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  • [Quoi de neuf] « Il y a un angle mort sur le Midi blanc, conservateur »

    [Quoi de neuf] « Il y a un angle mort sur le Midi blanc, conservateur »

    Rémy Cougnenc : Le festival les Fourmilières contre les idées l’extrême droite est une première. Qu’est-ce que cela révèle du climat actuel ?

    Emmanuel Négrier : L’importance de l’enjeu et la très grande difficulté dans laquelle se trouvent les grands mouvements ciblés par l’extrême droite aujourd’hui. À savoir : trouver les armes pour lutter contre cette ascension. On voit dans le spectre électoral, les dynamiques de partis, les prises de position, une droitisation généralisée du discours et donc la fragilisation de personnes, groupes sociaux ou culturels ciblés par le RN. On le constate dans les premières expériences des villes conquises par le RN. L’urgence que manifestent ces mouvements, c’est de reprendre un peu la main pour faire le travail des partis politiques [de gauche, ndlr]. Il est essentiel de revenir sur l’Histoire pour ne pas se laisser berner par des discours populistes.

    Rémy Cougnenc : Philippe Secondy, c’est une plus-
    value historique que vous avez amenée au débat
    à la Carmagnole du 15
     septembre ?

    Philippe Secondy : Tout à fait. Je donne un éclairage sur l’esprit des lieux. Chaque territoire a des singularités politiques. Il est nécessaire de faire un long détour dans les archives pour montrer comment ces territoires ont été imprégnés sur le plan politique par des conflits parfois ancestraux avec des dimensions sociales, religieuses, économiques… qui ont pu peser.

    Rémy Cougnenc : Dans votre ouvrage, « La persistance du Midi Blanc » (catholicisme traditionnel, royauté, antirépublicains), vous expliquez que la crise viticole de 1907 a bouleversé les rapports de force avec le « Midi Rouge »…

    Philippe Secondy : Pour comprendre 1907, il faut comprendre ce qui s’est passé depuis la fin du XVIIIe siècle. En Languedoc et dans le sous-secteur rhodanien, on a un affrontement net entre les « rouges » et les « blancs ». Les « bleus » – les Orléanistes et Bonapartistes – étaient quelque peu marginaux. L’extrême droite a des racines dans ce Midi royaliste, dans lequel la religion va jouer un rôle de ciment fédérateur. Au XIXe, il y aura plusieurs dimensions. Dès 1819 avec la Restauration, durant Louis XVIII, Montpellier est la première ville de France à ériger un monument en l’honneur du « roi martyr », Louis XVI. La pose de la première pierre a donné lieu à un grand rassemblement populaire en 1819. La statue a été érigée place des Capucins aujourd’hui place du marché aux fleurs (à côté de la préfecture). On a des grands propriétaires terriens nobles alliés à la haute bourgeoisie mais aussi un enracinement de cette culture politique au sein des couches populaires. Tout cela sera confirmé lors des élections de 1849 après l’instauration du suffrage universel direct masculin. On va voir surgir des bastions « blancs » notamment dans l’est de l’Hérault. Au fil du siècle, ce Midi blanc va se consolider avec le journal L’Éclair qui naît en 1881 et qui existera avec un impact important jusqu’en 1944, dirigé par des membres de la noblesse et de la grande bourgeoisie. Ils seront rejoints par l’évêque Monseigneur de Cabrières qui jouera un rôle central durant un demi-siècle. En 1907, il va tendre la main aux révoltés de la viticulture et des perches à certains membres du « Midi rouge » qui est assez éclaté avec des radicaux-socialistes vus comme des radis : rouges de l’extérieur mais blancs de l’intérieur. Il va profiter de ce moment d’union nationale pour essayer de récupérer sur le plan politique ces viticulteurs massivement mobilisés contre l’État central [face à la surproduction de vin].

    Olivier Nottale : C’est vrai que les jeunes de 2026 n’ont pas forcément connaissance qu’il a pu exister ce « Midi blanc » à Montpellier…

    Philippe Secondy : En fait, il y a longtemps eu une focalisation sur le « Midi rouge » avec des travaux importants de l’historien Jean Sagnes ou Paul Alliès en science politique. Il y a un angle mort de ce Midi conservateur structuré par les royalistes. Chez eux, il y aura des entrepreneurs politiques qui ont accepté les règles de la modernité électorale avec le suffrage universel. Je pense notamment à l’avocat André Vincent qui à la fin du XIXe siècle va développer la jeunesse royaliste, laquelle va entamer un bras de fer avec les notables « blancs », favorables à une sorte d’honorable modération, ne souhaitant pas participer au jeu politique. Or, André Vincent et ses émules comprennent que pour agir concrètement, il faut adopter les nouvelles règles. Grâce au concours de l’Église, ils vont créer des structures de type associatif, vecteurs essentiels pour ancrer ce « Midi blanc ». On met aussi en avant ce qu’il se passe dans les monarchies européennes voisines. Une sorte de programme politique assez moderniste sur certains points se met en place.

