Tag: dette

  • [Entretien] Josée Massi : « Nous aurons des candidats avec l’étiquette majorité municipale »

    [Entretien] Josée Massi : « Nous aurons des candidats avec l’étiquette majorité municipale »

    La Marseillaise : Les jeunes sont à nouveau mobilisés aujourd’hui pour réclamer des moyens pour l’enseignement. Comment l’ancienne professeure de mathématiques analyse-t-elle la situation ?

    Josée Massi : Leurs revendications sont légitimes. Je suis allée à leur rencontre, la semaine dernière, avec Monsieur le préfet, le futur président de la Région et le Dasen (Directeur académique des services de l’Éducation nationale) devant le lycée Bonaparte, dans lequel j’ai été élève puis j’ai enseigné, après avoir été pion comme on disait avant. Donc, je connais par cœur ces bâtiments. Je pense qu’en effet, ils ont un peu vieilli.

    Vous connaissez ma méthode, je suis plutôt pour écouter, consulter et trouver des solutions. Je regrette simplement que certains profitent de leur mobilisation pour casser. Mais, je le répète, ils ont des revendications tout à fait légitimes et il faut les écouter. Je leur ai d’ailleurs proposé une table tonde.

    Vous revendiquez depuis votre première élection une position sans étiquette. Est-ce toujours aussi important pour vous ?

    J.M. : Oui, c’est important. C’est uniquement l’intérêt général qui me guide à chaque fois. On peut avoir de bonnes idées à gauche et de bonnes idées à droite. Ce qui m’intéresse, c’est : qu’est-ce qui est bien pour les Toulonnais ? Dans ma liste, il y a des personnes de sensibilités différentes et je ne leur ai pas demandé d’être encartées. C’est pour cela que je ne me suis pas positionnée pour les sénatoriales. J’ai été beaucoup approchée pour aller sur des listes, mais j’ai fait le choix de rester cohérente. Après, la liberté de s’engager a été laissée à chacun tout en précisant simplement que rejoindre untel ou untel reviendrait à s’inscrire en sortie de la majorité municipale. Il faut être cohérent.

    Deux sénateurs RN ont été élus dans le Var. Quel regard portez-vous sur ce résultat ?

    J.M. : C’est la démocratie, il faut la respecter. Je veux d’abord féliciter les deux autres sénateurs, Françoise Dumont et Christian Simon. Ce que je crois, c’est que la division nous a coûté un sénateur. Ils auraient pu s’entendre et mettre de côté des problèmes d’ego… Quand on passe à quatre listes à droite, franchement, on peut se poser des questions. J’espère que cela servira de leçon à tous pour les prochaines échéances électorales.

    Toulon peut-elle rester la place forte qui dit non au RN, comme elle l’a fait lors des dernières législatives, en étant la seule circonscription sur les huit à ne pas mettre genou à terre devant l’extrême droite. Vous engagerez-vous dans la bataille ?

    J.M. : Je vous confirme : nous entrerons dans la bataille. Il y aura des candidats issus de la majorité municipale aux législatives, aux départementales et aux régionales. Nous n’étions pas prêts pour les sénatoriales avec une équipe issue principalement de la société civile, mais là, nous le serons. « Majorité municipale », je pense que c’est une bonne étiquette. Et comme vous le dites, Toulon est la seule circonscription du Var à ne pas avoir un député RN. J’espère bien qu’on va continuer. En tout cas, je mettrai tout mon poids dans la bataille.

    Votre prédécesseur, Hubert Falco (DVD), ne rate jamais une occasion, depuis quelque temps, de lâcher une vacherie à votre encontre…

    J.M. : C’est son droit. Je remarque que, dernièrement, il s’exprime beaucoup sur les réseaux sociaux. Mais moi, je n’ai plus de nouvelles depuis la campagne. Je pense simplement qu’il y a des données qu’il n’a pas sur certains sujets, notamment sur la cité judiciaire.

    C’est un sujet qui me tient à cœur parce que je pense qu’il est incroyable que le tribunal de Toulon soit dans un état d’insalubrité pareil. J’en ai fait un combat depuis trois ans. L’État demande maintenant aux collectivités de mettre la main à la poche. Le projet représente environ 130 millions d’euros, dont 30 millions pour une cité provisoire. Nous avons donc cherché des solutions permettant de diminuer ce coût. Il existe notamment des locaux de la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer) qui sont vides et sécurisés. Un chargé d’admission est venu les examiner. Il faudrait y réaliser quelques travaux, notamment pour les salles d’audience. Nous avons proposé que toutes les collectivités se mettent autour de la table et aident. Pour le moment, nous en sommes là.

