Tag: drapeaux

  • [Vidéo] Reportage sur les pas de Jean Moulin en Provence

    [Vidéo] Reportage sur les pas de Jean Moulin en Provence

    Reportage

    Entré au Panthéon en 1964, honoré en Provence, Jean Moulin est le grand oublié de la cité phocéenne. Marseille a bien consacré au chef de l’armée des ombres le nom d’un collège, d’une avenue, mais rien du niveau de « la première capitale de la résistance » suivant la formule de Maurice Chevance-Bertin (1910-1966) dirigeant du mouvement Libération Nationale né rue de Rome à l’été 1940.

    Dans les Bouches-du-Rhône, l’unificateur de la Résistance, enfant du midi né à Béziers en 1899, est surtout commémoré dans les lieux phare de son épopée. D’abord, le berceau familial à Saint-Andiol dans la maison de ses parents, 55, Route Nationale, pavoisée de drapeaux tricolores. Après son parachutage le 1er janvier 1942, il avait installé au fond du jardin une échelle en cas d’urgences et confié à sa sœur Laure un double de son ordre de mission microfilmé et signé De Gaulle qu’elle avait caché dans un tube d’aspirine dans l’interstice d’un mur du cimetière.

    Fausse moustache

    et lunettes fumées

    Un musée Jean Moulin installé dans son école rend hommage à l’enfant du pays propulsé à 25 ans sous-préfet d’Albertville. Il a été inauguré en juillet 2018 par Daniel Cordier, son secrétaire et biographe avec les descendants de Jean Moulin. Des photographies, ses lettres, ses dessins car c’est un artiste aussi, des documents racontent comment après un séjour chez sa mère et sa sœur à Montpellier, le préfet d’Eure-et-Loir limogé le 2 novembre 1940 par Vichy, s’installe comme agriculteur à Saint-Andiol. Le haut fonctionnaire a 41 ans et mûrit son départ clandestin pour Londres. « Il circule beaucoup dans la région, sous sa fausse identité de Joseph Mercier, un chapeau rabattu sur les yeux, affublé d’une moustache et de lunettes fumées » écrit l’historien Robert Mencherini.

    Créée en 1978, une route « Jean Moulin, chemin de la liberté », suit ses pas depuis le Mémorial de Salon-de-Provence inauguré en 1969, quatre ans après son entrée au Panthéon et l’oraison d’André Malraux qui ont définitivement inscrit Jean Moulin dans l’histoire de France. Il a 41 ans, multiplie les contacts et rencontres à Marseille, devenue la plaque tournante des premiers noyaux d’organisations clandestines. Il repère ainsi le mouvement de Libération nationale de Henri Frenay, Libération-Sud d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie et Franc-Tireur de Jean-Pierre Lévy.

    Durant six mois, Jean Moulin parcourt la région, va d’Orgon à Miramas en bicyclette, ausculter les réseaux naissants. « Je me souviens de cette rencontre à Avignon car il portait toujours un grand foulard » écrit Emmanuel d’Astier de la Vigerie (1900-1969). Un tissu qui cache le coup de rasoir qu’il s’est donné à Chartres pour ne pas signer un écrit des Allemands accusant à tort des tirailleurs sénégalais de massacres. Il multiplie les séjours à Marseille (page suivante) qui grouille de réfugiés, d’exilés en attente de visa. Jean Moulin rencontre les hommes des premiers réseaux émergents dont Henri Frenay qui à l’été 1940 avec Berty Albrecht (1893-1943) a créé le Mouvement de Libération Nationale (Combat). Il observe le bouillonnement contestataire qui se traduit par la première manifestation hostile à Vichy. Elle a lieu le 28 mars 1941 au bas de la Canebière en face de l’hôtel où il descend.

    « Je vous garantis, j’en ai eu les larmes aux yeux »

    De cette exploration, Jean Moulin fera à De Gaulle le portrait de cette résistance intérieure qui s’invente. Le 9 septembre 1941, il prend le train en gare Saint-Charles pour aller à la rencontre du chef de la France libre. Un périple clandestin de Barcelone à Lisbonne, avec un faux passeport au nom de Joseph Mercier. Il touche l’Angleterre en hydravion le 20 octobre 1941 et reçu par De Gaulle à qui il remet un « rapport sur l’activité, les projets et les besoins des groupements constitués en France en vue de la libération nationale ». De Gaulle, 50 ans, voit un préfet de 42 ans « rempli jusqu’au bord de l’âme de la passion de la France ». Il en fait son représentant et délégué du Comité national français pour la zone sud. « M. Moulin a pour mission de réaliser dans cette zone l’unité d’action de tous les éléments qui résistent à l’ennemi et à ses collaborateurs. M. Moulin me rendra compte directement de l’exécution de sa mission ». La Mission Rex est lancée.