    Rémy Cougnenc : Comment le « Midi blanc » a-t-il encaissé la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État ?

    Philippe Secondy : Cela a été un coup derrière la tête mais aussi un moment important de mobilisation politique. Mgr de Cabrières qui sera aussi cardinal va défier le Pape Léon XIII qui prônait le ralliement à la République. Il va écrire le manifeste d’Avignon.

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  • [Quoi de neuf ?] « Notre objectif est de faire venir les filles vers le foot »

    [Quoi de neuf ?] « Notre objectif est de faire venir les filles vers le foot »

    Le Montpellier Football Club* est unique. Depuis juillet, il est le seul club indépendant 100% féminin à évoluer dans l’élite (l’Arkema Première Ligue) et entend faire grandir de jeunes joueuses au sein de son centre de formation dirigé par un grand nom du foot, Jean-Louis Zaez.

    À la direction sportive, Laura Agard, ancienne joueuse professionnelle, est viscéralement attachée au bien-être et au suivi des athlètes tandis que Ségolène Levelut (au centre sur la photo), responsable de la communication, entend ancrer le MFC dans la cité et au-delà et fédérer les « supporteur.ices ». Il et elles sont cette semaine au micro de Divergence-La Marseillaise.

    Françoise Verna : Comment est organisé le Montpellier Football Club notamment pour l’accueil des plus jeunes ?
    Jean-Louis Zaez : Nous avons une association qui gère les enfants, filles et garçons de 6-7 ans jusqu’à 15 ans, et après les deux sociétés sportives, Montpellier Hérault Sport Club s’occupe des garçons, et maintenant le Montpellier FC s’occupe des filles. Notre objectif est de faire venir les filles vers le foot et vers le sport en général. Je pense qu’il n’y a pas encore assez de filles qui arrivent dans le sport à l’âge de 6 à 8 ans, 10 ans, pour que l’on puisse les accueillir. Nous sommes prêts à le faire au Montpellier FC. Nous commençons des partenariats avec des clubs autour de la métropole. On sent que le foot féminin est en train de grandir même si depuis 4, 5 ans il y a une stagnation. Mais je sens que par la masse, on arrivera à sortir une élite.

    Olivier Nottale : Pour que le club s’installe, il faut que les petites filles viennent en nombre se former ?
    Jean-Louis Zaez : C’est tout à fait ça. Tous les clubs sportifs doivent être capables d’accueillir les filles comme on accueille les garçons. Forcément, les installations ne sont pas toujours accueillantes pour les filles mais depuis les années 2010, on sent une émulation. Pour tirer une bonne élite il faut que l’on ait plus de jeunes joueuses qui arrivent dans les clubs féminins.

    Françoise Verna : En quoi consiste le rôle de directrice sportive ?
    Laura Agard : Il y a déjà la relation entre le staff et les joueuses. Étant une ancienne joueuse je connais les difficultés rencontrées par les joueuses mais aussi par le staff, le médical. Il s’agit de gérer au quotidien et un peu dans tous les sens. C’est aussi un rôle qu’a tenu Jean-Louis pendant longtemps. Il y a aussi le suivi avec l’académie [le centre de formation] pour faire sortir les meilleures jeunes et les intégrer au groupe pro et leur faire signer leurs premiers contrats pro aussi. Depuis que Crux a repris la section féminine on a un directeur de la stratégie du football et quelqu’un au recrutement. Il y a aussi le côté après carrière. Je trouve important de travailler avec les universités, les formations, qu’elles n’aient pas que le foot. Parce que oui, c’est pro mais une carrière c’est 5 ans, 6 ans et ce n’est pas comme chez les garçons qui vont pouvoir en vivre après. Il est important qu’elles se forment à l’extérieur, qu’elles aient accès à des études. C’est important qu’elles se projettent. Il y a un gros travail sur l’après. C’est la grande différence entre foot féminin et masculin.