    Pourquoi cet acharnement de sa part aujourd’hui ?

    J.M. : Il faudrait lui poser la question. Je suis devenue maire de Toulon en 2023 pour le dépanner, parce que j’étais la seule en qui il avait confiance et de qui il pouvait dire : « Si je dois revenir, c’est la seule qui me rendra la place. » Et l’année dernière, en juin, il a fait un communiqué me demandant d’y aller. C’est important de le rappeler. Après, il a changé d’avis. Vous pourriez me demander pourquoi, mais je ne vais pas rajouter de la polémique à la polémique. Il n’a qu’à prendre ses responsabilités. J’ai toujours été loyale, je crois que celui qui n’a pas été fidèle, c’est quand même lui. Quand je vois sa garde rapprochée, je me demande ce qu’est devenu son positionnement politique ? Certains d’entre eux sont partis rejoindre Éric Ciotti ou carrément le RN… En tout cas, puisqu’on parle de parole donnée, je tiens à rendre hommage à Michel Bonnus [ancien sénateur LR et candidat à la mairie de Toulon, ndlr] qui se bat contre la maladie et à qui je souhaite de remporter ce combat. Il avait promis que, s’il n’était pas devant, il se retirerait. Et c’est ce qu’il a fait.

    Vous êtes régulièrement attaquée par l’extrême droite. Comment le vivez-vous ?

    J.M. : Madame Lavalette cherche la polémique. C’est sa technique. Moi, je ne rentre jamais là-dedans. Elle me caricature, mais je ne réponds pas. En conseil municipal, elle cherche la confrontation. C’est la stratégie du chaos. Elle répète que j’ai été élue avec les voix de la gauche ou de La France insoumise, quelle importance ? Ce sont les Toulonnais qui ont choisi. J’ai fait 52%. Elle a fait 48%. Elle peut dire ce qu’elle veut. Et mon programme, je vais l’appliquer. Elle parle d’idéologie en critiquant la mise en place de la piste cyclable sur l’avenue de la République. Mais les résultats sont là et c’est un grand succès. Nous faisons toutes les mesures. Entre 7 et 8 heures du matin, il passe 600 vélos et on constate 5 000 voitures en moins par jour. Je regarde maintenant si elles se sont reportées ailleurs. Elle prétend aussi que la ville est saccagée par les tags de l’extrême gauche depuis mon élection. Bizarrement, elle passe sous silence ceux du groupe Némésis, des identitaires… Alors qu’il y en a beaucoup.

    L’État menace de torpiller encore davantage les finances des collectivités territoriales. Comment réagit la maire de Toulon et présidente de la Métropole ?

    J.M. : On sait qu’avec la dette colossale de la France, on va tous devoir faire des efforts. Moi, j’en suis consciente. Mais ce n’est pas nouveau, ça fait trois ans que je suis maire et qu’on construit des budgets sans savoir ce qu’on va avoir en termes de dotation de l’État. Après, j’ai regardé ce que va proposer le Rassemblement national, qui se positionne, lui, sur 150 milliards de moins. Je ne sais pas où ils vont les trouver.

    Quel regard portez-vous sur les prochaines échéances électorales nationales ?

    J.M. : Je suis résolument optimiste. Je pense que les Français, à un moment, prennent leurs responsabilités. Et ce ne sont pas ceux qui hurlent le plus qui feront l’élection. Moi, je suis relativement confiante. Je rappelle que j’étais donnée perdante face à la numéro 3 du RN, Laure Lavalette, et que ce n’est pas du tout ce qui s’est passé au final. Moi, je suis relativement confiante.

  • La majorité istréenne prépare un budget 2027 marqué par les économies

    La majorité istréenne prépare un budget 2027 marqué par les économies

    Après un premier « travail de sobriété » entamé dès son élection, le maire (LR) Robin Prétot veut commencer à dessiner le budget 2027 dès cet automne. Le maître mot sera : économies. « Il n’y avait pas de discipline dans l’administration, de culture de budget par direction, on faisait le budget en janvier pour la date limite de vote en avril », dénonce-t-il. Exit les anciennes méthodes, la nouvelle majorité lance un cycle de conférences budgétaires auprès des élus et des services.

