Tag: drones

  • Pour Noël et la Saint-Sylvestre, les marins pompiers au taquet

    Pour Noël et la Saint-Sylvestre, les marins pompiers au taquet

    Dix minutes chrono. C’est le temps que se donnent les marins pompiers pour intervenir, du coup de fil à l’arrivée des secours sur place. Dans le centre de traitement des appels, à l’état major du BMPM, boulevard de Strasbourg (3e), ils sont 15 à se relayer sur 24 heures. Des hommes et des femmes expérimentés, capables d’évaluer rapidement la situation, même si le numérique leur vient en aide explique le capitaine de frégate Bruno. Un logiciel paramétré par leur soin permet aux marins pompiers de savoir exactement la topographie des lieux, si des travaux sont en cours… Histoire de ne pas engager un gros camion là où il ne pourra pas passer précise ce dernier.

    Sur l’écran géant, une carte de la ville avec des étiquettes pour figurer les équipes engagées. Un code couleur permet à deux opérateurs de suivre les interventions en cours et d’ajuster : « Orange, ils sont à l’hôpital, en jaune en train de revenir, en vert disponible et en rouge en intervention », détaille-t-il.

    Depuis début décembre, des moyens supplémentaires ont été engagées « afin de faire face à la demande de secours sur le centre-ville ville et à proximité de Grand Littoral et de La Valentine, les magasins sont ouverts, les gens font leurs courses et aussi samedi dernier autour du Vieux-Port pour le feu d’artifice et le spectacle de drones », précise le capitaine de frégate.

    Plus de technicité

    Pour la nuit du 31 décembre, bien moins agitée que celle du 14 juillet, jusqu’à 350 personnes sont mobilisées pour porter secours. Une vingtaine de marins sont dédiés aux ambulances uniquement, « c’est 15% de plus », précise le vice-amiral Lionel Mathieu, commandant du bataillon. « On décale l’armement de nos engins pour avoir plus de personnel la nuit, jusqu’à 3h du matin », ajoute le capitaine de frégate Bruno.

    Si la nuit de Noël devrait être plutôt calme, ils redoutent « les accidents de la circulation notamment avec les trottinettes (+56% cette année), bref les comportement à risque. L’invulnérabilité n’existe pas », martèle le vice-amiral.

    Tout au long de l’année, le bataillon a pu constater une hausse des appels, à raison de 4% par rapport à 2024, soit 126 000 en 2025, pour 346 interventions par jour, indique-t-il, sans être vraiment en mesure d’analyser cette tendance. « Je pense que c’est la même chose pour le 17, nous sommes peut être dans un sentiment global anxiogène, où on a besoin d’être rassuré et à Marseille ce qui rassure c’est le bataillon », constate Yannick Ohanessian (PS), adjoint au maire de Marseille, en charge de la sécurité publique et du BMPM.

    Pour autant l’augmentation des effectifs n’est pas à l’ordre du jour. L’idée étant plutôt pour le vice amiral de gagner en efficacité avec plus de technicité. Plus d’officiers ont été engagés, la Ville et la Marine financent une école qui devrait voir le jour sur la friche Louis Armand (12e) en 2030.

  • Livraison par drone entre hôpitaux : le projet s’affine

    Livraison par drone entre hôpitaux : le projet s’affine

    Il se pourrait que d’ici quelques années, des drones fassent l’aller-retour entre les hôpitaux d’Aix et de Pertuis. Le projet Medical Delivery, porté par le pôle de compétitivité Safe, doit permettre, d’ici trois ans, la livraison d’échantillons biologiques, essentiellement des tubes de sang et d’urine, par les airs entre les deux hôpitaux en une vingtaine de minutes approximativement. Le projet a été lancé par la Métropole et l’Agence régionale de santé (ARS). L’hôpital d’Aix-Pertuis a été parmi les premiers à se porter volontaire, dans le cadre d’un appel à manifestation métropolitain.

    Ce vendredi, alors que la première étape technologique du projet touche à sa fin, un premier drone « Tundra », capable de porter jusqu’à 5 kg de charges utiles, a effectué un premier vol depuis la pelouse du Centre de secours de Pertuis (Sdis 84). « Le drone est connecté en réseau 4G via les réseaux mobiles pour communiquer avec les centres de pilotage. On a plusieurs cartes, plusieurs opérateurs et d’autres systèmes de sécurité sont installés en dehors de zone, pour permettre d’évaluer les conditions de vol. Tout ça est relié à un système de parachute », détaille Julien Bigny, directeur technique chez Hexadrone, société fabricante.

    Quelques verrous à lever

    Il n’est pourtant pas encore question de vol d’un hôpital à l’autre. Pour cause, plusieurs étapes législatives doivent encore être étudiées et validées. « On est encore contraints par la réglementation, notamment celle de la limite dans une zone peu habitée. Aujourd’hui, on a sécurisé une zone qui permette de faire Pertuis-Aix, mais l’hôpital est directement concerné par une zone à forte habitation. Le Sdis est à la limite d’une zone peu habitée. On ne va pas non plus se poser sur l’hôpital d’Aix, on se posera à proximité », contextualise le pôle Safe, qui dit « travailler au quotidien » pour faire évoluer la réglementation.

    « Il va nous falloir deux ans pour la validation de la ligne », estime de son côté le Docteur Christine Pachetti. La cheffe du pôle médico technique de l’hôpital d’Aix travaille depuis deux sur le projet du transport par drone : « On a un point faible sur le trajet de la ligne Pertuis-Aix puisqu’on transporte les échantillons par la route. Et l’hôpital de Pertuis n’a pas de laboratoire : il y a toute une gamme d’analyses faites sur Aix. Ça va nous faire gagner du temps, sachant que Pertuis nous envoie beaucoup de prélèvements urgents. » Selon Gautier Dhaussy, cofondateur de la société Delivrone, opératrice du projet, la mise en place d’une « liaison aérienne automatisée » permettrait à médecins et patients « d’obtenir un diagnostic dans l’heure ». « En région Sud, c’est un projet novateur », poursuit le Gautier Dhaussy.

    « Il y a un double enjeu : le premier, nous élaborons un projet médical ou nous mettons au cœur de nos préoccupations la prise en charge de nos patients. Le second, est celui des soins durables. Les drones viennent s’inscrire dans cette logique en évitant les transports carbonés », ajoute Francis Saint-Hubert, directeur de l’hôpital d’Aix-Pertuis. Il faudra encore attendre quelques années avant que les drones ne volent d’un hôpital à un autre.