    Olivier Nottale : L’identité d’un club cela se travaille. Il y a l’héritage glorieux du MHSC et il faut aussi construire une indépendance. Comme travaillez-vous cela ?
    Ségolène Levelut : La volonté de Crux au moment du rachat c’était d’avoir un club indépendant, 100% féminin. Une indépendance qui soit visible. Il fallait qu’aux yeux du public on ait un nouveau nom, un nouveau logo, une identité visuelle qui évolue pour vraiment marquer aux yeux du monde cette indépendance-là. Donc, cet été on a dévoilé un nouveau logo, avec un magnifique flamant rose en son centre et on a aussi la chance d’avoir un magnifique maillot domicile et extérieur avec notre nouvel équipementier, Adidas. Cette identité, elle a été pensée, au sein du logo, pour aussi refléter l’héritage du club. On est un nouveau club mais on a un héritage qu’il faut souligner et qu’il est important de marquer parce que Montpellier reste pionnier au niveau du foot féminin en France. C’était le premier club à offrir un contrat pro à une joueuse en France. Donc, on a la date de fondation qui est 2001 et deux losanges qui était dans l’ancien logo. Cela souligne la transition. La particularité aussi avec ce nouveau nom, le Montpellier FC, on est le seul club 100% féminin dont le nom n’inclut pas le mot « féminine ». Par exemple si vous jouez contre le PSG, c’est « PSG féminine », contre l’OM, c’est « les Marseillaises ».

    Françoise Verna : Quels sont les projets du Montpellier Football Club côté liens avec le territoire ?
    Ségolène Levelut : On a pour objectif cette année de développer un tissu de partenariats avec les clubs amateurs qui ont des sections féminines à Montpellier et sur le territoire de la région (…) Il faut arriver à dégenrer le sport et les mentalités doivent évoluer. Sur le match à la Mosson le 19 septembre [le Montpellier FC reçoit Marseille], il va y avoir un tifo qui porte un message fort : « 14 ans, c’est pas un âge pour prendre sa retraite », porté par un nouveau partenaire de l’Arkema Première Ligue, la mutuelle MGEN. Aujourd’hui, une fille sur deux arrête le sport à l’adolescence.

    *La section féminine du MHSC a été rachetée en octobre 2025 par Crux Football. Le Montpellier Football Club.est né de cette acquisition en juillet 2026.

  • [Quoi de neuf] « Nous espérons créer une émulation autour du jazz »

    [Quoi de neuf] « Nous espérons créer une émulation autour du jazz »

    Françoise Verna : Diriez-vous, dans le contexte où nous sommes et après l’annulation par la mairie d’extrême droite RN de Vauvert du festival Jazz à Vauvert, que les festivals sont entrés en résistance ?

    Sébastien Cabrié : Oui, c’est sûr. C’est compliqué depuis quelques années. Il y a festival et festival. Nous, on représente des festivals portés par des associations loi 1901 à but non lucratif, portés par une centaine de bénévoles. Moi, je suis salarié, seul à l’année, avec une collègue à mi-temps. Forcément la question économique pèse chaque année et tout est remis en question chaque année malgré que nous sommes, pour notre part, conventionnés avec l’État, la Région, le Département du Gard, la communauté de communes du Pays de Sommières et la mairie de Junas. C’est une chance de pouvoir discuter avec tous les partenaires publics autour d’une même table avec le même projet, en tout cas l’idée de défendre ce que l’on fait tout au long de l’année. Parce qu’il y a les festivals mais aussi les actions auprès des scolaires, en école, collège, lycée. Il y a aussi du cinéma. On essaie de parler du jazz le plus possible et dans tous les domaines.

    Olivier Nottale : Mais vous devez résister de plus en plus ?

    Sébastien Cabrié : On résiste déjà depuis de nombreuses années au fur et à mesure des différents gouvernements, c’est au-delà du jazz, cela concerne la culture en général. La culture, on sait que c’est la dernière roue de la charrette, celle qui est sacrifiée en premier. Et là se sont rajoutées les élections municipales. On en a vécu, cela 33 ans que jazz à Junas existe. Mais là la tendance nationale est assez alarmiste puisque le RN a progressé fortement dans plein d’endroits.

    Françoise Verna : Il y a eu des conséquences très concrètes puisque la mairie RN de Vauvert a décidé de supprimer le festival Jazz à Vauvert. Cela vous a surpris ?

    Sébastien Cabrié : On savait que le maire actuel ne nous aimait pas trop. Il nous l’a redit cordialement lors de notre rendez-vous. Il votait déjà contre la subvention quand il était dans l’opposition. Pour vous résumer l’historique du festival, il y a eu onze ans de festival porté par d’autres personnes et notamment par la mairie de Vauvert en place à l’époque il y a 23 ans. On est arrivé à la 12e édition.

    Olivier Nottale : Le festival a trouvé refuge à Vergèze. Comment on passe d’une commune à l’autre ?

