Tag: Denis Bouad

  • [Sénatoriales] LFI joue la carte de la rupture dans le Gard

    [Sénatoriales] LFI joue la carte de la rupture dans le Gard

    Faute de Jardins de la Fontaine, refusés pour l’occasion, c’est dans la pénombre du Café Olive que LFI a lancé le 25 août sa campagne sénatoriale. Mais dans les mots, aucun clair-obscur. « Avec le PS, plus rien n’est possible », tranche Charles Ménard, coordinateur départemental du mouvement. Après la Nupes et le Nouveau Front populaire, les insoumis assurent avoir encore « tendu la main ». Sans succès. Le PCF a choisi la liste conduite par le socialiste Denis Bouad. Charles Ménard fustige ainsi une « vieille gauche institutionnelle » soucieuse, selon lui, avant tout de « se maintenir ».

    La liste insoumise sera donc menée par Jean-Baptiste Thibaud, adjoint au maire du Vigan, ancien chercheur au CNRS et ingénieur agronome. À ses côtés : Marie-Pierre Vaselli, Xavier Segura, Audrey Bonnet et Christophe Clément. « Je n’ai pas une ambition politique dévorante », assure la tête de liste, mais la volonté de porter « un vrai projet politique de gauche », avec l’écologie comme « axe central ».

    Une campagne

    qui dépasse le Sénat

    Au programme : davantage de moyens pour les communes, les services publics, le Sdis et l’ONF, lutte contre les déserts médicaux, gestion publique de l’eau ou encore abrogation de la retraite à 64 ans. LFI veut aussi revoir le ZAN pour ne pas pénaliser les petites communes.

    Mais le fond programmatique est vite rattrapé par la bataille interne à la gauche. Jean-Baptiste Thibaud accuse le PS de « sauver les gouvernements successifs » et de voter des mesures « antisociales ». Marie-Pierre Vaselli va plus loin : « Ils ne sont plus à gauche, et même à droite, voire un peu plus à droite que ça. »

    Dans un scrutin où LFI reconnaît elle-même partir avec peu de grands électeurs, la candidature semble donc aussi servir un autre objectif : affirmer sa place dans le paysage politique gardois. Mais à force de concentrer les coups sur le PS et ses anciens partenaires, une question affleure déjà au-delà des sénatoriales : à l’approche de la présidentielle de 2027, la gauche peut-elle se permettre de se tromper d’ennemi ? Alors que l’extrême droite continue de progresser dans le Gard comme ailleurs, la stratégie de la rupture permanente pourrait finir par peser bien plus lourd que le seul résultat du 27 septembre.

  • La difficile union de la gauche dans le Gard

    La difficile union de la gauche dans le Gard

    Il y aura donc bien trois listes à gauche pour les prochaines élections sénatoriales dans le Gard. Si cette désunion avait déjà permis à la droite de remporter le troisième siège il y a six ans, le scénario pourrait se répéter en septembre. Car le sénateur sortant Denis Bouad n’a pu unir que les socialistes, les communistes et les radicaux. Son ancienne alliée Carole Bergeri a reçu le soutien de Place publique et les insoumis ont choisi Jean-Baptiste Thibaut, adjoint au maire du Vigan pour mener une liste.

    Si la constitution de cette liste côté insoumis a été longue à être officialisée, le mouvement a annoncé sa candidature le 31 juillet dernier. Derrière Baptiste Thibaut, la liste est constituée de Marie-Pierre Vaselli (conseillère municipale de Sauveterre), Xavier Ségura (conseiller municipal de Montaren), Audrey Bonnet (militante alésienne) et Christophe Clément (conseiller municipal de Sommière). Si cette liste n’a que peu de chances d’engranger les voix tant LFI est peu représentée parmi les élus du territoire, elle souhaite « porter le programme de rupture du Nouveau front populaire » et détaillera « le programme à la rentrée ».

    Écolos et Unitaires restent en retrait

    La France insoumise dans le Gard avait pourtant l’occasion d’ouvrir sa liste à d’autres formations. Des discussions ont eu lieu avec les Unitaires Gard (L’Après, Debout, Génération.s) mais LFI a finalement refusé sous prétexte que tous les accords devaient se passer au niveau national. « Par manque d’ouverture, notre bord politique se retrouve coincé entre une démarche solitaire de la France insoumise, un regroupement du traditionnel duo gardois PS/PCF et potentiellement, une troisième liste isolée », écrivent-ils.

