Tag: Droit à l’avortement

  • Le PCF appelle à se rassembler à Vauvert le 3 octobre

    Le PCF appelle à se rassembler à Vauvert le 3 octobre

    Le Parti communiste veut aller ferrailler avec l’extrême droite sur ses terres. « L’enjeu, c’est de pousser l’extrême droite dans ses retranchements. Le but, c’est d’interpeller l’extrême droite, d’aller sur son terrain et de lui demander  : qu’est-ce que vous en dites du droit à l’avortement ? », explique Saliha Boussedra, qui gère l’organisation de l’événement avec l’Assemblée des femmes du PCF du Gard.

    Car la philosophe, spécialiste de Marx et du féminisme, rappelle que l’extrême droite au pouvoir s’attaque systématiquement aux droits des femmes. Les exemples internationaux avec Donald Trump aux États-Unis, Javier Milei en Argentine ou même Giorgia Meloni en Italie continuent de le prouver. « En France, on voit qu’il y a eu la suppression des subventions au Planning familial de Carpentras dès que le RN a été élu. S’il y a bien un mot que l’extrême droite déteste, c’est celui d’égalité. On va donc à Vauvert pour rappeler la lutte pour les droits fondamentaux à laquelle l’extrême droite est toujours la première à s’attaquer, par principe. Elle ne parle jamais de développement des maternités de proximité ou d’ouverture de centres de santé sexuelle. Et elle est contre l’éducation à la vie affective et sexuelle, la fameuse Evars », énumère Saliha Boussedra. C’est donc pour toutes ces raisons que le PCF appelle à manifester samedi 3 octobre (11h) place de la Contamine. Toutes les organisations de gauche, progressistes et républicaines, sont invitées à participer.

    « Menace d’accès au droit »

    La militante communiste souhaite aussi insister sur la menace qui pèse sur l’accès à l’avortement à cause des budgets contraints, car partout où le RN passe, les budgets des associations sont sabrés : « Au vu du contexte actuel et des coupes dans les budgets, l’extrême droite n’a même plus besoin de dire qu’elle est contre l’avortement. Elle a juste à couper des subventions. C’est comme cela qu’elle empêche une association qui œuvre auprès des femmes pour l’accès au droit. L’extrême droite a plein de leviers pour s’opposer à l’IVG. Elle peut aussi financer des campagnes de désinformation et de culpabilisation. La question de l’IVG nécessite des moyens, des lieux où le pratiquer, des centres de santé sexuelle, de l’éducation et de l’information ».

    Après les élections municipales et les victoires de plusieurs candidats du Rassemblement national dans le Gard (Beaucaire, Vauvert, Bagnols-sur-Cèze), la commission féministe du PCF a décidé de maintenir une veille sur les décisions de ces nouveaux élus. L’objectif sera d’immédiatement alerter la population si des reculs contre le droit des femmes sont décidés.

  • [Entretien] Mia Ferret : « L’extrême droite constitue une menace pour les droits des femmes »

    [Entretien] Mia Ferret : « L’extrême droite constitue une menace pour les droits des femmes »

    La Marseillaise : Cette année, la montée de l’extrême droite sera au cœur de la mobilisation ?

    Mia Ferret : Oui, cette marche de défense du droit à l’IVG et à disposer de son corps sera, cette année, un peu plus spécifiquement centrée sur la montée de l’extrême droite, sujet de préoccupation en vue des prochaines élections présidentielles, et sur la montée du masculinisme, notamment sur les réseaux sociaux.

    D’apparence, le RN est plus mesuré que par le passé, c’est toute sa stratégie de dédiabolisation. Mais c’est un parti qui reste structurellement extrêmement conservateur et constitue une menace pour les droits des femmes. Il vote contre toutes les avancées. À l’Assemblée nationale, le RN est le seul groupe où plus de quinze députés se sont abstenus ou ont voté contre la constitutionnalisation de l’IVG. Au Parlement européen, ses élus ont aussi voté contre plusieurs avancées concernant l’égalité salariale ou les violences de genre.

    Autre exemple : un député RN, Hervé de Lépinau, maire de Carpentras depuis le mois de mars, a supprimé toutes les subventions au Planning familial. Et c’est quelqu’un qui parle de l’IVG comme d’un génocide…

    Cette poussée de l’extrême droite, c’est aussi, très concrètement, le risque d’installation de ce qu’on appelle des centres Familya, portés et financés par le milliardaire ultra-conservateur, catholique intégriste et anti-choix Pierre-Édouard Stérin. Il souhaite installer dans les grandes villes des centres de santé sexuelle qui ressemblent aux centres du Planning familial, avec une volonté délibérée de confusion. En apparence, ce sont des lieux très neutres, mais ils portent en réalité une vision très normative de la famille et désincitent les femmes à avoir recours à l’IVG. Il y en a déjà cinq ou six en France. Pour l’instant, il n’y en a pas à Montpellier, mais il existe une volonté de s’y implanter. C’est une logique qui avance masquée.

    L’IVG est pourtant désormais inscrite dans la Constitution.
    Est-ce un filet de sécurité
     ?