    Sébastien Cabrié : Il y avait deux choses. D’abord l’aspect financier. L’association ne devait pas être mise en grande difficulté parce que la subvention supprimée était de 65 000 euros, deux mois avant le festival. On s’est appuyé sur une convention, votée par l’ancienne mairie, jusqu’en 2026 mais il manquait le vote au conseil municipal. Face au nouveau maire, on avait la convention mais pas les sous. Quand on a rencontré le nouveau maire, il nous a dit qu’il ne nous portait pas dans son cœur, que nous étions une association hors Vauvert. On ne pensait pas faire 2027 mais l’édition 2026, oui, mais il dit nous a dit qu’il l’annulait. On aurait pu couler et avec nous les emplois. C’était une question financière mais liée à une question artistique : on ne pouvait pas annuler. Nous avons téléphoné à tous les artistes, les agents, etc. et essayé de rebondir, trouver une solution de repli. Les musiciens étaient tous d’accord pour continuer et ont baissé leur cachet. Il y a eu la mairie de Vergèze qui a réagi très rapidement pour nous accueillir.

    Françoise Verna : La maire de Vergèze, Pascale Fortunat-Deschamps, a dit oui sans hésiter ?

    Sébastien Cabrié : Elle a fait preuve d’une rapidité de réaction et d’engagement. Parce que ce n’est pas un engagement neutre. Elle a assumé ça et on la remercie. On a aussi été aidé par le Département du Gard et de la Région Occitanie.

    Olivier Nottale : Il y a aussi une question de fond : la conception de la culture par l’extrême droite. Or, le jazz c’est l’ouverture à l’autre ?

    Sébastien Cabrié : Les mots qui ont été donnés lors de ce rendez-vous, c’était « élitiste » au moins 25 fois ! On touche pourtant 1 000 élèves chaque année ! Nous, on programme des musiciens vivants qui font la musique d’aujourd’hui.

    Françoise Verna : C’est un faux débat cette opposition entre culture élitiste et populaire ?

    Sébastien Cabrié : Nous n’avons pas essayé de les convaincre, ce n’est pas notre but mais, si on veut, tout peut être une niche : le rock, la chanson…

    Olivier Nottale : Les dates approchent pour jazz à Vergèze. Êtes-vous optimiste sur le niveau de fréquentation ?

    Nous avons remboursé très peu de personnes. On a eu plutôt des soutiens avec des personnes qui ont pris le pass deux jours au lieu de ne venir qu’un soir, et nous les remercions. Après de changer de lieu, c’est compliqué. Mais on va gagner un nouveau public, à la fois des gens qui soutiennent la culture mais qui viendront aussi pour les musiciens de très haut niveau. La fréquentation est plutôt pas trop mal.

    Jazz à Vergèze les 26 et 27 juin

    33e édition du festival Jazz à Junas du 22 au 25 juillet

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  • [Quoi de neuf] Pénélope Diot : « On a voulu raconter des histoires de femmes »

    [Quoi de neuf] Pénélope Diot : « On a voulu raconter des histoires de femmes »

    Olivier Nottale : Pouvez-vous présenter votre association ?

    Pénélope Diot : Jasmin d’Orient existe depuis 20 ans dans le quartier Saint-Martin/Tournezy à Montpellier. Elle a été fondée par Samia Khouaja qui est toujours la présidente. À la base, l’association propose des cours d’apprentissage du français et des cours de gym. En arrivant dans ce quartier prioritaire avec beaucoup de familles monoparentales, Samia a vu beaucoup de femmes isolées sans activité. Elle a eu envie de créer des espaces pour ces femmes pour qu’elles puissent créer du lien, sortir de chez elles, de l’isolement. C’est aussi une association où il y a beaucoup de jeunes. On leur a proposé des actions culturelles, des sorties, des séjours, des cafés rencontres sur de l’accompagnement à la parentalité. C’est une association à l’écoute des besoins des territoires en offrant des solutions, des espaces, des projets participatifs. À travers l’apprentissage du français, la culture ou l’accès au sport, on va créer du lien social. On se décrit comme une association socio-culturelle.

    Rémy Cougnenc : Vous avez 20 bénévoles et 6 salariés. Ce sont des jeunes du quartier qui s’investissent ?

    P.D. : La plupart des bénévoles sont des enseignants FLE (français langue étrangère). Ils participent à nos actions dans l’espace public. Par exemple pendant deux ans au festival « Au rythme de la vie » qui n’a pas pu être maintenu pour des raisons financières. On a aussi des bénévoles de l’accompagnement scolaire du lundi au jeudi avec un maillage intergénérationnel.

    Rémy Cougnenc : Avez-vous perçu un risque de décrochage scolaire dans ce quartier en raison de la barrière de la langue par exemple ?

    P.D. : Une des problématiques de ce quartier c’est effectivement qu’on a beaucoup de jeunes en décrochage scolaire entre 16 et 25 ans. Des acteurs sont mobilisés comme la mission locale. Mais il y a un enjeu sur la jeunesse. On propose des stages d’initiation à la photographie, on a un agrément jeunesse et éducation populaire, on propose des débats philos avec des intervenants…

    Rémy Cougnenc : Les parents viennent-ils davantage vers vous de peur que leurs enfants ne tombent dans le fléau du narcotrafic ?

