Tag: désertification

  • Deux commerces redoutent de devoir fermer à Château-Arnoux-Saint-Auban (04)

    Deux commerces redoutent de devoir fermer à Château-Arnoux-Saint-Auban (04)

    Si on n’est pas visibles le dimanche, jour du marché, là où on fait la majorité de notre chiffre d’affaires, on est contraints de fermer définitivement » : deux commerçants installés Cours Pechiney, où se tient le marché, ont annoncé qu’ils allaient devoir fermer dans les prochaines semaines, faute de visibilité et de clientèle. Cette décision soudaine s’explique selon eux par une décision du maire, qui aurait cessé de les autoriser à signaler clairement la présence de leur commerce avec une barrière et un panneau sur la route, à l’extrémité du marché. Sans cette signalétique, les clients du marché, qui viennent en nombre le dimanche, risquent de ne pas remarquer les commerces.

    Face à cette situation, les commerçants du cours ont lancé une pétition appelant à les soutenir, qui rassemble déjà plus de 200 signatures, selon Soréa Nano Toumani, gérante de la boutique de la cité, qui était par ailleurs dans l’équipe de l’ancien maire, René Villard (PCF), pendant six ans.

    Contacté, le maire, Philippe Bertrand, n’a pas souhaité faire de commentaire sur le sujet ou expliquer sa décision d’enlever la barrière. Il avait déjà supprimé la navette scolaire du quartier populaire de Font Robert et annoncé couper la subvention jeunes de la MJC ces dernières semaines, après son élection en mars.

    Les deux seuls commerçants du cours à ouvrir le dimanche, Soréa Nano Toumani et Mourad Chemani, directeur de King Stock, se sentent « exclus » et « isolés » du marché, qui leur apportait beaucoup de clientèle avant que le maire ne leur enlève la barrière. « Si je trouve un local ailleurs, je m’en vais », lance Mourad Chemani, déjà dépité alors qu’il n’est arrivé qu’en avril. Il estime qu’il ne tiendrait que trois mois sans client le dimanche. Soréa Nano Toumani compte, elle, déposer son préavis après le marché de Noël.

    Problème de sécurité…

    Ce problème de visibilité vient s’ajouter aux nombreuses problématiques rencontrées par les commerçants de la commune : « c’est une ancienne cité ouvrière, la population est de plus en plus vieillissante et pauvre, parce qu’il n’y a pas de travail, et c’est mal desservi », relève Soréa Nano Toumani.

    Pour justifier son choix d’enlever la barrière permettant aux commerces de signaler leur présence, le maire aurait évoqué des problèmes de sécurité auprès des commerçants.

    La fermeture de ces commerces viendrait s’ajouter à celle de nombreux autres dans le département, où les centres-villes sont bien souvent désertés, et où les habitants doivent régulièrement aller jusqu’à Gap ou Marseille pour faire leurs achats. C’est la troisième pétition qui est lancée en quelques semaines dans la commune, après celle dénonçant la coupe de subventions jeunes de la MJC et celle contre la suppression de la navette scolaire.

    Pétition : change.org/p/soutenir-les-commerces-du-cours-péchiney-à-saint-auban-04600

  • Le Medef prône l’entreprise comme solution à la crise

    Le Medef prône l’entreprise comme solution à la crise

    « La situation est très sérieuse dans le pays. » C’est avec gravité que le patron des patrons de la région, Stéphane Benhamou, a fait le point ce jeudi 29 octobre. Fini le président du Medef Sud « punchy » avoue-t-il, pétri d’une « inquiétude » partagée par « une large majorité d’entrepreneurs ».

    D’abord parce que la société est « fracturée » analyse-t-il eu regard des manifestations lycéennes et pour le pouvoir d’achat qui s’égrènent depuis plus d’un mois. Avant ces dernières, « le taux de vacances en centre-ville, 20%, était déjà dramatique à Marseille, on ne peut pas aggraver cette situation-là », estime-t-il, car « chaque fois que le centre-ville est déserté, on laisse la place à des points de deal, à des populations communautaristes qui monnayent les marchands de sommeil et qui amplifient la désertification ».