    Des échanges ont également animé les dernières semaines avec Carole Bergeri et Denis Bouad mais aucun accord n’a pu être trouvé. « Les unitaires ne peuvent soutenir une liste basée uniquement sur des calculs arithmétiques, qui ne reflète pas l’union de la gauche, qui ne porte pas les convictions environnementales fortes nécessaires pour faire face aux enjeux majeurs de notre temps », ajoutent-ils.

    Une position partagée par les Écologistes qui étaient en négociation pour obtenir une place sur la liste de Denis Bouad. Mais le socialiste a finalement refusé car les profils des candidats proposés (qui n’étaient pas des grands électeurs et qui avaient perdu les élections municipales d’après lui) ne lui convenaient pas. Dans un communiqué, les Écologistes du Gard affirment de leur côté qu’ils n’ont pas souhaité figurer sur cette liste « en raison de l’abstention de Denis Bouad lors du vote de la loi urgence agricole au Sénat ».

    « Cette liste a été présentée en conférence de presse sans que les Écologistes du Gard ne soient informés ni invités. Nous déplorons de telles pratiques, et qui plus est, s’ajoutent à une composition de la liste qui nous paraît déséquilibrée et peu représentative de la diversité de notre territoire et de ses enjeux », précisent-ils, tout en ajoutant que si un accord national est signé entre le PS, le PCF et les Écologistes, ils le respecteront. « Nous nous félicitons de la présence de Cathy Chaulet en position éligible sur cette liste », ont-ils tout de même reconnu.

    Mais dans la situation actuelle, ni les Écologistes, ni les Unitaires Gard ne donneront de consigne de vote. Une division qui pourrait donc coûter très cher en septembre.

  • Sénatoriales : le PS avance encore divisé

    Sénatoriales : le PS avance encore divisé

    Le mélodrame de 2020 va-t-il se reproduire ? Il y a six ans, la division à gauche avait coûté le troisième siège sénatorial. En effet, à l’époque, Denis Bouad (PS) avait terminé à 9 voix de la liste de droite alors qu’Alexandre Pissas, le maire de Tresques près de Bagnols-sur-Cèze, avait rassemblé 118 voix. Une division qui avait donc coûté un siège dans la chambre haute mais avait aussi laissé des divisions tenaces au sein de Parti socialiste gardois.

    La situation semble avoir peu évolué six ans plus tard. Le Parti à la rose avait pourtant annoncé la couleur : les sortants qui le souhaitent seraient réinvestis pour les élections de septembre. Sauf que Denis Bouad a tergiversé et annoncé qu’il n’y retournerait pas, soutenant même la conseillère régionale Katy Guyot pour le remplacer. Mais les appétits se sont réveillés au PS et pas moins de cinq noms ont été évoqués pour mener la liste : Alexandre Pissas, Juan Martinez (maire de Bellegarde), Fabrice Verdier (président du Pays d’Uzès), Joseph Pronesti (président de la Banque alimentaire 30) et Carole Bergeri (conseillère départementale).

    Les militants socialistes votent Pissas

    En annonçant finalement sa candidature, Denis Bouad espérait mettre tout le monde d’accord. Les fidèles Fabrice Verdier et Juan Martinez se sont ainsi effacés. Le PS fédéral a alors organisé un vote des militants le 10 juin. Fort de son assise sur la section bagnolaise, où 90 voix lui ont été accordées, Alexandre Pissas l’a remporté avec 127 votes, contre 106 pour Denis Bouad et 48 pour Joseph Pronesti. Un vote qui plonge le PS dans la crise. « J’attends la décision du national », a simplement expliqué Pierre Jaumain, le premier secrétaire du PS gardois.

    Sauf qu’en coulisse, cette division laisse des traces. Notamment du côté des communistes. Renforcé par les élections municipales, le PCF avait sécurisé la deuxième place sur la liste Bouad et pouvait espérer gagner un siège au Sénat. « Il ne faudrait pas qu’on apporte les voix et que la division du PS nous coûte un siège », souffle un communiste historique qui se dit « inquiet » de la situation. Sylvain André, le maire de Cendras, est même allé plus loin, annonçant publiquement qu’en cas de liste dissidente au PS, il était « favorable à ce que les communistes prennent leurs responsabilités avec les autres partenaires pour porter une liste de rassemblement ».

    Quatre listes à gauche ?

    Sauf que la désunion semble déjà l’avoir emporté. Car même si l’affrontement Pissas-Bouad se règle sans trop de dégâts, Carole Bergeri n’est pas passée par le vote des militants PS et semble aujourd’hui résolue à porter une candidature indépendante. Deuxième sur la liste de Bouad en 2020, la conseillère départementale sur le canton de Pont-Saint-Esprit pourrait ainsi rassembler les déçus de l’affrontement des deux éléphants socialistes.