    P.D. : Il y a une inquiétude des parents et nous aussi notre rôle est de rassurer de mettre en lien avec des structures psy. La santé mentale est un sujet dans les quartiers et il y a peu de structures. Il faut déconstruire les idées reçues. On propose des espaces avec les mamans, autour de goûters on discute de troubles de santé mentale, sur comment discuter avec son adolescent… Les mamans se rassurent entre elles, se rendent compte qu’elles ne sont pas seules. On essaye de dynamiser le quartier parfois diabolisé dans les médias, de ne pas le rendre fantôme.

    Olivier Nottale : C’est vrai que les quartiers sont souvent stigmatisés sur de fausses idées…

    P.D. : C’est ce qu’on défend avec Samia. Les jeunes sont mobilisés dans ces quartiers, il y a beaucoup de solidarité, une interculturalité aussi. Le mélange des cultures crée du lien et des choses magnifiques. On essaye de valoriser l’image des quartiers.

    Rémy Cougnenc : De quels pays sont originaires les gens qui viennent vers l’association ? Avez-vous des Syriens, des Ukrainiens ?

    P.D. : Le cœur de l’activité de l’association c’est l’apprentissage du FLE. On compte 57 nationalités différentes. Il y a des apprenants qui viennent de partout dans le monde et de plusieurs endroits de Montpellier. On n’est pas cantonné à Saint-Martin. Cela crée des échanges riches. On développe des actions culturelles grâce à cette interculturalité. Par exemple, pour notre exposition créée cette année, on a 10 personnes de 6 nationalités différentes. On a des femmes du Liban, un homme d’Algérie, une femme d’Albanie… Aussi une personne qui vient d’Ukraine, beaucoup d’Amérique du Sud : Colombie, Mexique, Brésil. On a aussi des femmes chinoises, thaïlandaises, vietnamiennes…

    Olivier Nottale : Cette exposition sonore propose une rencontre avec des récits de femmes marquées par le déplacement, la transmission et la mémoire. Pouvez-vous nous en dire plus ?

    P.D. : C’est une exposition qui est le résultat d’actions collectives. L’idée c’est de créer une participation active des personnes. Dans le cadre de la journée internationale des droits des femmes (le 8 mars), on a voulu raconter des histoires de femmes. C’est une exposition sonore. On a enregistré 7 personnes (10 ont participé aux ateliers) pour faire revivre leurs anecdotes, leurs histoires. L’idée c’était de parler de soi en tant que femme ou bien de parler d’une femme qu’on connaît : sa mère, sa sœur… et de croiser ces mémoires. On peut se rendre à cette exposition au Café social, près de la tour Saint-Martin. On est en train de visiter d’autres lieux d’exposition pour faire circuler ces récits, que d’autres personnes puissent les écouter dans d’autres quartiers et communes. On s’est aperçus que peu importe d’où on vient, des histoires très personnelles peuvent toucher d’autres gens.

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  • [Quoi de neuf] Fanette Bonnaric : « Une fois l’asile obtenu, se pose l’enjeu de l’intégration»

    [Quoi de neuf] Fanette Bonnaric : « Une fois l’asile obtenu, se pose l’enjeu de l’intégration»

    Louis Dupin : Quelles sont les missions de votre association Forum Réfugiés ?

    Fanette Bonnaric : Forum Réfugiés est une association dans un premier temps lyonnaise, qui s’est étendue sur différents territoires français (Paca, Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes). Elle porte différents programmes pour les demandeurs d’asile. Les demandeurs d’asile sont les personnes qui déposent une demande d’asile en préfecture. Ces personnes vont être auditionnées à l’Ofpra, l’Office français pour les réfugiés et les apatrides. Et donc, pendant toute cette phase de demande d’asile, Forum Réfugiés porte différents programmes d’accompagnement pour ces publics sur différents territoires. Une fois l’asile obtenu pour certains -tout le monde ne l’obtient pas- se pose l’enjeu de l’intégration, à savoir reconstruire une vie sur le territoire français, trouver sa place dans cette nouvelle société.

    Olivier Nottale : Une fois toutes les difficultés administratives réglées, qu’est-ce qu’ils vont faire ?

    F.B. : Il est important de revenir un peu sur les définitions parce que le terme réfugié est souvent utilisé dans les médias comme synonyme du mot migrant. Pourtant, le terme réfugié correspond à une catégorie juridique qui est réglementée par la Convention de Genève. Donc nous, quand on parle de réfugiés, on parle de personnes qui ont déposé une demande d’asile et qui ont obtenu une réponse positive. Pour beaucoup, c’est la fin d’un voyage justement. Et avec nous commence un autre voyage, le voyage de la reconstruction et aussi de la confrontation avec la société française, avec son administration, avec son marché de l’emploi, avec son marché locatif. Et donc ce parcours n’est pas fini.

