2023, « un vrai pôle culturel (…). Nous y prévoyons deux salles de cinéma, vocation historique du lieu depuis 1913 ! » a annoncé Mariann Chrétien (société civile). Jérôme Assier (PS) a défendu, en matière de tranquillité publique, « un débat sur la sécurité apaisé. (…) Nous miserons sur la prévention, la médiation et la proximité. »

    Pour l’éducation, Laetitia Vivaldi a promis « la gratuité effective de l’enseignement ». Sur le plan de l’économie, LCNR appelle de ses vœux « la création d’un centre de formation aux métiers de la mer qui permettra de forger un vivier local de compétences » pour les chantiers navals. Isabelle Mazuc (Les Écologistes) a indiqué que LCNR s’emploiera notamment à protéger les terres agricoles de la bétonisation. « Il nous reste quatorze jours pour convaincre et créer la surprise », a lancé Karim Ghendouf.

  • Hyères : Cyrielle Chatelain présente au meeting de présentation de la liste Hyères, Unie à Gauche

    Hyères : Cyrielle Chatelain présente au meeting de présentation de la liste Hyères, Unie à Gauche

    Pour son meeting de présentation de sa liste d’union de la gauche (Les Écologistes, PCF, LFI, l’Après, Génération.s, REV, Debout !), Caroline Moulin, candidate (Les Écologistes) de « Hyères, unie à gauche » pourra compter sur la présence de Cyrielle Chatelain, députée de la 2e circonscription de l’Isère et présidente du groupe parlementaire Écologiste et social à l’Assemblée nationale. Cette dernière rencontrera la presse locale en fin d’après-midi, avant d’assister au meeting de la candidate écologiste.

    L’Isère en partage

    Une venue dont se réjouit Caroline Moulin, qui ne tarit pas d’éloges au sujet de celle dont l’élection en tant que présidente de groupe en 2022, alors qu’elle venait tout juste de débuter son premier mandat de députée, avait surpris : « Mon père, militant communiste et électeur en Isère, avait contribué à son élection à la faveur de la Nupes : il suivait ses interventions sur la chaîne parlementaire et en disait beaucoup de bien. Elle a su réveiller en lui une écologie qui sommeillait. »

    Elle précise l’avoir elle-même rencontrée « lors des journées d’été des Écologistes à Strasbourg, en août 2025. C’est au cours d’un échange où était présente Lucie Castets que je me suis présentée à elle. Ces échanges ont été très motivants pour la suite de mon engagement. Je ne savais pas encore que j’allais être tête de liste, car je n’étais alors que future colistière ».

    Une rencontre que Caroline Moulin dit avoir provoquée par filiation iséroise, « au prétexte d’avoir grandi à Grenoble », dont la commune d’Eybens, où vit Cyrielle Chatelain, est située dans la banlieue. Alors, une fois investie comme tête de liste, elle a « naturellement pensé à elle. Je me suis permis de la contacter par mail, et sa cheffe de cabinet a pu organiser sa venue pour nous soutenir. Ce meeting avec elle va être un moment clé de notre campagne ! », espère la candidate à la succession de Jean-Pierre Giran (LR), en place depuis 2014.

  • L’Union pour Arles se met en selle avec Dan Jacobi

    L’Union pour Arles se met en selle avec Dan Jacobi

    Il est venu en pédalant et est reparti de la même manière. Dan Jacobi (EELV), cycliste et blogueur, est présenté comme le porteur du volet mobilité et cyclisme dans la campagne de l’Union pour Arles, conduite par Nicolas Koukas (PCF), à l’occasion de la conférence de presse dédiée, ce jeudi matin. Le quinquagénaire, parcourant « 12 000 à 17 000 km par an » à vélo selon ses dires, a les idées très claires avec six mesures « raisonnées et chiffrées qu’on peut assumer ».