    Alors que les résultats de l’audit des finances et des ressources humaines de la ville seront présentés lundi prochain au grand public, Robin Prétot en livre les premiers éléments : « On est une commune riche, mais qui va trop loin dans son niveau de dépenses. On a une épargne négative cette année, et qui est deux fois moins élevée que pour la plupart des communes de notre strate. On a 51 millions d’euros de dette, soit trois fois celle de Salon-de-Provence pour le même nombre d’habitants, mais on n’est pas en capacité de rembourser en fonds propres. »

    Au regard de cette situation, cumulée aux difficultés de la Métropole qui pourraient amputer le budget de la Ville de 4,7 millions d’euros, la majorité cherche à faire des économies plutôt que chercher des recettes, Istres ayant déjà « la plus grande taxe foncière de la région avec un taux communal de 54% ». Dans le viseur de la majorité, notamment : les dépenses de personnel, qui représentent 63% du budget de fonctionnement. « L’audit nous confirme qu’on a une politique RH très généreuse, parfois irrégulière dans certaines promotions. »

  • [AMP Métropole] Jean-Pierre Squillari : « Il ne faut pas choisir entre la peste et le choléra »

    [AMP Métropole] Jean-Pierre Squillari : « Il ne faut pas choisir entre la peste et le choléra »

    « J’espère que nous allons reporter ce conseil d’une dizaine de jours, pour que l’on puisse se retourner et faire des propositions », explique-t-il. Après la réunion lundi soir des édiles de la gauche métropolitaine, il refuse lui aussi d’arbitrer des coupes entre les différentes ressources versées aux différentes communes. « Il ne faut pas choisir entre la peste et le choléra », résume-t-il, alertant sur « le piège de la division ». « La priorité étant de défendre mes administrés, je préfère que l’on prenne le temps de réfléchir une dizaine de jours, que l’on puisse convaincre le président et son responsable financier de trouver une troisième voie, de voter ce budget en déséquilibre, explicite-t-il. Je comprends qu’il y a une crainte que le préfet reprenne la main, mais il faut avoir le courage de le faire. » Il reprend ainsi l’exemple du conseil départemental de Gironde : «C’est le préfet et la chambre régionale des comptes qui ont pris leurs responsabilités, il y a eu un lissage et ils ont épongé toutes leurs dettes sur trois ans. »

    Les enjeux sont d’autant plus forts que les problèmes de l’intercommunalité doivent toujours être réglés. « Beaucoup de personnes se plaignent de la Métropole et il va falloir y réfléchir, avec des priorités : la collecte des déchets laisse à désirer », partage l’édile. Surtout, ils sont aggravés par les coupes imposées par le budget arrêté par le préfet au mois de juin, sur les préconisations de la chambre régionale des comptes. « Nous nous posons des questions avec les missions locales, alerte Jean-Pierre Squillari. Je les ai rencontrés à Aubagne, ils se font un sang d’encre, cela risque d’avoir pour conséquence des licenciements, des jeunes que l’on ne prend plus en compte. »

    Cette situation est d’autant plus difficile à accepter que la majorité aubagnaise n’a pas été suffisamment prise en compte dans la construction de cette « Métropole des maires » promise par son nouveau président, Nicolas Isnard. « Dès le premier vote, nous étions partis sur une position bancale, déplore-t-il. On nous a refusé des vice-présidents alors que nous y avions droit : le protocole d’accord, c’est qu’il y en avait pour les quatre premières villes. Nous avons été shuntés, et nous l’avons aussi été dans les différentes commissions. » Alors il tape du poing sur la table : « Aubagne n’est pas satisfaite de la Métropole, Aubagne a été galvaudée, il faut que cela change d’une manière ou d’une autre. »

  • La liquidation du Grand prix du Castellet traîne encore

    La liquidation du Grand prix du Castellet traîne encore

    Plus de deux ans après la dissolution, par un arrêté préfectoral du 1er mars 2024, du groupement d’intérêt public (GIP) du Castellet, sa liquidation n’est toujours pas achevée. Ce mercredi, le GIP a donc de nouveau lancé un marché public pour trouver un liquidateur judiciaire, après déjà deux renouvellements successifs. Si l’essentiel des actifs a été cédé, « une dette fournisseurs très importante subsiste, dont le règlement est conditionné au versement d’avances par les collectivités membres des fonds nécessaires », alerte le cahier des charges.