    Dans cette ambiance « anxiogène », pour lui, « la réponse se trouve dans l’entreprise, la capacité à offrir du travail, des perspectives ». Le Medef Sud organise pour ce faire la deuxième édition d’Action sud, le 1er décembre, sur le campus Esca d’Aix-en-Provence pour « mettre en confrontation les attentes des jeunes et des entrepreneurs » sur différents thèmes, comme l’économie verte, l’IA responsable, la féminisation des filières scientifiques…

    Peser sur le politique

    Plus généralement, les patrons comptent faire valoir leurs propositions à quelques mois de la présidentielle. Elles sont très tranchées. « Nous n’en sortirons pas autrement que par une attaque violente et frontale des lignes de dépenses budgétaires » balance Stéphane Benhamou, partant du principe que les entrepreneurs font déjà assez d’effort.

    « Les dépenses de l’État ne sont plus supportables et la mise en œuvre ne peut en aucune manière être de la responsabilité financière des entreprises » estime-t-il, dénonçant le gel de l’allègement des « charges » sociales, « 11 milliards d’euros prélevés soit 550 euros par salarié ». Pas un mot sur les 112 à 166 milliards d’aides de l’État par an, tous dispositifs compris, selon les travaux d’une commission d’enquête sénatoriale, rendus publics en juillet 2025. Mais une certitude, revoir le montant du Smic à la hausse de façon anticipée, sujet qui devrait être tranché le 5 novembre, n’est pas envisageable. « Nous ne sommes pas contre l’augmentation des salaires, bien au contraire », assure le responsable du Medef Sud, qui se dit préoccupé par « la pérennité des entreprises et les équilibres économiques qui sont entamés ». Et de déplorer l’impuissance d’un pouvoir exécutif et législatif « dépassé, hors sol ». Son credo : « Notre pays doit prendre en compte que le fait économique rythme le développement social, sociétal, environnemental. L’entreprise doit être priorisée. » Raisons pour lesquelles, du RN à LFI, les représentants locaux des candidats sont invités à débattre le 19 novembre à Marseille. Ces « remontées de terrain », permettront au Medef d’affiner sa position au national.

  • Les commerçants espèrent redynamiser les centres-villes

    Les commerçants espèrent redynamiser les centres-villes

    Des représentantes d’unions commerciales de Manosque, de Digne, de Barcelonnette et de Castellane étaient rassemblées lundi matin à la CCI pour préparer la deuxième édition du Printemps du commerce et assister à une intervention de la Matmut sur comment bien assurer son commerce. Au vu de l’actualité, les commerçants en ont profité pour exprimer leur solidarité avec leurs confrères touchés par des dégradations samedi.

    « On a montré, nous, commerçants, qu’on avait un certain pouvoir de résilience, et qu’on était en capacité de surmonter certaines épreuves. Mais il ne faudrait pas que ce soit la goutte d’eau qui fasse déborder le vase, parce que, pour beaucoup, malheureusement, ils ne s’en relèveront pas », a regretté Jean-Pierre Pradalier, vice-président de la CCI en charge du commerce, qui a proposé aux commerçants présents de se joindre au rassemblement organisé devant la mairie de Digne-les-Bains lundi midi.