    Le musée de Saint-Andiol a reconstitué la carlingue du bombardier de la RAF d’où Jean Moulin a sauté dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942 à 300 mètres d’altitude. « Rex » saute en premier et atterri dans un marais, puis ses deux officiers et enfin le parachute bleu pour la valise radio. Le « point de tombé » a été identifié en 2022 par les historiens Jean-Marie Guillon et Benoit Senne (page suivante). « Quand Benoît est venu m’annoncer ça dans mon bureau, je peux vous garantir que, pour quelqu’un de ma génération et jeune maire d’Aureille, j’en ai eu les larmes aux yeux. C’était historique. La mission Rex avait démarré à Aureille ! » se souvient encore ému Lionel Escoffier. L’itinéraire de la mémoire commence désormais par la borne du kilomètre zéro inaugurée en janvier 2025, et se poursuit à la bergerie d’Eygalières où « Rex » a trouvé refuge.

    La mission de Jean Moulin accomplie jusqu’au sacrifice suprême a permis de fédérer les forces combattantes, de créer les Mouvements Unis de la Résistance (MUR) et une Armée secrète. Le 27 mai 1943, « Rex » réussit le tour de force de convaincre les représentants de 8 mouvements de Résistance, de 6 partis politiques et de 2 centrales syndicales, de se réunir au 48, rue du Four à Paris. Le Conseil National de la Résistance (CNR) est né. C’est l’« embryon de la représentation nationale » qui allait légitimer De Gaulle auprès des Alliés. On connaît la suite, la trahison de Caluire le 21 juin 1943, son supplice dans les mains du SS Klaus Barbie à Lyon, le dernier souffle de Jean Moulin, le 8 juillet 1943, dans un wagon à Metz qui partait en Allemagne. Les lèvres du « chef d’un peuple de la nuit » n’avaient pas parlé.

  • La paix, fil conducteur de la cérémonie du 8-Mai à Marseille

    La paix, fil conducteur de la cérémonie du 8-Mai à Marseille

    Représentants de l’État, des collectivités locales, des armées, des forces de police et de secours, élus, mais aussi cadets des marins-pompiers, collégiens ou jeunes de l’Epide (établissement public d’insertion) se sont retrouvés Porte d’Aix à Marseille, ce vendredi 8 mai, pour commémorer la capitulation de l’Allemagne nazie. Un moment solennel avec un maître-mot : la paix, à l’heure où la situation internationale se tend inexorablement et où les opinions se radicalisent dangereusement.

    À la tribune, Sirine, jeune élève de l’école de porte-drapeau de la Ville de Marseille, donne lecture des inquiétudes de l’Union française des associations de combattants et victimes de guerre. « Le 8 mai 1945 portait un espoir de paix. Or, nous assistons aujourd’hui à la résurgence de fléaux qui nous ont menés aux abominations de la Seconde Guerre mondiale. Au mépris des enseignements du passé, fanatisme religieux, terrorisme, réveil du nationalisme, retour des empires et retour de la guerre aux quatre coins du monde nous rappellent que la paix et la liberté ne sont jamais définitivement acquises », alerte-t-elle, avant d’appeler « à poursuivre le combat ».

    La jeunesse en relais

    Relayant le message de Catherine Vautrin, ministre des Armées, et d’Alice Rufo, secrétaire d’État auprès du ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants, le préfet de région, Jacques Witkowski, ne dit pas autre chose. « N’oublions jamais : avant d’être une défaite des armes, la défaite de 1940 fut d’abord une défaite de l’esprit », pose-t-il. Et de citer Marc Bloch, « historien combattant de 14, volontaire à nouveau en 39 et fusillé en juin 1944, [qui] avait porté sur les responsables de la débâcle ce constat implacable : ils avaient estimé trop tôt naturel d’être battus ». Le préfet appelle ainsi à « résister au déni du droit et de la justice ».