    Malgré un accord partiel, « des différends existent au sein des membres du groupement qui n’ont pas permis à ce jour une extinction de la dette totale », alors même que le taux des intérêts moratoires « obère la dette de façon très significative chaque mois, rendant urgente une fin de liquidation ». Des nombreux contentieux sont ainsi en cours, dont certains « engagés par des membres du Groupement eux-mêmes » – le Département du Var et la Métropole de Toulon -, et s’y ajoute un contrôle de TVA également en cours. Le 23 juin dernier, la chambre régionale des comptes avait épinglé sa gestion, avec 103 millions d’euros de dépenses publiques pour organiser quatre épreuves de Formule 1 « sans que les retombées économiques soient avérées ».

    « Pouvoirs

    les plus étendus »

    Au 30 juin 2025, la dette de ce grand prix impulsé en 2017 par l’ex-président du conseil régional Christian Estrosi (Hor.) s’élevait à 35,7 millions d’euros que doivent notamment éponger la Chambre de commerce et d’industrie du Var et les collectivités locales, mais aussi les Métropoles de Nice et Aix-Marseille, le Département des Bouches-du-Rhône, la CCI régionale. « Le liquidateur sera investi des pouvoirs les plus étendus », indique le cahier des charges, avec une mission d’une durée prévue de neuf mois renouvelable deux mois.

  • Fernand Brun nouveau conseiller départemental du canton du Luc, le montant du remboursement de la dette du Grand Prix du Castellet contesté

    Fernand Brun nouveau conseiller départemental du canton du Luc, le montant du remboursement de la dette du Grand Prix du Castellet contesté

    « Ce n’était pas du tout prévu, surtout dans ma tête, parce que quand on est remplaçant de quelqu’un d’aussi dynamique que Dominique [Lain], on ne pense même pas qu’il peut mourir, ce n’est pas possible. » Fernand Brun, maire (DVD) de Pignans depuis 2020, aurait certainement préféré ne jamais devenir conseiller départemental du canton du Luc, avouant même qu’il « ne se (serait) jamais présenté de (lui)-même ». Mais la disparition de son « ami » Dominique Lain, maire du Luc, le 14 juin dernier, a poussé celui qui était son suppléant depuis 2015 à embrasser la fonction.

    À 73 ans, cet ancien infirmier et cadre de santé, passé par le PS dans sa jeunesse, qui a occupé les fonctions de président de l’association nationale de formation des personnels hospitaliers et de secrétaire fédéral FO Santé (de 2007 à 2014), espère « apporter (sa) très modeste contribution. J’ai occupé des fonctions qui m’ont permis de cottoyer beaucoup de politiques. J’ai fait beaucoup de choses dans ma vie, cela m’a servi d’expériences. » Il travaillera en binôme avec la maire de Collobrières Christine Amrane, tandis que la place de vice-préisdent laissée vacante par Dominique Lain sera occupée par Robert Beneventi, conseiller du canton d’Ollioules.

    Désaccord sur la dette du Grand Prix

    L’autre dossier du jour consistait à prendre acte du rapport d’enquête de la Chambre régionale des comptes au sujet du Groupement d’intérêt public (GIP) Grand Prix du Castellet. Rendu le 23 juin, il fait état de 35,7 millions d’euros de dette et de budget liquidatif, ainsi que de multiples dysfonctionnements : modèle financier structurellement déficitaire, recettes insuffisantes, contournement du conseil d’administration (notamment par la signature d’un protocole d’accord à 550 000 dollars entre le GIP et Formula One Management, branche commercial de la F1, pour l’étude de faisabilité d’un grand prix à Nice, sans que la matérialité des opérations effectuées ne soit établie), marchés passés sans publicité ni concurrence…

    En outre, le Département s’apprête à réaliser un versement d’1.6 millions d’euros sur les 5 qui lui sont demandés par le liquidateur, au titre du remboursement de la dette entreprises. Mais elle bloque les 3,4 restants, en attendant de voir s’il y a eu des malversations. Auquel cas, la saisine du procureur par le Département afin d’alerter d’un risque pourrait se transformer en plainte.

  • Dans les Alpes-de-Haute-Provence, la majorité départementale se félicite de son bilan

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, la majorité départementale se félicite de son bilan

    La présidente (DVD) du département a affirmé mercredi avoir largement augmenté les investissements et baissé l’endettement, tout en déplorant les dépenses imposées par l’État. Le département a investi 324 millions d’euros depuis 2021, « un niveau jamais atteint », et a réduit son endettement de 137 millions à 74 millions d’euros, s’est félicité Eliane Barreille.