    Alors on porte plusieurs programmes. Notamment le programme Agir où les personnes qui sont prises en charge dans ce programme nous sont orientées par l’Office français pour l’intégration et l’immigration, une émanation de l’État. Effectivement, elles arrivent parfois quelques mois après avoir obtenu une protection, mais il n’y a pas encore eu toujours d’explicitation de tout ce que va être ce nouveau parcours d’intégration.

    O.N. : Et ces personnes
    ne se rendent pas compte de la difficulté qui
    les attendent…

    F.B. : Le parcours migratoire a été très long et très compliqué et douloureux. La demande d’asile a aussi pu prendre un certain temps, même si les délais se sont raccourcis. Mais c’est le temps de l’attente où les personnes ne savent pas si elles vont obtenir une protection. Donc c’est un temps qui est un peu suspendu hors du temps.

    Les personnes sont dans un statut ad hoc où il faut savoir que les six premiers mois après le dépôt d’une demande d’asile, les personnes n’ont pas le droit de travailler. Après ces six mois, l’accès au travail est entravé pour les demandeurs d’asile. Ils sont maintenus dans une situation d’oisiveté en attendant la réponse de l’Ofpra. Donc quand elles obtiennent la protection, elles se disent « c’est bon, je vais pouvoir travailler, je vais pouvoir trouver un logement ». Et effectivement, il y a toute une phase de déconstruction pour appréhender la réalité du marché de l’emploi, la réalité du logement. C’est parfois un moment de désenchantement pour ces personnes où souvent elles ont tenu pendant le parcours migratoire et pendant la demande d’asile.

    L.D. : Une autre partie du programme Agir est de coordonner tous les acteurs sur le terrain ?

    F.B. : Oui, parce que la question de l’intégration est une question très vaste. Il y a trois piliers dans nos programmes. Il y a l’accompagnement administratif et social. Les personnes doivent conduire un certain nombre de démarches pour être identifiées et reconnues par les administrations françaises. Elles doivent appréhender le fonctionnement de nos administrations qui sont très complexes et qui sont dématérialisées. Donc, lorsqu’on n’est pas forcément familier avec des démarches dématérialisées ou à l’aise avec la langue française, c’est un vrai enjeu. Il y a un deuxième volet, le logement et donc l’hébergement, et le troisième c’est l’insertion socioprofessionnelle. Donc ça mobilise de très nombreux acteurs et politiques publiques.

    O.N. : Vous parliez de la barrière de la langue. Quand on est un enfant, ça va vite. Mais c’est plus compliqué pour les adultes…

    F.B. : C’est beaucoup plus long parce que la perméabilité du cerveau, la plasticité n’est pas la même. Et puis les opportunités d’interaction aussi. Les enfants, ils ont cette chance d’être scolarisés, donc de baigner tous les jours dans le français. Pour les adultes, ça va être beaucoup plus compliqué parce que souvent, quand les personnes parlent peu le français, le marché de l’emploi va être très peu accessible. On socialise beaucoup au travail, mais c’est compliqué de trouver un travail quand on parle peu le français, même si c’est possible, mais c’est plus complexe. L’enjeu est aussi de vraiment créer des interactions entre des espaces d’échange, où les personnes peuvent se confronter à la société française en dehors des administrations ou des travailleurs sociaux qui les accompagnent.

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  • [Quoi de neuf] Serge Ragazzacci : « Une recrudescence des discriminations syndicales »

    [Quoi de neuf] Serge Ragazzacci : « Une recrudescence des discriminations syndicales »

    Louis Dupin : Les années passent, mais les femmes subissent toujours les inégalités au travail. Les mesures mises en place ne sont que des effets d’annonce ?

    Serge Ragazzacci : Oui, effectivement, on a eu foultitude de mesures annoncées mais qui ne sont que cosmétiques puisque la réalité, année après année, elle demeure. Ce sont effectivement des écarts de salaires de l’ordre de 22, 25%. 40% lorsqu’on arrive à la retraite. Donc, pour nous, le 8 mars, notre slogan sera « on compare et on répare ». C’est-à-dire comparer véritablement les salaires des femmes et des hommes. Par exemple, dans la fonction publique, quand le gouvernement décide de ne pas augmenter le point d’indice, il s’en prend à des femmes. Parce que ce sont majoritairement des femmes qui travaillent dans la fonction publique hospitalière, la fonction publique territoriale. Il y a aussi d’autres sujets tels que les droits sociaux pour permettre un accès à l’emploi facilité. Et celui de ne pas avoir à faire ce choix, lors d’une naissance, de plutôt privilégier le congé maternité parce que la femme a souvent le plus petit salaire.

