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  • DNC : les syndicats réclament des vaccins en Occitanie

    DNC : les syndicats réclament des vaccins en Occitanie

    L’annonce a fait l’effet d’un choc chez les éleveurs héraultais et surtout gardois. Pour lutter contre la DNC (qui a entraîné l’abattage de plusieurs troupeaux en Savoie), le ministère de l’Agriculture a en effet décidé, le 17 octobre, l’interdiction de toute sortie bovine (marché, salon, fête) dans trois régions dont l’Occitanie et l’interdiction d’exporter, « pour éviter la diffusion du virus hors de France ». Tous les taureaux de Camargue sont aussi confinés au moins jusqu’au 1er décembre avec interdiction pour les éleveurs de les sortir des manades.

    L’inquiétude a donc gagné les éleveurs qui doivent envoyer à l’abattoir la totalité de leur troupeau si un cas est déclaré. Un principe qui révulse tant le Modef que la Conf. « Ce virus qui arrive en France à cause du dérèglement climatique est connu. Des recherches ont été effectuées et on sait que l’abattage de tout le troupeau ne sert à rien. Il faut un abattage ciblé et une vaccination systématique. La preuve, ils ont fait ça en Savoie et on retrouve maintenant le virus dans d’autres régions. En plus, en faisant ça, on supprime la génétique, parfois il y a 20 ou 30 ans de sélection », explique Didier Marion, porte-parole de la Conf paysanne du Gard.

    La ministre répond

    au Modef

    Face à l’inquiétude, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard (LR) a organisé une réunion avec le Modef mercredi 29 octobre, à laquelle a participé le Gardois Frédéric Mazer, co-président national du syndicat. « Elle nous a dit qu’elle était en pleine négociation avec l’Espagne et l’Italie pour réautoriser la vente des broutards vers ces pays et que ça pourrait se faire prochainement. Concernant la vaccination, elle a dit qu’elle avait suffisamment de doses pour les zones réglementées mais elle n’en a pas assez pour une couverture totale du territoire parce qu’il faudrait 15 millions de doses et elle n’en a que quelques centaines de milliers d’avance », explique Frédéric Mazer.

    L’éleveur a également réaffirmé son hostilité à l’abattage total des troupeaux : « La ministre pense que cette stratégie est gagnante car le virus a été éradiqué en Savoie mais il y a le problème de perte génétique et le traumatisme psychologique pour les éleveurs. Au Modef, nous proposons de vacciner tous les cheptels souches, c’est-à-dire les vaches allaitantes, les vaches laitières et les génisses de renouvellement et de ne pas vacciner les bêtes destinées à l’abattage puisque le virus n’est pas transmissible à l’être humain. C’est une proposition que la ministre n’a pas écartée. Elle a aussi dit qu’elle allait consulter la profession pour la vaccination de tout le territoire. »

  • Occitanie : les zones viticoles touchées par les pesticides

    Occitanie : les zones viticoles touchées par les pesticides

    Un pavé dans la mare. Voilà comment résumer les résultats d’une étude menée par Santé publique France et l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), publiée le 15 septembre.

    Intitulée PestiRiv, cette dernière montre que les personnes vivant à côté des vignes (4% de la population française) sont les plus exposées aux pesticides. Pas moins de 56 substances -notamment le Folpel, un fongicide utilisé contre le mildiou- ont été mesurées dans 265 zones viticoles et non viticoles. Quelque 1 946 adultes et 742 enfants de six régions de métropole -dont une partie vit à moins de 500 mètres de vignes, l’autre à plus de 1 000 mètres de toute culture- y ont participé en répondant à des questionnaires pour décrire leur alimentation, leurs activités à l’extérieur, etc. Des milliers d’analyses d’urine, de cheveux, de poussières, d’aliments du jardin, d’air ambiant et extérieur ont été réalisées entre 2021 et 2022.

    Les résultats sont édifiants. Les échantillons ont montré que les urines des riverains vivant à côté de vignobles contiennent 15 à 45% de pesticides de plus que ceux qui sont éloignés de toute culture. Pire, la contamination des poussières peut être 1 000 fois plus élevée. Un autre objectif de PestiRiv a été de comparer ces contaminations en période de traitement des vignes. Là encore, toutes les analyses confirment la surexposition aux pesticides lors de l’épandage. De plus, les enfants de 3 à 6 ans présentent les niveaux d’imprégnation les plus élevés.

    Reprise du plan Ecophyto

    « Santé publique France et l’Anses recommandent en priorité de réduire l’utilisation de pesticides au strict nécessaire, en s’appuyant notamment sur la stratégie nationale Ecophyto 2030 », conclut l’étude. Cette stratégie prévoyait de réduire de moitié l’utilisation des produits phytosanitaires, mais a été suspendue en février 2024 par le gouvernement Attal, sous pression de la FNSEA et des JA, en pleine crise agricole. Les deux syndicats majoritaires doivent s’arracher les cheveux devant les conclusions de l’étude. De l’autre côté, les associations environnementales, elles, sont soulagées de cette publication. « Enfin ! Cela confirme nos études et nous avions fait campagne là-dessus », sourit Michel Tafon, membre de Générations futures du Gard. Un signal de plus pour mettre en place plusieurs mesures afin d’accompagner la transition écologique. « Il faut instaurer des zones de non-traitement de 100 mètres minimum. Cela peut poser problème, nous en sommes conscients ; auquel cas il faut passer en bio. Ensuite, il faut interdire toutes les substances dangereuses, comme les perturbateurs endocriniens », énumère Michel Tafon. Également revendiquée par Générations futures, la mise en place de ceintures vertes autour des communes.

    Côté Confédération paysanne, les avis sont un peu plus mitigés. « C’est un problème de santé publique mais la profession et le ministère sont dans le déni. Quand j’ai adhéré à la Conf’ en 1999, une étude montrait déjà des traces de glyphosate dans les testicules d’enfants vivant dans les zones agricoles de la Vallée du Rhône. On le savait déjà », soupire Didier Marion, porte-parole de la Confédération paysanne du Gard. « Ils veulent continuer à rester dans le marché mondial spéculatif qui assassine les paysans du monde entier. Il faut changer de logique, on n’a pas le choix », poursuit l’agriculteur. Pour autant, si l’opinion publique est sensible à cette problématique -en témoigne la pétition contre la loi Duplomb- force est de constater que les industriels ont toujours l’oreille de nos responsables politiques. « Nous sommes dans un contexte bizarre : les politiques prennent des décisions dangereuses alors que les gens sont inquiets pour leur santé », observe Michel Tafon. Le vent serait-il en train de tourner ?