Tag: directeurs

  • L’État passe au rabot ses chercheurs et ingénieurs

    L’État passe au rabot ses chercheurs et ingénieurs

    Un pillage en règle des fonds de la recherche publique. Comme à Paris, Toulouse ou Grenoble, ingénieurs, chercheurs, directeurs de recherche se sont retrouvés ce jeudi 11 juin sur la place Charles-de-Gaulle pour dénoncer les baisses de subventions successives opérées par l’État envers les établissements publics de recherches. CNRS, Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria)… Tout le monde est concerné.

    « Ils sont allés taper dans les fonds de roulement, les ressources propres fléchées et non fléchées. On est à l’os », résume Didier Gori, secrétaire régional du SNTRS (Syndicat national des travailleurs de la recherche scientifique)-CGT Provence Corse, ingénieur chimiste de l’environnement.

    Concrètement, toutes les strates du budget des laboratoires sont touchées. D’abord l’argent que ces derniers réussissent à décrocher dans le cadre de partenariat avec les entreprises, « qui améliore l’ordinaire et permet notamment d’acquérir du matériel ou de l’entretenir », commente le syndicaliste. C’est sur cet apport aussi que « nous réalisons les travaux préliminaires de nos recherches qui vont nous servir à décrocher des projets, car nous devons tout justifier », ajoute Véronique Alphand, du Syndicat national de la recherche scientifique (SNCS)-FSU, chercheure en chimie « en interface avec la biologie ».

    Les financements obtenus auprès de l’Agence nationale de recherche (ANR), de l’Europe sont aussi concernés assurent les syndicats. L’Agence voyant ses possibilités revues à la baisse de 9% s’indigne Didier Gori. « France 2030 sera impactée de 100 millions, la Mission interministérielle Recherche et Enseignement supérieur (Mires) de 139 millions d’euros », liste-t-il. Des coupes qui s’ajoutent au milliard d’euros d’économie annoncé par le gouvernement sur les services publics, avec 62,2 millions en moins pour les établissements de recherche publique.

    Les CDD gelés au CNRS

    Les conséquences se font sentir. Dans une lettre adressée ce vendredi 8 juin aux directeurs d’instituts, délégués régionaux et directeurs d’unités, le patron du CNRS détaille des mesures conservatoires pour coller au budget « rectificatif » où Bercy réclame l’annulation de 20 millions d’euros supplémentaires. Sur la « masse salariale limitative », 70% des recrutements ou renouvellement d’agents en CDD sont gelés jusqu’au 30 septembre. Sur les fameuses « ressources propres », 100% des recrutements d’agents en CDD sont gelés. À noter que le CNRS Paca Corse, avec ses 82 structures de recherche, 1 008 chercheurs, 1 238 ingénieurs, techniciens et administratifs dont 727 contractuels, 222 doctorants, et 277 millions d’euros de budget annuel est parmi « les investissements les plus conséquents du CNRS en région », indique son site Internet.

    Conditions de travail dégradées, turn-over important dans l’administratif, manque d’attractivité, s’ajoutent à la mise en péril des projets témoignent les manifestants. Nathan qui travaille au laboratoire d’astrophysique de Marseille, déplore la mise en concurrence à l’intérieur même de l’unité. « On met à mal la recherche fondamentale », se désole un autre collègue. Tout ça au profit d’une « économie de guerre », s’agace Didier Gori, alors que face « aux défis environnementaux, climatiques, sociétaux », la recherche a toute sa place, estime-t-il, lui qui travaille justement au quotidien sur la pollution.

    « Un pays qui n’investit plus dans sa recherche, c’est un pays qui perd sa souveraineté », pose le syndicaliste. Et un « déni démocratique », embraye Véronique Alphand. « Lutter contre le complotisme ambiant, montrer que la science ça sert c’est aussi ça l’intérêt de la recherche », assène-t-elle.

