Tag: dépollution

  • Dépollution des calanques : le chantier XXL a démarré

    Dépollution des calanques : le chantier XXL a démarré

    Sur le terrain qui surplombe le petit port des Goudes, la pelleteuse est en place depuis le 1er septembre. Les griffes de l’engin s’attellent au terrassement de l’espace qui doit accueillir la base de vie du chantier et la tente de confinement de 250m2, prévue pour résister aux vents extrêmes. Cette structure abritera les opérations de dépotage des scories des entreprises. à l’Escalette, les ouvriers sont déjà à l’œuvre pour neutraliser les vestiges toxiques de l’ancienne usine de traitement du plomb, dont les rejets ont ruisselé jusqu’à la mer.

    Le chantier, qui s’étend sur 29 hectares au cœur du Parc national des calanques, est inédit. Il s’agit d’une intervention à la fois nécessaire et délicate, menée sur un site classé et habité. C’est donc sous surveillance renforcée que doivent se réaliser les opérations de décontamination des sols, de la mer et de l’air, où arsenic, plomb, zinc et mercure se sont accumulés, pendant des décennies.

    L’État a confié la mission à l’Ademe, accompagnée du groupe Antea, de coordinateurs environnementaux et de contrôleurs de la qualité de l’air, pour assurer le suivi d’un chantier, dont la fin est estimée au 30 mars 2027. « On ne dépollue pas un site de métaux lourds, prévient Mélodie Gros, en charge de la maîtrise d’ouvrage à l’Ademe. pour les dépôts de taille raisonnable, on retire les résidus pour les évacuer dans un centre de stockage de déchets dangereux. Mais, sur les scories qui présentent un risque d’instabilité, on confine sur place ». Cette dernière solution vise à vitrifier ou maçonner un coffrage en béton. Le dispositif sera ensuite recouvert d’un habillage paysager.

    À Montredon, des riverains encore inquiets

    « C’est bien ce qu’ils font. C’est nécessaire. Mais est-ce que toutes les mesures suffisantes pour protéger vraiment les habitants ont été prises ? » interroge Rolland Dadena, de l’association Santé littoral Sud, tract en main, au bord du boulevard Alexandre-Delabre. Membre du collectif d’associations de riverains (ASLS, Fare Sud et UCL) qui remue les autorités depuis 20 ans pour défendre l’environnement et la santé publique, ce retraité regrette de ne pas avoir été invité à la présentation du chantier, réservée par la Préfecture aux médias. Le collectif avait saisi la justice et obtenu, par décision du Tribunal administratif de Marseille en date du 16 décembre 2024, la condamnation de l’État à dépolluer les Calanques avant le 30 juin 2028.

    S’il reconnaît « les moyens importants engagés », le collectif reste vigilant face aux risques inhérents à une telle entreprise de décontamination.

    Pour la calanque de Saména, face à l’ex-usine Legré-Mante, l’État a budgétisé 14 millions d’euros. Le reste du site est pris en charge par le propriétaire, le groupe suisse Ginkgo. Mais là encore, une inquiétude persiste : « Le préfet a refusé de prendre la main et on ne sait rien de ce qui s’y passe. On n’a pas de garantie », déplore l’associatif. Sur l’ensemble du chantier, le collectif demande « la mise en place d’un plan de veille et de suivi sanitaire par les services de l’état ». Un dispositif préconisé en 2005 par L’INVS et prévu dans le Code de la santé publique. « Pas nécessaire », avaient estimé plus tôt les opérateurs : « on est sur des mesures de prévention ».

  • La dépollution des scories du littoral Sud va démarrer

    La dépollution des scories du littoral Sud va démarrer

    Après sept comités de suivi en Préfecture et deux réunions publiques, la dernière organisée à la Maison du peuple à la Madrague fin juillet, un premier acte sera posé ce lundi dans la dépollution du littoral sud de Marseille*. Les dépôts massifs de scories métalliques, résidus de traitement du minerai de plomb, résultants de près de deux siècles d’activités industrielles, entre le Mont Rose et Callelongue, vont être mis en sécurité.

    En mars 2024, l’Ademe avait été missionnée pour assurer la maîtrise d’ouvrage de ces travaux visant à éradiquer les risques sanitaires liés au transfert de polluants contenus dans les scories vers le milieu naturel et les personnes. 14 millions d’euros ont été alloués au projet fin 2023, cofinancés par l’état, le conseil départemental, la Ville de Marseille et la métropole. En décembre dernier, le tribunal administratif de Marseille avait même condamné l’État à mettre en sécurité les dépôts pollués d’ici 2028.

    « L’objectif sanitaire est prioritaire : ces travaux visent à supprimer le risque d’exposition des personnes aux polluants contenus dans les dépôts de scories présents, en incluant une réhabilitation environnementale et paysagère, tenant pleinement compte des spécificités du site concerné : cœur du Parc national des calanques et site classé », indique la Préfecture qui sait faire face à l’inquiétude des riverains.

    Sept sites traités avant l’été

    L’ensemble du chantier concerne vingt dépôts terrestres identifiés comme prioritaires au regard de leur potentiel de contamination. Sept d’entre eux seront traités la première année de travaux (Samena, Port de l’Escalette, Carneau du mauvais Pas et Calanque des Trous) et treize autres l’année suivante. La « mise en sécurité » se fera selon les spécificités de chaque dépôt soit par « l’élimination complète des scories » soit par « un confinement des résidus au moyen d’ouvrages pérennes. »

    Le calendrier de réalisation des travaux a été fixé à deux périodes de sept mois de 2025 à 2027, entre les 1er septembre et 31 mars. Ce chantier « très encadré en matière sanitaire » insiste la Préfecture, intègre plusieurs dispositifs et protocoles de maîtrise des émissions et dégagement de poussières, ainsi qu’une surveillance régulière de la qualité de l’air et du milieu marin.

    En matière de transport, pour éviter l’engorgement de la circulation d’un secteur déjà surfréquenté, les bus 19 et 20 doivent être renforcés et des zones au-dessus du parking Napoléon et dans le secteur de la Maronaise, serviront de délestage durant les travaux. À noter enfin que deux zones de circulation alternée nécessaires à la bonne conduite du chantier (calanque des Trous et de Mauvais Pas) seront levées chaque week-end.

  • La baignade sur les plages de Fos-sur-Mer interdite suite à une pollution aux hydrocarbures

    La baignade sur les plages de Fos-sur-Mer interdite suite à une pollution aux hydrocarbures

    La Ville interdit la baignade sur l’ensemble de ses plages (Grande Plage, Saint-Gervais et Cavaou…) par un arrêté municipal. Une décision a prise suite à la détection d’une nappe d’hydrocarbures, estimée à environ 1 000 m², en début de matinée par le poste de secours.

    La police municipale, les sapeurs-pompiers et la cellule Risques majeurs ainsi que les agents municipaux sont mobilisés afin d’assurer la sécurité des usagers et le processus de dépollution.

    Des analyses sont en cours pour déterminer l’origine et la nature exacte de cette nappe. La municipalité a d’ores et déjà déposé une plainte contre X « afin que toute la lumière soit faite sur cet incident», annonce-t-elle.