    M.F. : Si un gouvernement voulait supprimer le droit à l’IVG en France, ce serait beaucoup plus compliqué, car il faudrait changer la Constitution. Mais il y a la question des moyens : si on ne donne pas assez de moyens aux hôpitaux publics – ce sont eux qui réalisent le plus d’avortements en France – et aux associations qui font du plaidoyer pour le droit à l’IVG, voire qui en réalisent comme le Planning familial, l’accès à l’IVG n’est pas garanti dans les faits.

    L’accès à l’IVG est donc fragilisé par le manque de moyens aujourd’hui en France ?

    M.F. : Totalement. On est dans une défense abstraite d’un droit concret. Au centre d’orthogénie de Montpellier, le mercredi matin, le téléphone sonne dans le vide tellement il y a de demandes et plus de places, car on manque de personnel. Et encore, on est en ville. Dans les zones rurales, avec la désertification médicale, certaines femmes n’ont même pas le choix de la méthode : chirurgicale (par aspiration) ou médicamenteuse. Or c’est important qu’elles aient ce choix, d’autant que la méthode médicamenteuse n’est pas toujours possible. Il faut aussi savoir qu’à certains endroits, il peut y avoir plus de trois semaines de délai pour décrocher un rendez-vous à l’hôpital. Ce qui est énorme compte tenu du délai légal maximal pour avorter (14 semaines).

    Quelles sont vos principales revendications ?

    M.F. : L’idée principale est une sanctuarisation du droit à l’IVG concret : que toutes les femmes puissent y avoir accès librement et gratuitement, comme le prévoit la loi, avec le choix de la méthode et un accès facile à un centre médical ou de santé. Cela passe par des moyens pour l’hôpital public et les associations. Il faut aussi une véritable politique d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle à l’école. Certaines femmes n’ont jamais bénéficié de ces cours et ne savent pas ce qu’est une IVG ou qu’elles peuvent choisir de ne pas poursuivre une grossesse. Il faut une politique publique globale autour du droit à l’IVG, qui aille au-delà du symbole de la Constitution. Nous demandons également la suppression des jours de carence lorsqu’une femme est arrêtée pour une IVG.

    La lutte contre la désinformation devrait également être une priorité ?

    M.F. : Oui. Il existe une importante désinformation portée par les réseaux conservateurs et d’extrême droite. Une association qui désinforme sur l’IVG peut être poursuivie pour délit d’entrave. Au Planning familial, on le fait très régulièrement. Mais avec la baisse des moyens de la justice, ces dossiers ne sont souvent jamais instruits. Nous nous retrouvons démunis face à des personnes qui disposent, elles, de moyens importants. Pierre-Édouard Stérin par exemple, qui a une batterie d’avocats, est complètement protégé de ces questions juridiques. Or l’État devrait être en première ligne sur ces questions. De façon générale, il y a une marginalisation des questions féministes dans les politiques publiques qui date de nombreuses années.

    Entretien réalisé par Amélie Goursaud

  • Nos corps, nos choix, notre Histoire

    Nos corps, nos choix, notre Histoire

    L’année 2025 marque le cinquantième anniversaire de la Loi Veil. Afin de célébrer la lutte pour le droit à l’avortement, le collectif Une caméra à soi, créé par trois réalisatrices de documentaires indépendants, a lancé le projet « Nos corps, nos choix, notre Histoire ». Ce dernier rassemble un podcast, une exposition dans la ville de Montpellier et une journée d’échange et de restitution le 27 septembre.

    « Nous avions envie de transmettre la mémoire des luttes locales pour le droit à l’avortement, raconte Laure Hennequin, bénévole et co-fondatrice de l’association. Dans un premier temps, on a donc enregistré un podcast avec les élèves de troisième du collège Simone Veil à Montpellier. Nous sommes partis d’une photo d’archive, sur laquelle on voit une manifestation montpelliéraine pour le droit à l’avortement dans les années 1970. Les élèves ont mené l’enquête pour retrouver les femmes de la photo. Elles nous ont ensuite raconté leur histoire. » Le 27 septembre, à la Maison pour Tous Joseph Ricôme, une écoute collective du podcast aura lieu à 14h. Elle sera suivie par la projection de quatre courts-métrages réalisés lors d’ateliers menés par Une caméra à soi sur le thème « Mon corps, mon choix ». Des stands tenus par différents collectifs seront également présents tout au long de la journée, notamment celui du planning familial, partenaire de l’événement.

    La deuxième partie du projet prend la forme d’une exposition de cinq fresques, visibles dans la ville jusqu’au 4 octobre. Ce sont des collages réalisés en collaboration avec le Planning Familial à partir d’archives datant d’avant la loi Veil, au début des années 1970. Laure Hennequin explique : « La première se situe symboliquement aux Arceaux, à l’endroit où les femmes qui partaient avorter à l’étranger prenaient le bus. La dernière est visible au 10, rue Chaptal. À l’époque, c’est ici que se trouvait un local du Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception (MLAC), où se pratiquaient des avortements illégaux. »

    Au lendemain de la restitution du projet, le 28 septembre, les membres d’Une caméra à soi seront présentes aux côtés de plusieurs organisations féministes sur la Place de la Comédie, pour un rassemblement (12h) à l’occasion de la journée mondiale pour l’avortement.

    Le 27 septembre, de 14h à 22h30, à la Maison pour Tous Joseph Ricôme. Instagram : @unecameraasoi