    L.D. : Sur l’égalité salariale, en juin 2026, la France va devoir transposer une directive européenne sur la transparence salariale. Est-ce que ça pourra changer les choses ?

    S.R. : Ce serait bien que la France la transpose déjà. Il y a des sujets où bizarrement ça ne pose aucun problème. Il faut que cette transposition ait lieu, ce qui permettra d’avoir des éléments sur les différences salariales. Et puis, on met le pied dans la porte. Donc si c’est plutôt positif on le prend, mais ça ne suffira pas. Il va falloir des mobilisations derrière, parce qu’au-delà des inégalités dans l’entreprise, il y a aussi à avoir de véritables politiques d’augmentation salariale.

    Olivier Nottale : Le syndicalisme est attaqué de toutes parts, on vous pointe du doigt…

    S.R. : Oui, on constate une recrudescence des discriminations et des plaintes contre des syndicalistes. La plus emblématique étant celle de Sophie Binet. Ça peut amener des années de procédure, des militantes et des militants vont avoir à subir des interrogatoires pendant parfois plusieurs années pour des faits qui ne sont absolument pas répréhensibles. Et puis, au-delà de ça, ce qui nous inquiète, c’est que ces discriminations s’inscrivent dans un schéma global de remise en cause de l’ensemble des libertés fondamentales : le droit de grève, le droit de manifester mais aussi la justice.

    L.D. : Sur le département, vous venez d’ailleurs de finir votre mois sur les libertés syndicales pour recenser les discriminations ?

    S.R. : On avait lancé un mois des libertés syndicales pour avoir une remontée dans les entreprises parce qu’il y a des problèmes. On va continuer à recenser les cas de discriminations pour communiquer dessus, mais aussi sur les victoires. On a réussi à obtenir une victoire en première instance pour une camarade à Montpellier. On a le non-respect d’un protocole de fin de conflit à l’hémodialyse à Castelnau-le-Lez où la boîte a été sévèrement condamnée.

    L.D. : L’avenir du dépôt SNCF de Béziers va se jouer cette année. La CGT propose un projet pour le sauver…

    S.R. : C’est assez symptomatique de ce qui se passe dans le pays et sur notre département. Il y a près de 30 ans que le dépôt doit être fermé, qu’on empêche sa fermeture. Il y a 2 ans, on apprend que le dépôt fermerait d’ici trois ans. Pourquoi ? Les directions de la SNCF ne sont pas capables de répondre. Donc on a retravaillé avec le syndicat, puisqu’on a un problème sur cette région : il va y avoir de nouvelles rames qui vont arriver pour desservir la région. On sait que les deux centres de maintenance sont en surcapacité, ils ne peuvent pas engranger plus de boulot. Quid de l’entretien de ces nouvelles rames ? Il va falloir régler les problèmes de maintenance et d’entretien du matériel. C’est vital pour les trains du quotidien d’assurer une régularité, la sécurité des transports de voyageurs. Donc on a relancé l’idée à la fois du maintien du dépôt et des emplois – il en reste une quarantaine – mais surtout avec la création d’un centre de maintenance qui pourrait effectivement créer 100-150 emplois dans les années à venir. La Région a été interpellée, la SNCF est en train d’étudier la faisabilité du site. Derrière, ce qu’on est en train de faire, c’est de faire signer des pétitions et de mettre la population biterroise dans le coup.

    O. N. : Sur ces problèmes d’emploi, on a l’impression que dès qu’il y a une solution, ça freine, il y a un double discours…

    S. R. : Il n’y a pas un double discours, il y a une absence de volonté politique. Il y a 300 milliards d’aides publiques données sans aucune contrepartie. On aurait très bien les moyens aujourd’hui de protéger un certain nombre d’emplois et d’industries dans notre pays alors qu’on continue à licencier. Mittal, par exemple, touche 300 millions d’euros d’aides publiques pour licencier les gens en France. Il faut arrêter. Une des solutions peut être la nationalisation. Une autre serait de conditionner les aides. Et puis qu’il y ait une véritable stratégie nationale.

  • [Quoi de neuf] « Ce festival n’est pas du cinéma sorti de l’industrie »

    [Quoi de neuf] « Ce festival n’est pas du cinéma sorti de l’industrie »

    À Sète, l’association Salsa (Sète Amérique latine semaine artistique) organise chaque année les Rencontres du cinéma latino-américain. Son président Americo Bollati et Robert Chaluleau, programmateur, nous livrent les dessous de cette 19e édition qui se déroule du 4 au 10 octobre.

    Louis Dupin : Pouvez-vous nous parler de votre association, Salsa ?