    En premier lieu, celle de développer un réseau cycliste continu. « Oui, il y a déjà des pistes cyclables car la loi l’oblige lorsqu’on refait les routes. Mais sans continuité ni cohérence », explique le candidat. Il défend « l’intermodalité » pour les trajets au travail. « Nous voulons des pistes qui partent du centre-ville et rayonnent dans tous les quartiers et villages avec des codes couleurs et une signalétique compréhensible par tous », détaille-t-il, avec « des trottoirs séparés », notamment pour « que tout le monde, y compris les femmes et les personnes défavorisées, se sentent autant légitime que les hommes qui fréquentent des clubs », affirme Dan Jacobi.

    Le biclou populaire

    L’expert de l’Union pour Arles insiste sur le volet accessibilité du vélo. « Nous créerons une école du vélo municipale, pour que tout le monde sache passer ces vitesses et lâcher un bras pour indiquer sa direction », particulièrement pour franchir « le pont de Trinquetaille, exemple des peurs et difficultés des gens ». Il n’exclut pas d’organiser des « balades pédagogiques », notamment pour « montrer que la passerelle faite pour les vélos et la transhumance existe », sous le pont de la RN113.

    Mais un vélo, combien ça coûte ? « Pour le vélo-taff ou s’amuser, ce n’est pas cher : il y a l’occasion et l’association Combivici en propose à moins de 60 euros, qui suffisent largement », affirme Dan Jacobi. Tout serait une question d’adaptation selon lui. « La principale barrière est le mal au cul. Oui, les trois premiers jours, c’est un cauchemar, mais une semaine après, tous les vélotaffeurs ont la banane », tranche le cycliste.

    Pour Nicolas Koukas, tête de liste (PCF), « il faut protéger les vélos et pas juste les tolérer ». Le candidat considère que l’écologie « ruisselle dans toutes les délégations », dont celle dévolue à Dan Jacobi, d’ailleurs membre des Écologistes, dont les responsables locaux ont rejoint la liste de Jecilla Regad (LFI). « C’est à l’échelle de la ville qu’on peut changer le plus de choses vite, la liste de Nicolas est le plus large rassemblement à gauche. Il faut savoir s’engager au bon endroit, au bon moment », juge Dan Jacobi.

  • Evincée du Printemps marseillais, Christine Juste dépose sa liste

    Evincée du Printemps marseillais, Christine Juste dépose sa liste

    Le travail s’est poursuivi jusqu’à 3h du matin pour compiler tous les formulaires. Mais, ce jeudi après-midi, après d’ultimes corrections, l’adjointe sortante Christine Juste, suspendue des écologistes, a bien déposé une liste de 111 noms, étiquetée divers écologistes, pour la mairie de Marseille, après avoir déposé celle pour la mairie des 6e et 8e arrondissements, dans la matinée.

    Deux jours plus tôt, elle avait découvert son éviction du Printemps marseillais. « J’ai eu quelques heures de stupéfaction, reconnaît-elle. J’avais le choix soit de reprendre, soit d’arrêter. Mais on ne peut pas passer d’un engagement 24h sur 24 à du jardinage. » Elle estime avoir payé pour la lettre adressée par des élus écologistes marseillais à la direction de son parti, qui accusait Benoît Payan d’avoir « volé la victoire » de Michèle Rubirola. « Juin 2025 se paye en mars 2026 », souffle-t-elle. Mais il lui est aussi reproché d’avoir apostrophé le directeur de cabinet en maire des 6-8, Gwenaël Richerolle, en disant que « s’il avait été là pendant la guerre, il aurait vendu des juifs aux Allemands ». « Je regrette ces propos, mais il faut avoir l’historique », se défend-elle.

    La constitution express de la liste a été rendue possible par un rapprochement avec le conseiller métropolitain délégué à la propreté (DVD) Jean-Yves Sayag (4e sur la liste), qui n’avait pas été retenu sur la liste de Martine Vassal, et surtout l’adjoint (GRS) aux taxis Sami Benfers (110e), qui s’est lancé depuis septembre dans les 13-14 avec sa propre liste et a apporté le gros des troupes grâce à son collectif Ambition citoyennes. S’ajoute aussi l’élue écologiste Zoubida Meguenni (3e). « Nous avons une vision en symbiose pour Marseille, nous irons jusqu’au bout », promet Jean-Yves Sayag, après les nombreuses pressions pour empêcher la création de la liste. « Étant donné les coups de fil que nous recevons, nous devons inquiéter un peu », rit Christine Juste.