    « On s’associe à la douleur des personnes, parce que, outre le fait de perdre leur bien immobilier, il y a tout le traumatisme psychologique. Cela, on ne peut pas le réparer. Bien sûr, il y a les biens, mais il y a aussi toute la douleur des gens qui ont construit toute une vie un commerce, et en l’espace de quelques heures, c’est une vie qui est complètement saccagée », a abondé Alain Coppola, responsable commercial pour la Matmut, qui intervenait auprès des commerçants lundi matin pour leur expliquer comment bien s’assurer. « Le hasard du calendrier fait que, plus que jamais, ça s’anticipe », a souligné Ludivine Pero, responsable des partenariats. « Un professionnel sur deux n’est pas assuré, par manque d’information et de temps. Malheureusement, on se rend compte, quand arrive le problème, qu’on était pas assuré, qu’on avait pas fait ce qu’il fallait », a expliqué Alain Coppola. « Une entreprise qui est mal assurée ne se relèvera pas », a martelé le responsable commercial. « En tant que dirigeant, on est responsable de son entreprise, de son personnel, de ce qui peut arriver à ses clients, des produits et services que l’on propose à ses salariés, à ses stagiaires, de son local, des biens qui sont confiés et du lieu occupé », a rappelé Alain Coppola.

    Les unions commerciales et la CCI ont ensuite commencé à organiser la deuxième édition du Printemps du commerce, événement visant à redynamiser les centres-villes du département, désertés. « On doit aller plus loin sur cette deuxième opération », a encouragé Jean-Pierre Pradalier. L’idée de cet événement est de « faire revenir les personnes en centre-ville » et de « créer de la fréquentation en centre-ville », a souligné Emilie Bertheas, chargée de mission commerce à la CCI des Alpes-de-Haute-Provence. L’opération se déroulera cette année du 20 au 24 avril, pendant la première semaine des vacances scolaires. La CCI avait eu du mal à mobiliser des clients pour la première édition, qui se déroulait elle au mois de mars. Pour cette édition, elle « espère pouvoir embarquer Sisteron, et pourquoi pas Château-Arnoux, où une association de commerçants vient d’être créée ».

  • Les vents du Sahara enveloppent les Alpes

    Les vents du Sahara enveloppent les Alpes

    Ce jeudi après-midi depuis Gap, la silhouette de Charance baignait dans un voile brumeux, on devinait à peine la falaise de Céuse et les massifs du Dévoluy avaient même complètement disparu dans l’horizon laiteux. De quoi susciter la curiosité, voire l’inquiétude tant ce type de paysage est en général le propre des saisons froides et des brouillards qu’elles apportent. « C’est un flux du Sud qui nous amène de la masse d’air venu d’Afrique, un phénomène qu’on a l’habitude de voir assez régulièrement chaque année, explique Sébastien Mathiot, chargé d’action pour les territoires alpins chez AtmoSud. Cette masse d’air est chaude et chargée de particules que l’on dit désertiques. L’Afrique est un vaste territoire, souvent sec, aride et dans ces territoires se forment des vents de sable, de terre et de tout un tas de choses. Une grande masse d’air chargée de particules vient donc d’Afrique, traverse la Méditerranée, se balade en quelque sorte, touche en général la Corse d’abord et nous derrière. »

    Éviter le sport en extérieur et les véhicules polluants

    Si le phénomène était prévu, les répercussions au sol ont été significativement plus importantes qu’attendues. Cette masse de particules de terres désertiques a tendance à rester en altitude, le phénomène s’est en effet d’abord manifesté dans les hauteurs du Briançonnais dans la journée de jeudi, puis les poussières sont redescendues plus bas en altitude, concernant une grande partie de la région Paca, même si les départements alpins sont les plus touchés.

    Selon AtmoSud, il est encore difficile de prévoir exactement pour combien de temps les poussières vont se maintenir, il convient dans tous les cas de prendre les précautions nécessaires. « Ça a aussi une incidence sur la santé, notamment les personnes fragiles, jeunes enfants, personnes âgées et toutes les personnes qui ont des problèmes respiratoires, rappelle Sébastien Mathiot. Ça a beau être des particules “naturelles”, ça reste des particules très fines qui posent problème à la santé quand même. Il faut donc que tout un chacun évite de rajouter encore plus de pollution et donc privilégier les transports collectifs. Évitez aussi de faire une activité sportive intense. »