Tag: douches

  • Un bar continue d’exploiter un rooftop illégal à Malmousque

    Un bar continue d’exploiter un rooftop illégal à Malmousque

    Le bar Pigment au 237, corniche Kennedy (7e) persiste depuis septembre dernier à ouvrir un rooftop non autorisé mais très médiatisé sur les réseaux sociaux à l’approche de la saison estivale. Une dizaine de copropriétaires et riverains ont saisi la justice et les élus sur la persistance de cette exploitation illicite.

    Les plaintes s’amoncellent auprès des élus et des services et jusqu’au procureur de la République. « La clientèle et le personnel empruntent les parties communes, couloir et les escaliers de la copropriété. On a vu des clients pénétrer dans nos cours et jardins. Un week-end, plus de 40 personnes occupaient simultanément le rooftop », dénonce le collectif. Au-delà des nuisances engendrées, les enjeux de sécurité publique sont prégnants : quid de la résistance d’un toit non conçu pour supporter les charges d’un public important, l’absence d’issues de secours signalées, de dispositifs anti-incendie et ce « service de douches » proposé à la clientèle ?

    « On a toutes les autorisations nécessaires de la Ville et de la Préfecture sinon vous vous doutez bien qu’on n’ouvrirait pas », répond crânement Benjamin Honnorat, le gérant joint vendredi. « Je montre tous les documents à la police municipale quand elle est appelée chaque semaine par les voisins et ça se passe très bien. Il n’y a aucun sujet », coupe-t-il.

    « L’accueil de public est strictement interdit »

    L’exploitant, locataire du bar au rez-de-chaussée, n’a en réalité demandé aucune autorisation d’urbanisme pour démolir deux cabanons sur le toit, retirer deux puits de lumière, poser des garde-corps et procéder à un changement d’usage privatif en exploitation commerciale. Dès l’ouverture en septembre, le service de l’urbanisme a dressé un PV d’infraction et saisi le Parquet. Le bar « Pigment » n’a pas davantage d’autorisation de la commission communale de sécurité pour utiliser ce toit en extension du bar. Il a été mis en demeure par la Ville dès le 25 septembre 2025 qui lui a signifié « l’interdiction d’accueillir du public sur le toit-terrasse ». Après un avis défavorable le 9 décembre à sa demande de mise en conformité « en raison d’un défaut d’accessibilité », le bar a déposé une nouvelle demande qui est à l’instruction. « L’accueil de public sur le toit-terrasse est strictement interdit », lui a signifié en caractère gras et souligné la conseillère municipale déléguée à la commission communale de sécurité et des périls, Laure Rovera, dans un courrier du 5 mai notifié par la police municipale cette semaine. Il fait suite à une nouvelle alerte de la maire de secteur Sophie Camard inquiète d’un « effet d’entraînement » sur d’autres exploitants. « L’exploitant engage sa responsabilité pénale en cas d’ouverture au public » a nous a précisé hier la Ville.

    « C’est une terrasse privée d’appartement ouverte au grand public sans autorisation. L’accès se fait par les parties communes d’un immeuble d’habitation bourgeoise. Le règlement de copropriété n’autorise pas d’activités commerciales ou professionnelles dans les étages », résume l’avocate du syndicat des copropriétaires, Me Hinde Kalai qui affute une assignation en référé.

  • Un nouvel havre pour les jeunes exilés au centre de Marseille

    Un nouvel havre pour les jeunes exilés au centre de Marseille

    « Aide au devoir, permanence papier, permanence médicale, aide pour les CV, pétanque et goûter ». Dans les couloirs du GR1, rue sainte, un tableau veleda indique le programme de la journée. À quelques pas de l’Abbaye Saint-Victor, les anciens bureaux de l’armateur Bourbon ont été transformés, temporairement, en tiers lieu accueillant associations, artistes, entreprises sociales et, au rez-de-jardin le GR1, un lieu ressource pour les jeunes en situation d’exil de 15 à 25 ans. Ouvert du mardi au vendredi, ce refuge permet à ces adolescents de manger, se reposer, jouer, se retrouver, être soignés et accompagnés dans toutes leurs démarches administratives.

    « On s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup de jeunes exilés qui ne faisaient l’objet d’aucune prise en charge [car leur minorité n’a pas été reconnue] donc on s’est dit qu’ils avaient besoin d’un lieu ressource », explique Pierre Baglin, coordinateur du projet Médecins sans frontières à Marseille et initiateur du projet. Le lieu est aussi ouvert aux jeunes majeurs « parce qu’on ne veut pas faire de différence, ce n’est pas parce qu’ils ont 18 ans qu’ils n’ont plus besoin d’aide », insiste Kerill Theurillat, animateur de réseaux de solidarité pour le Secours catholique.

    Porté par six associations, Yes We Camp, Just, Médecins sans frontières, l’armée du Salut, la Ligue de l’enseignement et le Secours catholique, le projet est né en 2024 à Sainte-Marguerite (9e) avant d’aménager rue sainte en janvier au moins pour un an. « C’est temporaire, mais on devait quitter l’ancien lieu car il allait être vendu. L’objectif c’est de trouver un lieu pérenne », explique Valentin Prélat, coordinateur du projet Rivage, qui accueille le GR1.

    C’est dans les 500 m2 du rez-de-jardin, avec vu sur le Vieux-Port que le GR1 a posé ses valises, au même étage que la cantine où les jeunes peuvent manger gratuitement. Si le lieu répond aux besoins premiers de ces jeunes, dont certains dorment dans des squats ou à la rue, avec des repas, des douches, des machines à laver et une salle pour dormir, ils y trouvent aussi un accompagnement médical, social et scolaire.

    Entre amis

    Mais c’est aussi un lieu de sociabilité qu’ils viennent trouver où, comme les jeunes de leur âge, ils peuvent discuter, jouer à Fifa, au babyfoot ou faire des activités. Cet après-midi, les couloirs sont d’ailleurs vides. C’est dehors, dans le square Bertie Albrecht, qu’une dizaine d’entre eux se sont donné rendez-vous pour jouer à la pétanque. Pour Ibrahim* c’était une grande première : « Je n’avais jamais joué, c’était sympa ». Élève dans une formation d’électricien, il vient environ une fois par semaine pour suivre des cours de français, mais surtout pour jouer à la PlayStation car ici, « tout le monde est [son] ami », sourit-il. Aboubacar* lui vient presque tous les jours. « J’aime bien parce que j’y retrouve mes amis, on s’amuse, on fait du foot parfois », raconte l’adolescent. Un lieu où il se rend également pour trouver de l’accompagnement pour ses démarches administratives. Certains y côtoient aussi une figure de grand frère incarnée par Mamadou Sabaa Diallo, régisseur social, qui a lui aussi connu un parcours d’exil. « Souvent, quand ils arrivent, ils perdent confiance et espoir, parce qu’ils pensent qu’une fois arrivé en Europe, tout rentre dans l’ordre. Donc j’essaie de leur redonner de la force et de les accompagner, parce qu’ils s’identifient beaucoup à moi. » Le GR1 est un véritable refuge pour ces adolescents et jeunes adultes dont le parcours est souvent semé de violence physiques, psychologiques et administratives.

    * Les prénoms ont été modifiés