    « Soviet suprême »

    « Nous sommes des gens de rassemblement, pas des gens de l’entre-soi », affirme pour sa part Sami Benfers, qui estime que « le Printemps marseillais gagnerait à s’élargir beaucoup plus ». Si certains ont cet esprit d’union, « il y en a d’autres qui fonctionnent comme au Soviet suprême », attaque-t-il. « Face au risque de voir gagner le RN dans la 2e ville de France, cette initiative solitaire de division est irresponsable, réagissent les écologistes. Nous appelons au rassemblement derrière le Printemps marseillais. Aucune voix ne doit manquer. » Christine Juste, elle, promet : « Peut-être on fera le castor » pour faire barrage au second tour.

  • [Entretien] Thierry Antoine : « Investir dans le productif à Béziers, pas juste dans l’esthétique »

    [Entretien] Thierry Antoine : « Investir dans le productif à Béziers, pas juste dans l’esthétique »

    La Marseillaise : Ménard avait promis de désendetter la Ville. Béziers peut-elle encore investir ?

    Thierry Antoine : Robert Ménard n’a rien désendetté du tout. La dette est passée de 100 millions d’euros en 2014 à 120 aujourd’hui alors qu’à son arrivée il disait que c’était une folie. Il reste des marges de manœuvre pour investir. Béziers n’a pas d’autre choix mais il faut des investissements productifs, pas juste de l’esthétique pour l’image de la ville. Avec lui, on n’a toujours qu’un étage à la fusée.

    Ménard se targue d’avoir embelli la Ville. Mais les problèmes de logement et d’adaptation au climat persistent. Que faire ?

    T.A. : C’est comme un chômeur qui irait mieux parce qu’il a redécoré son salon. Refaire les façades et la carte postale ne change rien. Le maire avance en regardant les années 60-70. Béziers a un retard phénoménal sur l’adaptation au changement climatique. On porte le grand projet Orbiana pour faire de Béziers une ville vitrine, un élève modèle sur le sujet. L’idée c’est d’attirer les entreprises qui travaillent sur l’isolation, l’hydrogène, le logement adapté… On a identifié un lieu d’une centaine d’hectares sur l’entrée ouest pour créer un pôle novateur de l’habitat expérimental avec un grand parc, une zone maraîchère et une zone d’activité pour l’économie sociale et solidaire. Il n’y a pas de ressourcerie ni de recyclerie ici. En parallèle, il faut du logement social et l’Anru.

    Béziers reste très pauvre. Quelles sont vos mesures pour redonner du pouvoir d’achat aux habitants ?

    T.A. : On propose un kit rentrée scolaire avec les études d’étude et toutes les fournitures gratuites. On préfère mettre l’argent pour acheter des cahiers aux gamins plutôt que dans les uniformes ou la statue de la Vierge à 90 000 euros. On fera la cantine scolaire gratuite pour les deux premières tranches d’imposition, c’est finançable sur les économies sur la communication. On va étudier le passage en régie publique des parkings. La délégation d’Effia arrive à terme en 2027. On fera baisser les tarifs, le moins cher possible.

    Faut-il plus de caméras et de policiers, un Centre de rétention administrative (CRA) ?

    T.A. : Béziers est la deuxième ville qui dépense le plus par habitant pour la sécurité sans que les résultats suivent. Sur les dernières années, le total des crimes et délits a augmenté à Béziers. La police municipale ne peut pas lutter contre le trafic de drogue ou le terrorisme. Il faut remettre à sa place. La municipale doit œuvrer à la tranquillité des Biterrois, en travaillant rue par rue, avec un élu par quartier, en associant les habitants. La prévention et la médiation avant la répression quand c’est nécessaire. Quant au CRA, c’est une folie, la majorité en sortira et devra être prise en charge. Ce sera un fardeau, la malédiction des villes pauvres. L’immigration est avant tout un drame humain. Traitons les autres comme on aimerait l’être. On ne sait de quoi sera fait demain.

    La Ville doit-elle financer l’ASBH* ? Quels projets pour la culture ?

