Tag: Dent creuse

  • À Noailles, les habitants ne lâchent rien sur le logement

    À Noailles, les habitants ne lâchent rien sur le logement

    Faire en sorte que le logement soit un thème fort de la campagne… Halles Delacroix (1er), à Noailles, le collectif du 5-Novembre et l’Assemblée des délogés ont fait le point sur le sujet avec les habitants, ce dimanche 2 février. Charte du relogement, encadrement des loyers, logements sociaux… « On nous a promis plein de choses », rappelle Anissa, membre de l’Assemblée, estimant qu’aujourd’hui, « on fait culpabiliser les délogés au lieu de s’en prendre aux propriétaires. » Si « nous nous sommes constitués en association, ce n’est pas pour rien, c’est qu’à Marseille la crise du logement n’est pas ponctuelle », insiste-t-elle.

    Sans jeter totalement l’opprobre sur la mairie, « dont on sait qu’elle n’a pas beaucoup de poids » nuance Anissa, « on veut les entendre, il nous faut des [engagements] pour nous les Marseillais ». L’heure était donc aux propositions et aux témoignages pour essayer d’avancer.

    Sur le « lieu ressource », en lieu et place de la dent creuse, rue d’Aubagne, « nous avons été entendus » se félicite Laura Spica, de l’association d’habitants « Noailles debout ! », et de promettre de ne pas lâcher. « On a envoyé une lettre à la mairie de secteur, pour qu’on soit associés au projet. Notre volonté a été respectée maintenant, il va falloir créer un comité de pilotage », précise-t-elle.

    Le droit au retour

    Jehane El Meddeb, propriétaire occupante délogée, revient sur son parcours. Obligée de quitter son foyer le 20 janvier 2020, elle témoigne des difficultés toujours bien réelles à réaliser des travaux, dans un système où il faut lutter « contre des syndics voyous ». Elle met le focus sur la charte du relogement. « C’est un peu moins l’enfer que sous la municipalité Gaudin, mais il y a toujours des gens à la rue », déplore-t-elle.

    Dominique, qui a dû quitter son logement en péril, évoque, lui le « droit au retour », impossible quand l’immeuble disparaît comme dans son cas, ou s’il est rénové et devient inaccessible avec un loyer revu à la hausse. À ses côtés, Bernard appelle à la force du collectif pour agir sur le droit à avoir un toit. « C’est à nous de gueuler et de monter au créneau, encadrer les loyers on en parle depuis des années, là on n’a plus les moyens de se loger dans une ville en tension », lâche-t-il.

    Camille propose de s’inspirer de l’association bayonnaise Alda, qui dénonce les niveaux des loyers et la prolifération des locations saisonnières. « Ils font ce que l’on appelle du “shaming” au propriétaire, lui mettent la honte », explique-t-il, exhortant le public à continuer à mettre la pression, même en cas de victoire, « car les pouvoirs publics reprennent très vite leurs mauvaises habitudes… »

  • Noailles veut que le logement reste au cœur des municipales

    Noailles veut que le logement reste au cœur des municipales

    À Marseille, le sujet n’est pas nouveau. Alors, à l’approche des municipales (15 et 22 mars), eux entendent bien rappeler qu’il reste une urgence quotidienne et souhaitent donner la parole habitantes et habitants de Noailles pour le dire. Ce dimanche, à la Halle Delacroix, l’Assemblée des délogés et le Collectif du 5 novembre organisent un temps public pour faire entendre les voix mal-logement. L’objectif : dresser un bilan des politiques menées depuis sept ans et le drame de la rue d’Aubagne, et formuler des revendications claires à destination des candidats. Dans ce quartier marqué par les effondrements et hanté par les évacuations, la rencontre veut redonner aux citoyens un rôle central dans le débat.

    « Le but principal est de donner la parole aux habitants et d’attirer l’attention des candidats à la mairie. On ne voit pas grand-chose sortir sur le logement et encore moins sur le relogement », regrette Anissa, membre de l’Assemblée des délogés. Elle annonce une ambiance vivante : « Il y aura des crieurs de rue et peut-être une batucada », confie-t-elle, pour favoriser la participation et recueillir un maximum de retours sur les situations de mal-logement.

    De l’application de la charte

    Trois animateurs seront chargés de noter les propositions, afin de bâtir un socle commun de revendications : droit au retour des personnes délogées, encadrement des loyers, respect des engagements municipaux, avenir du lieu ressource de la rue d’Aubagne qui prend forme sur la « dent creuse »… L’enjeu est autant social que politique : réinscrire la crise du logement au centre des priorités, au-delà des seuls discours sur la sécurité.

    Pour nourrir les discussions, plusieurs acteurs associatifs du quartier seront présents : Kevin Vacher, Laura Spica, Dominique Carpentier ou encore Assia Zouane, des Minots de Noailles. Tous souhaitent revenir sur ce qui a été entrepris et laissé de côté, depuis 2020. Anissa rappelle que le Printemps marseillais avait fait du logement un pilier de sa campagne, avec des engagements forts sur le relogement et la charte du relogement qui devait l’encadrer. « Aujourd’hui, elle n’est pas appliquée. On aimerait la voir réapparaître dans les futurs programmes », souffle la militante.

    Si les organisateurs entendent peser sur l’agenda politique, c’est qu’au-delà du bilan se profilent, dans les années à venir, les vastes chantiers de rénovation urbaine portés par l’Anru. Près de 2 700 logements sociaux sont en cours de démolition, plus de 6 000 logements sont en réhabilitation et 1 000 logements du parc privé font l’objet d’interventions lourdes, selon les derniers chiffres de la Ville. De nouvelles vagues de délogements s’annoncent avec cette même crainte que, sans cadre clair, sans garanties sur le droit au retour et sans stratégie de relogement transparente, les mêmes erreurs se répètent.