  • [Rétrospective culture 2025 2/2] L’année Cezanne : un succès sur tous les fronts

    [Rétrospective culture 2025 2/2] L’année Cezanne : un succès sur tous les fronts

    En janvier, la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) Paca alertait le préfet de région sur la situation de la Villa Noailles : un déficit de 4,2 millions d’euros fin 2024, dont 700 000 sur les deux derniers exercices, et une dette fournisseur estimée à 3 millions d’euros. Des éléments dont avait pris connaissance le ministère de la Culture, qui avait alors commandé un audit sur la gouvernance de l’établissement à l’Inspection générale des affaires culturelles. Et en ce sens, le rapport présenté à la mi-mars par le ministère de la Culture aux collectivités financeuses de l’association gestionnaire des lieux – les communes de Hyères et de Toulon, la Métropole, la Région, le Département et l’État, à hauteur de 3,9 millions d’euros en 2024, en plus des 2,4 millions de fonds privés – faisait état de dépenses démesurées, notamment en ce qui concerne les frais de représentation : plus de 1,2 million d’euros en 2023. Ainsi, la dette fournisseur atteignait les 4 millions d’euros, soit 2,8 de plus qu’en 2022.

    La dette épongée en 2026 ?
    Le 19 août. Hugo Lucchino est désigné directeur de la Villa Noailles

    Pour prendre la succession de Jean-Pierre Blanc, en poste depuis 40 ans, dont la gestion financière a été considérée comme le principal facteur d’endettement et de déficit de l’institution, le ministère de la Culture a choisi Hugo Lucchino. À 34 ans, celui qui était secrétaire général du Palais Galliera, le musée de la mode de la Ville de Paris, depuis 2020, a annoncé une à deux années d’efforts pour venir à bout de la dette fournisseurs.

    La réussite de la superposition des dates des Festivals In et Off

    Ventes record sur la plateforme du Off et taux de fréquentation de 96,7% pour le In pendant les trois semaines des Festivals, pour la première fois tenus en même temps du 5 au 25 juillet : les voyants étaient au vert sur les planches avignonnaises. La première superposition des dates des Festivals In et Off des Festivals d’Avignon depuis 25 ans, qui se sont tenus du 5 au 26 juillet dernier, a permis une fréquentation à la hausse des deux évènements. Alors que l’« on a largement dépassé les objectifs du Festival » au In comme le rappelait quelques jours avant la clôture le directeur du In, Tiago Rodrigues, avec en fin de compte 122 000 places vendues et presque 97% de taux de fréquentation, on dépasse les 1,6 million de billets vendus pour le Off.

    Bal des politiques
    Trois semaines qui ont aussi été le théâtre de visites de personnalités politiques nationales. À commencer par la très attendue venue de la ministre de la Culture Rachida Dati qui avait alors minutieusement évité le centre-ville de la Cité des papes, les manifestations des syndicats et les questions qui fâchent. Mais aussi le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure ou François Ruffin (Debout !) et Alexis Corbière (L’Après) venus manifester avec les acteurs de la culture.
    Mack Salman

    En octobre. Ted Huffman est nommé directeur général du Festival d’art lyrique

    La mort brutale de Pierre Audi, en mai 2025, a secoué le monde de la culture. Le 27 octobre dernier, le Festival annonçait la nomination de Ted Huffman comme directeur général du Festival d’art lyrique d’Aix, qui prendra ses fonctions dès le mois de janvier 2026. Les amateurs connaissaient déjà bien le scénariste américain multi-primé comme metteur en scène pour sa programmation avec notamment The Story of Billy Budd, Sailor au cours de cette édition 2025.
    E.B.-G.