    La présidente a cité les grandes priorités du département, parmi lesquelles la lutte contre la désertification médicale. « Nous avons souhaité être présents, même si ce n’est pas notre compétence », a-t-elle affirmé. Elle a également insisté sur l’insertion et l’emploi. « Nous avons un seul leitmotiv : accompagner le retour à l’emploi », a-t-elle lancé, se réjouissant de la baisse du nombre de bénéficiaires du RSA.

    Eliane Barreille a finalement évoqué les routes, le « deuxième budget » du département, avec 40 millions d’euros d’investissements sur les 47 millions prévus pour l’année 2026. Le chantier du Pas de la Rochaille est le projet le plus important pour le département. « Il n’est clairement pas normal que nous n’ayons pas de fonds européens alors que cette route est utilisée à 60% par des camions italiens », a-t-elle lancé. La présidente a menacé de réduire les tonnages de camions autorisés sur la route départementale « si nous continuons à être tenus à l’écart des fonds européens ».

    Des dépenses imposées par l’État

    La présidente et les conseillers départementaux de sa majorité ont également insisté sur la rénovation de deux collèges à Manosque et à Digne. La présidente a aussi évoqué les Ehpad, que le département finance « cinq fois plus que la mandature précédente », à hauteur de 15 000 euros par chambre. Eliane Barreille a par ailleurs mentionné les projets prévus concernant les centres médico-sociaux de Manosque, d’Oraison et de Saint-Auban.

    La présidente n’a pas manqué de se plaindre des dépenses imposées par l’État, qui « impose en permanence des augmentations de salaires et de charges qu’il ne compense pas, sans aucune concertation avec les départements », citant notamment l’augmentation des salaires des aides à domicile. « C’est une charge très importante que vont supporter les départements, trop c’est trop », a-t-elle lancé, se disant « fâchée » et « agacée ». La présidente a d’ailleurs dénoncé ces décisions de l’État dans une publication sur son compte Facebook mardi soir. « L’État décide et les départements paient une nouvelle fois ! », a-t-elle déploré, refusant que « de nouvelles dépenses nous soient imposées sans aucune compensation ».

    « Il n’y a jamais eu autant d’argent investi dans le sport et la culture. Les communes n’ont jamais eu autant que sous cette mandature », a avancé Camille Galtier, maire de Manosque et président du groupe départemental majoritaire. « La droite n’a jamais été dans cet état d’esprit », a-t-il affirmé. « Cela n’a jamais été fait avant, les collèges et les routes départementales étaient laissés totalement à l’abandon parce que ce n’était pas la bonne couleur politique avant », a-t-il lancé, taclant la majorité précédente socialiste, « la plus à droite de l’échiquier politique », les appelant à « se regarder dans le miroir ».

    La conseillère départementale ubayenne Elisabeth Jacques a par ailleurs exprimé la volonté de « revendiquer notre culture montagnarde » et d’accompagner les stations de ski dans le « changement majeur de leurs modèles économiques ». « Jamais autant d’argent n’a été investi dans la montagne », a-t-elle affirmé.

  • À Arles, l’opposition rejette un budget jugé trop fragile

    À Arles, l’opposition rejette un budget jugé trop fragile

    Un mois après le second tour des élections municipales, la présentation du budget primitif 2026 figurait à l’ordre du jour du conseil municipal d’Arles. Une séance fleuve, marquée par l’examen de 82 délibérations, pour plusieurs heures de discussions.

    Le budget présenté par l’adjointe aux finances, Sylvie Petetin, s’articule en deux volets. Le premier porte sur le compte financier unique 2025 de la Ville, qui affiche 158 millions d’euros de recettes pour 144 millions de dépenses, soit un excédent de 14 millions d’euros. Celui-ci résulte du report d’excédents des années précédentes, d’une participation exceptionnelle de l’État et d’un recours à l’emprunt plus faible que prévu au cours des deux dernières années.