    T.A. : Dans le passé, on a eu The Cure, Bob Marley aux arènes… Aujourd’hui c’est Hervé Vilard. On est déclassé. On veut un centre culturel et artistique dans le quartier Saint-Jacques à redynamiser. Qu’il faille aider le club fanion de l’ASBH oui. Mais pas à ce niveau-là, c’est délirant et pas sans contrôle. On pense à un système de « Socios » pour impliquer les supporters dans la gestion du club.

    *L’Association Sportive Béziers Hérault (ASBH) évolue en championnat de Rugby Pro-D2

  • À Fréjus, Christine Romano en fer de lance d’une gauche unie

    À Fréjus, Christine Romano en fer de lance d’une gauche unie

    « Un meeting extraordinaire. » Pour Christine Romano (PCF), tête de liste de Fréjus Riposte qui a réussi à rassembler à gauche en réunissant communistes, insoumis, écologistes, socialistes et membre de l’Après, la réunion de ce vendredi, dans la salle Sextant, aura été un moment qui compte. D’abord parce qu’elle a rassemblé 150 personnes, mais aussi de par la présence de soutiens comme Guillaume Roubaud-Quashie, historien et porte-parole du PCF, ou Manon Aubry, eurodéputée LFI. « Nous avons aussi beaucoup de colistiers issus de la société civile, syndicaliste ou association, qui ont pu prendre la parole », précise l’ancienne retraitée de la Poste en retrait de la présidence de l’UL-CGT Saint-Raphaël-Fréjus.

    Les sujets évoqués auront été nombreux avec une priorité : libérer une ville aux mains du maire d’extrême droite, David Rachline, depuis 12 ans, et candidat à sa réélection pour un 3e mandat. « Il n’est pas officiellement investi par le RN, mais le parti est derrière », assure la candidate, qui dénonce un bilan catastrophique entre urbanisation à outrance et creusement de la dette qui dépasse les 150 millions d’euros. Une gestion municipale dénoncée dans leur rapport par les magistrats de la Chambre régionale des comptes, en mars dernier.

    Si le programme de Fréjus Riposte est en cours de finalisation, il s’agit déjà de « rétablir une démocratie participative », martèle la candidate, en remettant notamment les comités de quartier en place, où les habitants éliront eux-mêmes leurs représentants.

    Favoriser l’accès au logement

    Finie aussi la bétonisation à tout crin. L’hôtel de luxe sur Fréjus plage « disparaît », « nous sommes aussi favorables à un pôle universitaire sur la base nature, centrée sur les métiers de la mer et la restauration » des milieux, détaille Christine Romano. Terminé la fusion de quatre écoles en un seul et même lieu, dans le secteur de Caïs Nord, soit pas moins de 1 000 élèves, concentrés à côté de l’autoroute. « Un projet énorme qui n’a pas de sens », commente-t-elle.

    Sur cette commune de près de 60 000 habitants, deuxième bassin d’emplois du département du Var avec deux grandes ZAC, la tête de liste entend également améliorer l’accès au logement. « Nous ne sommes pas en pénurie, de 8 à 9% de logements sont vacants, beaucoup sont consacrés aux locations de vacances ou Airbnb », assure Christine Romano, qui mise notamment sur la taxation des résidences secondaires pour « créer les conditions au vrai locatif ». Sans oublier la mise en place de 3 000 logements sociaux « quand la municipalité préfère actuellement payer une amende de 882 000 euros plutôt que de respecter la loi SRU qui fixe à 25% le ratio de logements sociaux », dénonce-t-elle.

    Sur la santé, les colistiers souhaitent l’implantation d’un centre avec des salariés. La gestion de l’eau se ferait en régie et sur les transports, « nous avons plein d’idées », indique Christine Romano, entre pistes cyclables, gratuité et réorganisation de dessertes pas toujours adaptées quand il faut attendre le bus une heure. Une compétence de la communauté d’agglomération, sur laquelle « nous comptons peser si nous remportons la ville ». Enfin, sur la sécurité, sujet qui préoccupe les citoyens, c’est sur la police nationale qu’elle veut s’appuyer, « des gardiens de la paix » qui agissent aussi sur la proximité et la prévention « que nous comptons demander à l’État ».