    D’autant que les insoumis ont aussi l’intention de monter une liste qui s’appuierait sur Charles Ménard. Des discussions ont même eu lieu avec les Unitaires Gard (Debout !, L’Après, Génération.S) pour partir ensemble. Finalement, LFI devrait s’élancer seule et même si elle compte peu d’élus dans le département, ses voix pourraient jouer dans la balance. Une situation qui pourrait ainsi profiter à la droite et l’extrême droite. Le sénateur sortant Laurent Burgoa (LR) reste très apprécié des élus du territoire et a entamé sa deuxième tournée de tous les maires du Gard. Renforcé par les élections à Vauvert et Bagnols, le RN rêve aussi de décrocher un siège, même si le parti n’a pas encore trouvé de tête de liste. Éviter la désunion fatale est donc devenu la priorité du PS gardois.

  • [Sénatoriales] Denis Bouad : « Il faut être uni à gauche et y aller à fond »

    [Sénatoriales] Denis Bouad : « Il faut être uni à gauche et y aller à fond »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir changé d’avis et être aujourd’hui candidat aux sénatoriales ?

    Denis Bouad : J’ai 73 ans et j’ai effectivement dit que j’étais prêt à passer la main le cas échéant. Puis j’ai regardé ce qu’il se passait. J’ai vu qu’il y avait beaucoup de candidats à ma succession et qu’il allait même y avoir des candidats dissidents s’ils n’étaient pas investis par le parti. J’ai ensuite vu Carole Delga qui n’a pas apprécié que j’ai pris cette décision sans lui en parler, ce qui est vrai d’ailleurs. Elle m’a dit que j’avais fait une bêtise et qu’il fallait que je me présente. La présidente du Département (Françoise Laurent-Perrigot) m’a aussi dit que je faisais une bêtise. J’ai ensuite vu ce groupe d’élus, de toute sensibilité politique du Département et de la Région, qui me demandaient d’y retourner. C’est ce qui m’a poussé à me présenter. Il faut aussi dire que le PS avait dit que si le sortant ne se représentait pas, c’est une femme qui devait être investie. Katy Guyot était alors candidate mais il y a eu une levée de boucliers et elle s’est retirée. Il ne restait alors plus que des hommes. J’ai trouvé ça un peu cavalier donc ça m’a aussi poussé à revenir.

    Comment appréhendez-vous cette échéance ?

    D.B. : Nous sommes dans un département où il y a six députés d’extrême droite, un député européen RN et deux sénateurs de droite face à une députée européenne et un sénateur socialiste. Avec les élections municipales, on a gagné Nîmes mais on a aussi perdu beaucoup de collectivités territoriales, comme le Grau-du-Roi, Vauvert, Saint-Hilaire-de-Brethmas, Bagnols-sur-Cèze… Pour les élections sénatoriales, il va donc falloir faire une campagne en disant haut et fort que nous avons cette volonté de gauche et d’union de la gauche. Parce que dans un an, il y a l’élection présidentielle, puis il y aura une dissolution. Il y a des circonscriptions qui seront très difficiles à gagner pour la gauche. Nous avons trois ou quatre circonscriptions où nous pouvons espérer l’emporter. Pour cela, il faudra une large union parce que huit mois après les législatives, les élections départementales arrivent. Et si on prend une rouste aux élections législatives, on va reprendre une rouste aux départementales. Il faut donc que dès les sénatoriales, nous ayons un élan qui soit fort.

    Le RN peut-il remporter un siège dans le Gard ?

    D.B. : Le Rassemblement national assoit sa base partout. Au-delà de sa victoire, le RN est aussi n°2 à Nîmes et à Alès. Quel sera son score ? Je ne sais pas, mais le RN va faire un score et il risque de gagner un élu. Moi, mon combat, c’est contre l’extrême droite. Donc il faut être uni à gauche et y aller à fond.

    Où en sont les discussions avec les autres forces de gauche ?

    D.B. : Je dis depuis le début qu’il faut un socialiste en tête de liste, suivi d’une communiste derrière parce qu’ils ont gagné Nîmes. Après, il faudra peut-être mettre un socialiste en 3 et puis s’entendre avec les Radicaux et les Écologistes pour les deux places suivantes. J’ai donc discuté avec plusieurs membres du Parti Communiste qui sont plutôt favorables pour que ce soit Cathy Chaulet en deuxième position. Ça me va très bien parce qu’elle est conseillère départementale, on se connaît depuis des années et on partage la même analyse sur beaucoup de sujets.