    Une épargne à 1,12 %

    Pour 2026, l’adjointe a présenté un budget de 170,73 millions d’euros, à l’équilibre entre recettes et dépenses, dont la charge principale demeure la masse salariale. Un élément soulevé par l’opposition hors gauche. « La masse salariale était de 5 millions d’euros en 2020, contre 62,5 millions en 2026, soit près de 60% des dépenses », pointe Jean‑Michel Jalabert, ancien premier adjoint (DVC) du maire Patrick De Carolis (Horizons). « J’avais donné l’alerte sur le sujet. Ce budget donne l’illusion de solidité, pour combien de temps encore avec une épargne ridicule ? », tance l’élu. « Je trouve ça fort de votre part sachant que j’ai alerté depuis 2021 sur les DRH qu’on laissait filer », rétorque Sylvie Petetin. « Qui a porté les négociations pour le passage aux 1 607 h ? Cherchons le responsable et on trouvera la lumière », souffle le maire, accusateur.

    À gauche, le budget est perçu comme « une continuité claire » des « certitudes dictées plus par la communication que par le quotidien des Arlésiens », selon Jean-Frédéric Déjean (PCF). « Vous avez choisi de réduire la dette sans toucher aux investissements ou la fiscalité, en augmentant le tarif du service public, pendant que la moitié des investissements sont financés par ce qui était autrefois du fonctionnement », analyse l’élu communiste, qui parle d’« impact sur la propreté, l’entretien des espaces publics et de qualité des services ».

    La 1ère adjointe, Mandy Graillon (DVD), se dit « étonnée » d’une « hypothétique baisse de service ou d’augmentation d’investissement en dépit du service aux habitants (…) Citez-nous des exemples ! Nous avons augmenté les places en crèche, les subventions au CCAS, triplé les subventions aux centres sociaux, fermé aucun service, seulement maintenu ou étendu des services ».

    En définitive, le budget a été adopté sans les voix de l’opposition, qui pointe un manque de solidité, notamment au regard d’une épargne jugée « extrêmement faible, à 1,12% », relevée par Jean-Michel Jalabert. Un indicateur qui constitue le « cœur de la solidité d’une commune », selon Jean-Frédéric Déjean. « Nous sommes précautionneux avec un fonds de roulement de 90 jours et des prévisions en dessous du réel », assume Sylvia Petetin.

    Les délégations

    Mandy Graillon, 1ère adjointe à la démocratie de proximité, relations aux usagers, sécurité, prévention de la délinquance, traditions

    Cyril Juglaret, 2e adjoint délégué à l’activité, transports, mobilités

    Claire de Causans, 3e adjointe délégué à la culture, patrimoine, vie associative

    Pierre Raviol, 4e adjoint délégué à la gestion des risques, l’hydraulique, l’irrigation, Rhône

    Sylvie Petetin, 5e adjointe aux finances, fonds européens, urbanisme, foncier

    Sylvère Bastien, 6e adjoint à l’éducation, écoles, enseignement supérieur

    Claire Mailhan, 9e adjointe à la transition écologique, espaces naturels, agriculture, aménagement du territoire, Gageron, Gimeaux.

    Antoine Parra, 10e adjoint à la voirie, éclairage public, bâtiments communaux, Plan-du-Bourg

    Ilham Bouaroua, 11e adjointe à la jeunesse, centres de loisirs, vie étudiante, Bariol

    Gérard Quaix, 12e adjoint à la police rurale et Raphèle

    Martine Gournes, 13e adjointe au social, solidarités, logement CCAS

  • Port-de-Bouc veut concilier ambition et sérieux budgétaire

    Port-de-Bouc veut concilier ambition et sérieux budgétaire

    Dès la troisième séance de conseil municipal, la nouvelle assemblée délibérante a été plongée dans le grand bain avec le débat d’orientation budgétaire. « Il ne s’agit pas simplement d’un exercice technique, mais d’un temps de transparence et de responsabilité », rappelle Akrem M’Hamdi, adjoint au maire en charge des finances.

    Le tout dans un contexte « exigeant », rappelle Laurent Belsola (PCF), entre les « conséquences internationales liées aux conflits armés », les « concurrences douanières imposées par certains gouvernants », et le désengagement progressif de l’État, tant au niveau des services publics, « obligeant les collectivités à redoubler d’efforts pour pallier les manques », qu’au niveau des finances. La suppression de la taxe professionnelle en 2010 ainsi que de la taxe d’habitation constituent un « manque à gagner pour les communes », insiste le maire. Son adjoint aux finances ajoute : « Le projet de loi de finances 2026 va faire perdre entre 5 à 8 milliards d’euros aux collectivités selon les estimations. »