    Vient ensuite, « alors que nous célébrons les 400 ans de la Marine nationale », un hommage à l’amiral Muselier, grand-père de Renaud, président (Ren.) de la Région. L’Amiral, « rallié dès 1940 à la France libre et qui lui donna son emblème : la croix de Lorraine ». Ceux qui ont débarqué sur les plages de Provence ne sont pas oubliés. Des « soldats venus d’Afrique, d’Asie et du Pacifique : tirailleurs, goumiers, spahis de la 1ère armée française menée par le général de Lattre de Tassigny, jusqu’à Berlin », rappelle le préfet de région.

    À l’issue de la cérémonie, Benoît Payan (DVG) maire de Marseille, insiste : « La paix n’est pas un acquis, c’est quelque chose qui s’entretient. » Inquiet de voir « qu’autour de nous, tout est en train de s’écrouler », il martèle : « Ce que nous pensions être des acquis étaient en réalité des conquêtes », avant de s’en prendre « aux politiques de ce pays qui ne mesurent pas leur responsabilité quand ils disent “voilà ce qu’il faudrait faire”, “voilà quel pays il faudrait attaquer”, “voilà quelle armée il faudrait arrêter” ». Comme autant de raisons de passer le flambeau à la jeunesse, car « les anciens partent ».

  • [Rétro 2025] Drapeau palestinien hissé : Revol et André menacés

    [Rétro 2025] Drapeau palestinien hissé : Revol et André menacés

    Fin septembre, les gestes de soutien de plusieurs maires envers le peuple palestinien massacré ont suscité un déferlement de haine.

    A l’instar du maire LFI de Grabels, René Revol, ou de son homologue communiste de Cendras, Sylvain André, le drapeau palestinien a été hissé sur le fronton des mairies le 22 septembre, jour de la reconnaissance par la France de la Palestine.

    Un geste de solidarité aussitôt amalgamé par certains au Hamas et au terrorisme. Certes, de manière incompréhensible, les préfets de l’Hérault et du Gard avaient au préalable interdit cette symbolique. « On avait déjà mis le drapeau ukrainien et la banderole Ensemble pour la paix quand la guerre en Ukraine a commencé », s’étonnait Sylvain André.

    La seule provocation sera celle d’Alexandre Allegret-Pilot. Le député UDR s’est octroyé le pouvoir d’aller dans la nuit retirer le drapeau de la mairie de Cendras. Il n’a pas été inquiété depuis.

  • Hommages aux Poilus à Marseille

    Hommages aux Poilus à Marseille

    « Garantir la sécurité, la liberté et la dignité de chacun, ce projet porte un nom : la République » a réaffirmé ce mardi 11 novembre Alice Rufo, ministre déléguée auprès de la ministre des armées et des anciens combattants par la voix d’Isabelle Epaillard, préfète des Bouches-du-Rhône par intérim, qui a lu son message lors de la cérémonie d’hommage aux combattants de la Première guerre mondiale. Députés, sénateurs, le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG), la présidente de la Métropole, Martine Vassale (DVD) et les autorités militaires se sont réunis devant la porte d’Aix en fin de matinée. Cadets de Marseille et élèves de 3e du collège Mallarmé étaient également présents, assurant la lecture des poèmes « Mon enfant »,, « 1914 », « Les tranchées » de Fabienne Berthomier ou de « La dernière lettre écrite à ses élèves par l’Adjudant Henri Boulle. »

    Dans l’après-midi, c’est au carré militaire du cimetière Saint-Pierre que se sont retrouvés des élus de la majorité départementale, sous l’égide de la présidente Martine Vassal qu’une cérémonie a eu lieu avec un hommage à Gaston Castel, architecte de la Ville de Marseille et des Bouches-du-Rhône, qui a réalisé plus de 270 bâtiments dont la crypte du cimetière, l’opéra de Marseille ou encore les Baumettes… Mais dont on sait moins qu’il fut mobilisé dès septembre 1914, combattit à quelques encablures de Verdun avant d’y laisser un oeil. Une gueule cassée qui plus tard n’hésitera pas à s’engager dans la Résistance…

    La crypte est d’ailleurs ouverte au public gratuitement tous les jours jusqu’au dimanche 16 novembre, avec une exposition, organisée par les Amis du Vieux Saint-Marcel, le comité de Marseille du Souvenir français et l’association républicaine des anciens combattants de Saint-Marcel.