  • Pierre Pinzelli bien parti pour rempiler à la tête de l’hôpital d’Avignon

    Pierre Pinzelli bien parti pour rempiler à la tête de l’hôpital d’Avignon

    Officiellement, la décision de l’Agence régionale de santé (ARS) n’est pas encore tombée, mais dans les couloirs de l’hôpital d’Avignon, il semble bien acquis que Pierre Pinzelli poursuive sa mission de directeur. « Votre sollicitation est trop précoce, la décision ne pourra être prise que pour la toute fin de cette année ou le début de l’année prochaine, la période des vœux sera sans doute plus adaptée pour évoquer cette décision », nous répond l’intéressé, âgé de 61 ans, en poste depuis janvier 2022 et dont le mandat de 4 ans s’achève à la fin de l’année. Selon les informations de La Marseillaise, sa demande de renouvellement pour un second et dernier mandat est en cours de validation.

    Si pour des ouvertures de postes avec candidatures – comme cela vient d’être le cas avec l’arrivée prochaine d’un directeur à l’hôpital d’Orange –, le processus relève du centre national de gestion [organisme qui gère les carrières de directeurs d’hôpitaux], dans le cadre d’un renouvellement, seule une décision de l’ARS suffit. « On a donné un avis très favorable, le directeur est renouvelé », ne fait pas mystère Loïc Souriau, directeur de l’ARS de Vaucluse. « En attendant, je poursuis mon action avec la grande détermination qui me caractérise et qui anime mon quotidien depuis toujours, préfère temporiser Pierre Pinzelli. En ma qualité de directeur d’hôpital depuis de nombreuses années, je suis avant tout au service de l’hôpital public. »

    S’il a le soutien de l’autorité de tutelle, le directeur est loin de faire consensus. « Quel patron fait l’unanimité ? Je n’ai pas encore trouvé », répond Loïc Souriau. En juin, l’ARS a pourtant été destinataire d’un courrier d’alerte de la commission médicale d’établissement (CME), instance représentant le personnel médical de l’hôpital. Les chefs de pôle dénonçaient notamment une manière de diriger « contre-productive qui conduit à un point de rupture en raison du manque d’objectivité et de l’entêtement » du directeur. Ce dernier, répondait alors à Ici Vaucluse, qu’il n’y avait pas de « crise », jugeant même la lettre « accessoire ». « Certains signataires sont très remontés depuis qu’ils savent que le directeur reste », nous confie une salariée de l’hôpital, désabusée par le management de Pierre Pinzelli.

    Cécile Helle reste silencieuse

    À noter qu’une nouvelle CME sera élue le mois prochain. Sollicitée, Cécile Helle, maire (PS) d’Avignon et présidente du conseil d’administration, n’a pas souhaité s’exprimer sur ce renouvellement. Alors que beaucoup, syndicats en tête comme la CGT, aimeraient que la maire pousse pour un départ du directeur. Son avis n’est toutefois pas décisionnaire.

    Tout le monde a encore en mémoire les révélations, en mars, du Canard enchaîné (notre édition du 27 mars) accusant le directeur de favoritisme après les embauches de sa compagne, entraînant l’ouverture d’une enquête par le parquet. Des faits que Pierre Pinzelli réfutait en bloc. À la tête d’un hôpital de plus de 3 300 agents et près de 1 000 lits, le directeur concentre aussi un large pouvoir dans la santé publique du département, en gérant aussi l’hôpital de Cavaillon et, par intérim depuis deux ans, celui de Carpentras. Il préside également le groupement hospitalier de territoire de Vaucluse.

    Si au cours de son mandat, un vaste projet de modernisation (156 millions d’euros) a été acté, l’hôpital a perdu sa certification, début 2024, délivrée par la Haute autorité de santé (HAS). Une décision inédite qui, si elle n’empêche pas le centre hospitalier de fonctionner, fait désordre. La HAS doit d’ailleurs revenir en mai 2026 pour une inspection. Il y a trois ans le directeur a aussi mis fin à la gratuité du parking de l’hôpital – une proposition de loi devrait être étudiée fin novembre contre le principe de stationnement payant à l’hôpital public – et a connu, en novembre dernier, un mouvement de grève de 20 jours au bloc opératoire.