    Dans ce marasme et malgré des « marges de manœuvre réduites », la Ville de Port-de-Bouc parvient à éviter l’effet ciseaux. En 2025, les recettes sont estimées à 36,8 millions d’euros, les dépenses à 31,2 millions d’euros. « Depuis 2022 elles ont augmenté de 6,8% contre une inflation de 13,6%, note Akrem M’Hamdi. Nos dépenses augmentent deux fois moins vite que l’inflation. » Dans ces dépenses, 18,7 millions d’euros sont alloués au personnel, soit 59,9%. « Garder les compétences a un coût, on est montés à 400 agents, précise-t-il. Ce taux est dans la moyenne mais il va falloir qu’on fasse attention, on en est largement conscients. »

    Pour 2026, les objectifs sont clairs : « Poursuivre la maîtrise de la masse salariale, investir sans dégrader notre équilibre et consolider notre niveau d’endettement », dévoile Akrem M’Hamdi.

    Des priorités assumées

    Celui-ci s’élève à 855 euros par habitant, un niveau proche de la strate des villes entre 10 000 et 20 000 habitants (environ 803 euros), avec un poids de la dette contenu à 37,8% des recettes, contre 56,7% pour la strate.

    Pour continuer de « préparer l’avenir sans abandonner qui que ce soit sur le bord du chemin », la commune se donne la possibilité d’emprunter à hauteur de 1,5 million d’euros. En 2026, elle envisage de flécher 22% des recettes à destination de l’éducation et la jeunesse, 38% à destination des équipements et du patrimoine, 18% pour l’environnement et le cadre de vie et 20% pour culture et sport. « Ça risque d’être compliqué, admet Akrem M’Hamdi, pour autant on a des priorités qu’on va assumer », parmi lesquelles : la rénovation énergétique des bâtiments, l’amélioration du cadre de vie, du réseau de voiries et des réseaux de mobilités douces, l’accès à une santé de proximité et l’adaptation au changement climatique. Le budget sera mis au vote le 28 avril.

  • Le Département de l’Hérault contraint de se serrer la ceinture

    Le Département de l’Hérault contraint de se serrer la ceinture

    « C’est la première fois que nous dépassons la barre des 2 milliards d’euros au budget primitif ». Prononcée en guise de conclusion de deux jours de débats cordiaux qui ont abouti, mardi 31 mars à Montpellier, au vote* du budget 2026 du Département de l’Hérault, la phrase de Kléber Mesquida (DVG) ne dit rien du casse-tête financier enduré.

    Si le président héraultais ne semble plus craindre une reprise en mains de la Chambre régionale des comptes, il est bien conscient que sa marge de manœuvre financière reste minime. Précisément de 33,8 millions d’euros (ME) au lieu de 68,7 l’an passé pour ce qui est de l’épargne brute. L’épargne nette est même négative (-19ME), au même niveau qu’en 2024. Pris dans « un effet de ciseau », le Département aux finances toujours précaires, ne sort pas encore de l’étau.

    Deux raisons essentielles l’expliquent. D’abord les dépenses sociales (949,2ME) pèsent mécaniquement chaque année plus lourd dans un territoire précaire. 280ME pour le RSA, 186,2ME pour l’Aide sociale à l’enfance (ASE), 185,1ME pour l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) et 106,4ME qui relèvent de la Prestation de compensation du handicap (PCH).

    « Chaque euro dépensé utile »

    Autant de dépenses sociales obligatoires qui sont loin d’être compensées « à l’euro près » comme promis par l’État qui transfère des compétences puis se désengage année après année. Résultat : un reste à charge colossal et en hausse (259ME en 2026 au lieu de 245,6ME l’an passé) : 110,7ME sur le RSA, 79,6 sur l’APA ou encore 68,7ME pour la PCH. « Ce qui nous plombe c’est le non respect de la parole de l’État », synthétise le vice-président aux finances, Cyril Meunier (DVG).

    Conséquence : si les dépenses d’investissement seront en légère hausse (181,6ME dont 102,2ME pour les travaux sur les routes et les domaines), l’effort reste minimaliste. Et K. Mesquida de prévenir : « On va passer une année 2026 à faire des économies, je resterai sur la même ligne, on ne peut pas avoir de dérive, on serait pénalisable ». Il faut dire qu’un emprunt d’équilibre de 61,7ME a dû être nécessaire pour équilibrer les comptes.