  • Des mairies hissent le drapeau palestinien dans le Gard et l’Hérault

    Des mairies hissent le drapeau palestinien dans le Gard et l’Hérault

    Ce n’est pas tous les jours que le conseil municipal de Cendras soutient le président de la République », lance Sylvain André devant sa mairie. L’édile communiste de Cendras a en effet accroché le drapeau palestinien lundi 22 septembre et organisé un rassemblement en fin de journée pour saluer la décision de la France de reconnaître officiellement l’État de Palestine.

    À l’instar des communes de Saint-Julien-les-Rosiers et Le Martinet, Sylvain André n’a pas suivi les consignes de la préfecture concernant l’accrochage du drapeau palestinien. « Je suis surpris par la polémique. Avec ce drapeau, je soutiens la diplomatie française. On avait déjà mis le drapeau ukrainien et la banderole Ensemble pour la paix quand la guerre en Ukraine a commencé », explique Sylvain André.

    Dans l’Hérault, plusieurs maires ont également accroché les couleurs de la Palestine comme René Revol (LFI). Saisi par la préfecture, le tribunal administratif de Montpellier a suspendu la décision du maire et le préfet lui a « demandé » d’appliquer cette décision. « La consigne du ministre de l’Intérieur contredit de fait la position diplomatique de la France et ne peut donc avoir aucune légitimité », s’est expliqué l’édile qui a laissé le drapeau flotter toute la journée de lundi. Des rassemblements ont également eu lieu devant de nombreuses mairies pour saluer la position française.

    À Cendras aussi, le drapeau palestinien devait être décroché mardi matin. Mais le député d’extrême droite de la circonscription, Alexandre Allegret-Pilot (UDR), en a décidé autrement en venant l’enlever en pleine nuit.

    Sylvain André menacé

    Dans une vidéo où il se met en scène, l’élu ciottiste explique : « Le préfet du Gard a exigé que le drapeau soit retiré. Sans surprise, rien n’est fait. Donc on doit s’en occuper », lance-t-il avant de décrocher lui-même le drapeau. « Il s’est octroyé un pouvoir judiciaire qui n’est pas le sien en commettant une atteinte à l’autorité de la commune et au bon ordre public […]. Je demeure profondément choqué par cet épisode auquel je me réserve le droit de donner une suite judiciaire », a réagi Sylvain André qui a été contraint de fermer les commentaires sur les réseaux sociaux devant le flot d’insultes reçues : « J’ai reçu des messages comme « qu’il prenne le Hamas chez lui », « terroriste », « islamogauchiste ». Il y en a même un qui a dit : “Qu’on le brûle”. Je ne sais pas si c’était le drapeau ou le maire. »

  • Des mairies hissent le drapeau palestinien dans le Gard et l’Hérault

    Des mairies hissent le drapeau palestinien dans le Gard et l’Hérault

    « Ce n’est pas tous les jours que le conseil municipal de Cendras soutient le président de la République », lance Sylvain André devant sa mairie. L’édile communiste de Cendras a en effet accroché le drapeau palestinien lundi 22 septembre et organisé un rassemblement en fin de journée pour saluer la décision de la France de reconnaître officiellement l’État de Palestine.

    À l’instar des communes de Saint-Julien-les-Rosiers et Le Martinet, Sylvain André n’a pas suivi les consignes de la préfecture concernant l’accrochage du drapeau palestinien. « Je suis surpris par la polémique. Avec ce drapeau, je soutiens la diplomatie française. On avait déjà mis le drapeau ukrainien et la banderole «Ensemble pour la paix» quand la guerre en Ukraine a commencé », explique Sylvain André.

    Dans l’Hérault, plusieurs maires ont également accroché les couleurs de la Palestine comme René Révol (LFI). Saisi par la préfecture, le tribunal administratif de Montpellier a suspendu la décision du maire et le préfet lui a « demandé» d’appliquer cette décision. « La consigne du ministre de l’Intérieur contredit de fait la position diplomatique de la France et ne peut donc avoir aucune légitimité », s’est expliqué l’édile qui a laissé le drapeau flotter toute la journée de lundi. Des rassemblements ont également eu lieu devant de nombreuses mairies pour saluer la position française.