    Americo Bollati : Salsa a été créée par Michel Maillet en 2006. C’est parti de sa passion pour l’histoire des pays d’Amérique latine, notamment Cuba. À l’origine, il est allé à Cuba plusieurs fois où il a fait deux documentaires. Il est revenu à Sète avec l’envie de faire une association autour de Cuba puis, finalement, l’idée s’est élargie sur
    toute l’Amérique latine. Malheureusement, Michel Mailly nous a quittés en 2016 et à ce moment-là, qu’on m’a mis la casquette de président.

    Louis Dupin : Vous organisez les Rencontres qui proposent 14 projections de films, dont cinq qui seront
    en compétition ?

    Americo Bollati : Pendant des années, notre festival ne donnait pas de prix. On a commencé l’année dernière avec le prix du public. Ça a très bien fonctionné, aussi bien comme une façon d’intégrer le public dans la dynamique de la projection que comme un moyen pour le réalisateur de mettre en valeur son film. Cette année, c’est tout nouveau, nous avons fait appel à des cinéastes, des réalisateurs pour constituer un jury qui remettra son prix.

    Louis Dupin : Comment s’opère cette sélection ?

    Robert Chaluleau : Ça prend du temps. Nous faisons notre marché en quelque sorte, parce qu’il faut quand même savoir d’où viennent les films. On va sur le festival Cinélatino à Toulouse, on prend des idées au Viva Mexico de Paris, le festival de Biarritz. On prend des contacts avec des réalisateurs, des acteurs ou des distributeurs, ce qui nous facilite souvent les choses. Il y a quelques années, on courait toujours, nous, pour aller chercher des films et maintenant il y a des distributeurs qui nous les proposent. Donc pour nous c’est quand même un gage de reconnaissance, de notoriété du festival.

    Olivier Nottale : Ces Rencontres permettent aussi de faire venir des acteurs, réalisateurs à Sète pour parler de leur travail et de leur pays ?

    Americo Bollati : Absolument. Cette année, on a deux réalisateurs invités, Jean-Louis Gonterre et Victor Excoffier, qui viennent à la médiathèque de Sète pour présenter leurs films dans un registre tout à fait inattendu. Il y a un documentaire sur la pomme de terre, réalisé par Jean-Louis Gonterre. Victor Excoffier a réalisé Apapachar, documentaire sur la Colombie, sur la quête du bonheur, comment être heureux. Ce sont des pièces uniques, parfois un peu fait à la main donc ce n’est pas le cinéma qui nous sort de l’industrie.

    Olivier Nottale : Il y a également d’autres événements autour du festival, de la musique, des rencontres littéraires…

    Robert Chaluleau : Pour la musique, on fait l’ouverture du festival avec un groupe cubano-français, Chamacos. Et pour la soirée de clôture, nous avons prévu un quatuor à cordes avec une cinquième personne qui jouera du bandonéon, instrument emblématique de l’Argentine.

    Americo Bollati : À Salsa, il n’y a pas que du cinéma. Mais aussi un club de lecture où des amateurs de la littérature latino-américaine se réunissent pour commenter des auteurs qu’ils ont lus. Chaque année, ils sélectionnent un invité pour une rencontre littéraire. Cette année, l’auteur argentin Diego Mucio présentera son dernier livre, L’œil du Goliath. Un livre non seulement très bien écrit, mais très intéressant, très original.

    Louis Dupin : L’Amérique latine a connu grand nombre de dictatures
    au cours du XX
    e siècle, impliquant un devoir de mémoire qui doit occuper une grande place dans
    le cinéma
     ?

    Robert Chaluleau : Oui, il y en a eu beaucoup. Et ça continue. Donc il nous semble important de faire reconnaître d’une part l’Histoire, mais d’apporter par ce biais-là aussi un soutien. Il y a des pays comme la Colombie ou même le Mexique, dirigés par des gens de gauche qui ont quand même besoin d’un soutien populaire chez eux, mais aussi vu de l’extérieur. Ils ont besoin d’une reconnaissance internationale. Donc ça nous semble en fait important de parler de tout ça et d’appuyer et de supporter ça.

    Louis Dupin : Le retour
    de l’extrême droite dans certains pays d’Amérique latine met-il en danger
    la culture ?

    Americo Bollati : Ça fait beaucoup de dégâts. L’Argentine avait créé l’Institut cinématographique des arts audiovisuels, l’INCAA. [Le président] Milei l’a tout simplement démantelé.

    Or, c’était une référence non seulement pour la création et la réalisation de films argentins, mais qui finançait aussi beaucoup de travaux de post-production, des films de l’Amérique latine en général. Des réalisateurs chiliens, mexicains, colombiens profitaient de cette expertise. Et pour l’Argentine, même dans une logique économique purement capitaliste, c’était un avantage.

    À écouter sur divergence-fm.org