    Pas de quoi convaincre les élus d’opposition RN. « Je trouve ce budget trop optimiste sur les recettes avec un pari hasardeux sur la TVA et l’immobilier », critique le Biterrois Gilles Sacaze. La collectivité a pourtant joué la prudence avec 310ME de droits de mutation escomptés en recettes (+4,8% au lieu des +7% préconisés par l’État). Avec une dette qui pointe à 845,5ME (25 ans pour rembourser), l’opposante RN Marie Hirth dénonce « les subventions à certaines associations et les dépenses de com’ ». « Nous avons fait le maximum partout », lui assurera K. Mesquida. Avant que son 1er vice-président Renaud Calvat (PS) n’abonde. « Chaque dépense est au minimum utile voire indispensable aux habitants et aux communes ».

  • La grève de la dernière chance à Kem One

    La grève de la dernière chance à Kem One

    La bombe sociale qui couvait à Kem One est sur le point d’éclater. Sur le pôle pétrochimique de Martigues-Lavéra, à Fos-sur-Mer, comme dans la région lyonnaise, l’ensemble des syndicats CGT du groupe pétrochimique appellent à la grève, ce mardi 31 mars, « pour défendre nos emplois et notre outil de travail », tel que le présente la coordination syndicale. Ils sont appuyés par leur fédération des industries chimiques (Fnic-CGT) et par leurs unions locales, notamment à Martigues.

    1 300 emplois sont en jeu à l’échelle nationale. « Tous les signes sont négatifs », quant à la santé financière de l’entreprise, considère Geoffrey Del Baldo, secrétaire général du syndicat CGT du site de Lavéra. Depuis notre état des lieux publié le 14 janvier, le syndicaliste poursuit son travail de « lanceur d’alerte ». Et pour cause : « Apollo a mis en vente Kem One depuis le début de l’année pour se désengager le plus vite possible », indique-t-il, à propos du fonds d’investissement, repreneur en 2021. La coordination syndicale CGT de Kem One fait état d’une dette colossale contractée par l’entreprise depuis, à hauteur de 700 millions d’euros au total, dont 230 millions « prioritaires en cas de liquidation », à comparer aux « 10 millions d’euros de dette » à la reprise en 2021. Et couplée aux « presque zéro euros d’obligations de l’entreprise sur les marchés financiers », soit un autre signal de faiblesse.

    Apollo ne répond plus

    La première des inquiétudes des syndicats est celle de l’emploi. Rien que pour le site de Lavéra, Geoffrey Del Baldo fait état d’« une vingtaine de postes qui n’existent plus depuis un an et demi, deux ans », citant notamment « deux postes RH en moins, un au magasin et deux à l’inspection ». « Plein d’alternants et de CDD n’ont pas été reconduits sur le site, ce qui met en péril la formation », selon le responsable, ce qui interroge sur la politique des ressources humaines.

    D’autre part, « la direction générale nous a dit que tout était possible lors du CSE extraordinaire du 25 mars », reprend Geoffrey Del Baldo, à propos d’une liquidation ou même d’un démembrement du groupe. « La vente à des concurrents, comme à des entreprises qui ne produisent pas de PVC, ou le démembrement : il n’y a pas de limite », rapporte-t-il. « Si, demain, il y a concurrence entre nos sites, certains seront désavantagés », estime le syndicaliste, pour qui « l’affaiblissement de Kem One est celui de toute la chimie ». Ce que confirme la Fnic-CGT dans sa lettre ouverte à Emmanuel Macron, lorsqu’elle parle de la « place stratégique au cœur de la chaîne de valeur industrielle française » de Kem One, « représentant des milliers d’emplois induits », ainsi qu’un aspect stratégique en Europe face au PVC chinois à bas prix.

    Dans leur combat, les syndicalistes de Kem One peuvent compter sur le sénateur (PCF) Jérémy Bacchi, qui a réagi en apportant son « soutien aux travailleurs en lutte pour la transparence et la pérennité de leurs emplois ». « Le gouvernement doit prendre la mesure de l’actualité de Kem One et agir pour pérenniser les savoir-faire et les outils de production stratégiques de notre pétrochimie », considère le sénateur. L’élu prévoit d’être représenté auprès des salariés mobilisés ce mardi, à Lavéra et à Fos-sur-Mer, pour « échanger avec eux afin de déterminer quelle sera notre action » au niveau parlementaire.

    D’autres soutiens locaux sont comptés comme le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, et Pierre Dharréville, de la direction nationale du PCF. Contactée, la direction de Kem One ne nous a pas répondu.