    Allegret-Pilot décroche le drapeau en pleine nuit

    À Cendras aussi, le drapeau palestinien devait être décroché mardi matin. Mais le député d’extrême droite de la circonscription, Alexandre Allegret-Pilot (UDR), en a décidé autrement en venant l’enlever en pleine nuit. Dans une vidéo où il se met en scène, l’élu ciottiste explique : «Le préfet du Gard a exigé que le drapeau soit retiré. Sans surprise, rien n’est fait. Donc on doit s’en occuper », lance-t-il avant de décrocher lui-même le drapeau.

    « Il s’est octroyé un pouvoir judiciaire qui n’est pas le sien en commettant une atteinte à l’autorité de la commune et au bon ordre public […]. Je demeure profondément choqué par cet épisode auquel je me réserve le droit de donner une suite judiciaire », a réagi Sylvain André qui a été contraint de fermer les commentaires sur les réseaux sociaux devant le flot d’insultes reçues : « J’ai reçu des messages comme « qu’il prenne le Hamas chez lui », « terroriste », «islamogauchiste ». Il y en a même un qui a dit : « Qu’on le brûle ». Je ne sais pas si c’était le drapeau ou le maire ».

  • Martigues demande des actes pour la Palestine

    Martigues demande des actes pour la Palestine

    Keffiehs, drapeaux, t-shirt orné d’une carte de son territoire, pendentifs… La Palestine était partout sur le parvis de l’hôtel de ville de Martigues ce lundi 22 septembre, quelques heures avant sa reconnaissance officielle par la France. « Cet acte, que nous attendions et que nous exigions depuis tant d’années, constitue une étape importante pour la justice et pour la paix au Proche-Orient, affirme le maire (PCF) Gaby Charroux devant une centaine de personnes. Il vient reconnaître les droits fondamentaux du peuple palestinien, bafoués depuis trop longtemps au mépris du droit international et de la dignité humaine. »

    Pour Thierry Louchon, président du collectif Solidarité Palestine, cette reconnaissance est « un symbole important » mais tardif. « Le parlement français l’avait voté en 2014, donc ça fait 11 ans quand même », note-t-il.

    Un drapeau à la main, Dahbia Lariche assène : « Ce n’est pas suffisant. Ils sont en train de reconnaître un cimetière ». La Martégale, qui a participé à la marche au Caire puis à la mobilisation au pied du Parlement européen à Bruxelles, aurait souhaité voir cette reconnaissance arriver plus tôt, elle qui a vu, en Égypte, « des familles palestiniennes avec des enfants sans bras, sans jambe, qui n’ont le droit de rien faire, ni de travailler, ni de se faire soigner, qui sont en prison, il y a juste les bombes qui ne leur tombent pas dessus ».

    Poursuivre la démarche

    Le mouvement de la paix a envoyé des propositions au président de la République au 17 septembre, l’appelant à « demander une assemblée générale exceptionnelle des Nations unies pour exiger un cessez-le-feu immédiat et le retrait de l’armée israélienne, faire entrer l’aide humanitaire abondamment, appeler tous les États à adopter des sanctions globales, un vrai embargo militaire, réactiver les mécanismes anti-apartheid qui avaient été mis en place contre l’Afrique du Sud, mandater une force de protection armée multinationale de l’ONU afin de protéger les civils », énumère la présidente de la section locale Élisabeth Grand.

    Martigues, comme sa voisine Port-de-Bouc et plus de 80 autres communes à travers la France selon un décompte communiqué par le ministère de l’Intérieur, affiche le drapeau palestinien devant sa mairie. Vendredi, Bruno Retailleau avait demandé aux préfets d’interdire ces pavoisements au nom de la neutralité du service public et de déférer les villes qui contreviendraient à cet ordre devant le tribunal administratif. Gaby Charroux dénonce avec fermeté ces « pressions et intimidations ». « Cela est indigne, cela est grave et cela constitue une atteinte directe à la liberté des collectivités locales, à la démocratie et à la cohérence même de la position française. (…) La solidarité n’est pas un délit. L’engagement pour la paix n’est pas une provocation. »