    Quel bilan tirez-vous
    de ce mandat ?

    D.B. : Nous avons une politique macroniste depuis des années qui assomme les classes populaires. Nous sommes arrivés à 3 500 milliards de dette, c’est catastrophique. En face, on a des Républicains qui s’opposent soi-disant à ce gouvernement, mais ils votent tout ce qu’il propose. Ils nous parlent toujours des problèmes d’immigration, des problèmes de triche au RSA, de triche à la sécurité sociale. Tout ce que je combats. Quand Retailleau prend la parole, ce n’est jamais très loin de ce que dit Marine Le Pen ou Jordan Bardella.

    Comment va se dérouler votre campagne ?

    D.B. : Nous ne sommes pas encore en campagne aujourd’hui car le vote n’est que le 27 septembre. Il faut que nous soyons en ordre de marche début juillet. Nous organiserons ensuite des rencontres avec les maires pour leur expliquer notre démarche et pourquoi on en est là. Il y a 129 nouveaux maires dans le département donc ce seront eux que nous allons rencontrer en priorité.

  • [Sénatoriales] Julien Audemard : « Un corps électoral politisé avec un vote stratégique »

    [Sénatoriales] Julien Audemard : « Un corps électoral politisé avec un vote stratégique »

    La Marseillaise : Le rôle du Sénat est méconnu. À quoi sert-il ?

    Julien Audemard : C’est une chambre parlementaire, une chambre haute qui ne représente pas directement les individus mais les territoires au travers de leurs élus. C’est donc une élection indirecte. Les sénateurs ont un rôle législatif même s’il est moindre et que les députés peuvent avoir le dernier mot. C’est tout de même un contre-pouvoir fort. Les sénateurs ne peuvent pas censurer le gouvernement mais ne peuvent être touchés par une dissolution.

    Comment vont être désignés

    les délégués le 5 juin ?

    J.A. : Le collège électoral qui va élire les sénateurs le 27 septembre est constitué de tous les conseillers régionaux, départementaux, des parlementaires (députés, sénateurs), des élus municipaux (maires, élus municipaux) et leurs délégués élus le 5 juin qui représentent à eux seuls 95% du corps électoral. Dans les communes de moins de 9 000 habitants, les élus municipaux vont élire entre 1 et 15 délégués en fonction de la taille de la commune. Au-delà de 9 000 habitants, tous les conseillers municipaux sont délégués de droit. Et dans les villes de plus de 30 000 habitants, ils vont en plus élire des délégués supplémentaires en dehors du conseil municipal : un par tranche de 800 habitants. Il n’y a pas de restriction, il faut juste être inscrit sur les listes électorales de la commune.

    En quoi les municipales ont-elles modifié le corps électoral ?

    J.A. : Au niveau national, on a eu environ 40% de renouvellement dans les mairies. Dans l’Hérault, les rapports de force restent à peu près stables même si des communes ont basculé, la plupart du temps de la gauche vers la droite ou le centre (Grabels, Juvignac, Villeneuve…). Mais cela ne pèse pas grand-chose à côté de Montpellier. Le RN a pris Agde mais ailleurs l’extrême droite a obtenu peu d’élus. La gauche ne devrait pas s’écrouler mais restons attentifs à l’offre de gauche.

    Justement la multiplication des listes est-elle risquée à gauche ?

    J.A. : Il y a un risque d’émiettement qui va surtout concerner les petits partis. Hussein Bourgi (PS) devrait être réélu. La question se pose pour Florence Brutus (PRG) qui pourrait pâtir de cet éparpillement. Ceci étant, le mode de scrutin est spécifique dans le Gard et l’Hérault : c’est un scrutin de listes proportionnelles avec l’attribution des sièges restants à la plus forte moyenne, ce qui en général est plutôt favorable aux listes qui ont obtenu peu de voix. Il faudra (maximum) 600-650 voix pour obtenir un siège sur environ 2 000 votants dans le Gard, 2 500 dans l’Hérault.

    Dans le Gard, la progression du RN peut-elle lui faire rafler un siège ?

    J.A. : Aux municipales, le RN n’a pas gagné Nîmes mais a confirmé son ancrage dans le Gard. Il a gagné Vauvert et Bagnols-sur-Cèze en conservant Beaucaire. Ils avaient déjà les 6 députés. Ceci étant, je ne pense pas que ce sera suffisant pour avoir un sénateur. Peut-être plus dans le Tarn avec le basculement de Castres, dans le Tarn-et-Garonne (Moissac, Montauban) voire dans l’Aude avec Carcassonne. Mais obtenir le soutien des élus des petites communes ne se fait pas du jour au lendemain. Pour le PCF c’est compliqué parce que, finalement, Denis Bouad (PS) repart [lire page 7]. Et il n’y aura pas que les communistes qui vont essayer de se positionner sur sa liste. L’élection à Nîmes change toutefois la donne : il y a pour le PCF un vrai levier de pression avec le PS. Il risque d’y avoir un arbitrage entre le national et le local.

    Les maires sans étiquette rendent-ils ce scrutin imprévisible ?

    J.A. : Sans tenir compte du contexte, oui sans doute. Ceci dit, les maires soi-disant sans étiquette sont soit dans de petites communes soit proches de forces partisanes donc, en réalité, on connaît leur tendance. Les autres sont très dépendants de leur intercommunalité ou du Département. L’idée d’une fronde de leur part me paraît très hypothétique. Je verrais une relative stabilité dans l’Hérault à une incertitude près. Dans le Gard, à voir à quel point la gauche peut être dispersée et s’il peut avoir des accords locaux entre la droite et des élus RN. Le corps électoral est très politisé avec une forte dimension de vote stratégique.

    Certains parlent de rapports
    de force entre le président du Département Kléber Mesquida,

    le maire de Montpellier, Michaël Delafosse et la présidente de
    la Région Carole Delga…

    J.A. : Les motivations peuvent être multiples mais dans le cas d’Aurélien Manenc (PRG et candidat dans l’Hérault) j’ai du mal à penser que cela n’a pas de lien. Kléber Mesquida [qui n’est plus au PS] a ses propres stratégies. Au-delà des guerres de personnes, il y a eu des précédents aux législatives avec des candidats soutenus [par Carole Delga] contre ceux de la Nupes.

  • Dans le Gard, la campagne des sénatoriales a débuté

    Dans le Gard, la campagne des sénatoriales a débuté

    Les élections municipales à peine passées, les partis politiques se penchent déjà sur les élections sénatoriales où, tous les trois ans, la chambre haute du Parlement est renouvelée de moitié. En septembre, c’est donc la série 2 qui sera élue, soit les représentants des départements de l’Ain (n° 1) à l’Indre (n° 36), ainsi que du Bas-Rhin (n° 67) au Territoire de Belfort (n° 90). Si Vivette Lopez (LR) a déjà annoncé qu’elle ne se représenterait pas dans le Gard, Denis Bouad (PS) et Laurent Burgoa (LR) multiplient depuis plusieurs mois les rencontres dans les villages.

    Pour autant, Denis Bouad, 73 ans, n’a pas encore officiellement confirmé sa candidature. Il assure qu’il se lancera dans la bataille s’il est à la tête d’une liste d’union de la gauche (hors LFI). Car si des discussions ont débuté entre socialistes et communistes qui devraient permettre un accord, le PCF n’a pas encore totalement exclu la possibilité de monter une liste autonome. Le plus probable aujourd’hui reste toutefois le chemin de l’union pour éviter la situation de 2020 où le PS s’était divisé en deux entre Alexandre Pissas et Denis Bouad, qui était parvenu à rallier les écolos et le PCF deux jours avant le scrutin.

    Le RN pour empêcher Burgoa ?

    Contrairement à 2020, Denis Bouad consent à présenter un communiste en deuxième position (en 2020, Patrick Malavieille était en 3e position). Deux femmes sont évoquées pour représenter le PCF : la conseillère départementale et nouvelle maire de Saint-Privat-de-Champclos Cathy Ville-Chaulet et la première adjointe à Saint-Martin-de-Valgalgues, Jennifer Willens. Battue de 9 voix en 2020, la gauche espère en effet bien récupérer le troisième siège sénatorial du Gard.

    Apprécié des élus de gauche comme de droite, Laurent Burgoa, de son côté, aura la main sur sa liste après le renoncement de Vivette Lopez, avec qui il entretenait des relations plus que froides. Si les tractations existent aussi à droite, le sénateur LR devra surtout faire face à une vive opposition du Rassemblement National. « M. Burgoa sera dégagé du Sénat, je vous donne ma parole », a ainsi asséné Julien Sanchez à Midi Libre, faisant ainsi reposer sa défaite sur la droite qui n’a pas voulu se retirer, à ses dépens. Si l’ancien maire de Beaucaire n’avait réalisé que 11% en 2020, les prises, par le RN, de Bagnols-sur-Cèze et Vauvert, plus quelques petites communes, pourraient bien affaiblir la droite.

    Tristan Arnaud